Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 23:55
Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013
Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Il y aurait beaucoup de choses intéressantes à montrer ici, dans le musée archéologique de Ravenne, mais NO PHOTO!!! Lorsque les archéologues n’ont pas fini de publier les découvertes des fouilles, on sait –et on comprend– que les images ne peuvent circuler dans le public, rendant possibles des communications scientifiques ou pseudo-scientifiques par des tiers. Mais ici ce n’est pas le cas, les pièces présentées ayant pour la plupart été découvertes il y a longtemps. Mais ce musée est installé dans un ancien couvent, et quelques fragments de mosaïques ainsi que divers objets de pierre, stèles et sarcophages, placés dans le cloître, ne sont pas soumis à cette interdiction de photographier. C’est donc là que je vais puiser les quelques objets que j’ai envie de présenter et de commenter. Et avant de commencer, une vue du cloître (on aperçoit les stèles placées le long des murs), et une autre de la galerie inférieure, avec ce curieux cheval de plâtre.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013
Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Cette mosaïque de sol datant du sixième siècle de notre ère, avec ses larges feuillages et ses oiseaux, a été retrouvée en 1965 sous la nef centrale de l’église San Severo, à Classe (banlieue et port antique de Ravenne). Le style en apparaît comme déjà clairement médiéval.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Un an plus tard, en 1966, on retrouvait cette autre mosaïque de sol, sous cette même église San Severo de Classe, datant du même sixième siècle, mais en un autre endroit qui était peut-être une église domestique.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013
Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Il était courant au Moyen-Âge d’insérer dans la surface des murs extérieurs des églises, et parfois des maisons particulières, des plaques décoratives de terre cuite. Les plaques que présente le musée sont datées entre le dixième et le treizième siècle. Les thèmes sont généralement classiques de la décoration des églises romanes, même lorsqu’il s’agit de bâtiments privés: cet animal à courtes pattes qui se retourne pour manger une grappe de raisins ou ces deux animaux opposés qui entrecroisent leurs queues dont ils mettent le bout dans leur gueule pourraient fort bien être des bas-reliefs de marbre sur le corps d’un sarcophage.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013
Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

C’est au seizième siècle que l’on a découvert ce bas-relief en deux morceaux qui date de 42-43 après Jésus-Christ. On ne sait pas avec précision s’il était sous le sol du mausolée de Galla Placidia (mon prochain article, Ravenne 03) ou entre le mausolée et l’église San Vitale (mon futur article Ravenne 07). Le deuxième fragment, c’est clair, montre un taureau mené au sacrifice par des serviteurs. Pour le premier, le personnage de tête, plus grand que les autres, couronné, doté des attributs de Jupiter, est sans aucun doute possible l’empereur Auguste (mort en l’an 14, donc près de trente ans avant la sculpture de cette stèle). Pour les autres personnages, ce ne sont que des conjectures. Une femme suit Auguste, portant un petit Amour sur son épaule et vêtue comme Vénus Genitrix; on a proposé d’y voir l’impératrice Livie, femme d’Auguste en troisièmes noces et mère de son successeur Tibère, alors que d’autres pensent que c’est Antonia Mineure (ou Antonia la Jeune), fille de la sœur aînée d’Auguste et mère de Germanicus et de l’empereur Claude (Claude a succédé à Caligula qui lui-même succédait à Tibère). Le vêtement de Vénus, le dieu Amour fils de Vénus, cela évoque les origines divines de la “gens” (famille) Julia, à laquelle appartiennent Auguste et Antonia: la légende veut qu’ils descendent d’Ascagne, amené, après la victoire des Achéens, de Troie en Italie par son père Énée, lui-même fils d’Anchise et de Vénus, aussi cette interprétation est-elle celle qui me semble la plus judicieuse. Derrière elle, à demi retourné, vient un homme qui, roulant son himation sur son bras, se dénude le buste. Sur les cheveux au milieu du front, il porte une étoile quasiment indiscernable sur ma photo réduite en basse résolution. Cet homme serait Germanicus, le fils aîné