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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 23:55
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Lefkes, malgré le charme et l’intérêt de ce village situé au centre de l’île de Paros, ne constitue sans doute pas la visite la plus exceptionnelle, mais ce site nous a suffisamment plu pour que nous nous y rendions deux fois. Je lui consacre donc un (petit) article à part.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Entre 1830 et 1835, on a construit cette grande église à la place de trois petites, l’église de l’Ascension, l’église St-Georges et l’église Ste-Anne, et on a consacré la nouvelle église à la Sainte-Trinité (Agia Triada). Puis, quelques dizaines d’années plus tard, on a construit les deux campaniles. On a entre autres utilisé le fameux marbre de Paros pour la construction, et le Ministère de la Culture a classé cette église monument historique.

 

Un petit tour chez Victor Hugo: pour que l’œil de la conscience de Caïn ne lui apparaisse plus, dans les murailles que l’on construit autour de lui “On lia chaque bloc avec des nœuds de fer”. Et c’est ce que l’on a fait ici en fixant l’un à l’autre les blocs de marbre avec du fer. En 1970-1980, on a dû renforcer l’infrastructure avec du béton armé d’acier. Las! Il a fallu reprendre les travaux en 2000-2002 car les joints de fer entre les blocs de marbre étaient tellement oxydés qu’ils avaient parfois fait éclater la pierre, tandis qu’en d’autres endroits la diminution de leurs sections laissait du jeu entre les pierres, qui avaient bougé. Et le renforcement de béton lui-même, pourtant pas bien vieux, était lui aussi fissuré. Par ailleurs, la rouille avait laissé des marques sombres au bas des murs. On a alors complètement désassemblé les deux campaniles, on a remplacé certains blocs trop endommagés, et on a lié les blocs avec de l’acier inoxydable.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Mais approchons-nous et entrons. C’est en effet une belle et grande église, mais j’avoue ne rien y avoir trouvé de réellement remarquable…

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Je préfère donc, plutôt que des visites systématiques, une promenade dans les rues de la ville. Nous passons par exemple devant cette vieille église. Elle était dédiée à saint Spyridon.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

On n’entre pas dans Lefkes en voiture, on se gare sur le parking à l’entrée. Sur le chemin, on voit quelques tableaux de mosaïque, comme celui-ci. Une plaque indique qu’il est de Dimitra Antonopoulou. Mais ni titre, ni date. Cette œuvre me plaît bien, même si les ombres de cet éclairage naturel ne la mettent pas en valeur.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Comme les autres villages des Cyclades, Lefkes est toute blanche. D’ailleurs, le mot grec λευκές (leukes, prononcé lefkes) signifie blanches, féminin pluriel de l’adjectif blanc (cf. leucémie, “sang blanc”, ou leucopode, champignon au pied blanc). Toutefois, étant donné qu’en grec deux mots identiques mais dont l’accent tonique n’est pas à la même place peuvent n’avoir rien de commun, je ne suis pas sûr que telle soit la signification du nom de cette ville, accentuée Λεύκες. Mais ces ruelles étroites toutes pavées de marbre et qu’enjambent des bâtiments construits en pont sont très typiques, et comme la ville n’est pas envahie par le tourisme le charme est bien là.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Aucune plaque n’indique ce qui se trouve derrière cette porte. Mais dans le bois on voit l’aigle à deux têtes de l’Église orthodoxe grecque; d'autre part, dans les montants il y a des anges et dans le linteau une croix.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Il y a aussi un autre centre d’intérêt. On peut voir, à une extrémité du village, un panneau qui indique une “route byzantine”. Allons-y, voyons à quoi elle ressemble. Pavée de marbre, elle traverse de somptueux paysages.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Le long de cette route, la géologie se signale de deux façons. D’une part, les roches semblent avoir été pliées, on remarque que les strates forment des zigzags violents. Et d’autre part, il y a ce marbre blanc des parois rocheuses.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Le village de Prodromos se dresse devant nous. L’accès en voiture y est impossible, c’est très bien, nous serons tranquilles: en effet, on ne peut y pénétrer qu’en franchissant l’une ou l’autre des portes qui n’offrent pas la largeur nécessaire. En fait, je dis “portes”, mais il n’y en a pas, il n’y a qu’un passage en tunnel sous un beffroi agrémenté de cloches et orné d’un séraphin en bas-relief, avec ses six ailes.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Comme on peut le constater, ce n’est pas non plus par cette porte que les voitures pourraient s’introduire dans le village. Prodromos, cela veut dire avant-coureur, celui qui vient avant, précurseur. C’est ainsi que la religion orthodoxe appelle saint Jean Baptiste puisque l’évangile le présente comme celui qui précède Jésus. Tel était le nom de l’église du village, tel est le nom qu’a pris le village, à partir de celui de sa paroisse.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

La promenade dans le village répète ces mêmes charmantes ruelles enjambées de constructions, ces murs d’un blanc éblouissant, ces huisseries peintes de ce joli bleu.

Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014
Lefkes, dans l’île de Paros. 14 et 16 avril 2014

Dans la visite, il ne faut pas oublier l’essentiel, la minuscule chapelle, avec son iconostase revêtue de belles icônes. Une plaque de marbre blanc, sculptée en bas-relief de l’aigle double de l’Église grecque, porte la date de 1736. Cette église de poupée, dont personne ne parle, ma plaît cent fois plus que la grande église de Lefkes qui n’est que du dix-neuvième siècle mais a été classée monument historique…

 

Voilà donc ce que l’on peut voir à Lefkes et à partir de Lefkes.

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Published by Thierry Jamard
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