d’Antonia. Vient ensuite un homme en tenue militaire, qui pourrait être Agrippa, principal soutien d’Octave futur Auguste et vainqueur à Actium en 31 avant Jésus-Christ, ou peut-être plutôt Marc-Antoine qui avait été le soutien de Jules César, mais qui à Actium s’est opposé à Octave et a perdu la guerre, contraint de s’enfuir vers l’Égypte avec Cléopâtre. Enfin tout à gauche, malheureusement là où la cassure de la stèle la coupe en deux, une femme est assise. Si l’on interprète ses vêtements comme ceux de la déesse Junon, l’épouse de Jupiter, alors cette femme pourrait être Livie, épouse d’Auguste, et dès lors celle qui est près d’Auguste, plus à droite, ne pouvant plus être cette même Livie serait définitivement Antonia.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Ce sarcophage ne bénéficie d’aucune indication de la part du musée, mais heureusement on peut lire très clairement gravé –en latin– que “Ici repose en paix Théodore, archevêque”. Précieuse indication car un coup d’œil à la liste des archevêques de Ravenne le donne “vers 677-vers 691”. Le sarcophage lui a donc été destiné à la fin du septième siècle. On y voit des paons, oiseau symbole d’immortalité, d’abord parce que chaque année le brillant plumage du paon tombe puis se renouvelle, évoquant la mort et la résurrection du Christ, mais surtout parce qu’au Moyen-Âge on était convaincu que la chair du paon était imputrescible. J’ignore d’où venait cette croyance, d’autant plus incroyable que c’était un mets très recherché et que dans ces conditions il est impossible que nulle part, une viande de paon oubliée quelque temps, surtout lors de fortes chaleurs, n’ait clairement manifesté, par son odeur, qu’elle n’était pas plus imputrescible que celle d’autres animaux. Aujourd’hui, bien sûr, on ne croit plus à cette caractéristique, mais le symbolisme du paon a subsisté, puisque c’est un oiseau très fréquent dans les monastères.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Autre sarcophage, beaucoup plus ancien celui-là puisqu’il est du deuxième siècle de notre ère. “Marc Aurèle Macédon, vétéran d’origine dalmate, sous-officier, a placé de son vivant [ce sarcophage] pour lui-même et pour l’affranchie Aurélie Victoria. Quiconque ouvrirait le présent sarcophage après le décès des personnes ci-dessus, devra payer au fisc de César”, dit le texte gravé sur la façade. Deux remarques, d’une part le titre de suboptio que je traduis par sous-officier est un grade intermédiaire de la marine nationale romaine. D’autre part, cette femme affranchie par lui et qui, en conséquence, porte son nom (Aurelius / Aurelia) était à l’évidence une esclave dont il a fait sa concubine puisqu’il souhaite qu’elle partage sa dernière demeure à ses côtés. Quant à la menace de devoir payer une amende si l’on viole cette sépulture, elle correspond à une expression de la loi. En effet, pour se procurer un beau sarcophage tout prêt et à un prix avantageux, il était commode –et fréquent!– d’en vider un de son occupant pour s’y faire installer soi-même… Heureusement, la loi sanctionnait cette méthode du coucou, le montant de l’amende étant bien plus élevé que le coût d’un sarcophage neuf.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Cette stèle trouvée, en 1756, près de l’église Sant’Apollinare in Classe (mon futur article Ravenne 08), est elle aussi du deuxième siècle après Jésus-Christ. Elle dit “Pour Gaius Cassius Sénèque, vétéran, centurion retraité, Lucius Æmilius Kapiton, son héritier, et Licinia Prosdexis, sa femme, ont pris soin de faire poser [cette stèle], qu’il mérite”. Il est rare de trouver à Ravenne des tombes de centurions retraités car la plupart du temps ils venaient de diverses provinces de l’Empire, le plus souvent de Dalmatie (province romaine qui s’étendait de l’actuelle Slovénie au nord de la Grèce) ou de Pannonie (grosso modo la Hongrie actuelle), et une fois retirés de l’armée ils retournaient au pays. En conséquence de cela, ou bien celui-ci était originaire de Ravenne, ou bien quelque chose (ou quelqu’un) l’a fait se fixer ici, s’il n’avait plus de famille pour le faire revenir sur sa terre d’origine.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Celui-ci est mort au début du deuxième siècle et sa stèle a été retrouvée en cette même année 1756, et en cette même proximité de Sant’Apollinare in Classe que la précédente. Le musée, heureusement, m’aide à reconstituer le texte latin malgré ses nombreuses abréviations: “À Marc Apicius Tiron, fils de Tiron, de la tribu Camilia, primipile de la vingt-deuxième légion Primigenia Pieuse et Fidèle, préfet de la treizième légion Gemina, centurion de la quinzième légion Apollinaire, affecté au service de garde, affecté comme commissaire aux salaires, patron et prêtre du municipe de Ravenne”. Cette liste des fonctions successives exercées est ce que l’on appelle le “cursus honorum”, lors d’une carrière ascendante. Explications: Appartenant à la tribu Camilia, il est donc citoyen de Ravenne, originaire de cette ville. Par ailleurs, chaque légion commandée par un tribun est composée de centuries commandées chacune par un centurion. Le centurion chef de la première centurie a le titre de Primipile (“Premier javelot”), qui le place juste au-dessous du tribun. Le préfet (præfectus) est un officier supérieur à la tête d’une fonction particulière, il commande par exemple la cavalerie, la police militaire, le service du génie et des constructions, la garde d’une frontière, etc. Enfin, les titres de patron et prêtre (patronus pontifex) qui le chargent du culte public lui ont été décernés à titre honorifique quand il a été retraité de l’armée.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Encore une stèle trouvée en 1756 près de Sant’Apollinare in Classe, et qui date du second siècle. Classe, je l’ai déjà dit, est le port de Ravenne dans l’Antiquité. Il est donc normal de trouver ici des marins. Celui-ci était affecté à la garde des navires dans le port: “Aux dieux mânes. À Lucius Bæbius Silvanus, vétéran qui a été nauphylax [“garde de navires”, en grec] de la flotte prétorienne de Ravenne, d’origine syrienne, qui a vécu quatre-vingts ans, sa femme Vatria Tyrannis et son affranchi et héritier Lucius Bæbius Phileros ont fait poser [cette stèle] pour ce très digne patron. Si, après la mort des personnes ci-dessus indiquées, quelqu’un enlevait la présente stèle, il devra payer deux mille sesterces à l’administration de Ravenne”. Ne s’agissant pas de l’utilisation du sarcophage d’autrui mais d’une simple stèle, je ne sais s’il était moins coûteux d’en voler une et de la faire gratter avant d’y graver un nouveau texte ou d’en faire tailler une neuve, mais je suppose que la tentation d’utiliser une ancienne stèle devait être bien moindre. Il faut donc supposer que l’ajout de cette mention qui est spécifique de ce cimetière de Classe répond à une obligation légale, destinée à protéger les sépultures des citoyens de la ville.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

1756… Sant’Apollinare… Second siècle… toujours la même chose. “Aux dieux mânes. [Stèle] de Marcus Barbus Fronton, de la trirème Castor, originaire de Dalmatie, qui a vécu 42 ans et a servi [dans la marine] pendant 22 ans. Marcus Anthestius Rufus, de la même trirème, son héritier s’est chargé de faire poser [cette stèle] pour cet homme de mérite”. Encore un marin dalmate. Celui-ci n’avait sans doute pas de famille, et la vie de marin ne favorisant pas le mariage il fait de son compagnon et ami marin son héritier. Cet ami nous prouve la sincérité de son amitié en faisant graver cette stèle.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Cette stèle du deuxième siècle après Jésus-Christ a été vue en 1716 dans le monastère de Classe, ce qui laisse supposer qu’elle avait été trouvée dans le cimetière proche. Elle aussi signalait la tombe d’un marin: “Aux dieux mânes. Titus Fulvius Nepos, de la quinquérème Auguste, originaire de Thrace, a vécu 44 ans, a exercé comme militaire 24 ans. Lucius Cassius Cordus, son héritier, a fait poser [cette stèle]. Six pieds de front, cinq pieds vers les champs”. Ici, non seulement l’héritier fait poser une stèle, mais en outre il précise les dimensions de la tombe pour que l’on n’empiète pas sur l’espace qu’il a réservé à Titus Fulvius. Le pied romain mesurant 0,2944 mètre dans notre système métrique, cela représente 1,77 mètre sur 1,47 mètre. Puisqu’avant que le christianisme ne se soit imposé, avec le cimetière près de l’église, donc dans la cité, on enterrait hors les murs, le long des routes, la dimension “de front” veut dire le long de la route, et l’autre dimension, en profondeur, va “vers la campagne” ou “vers les champs”. Autre explication qui n’est peut-être pas inutile, la quinquérème –mot formé de quinque, cinq, et de rème, la rame– est un grand et lourd bateau à trois rangs de rames, avec deux rameurs sur chacune des rames des deux niveaux supérieurs et un seul rameur sur la rame inférieure, plus courte, soit cinq hommes au total alors que la trirème n’en comporte que trois. Enfin, on voit que ce marin a vingt-quatre ans de service pour quarante-quatre ans de vie, comme le marin de la stèle précédente avait vingt-deux ans de service pour quarante-deux ans de vie. Ils ont donc tous deux été enrôlés à vingt ans. La stèle est percée de cinq trous: je ne sais qui les a faits, ni pourquoi, ni quand, mais il est évident qu’ils sont postérieurs et que la stèle a donc été utilisée pour un autre usage.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Nous revenons à une stèle trouvée en 1756 dans le cimetière de Sant’Apollinare in Classe, celle-ci étant de la fin du deuxième siècle. “Aux dieux mânes. À Gaius Julius Felix, sous-officier sur la trière Piété, qui a vécu 45 ans et a servi 25 ans. Gaius Julius Chrysantus et Gaius Arruntius Chrysantus, ses affranchis et héritiers, ont fait poser [cette stèle] pour leur patron méritant. Encore un marin enrôlé à l’âge de vingt ans. Je traduis le grade latin optio par sous-officier car il s’agit d’une fonction d’encadrement de niveau relativement modeste. Généralement, les noms des navires basés à Classe apparaissent dans les stèles de plusieurs marins, mais cette trière Piété n’apparaît qu’une fois.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Quittons Classe pour Ravenne. En 1886, alors que l’on creusait un puits dans le voisinage de l’église San Vitale, on est tombé sur cette stèle à 4,95 mètres de profondeur. “[Tombe] de Publius Volumnius Alexandre, qui a vécu 19 ans et 9 mois. Volumnia Redempta, à son affranchi méritant”. Le musée fait très justement remarquer que la précision du nombre de mois de vie après le nombre d’années témoigne du chagrin de cette femme qui voit mourir si jeune l’esclave qu’elle a affranchi. En revanche, je maintiens que je lis très clairement que ce Publius avait 19 ans et non pas 18 comme le dit le musée.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

Et pour finir, deux femmes. La stèle de celle-ci vient de San Severo in Classe et date de la première moitié du premier siècle de notre ère. “Elle a vécu trente ans, elle est enterrée ici. À Paccia Helpis, affranchie de Gaius, son patron Gaius fils de Gaius et son mari Marcus Valerius Corvinus”. Cette coiffure est caractéristique de l’époque de l’empereur Tibère qui a succédé à Auguste. Je profite de cette présentation de stèle pour montrer à quel point nombre d’expressions connues sont abrégées et absolument incompréhensibles à qui n’est pas initié: tout en haut, “V.A.XXX” signifie “Vixit Annis 30”, elle a vécu trente ans. Pire encore, sous le fronton, on ne lit que trois lettres, H, S et E, et il faut comprendre “Hic Sepulta Est”, soit “Ici est ensevelie”.

Ravenne 02 : le musée archéologique. Samedi 11 mai 2013

La stèle de cette autre femme, on suppose qu’elle provient d’un cimetière de Classe (nous allons voir dans un instant comment elle se rattache à la marine), mais elle a été récupérée dans la collection Rasponi, sans précisions sur la façon dont elle y était entrée. Elle est du milieu du premier siècle de notre ère. “Athénion, coronaire sur la trirème Danaé, a fait faire [cette stèle] pour sa femme Quarta Aufidia, en raison de son dévouement et en son honneur. Elle est enterrée ici”. Le mot latin coronarius que je traduis par coronaire ne désigne, dans le dictionnaire Gaffiot, véritable bible des latinistes, que celui qui fait ou qui vend des couronnes, et ignore un grade militaire ainsi nommé. Sur Internet, je trouve une Encyclopédie méthodique, Antiquités, Mythologie, Diplomatique des chartres et chronologie, publiée à Paris en 1790. Cette encyclopédie comporte un article Coronarius, qui dit que Muratori rapporte… notre inscription précisément. “Il croit que cet officier de marine était chargé d’orner de couronnes les navires victorieux ou les salles des festins”. Cela me semble très curieux, cette charge ne me semble pas être du niveau d’un officier et surtout je ne vois pas comment cela peut l’occuper à plein temps. Mais comme je ne suis pas en mesure de proposer une explication plus satisfaisante, il me faut bien l’accepter… Ludovico Antonio Muratori (1672-1750) étant un historien et un linguiste italien de renom, je m’incline.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche