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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 23:55
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Aujourd’hui, nous allons visiter l’église San Vitale. Vital et Valérie sont un couple originaire de Milan qui a vécu au premier siècle de notre ère, à l’époque où règne Néron (54-68). Précisons cependant que si l’hagiographie, se basant notamment sur la Légende Dorée de Jacques de Voragine, les situe presque toujours au premier siècle, j’ai trouvé un site italien (www.santiebeati.it, ce qui signifie “Saints et bienheureux”) qui les place au troisième siècle. Ils ont deux fils, les jumeaux Gervais et Protais qui, après la mort de leurs parents à Ravenne, retourneront à Milan où ils seront martyrisés, l’un fouetté à mort, l’autre bastonné puis décapité. Accompagné de Valérie, Vital qui était un officier avait dû suivre le juge Paulin de Milan à Ravenne. Après avoir redonné courage à un médecin chrétien qui, torturé et que l’on menait à la décapitation, était sur le point de sacrifier aux dieux païens, Vital refusa de continuer à suivre Paulin. Cela le désignait clairement comme chrétien, aussi Paulin le fit-il attacher à un chevalet, instrument de torture qui écartèle. Et comme Vital ne faiblissait pas, Paulin le fit enterrer vif, couché sur le dos, au fond d’une fosse profonde, creusée jusqu’à l’eau. Valérie, alors, décida de rentrer à Milan mais en chemin elle rencontra des hommes qui venaient de sacrifier des animaux aux dieux païens, et voulurent lui faire manger de cette viande du sacrifice, ce qu’elle refusa: “Je suis chrétienne, il ne m’est pas permis de manger de vos sacrifices”. Elle fut alors sauvagement battue, si violemment que, transportée à Milan, elle y mourut trois jours plus tard. Famille de martyrs… Si saint Vital est ici représenté à cheval, c’est en sa qualité de soldat.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

En 396, saint Ambroise a un rêve récurrent. Il fait creuser le sol et trouve les ossements de saint Vital. L’hagiographie veut même que le corps ne soit pas décomposé (à même dans le sable qui isole de l’air, c’est possible) et exhale une odeur agréable (là, j’ai plus de doutes!). Le temps passe, plus d’un siècle. Le pape Jean II se fait accompagner à Constantinople par des sénateurs et par cinq évêques dont celui de Ravenne, Ecclesius. À son retour de Constantinople, Ecclesius décide de construire une grande église sur l’emplacement où, cent trente ans auparavant, a été trouvé le corps. Les travaux commencent fin 526 ou début 527 et donc sous la domination des Goths. Pour la fin des travaux, on ne sait si l’année est 547 ou 548, désormais sous la domination des Byzantins, mais on sait que c’était un 17 mai, du temps de Maximien, troisième successeur d’Ecclesius.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Certes San Vitale est modestement construite en brique rouge, ses formes sont simples, et pourtant on est frappé par la masse imposante de son plan octogonal et de ses appendices. Déjà, vue de l’extérieur, l’église ne peut cacher des influences byzantines.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Mais c’est à l’intérieur qu’apparaissent la complexité de l’architecture et la richesse de la décoration, que naissent l’émotion et l’admiration. Nous allons voir un peu plus en détails les mosaïques, les fresques, les marbres.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Les sols, d’abord. Nulle part je n’ai trouvé de datation des sols de San Vitale. Concernant ceux que je montre ici, je doute qu’ils remontent à l’époque de l’édification de la basilique, mais les situer dans le temps rendrait plus intéressante la comparaison avec ceux d’autres églises. C’est à Rome, entre le douzième et le quatorzième siècles, que les Cosmates ont porté au plus haut degré de perfection la création de ces sols de marbre composés de motifs géométriques jouant sur les couleurs. Alors, antérieurs de plusieurs siècles, ceux de San Vitale? Ou postérieurs, inspirés de ceux de Rome? Par ailleurs, face à ce labyrinthe, il est difficile de ne pas penser à celui de la cathédrale de Chartres qui, selon les spécialistes, est à situer dans les vingt premières années du treizième siècle. Certes, ces deux labyrinthes sont très différents, en taille et en aspect. Dans celui-ci, nous sommes guidés par des triangles figurant des flèches directionnelles, celui de la cathédrale française se présentant comme un immense intestin. Mais quoique leur signification soit l’objet de discussions, il est probable qu’ils répondent à une même intention. Voilà pourquoi, ici encore, j’aimerais situer celui de Ravenne par rapport à celui de Chartres.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Ces oiseaux de mosaïque, en revanche, semblent dater de l’époque de la construction de l’église, et par conséquent remonter très loin, au milieu du sixième siècle. Nous sommes ici dans le voisinage immédiat du mausolée de Galla Placidia (mon article Ravenne 03), antérieur d’un siècle, où nous avons vu sur les murs des mosaïques représentant des colombes s’abreuvant dans une coupe.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Après avoir regardé à nos pieds, levons la tête vers la coupole au-dessus du chœur. Au centre, le Christ est représenté par un agneau, “l’Agneau de Dieu”, que l’on retrouve traditionnellement à travers les siècles. Il est situé dans un médaillon porté par quatre anges et, tout autour des anges, des oiseaux, des quadrupèdes sortant de feuillages, des fruits, des fleurs, jouant sur les couleurs et les formes. Une décoration foisonnante figurant le Paradis.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Partout dans cette église prédominent les décorations en mosaïques. Mais la grande coupole, elle, est décorée de fresques plus tardives, réalisées dans le dernier quart du dix-septième siècle ou au tout début du dix-huitième. Leur style choque l’œil dans ce décor d’un autre âge.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Avant d’en venir aux mosaïques des murs, attardons-nous un moment sur ces remarquables chapiteaux. En ces premiers siècles de la chrétienté où l’on abattait les temples païens pour leur substituer le nouveau culte, des marchands achetaient les pierres récupérables, parmi lesquelles bien évidemment les colonnes et les chapiteaux, et constituaient d’immenses réserves dans lesquelles les architectes venaient faire leurs emplettes. Les églises chrétiennes de ces premiers siècles et des siècles suivants sont souvent constituées de colonnes antiques surmontées de chapiteaux ioniques ou corinthiens. Ici, rien de tel. On assiste à la naissance d’un nouvel art.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

De part et d’autre de l’abside, deux grands panneaux de mosaïque représentent le couple impérial. Nous sommes loin à l’ouest de Byzance, mais ces mosaïques sont typiquement byzantines, elles représentent des personnages de face, en position figée et hiératique. Sur le panneau de gauche (photo ci-dessus), on voit l’empereur Justinien, sous le règne duquel Ravenne est revenue dans le giron de l’Empire Byzantin et l’église a été achevée. C’est évidemment après l’exécution du gros œuvre que la décoration a été réalisée, donc après 545; né en 483, Justinien a passé les soixante ans. Son visage lisse, ses cheveux noirs, sont une représentation plus formelle que réaliste. Il est revêtu de la chlamyde pourpre impériale et tient en mains une coupe en or, la patène destinée à recevoir le pain de l’eucharistie. À sa gauche –à droite pour nous– se tient l’évêque Maximien qui a achevé la construction, et encore plus à droite on trouve deux diacres vêtus de blanc, qui portent l’un un encensoir, l’autre le livre des évangiles. De l’autre côté, un groupe de soldats (en regardant bien, on compte six têtes) figure la garde de l’empereur, mais aussi symbolise l’armée qui a reconquis Ravenne et confirme le pouvoir de l’empereur. Ils se tiennent derrière un grand bouclier marqué d’un X (la lettre grecque KHI) rayé verticalement d’un RHO (comme la lettre latine P, avec ici une toute petite boucle): ce sont les deux premières lettres du mot CH-R-IST, insigne choisi par l’empereur Constantin, et qui est ici destiné à montrer que le pouvoir de l’empereur est de droit divin. Hormis ces personnages, dont l’identification ne fait pas de doute, les autres ont fait l’objet de bien des interprétations. Après avoir lu nombre d’hypothèses, je vais, sous toutes réserves, en retenir une concernant deux personnages. En retrait, au second plan, entre Justinien et Maximien, se tiendrait Julianus Argentarius (comprendre: “Julien le Banquier”), l’homme qui a financé une grande part de la construction avec un don de vingt-six mille pièces d’or, mais dont on ne sait rien d’autre. J’ai trouvé dans un livre en anglais (Fred Kleiner, Gardner’s Art through the Ages, vol.1, p.236) une équivalence à “plus de 350 livres”, soit environ 160 kilos d’or. Et à la droite de Justinien, cet homme barbu portant un insigne sur l’épaule droite serait le général Bélisaire, qui a réussi à reprendre Ravenne au Goth Vitigès qu’il a fait prisonnier. Reste un homme qui, comme celui que je prends pour Bélisaire, porte une large bande pourpre, signe qu’il est un dignitaire de l’Empire. Pour lui, je n’ai pas trouvé d’identification vraisemblable. Sa position entre le général et les soldats lui assignerait un rôle militaire… On serait tenté de trouver, dans cette mosaïque, le général Narsès, c’était un eunuque imberbe, mais qui était né aux alentours de 478 et aurait donc eu à l’époque de la mosaïque cinq ans de plus que l’empereur. Difficile de le reconnaître dans ce jeune homme.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

De l’autre côté de l’abside, à droite, le panneau de l’impératrice Théodora. Autour de sa tête, comme autour de celle de son mari, est tracé un cercle qui fait comme une auréole. Il est à noter que l’Église Orthodoxe reconnaît comme saints Justinien et Théodora, au même titre que Constantin (aucun des trois n’a été canonisé par l’Église Catholique). Drapée dans un vaste manteau pourpre dont la broderie, en bas, représente les rois mages apportant leurs présents à l’Enfant Jésus, sur la tête une couronne ornée de pierreries, elle tient dans ses mains un calice en or pour le vin de la messe, faisant pendant à la patène du pain que tient Justinien. À ses côtés, deux dignitaires reconnaissables à la bande pourpre qui orne leur vêtement, n’ont, autant que je sache, jamais été identifiés. De l’autre côté, de nombreuses femmes richement habillées l’accompagnent. On en compte sept sur la mosaïque, mais il est probable que d’autres les suivent, qui sont cachées par la draperie. Ce sont des dames de la cour, qui constituent la suite de l’impératrice. Elles, il est normal qu’elles ne soient pas identifiées individuellement car elles n’ont pas laissé de traces dans l’histoire. Peut-être les contemporains pouvaient-ils mettre des noms sur les visages, quoique ces représentations ne soient pas des portraits fidèles des personnages, comme on l’a vu avec l’âge apparent de Justinien et, peut-être pire encore, avec Narsès si c’est lui que l’on doit reconnaître entre Bélisaire et les soldats.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Sur mes photos donnant une vue générale de l’intérieur de l’église, on remarque au plafond de l’abside la mosaïque que je montre ci-dessus. Assis sur un globe bleu, le Christ est représenté tout jeune et imberbe, ce qui est très inhabituel, d’autant plus surprenant si l’on fait le rapprochement avec le Christ du baptistère des Ariens, car il s’agit de décorations qui suivent de très près la reconquête sur les Ariens: on s’attendrait plutôt à une réaction renouant avec le style du Christ du baptistère de Néon datant de 452, une petite centaine d’années plus tôt. Dans sa main gauche, Jésus tient un rouleau de parchemin sept fois scellé: c’est le “Livre des sept sceaux”, comme on appelle l’Apocalypse de saint Jean. Les anges, près du Christ, mènent deux hommes. Ici, pas de doute sur leur identification, leurs noms sont inscrits au-dessus de leurs têtes. Du côté droit, c’est l’évêque Ecclesius, qui porte dans ses mains l’église dont il a initié la construction et qu’il vient offrir au Seigneur. Du côté gauche, c’est saint Vital, et Jésus tient en main la couronne du martyre qu’il va poser sur la tête du saint patron de l’église, exécuté pour sa foi en ce lieu même. Le fond est d’or, au-dessus des personnages flottent de légers nuages bleus et roses, sous leurs pieds s’étale un tapis de fleurs avec quelques oiseaux, c’est le Paradis.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Quelques autres des somptueuses mosaïques que l’on peut admirer. Celles-là ne sont plus dans le style byzantin, figé, rigide, mais dans le style hellénistique ou romain, en mouvement. L’image n’est plus fixée sur une série de personnages, mais sur une action.

 

Dans la Bible, au chapitre 4 de la Genèse, on lit que “Abel devint berger, et Caïn cultivait la terre. Au temps fixé, Caïn présenta des produits de la terre en offrande au Seigneur. De son côté, Abel présenta les premiers-nés de son troupeau, en offrant les morceaux les meilleurs. Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande, mais vers Caïn et son offrande, il ne le tourna pas”. On connaît la suite: Caïn, jaloux, tue Abel. Le côté gauche de la mosaïque ci-dessus montre Abel se préparant à sacrifier le premier-né de son troupeau qu’il présente au Seigneur. Sur le côté droit, c’est Melchisédech qui offre un sacrifice. Selon l’Épître aux Hébreux, Jésus est “prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech”, ce Melchisédech roi de Jérusalem qui aurait été contemporain d’Abraham et qui, selon la tradition, serait le premier à avoir institué en l’honneur de Dieu le sacrifice rituel du pain et du vin, préfiguration de la Cène du Jeudi Saint. La mosaïque montre, dans ses mains et sur la table, trois pains ronds et un calice de vin.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Cette mosaïque-ci représente deux épisodes de la vie d’Abraham. Autant citer la Genèse: “Trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au-devant d'eux, depuis l'entrée de sa tente, et se prosterna en terre. Et il dit: […] Permettez qu'on apporte un peu d'eau, pour vous laver les pieds; et reposez-vous sous cet arbre. J'irai prendre un morceau de pain, pour fortifier votre cœur, après quoi vous continuerez votre route […]. Abraham alla promptement dans sa tente vers Sarah, et il dit: Vite, trois mesures de fleur de farine, pétris, et fais des gâteaux. Et Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur, qui se hâta de l'apprêter. Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu'on avait apprêté, et il les mit devant eux. […] Alors ils lui dirent: Où est Sarah, ta femme? Il répondit: Elle est là, dans la tente. L'un d'entre eux dit: Je reviendrai vers toi à cette même époque; et voici, Sarah, ta femme, aura un fils. Sarah écoutait à l'entrée de la tente, qui était derrière lui. Abraham et Sarah étaient vieux, avancés en âge: et Sarah ne pouvait plus espérer avoir des enfants. Elle rit en elle-même”. On l’a compris, ces trois hommes étaient des anges envoyés pour annoncer à Abraham que Sarah allait lui donner un fils. Du côté gauche, on voit Sarah qui écoute ce que disent ces trois étrangers attablés, et Abraham qui leur apporte à manger. Selon le récit biblique, il est vrai que tous deux sont très âgés, 94 et 99 ans, mais l’artiste les montre bien “conservés” (pour utiliser cette horrible expression) grâce à je ne sais quel élixir de jouvence. Il est vrai également qu’Abraham offre généreusement l’hospitalité à ces inconnus, mais il fait préparer le repas par sa femme, le vilain macho, et par un serviteur. Pas fatigant, dans ces conditions, d’inviter à dîner.

 

Suite à ces événements, la prédiction des anges se réalise: “Sarah devint enceinte, et elle enfanta un fils à Abraham dans sa vieillesse, au temps fixé dont Dieu lui avait parlé. Abraham donna le nom d'Isaac au fils qui lui était né, que Sarah lui avait enfanté”.

 

Et puis c’est l’épisode représenté sur le côté droit de la mosaïque: “Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l'holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit. […] Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit: Mon père! Et il répondit: Me voici, mon fils! Isaac reprit: Voici le feu et le bois; mais où est l'agneau pour l'holocauste? Abraham répondit: Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. Alors l'ange de l'Éternel l'appela des cieux, et dit: Abraham! Abraham! Et il répondit: Me voici! L'ange dit: N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste à la place de son fils”. Le dessin de la mosaïque suit fidèlement le texte biblique, avec les arbres coupés à l’extrême droite, l’autel pour l’holocauste bâti avec les rondins, Isaac lié et déposé sur l’autel, Abraham armé de son grand couteau qui ressemble à une courte épée, et puis le bras de l’ange qui sort du ciel pour arrêter le bras d’Abraham prêt à sacrifier son fils, tandis que se promène par là un bélier, tout petit comme un agneau mais avec des cornes bien recourbées. La seule liberté prise par l’artiste par rapport au texte est que le bélier ne s’est pas emmêlé les cornes dans un buisson.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013
Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Il y a encore bien d’autres mosaïques merveilleuses, mais je ne peux pas tout montrer. Avant de terminer, cependant, il me faut quand même montrer d’autres détails de l’ornementation qui, purement décoratifs, ne requièrent pas de commentaires. Seulement des oh! et des ah! admiratifs.

Ravenne 07 : San Vitale. Mardi 7 mai 2013

Et encore ce sarcophage qui représente les rois mages apportant leurs présents à l’Enfant Jésus dans les bras de sa mère. Selon la tradition, ils auraient apporté de l’or, de l’encens et de la myrrhe, ce qui a généralement amené les artistes à donner une forme différente au contenant de chacun des présents. Mais ici, tous les trois s’avancent avec une corbeille de même forme et de même dimension, exactement comme ils sont représentés au bas de la robe de Théodora dans la mosaïque dont j’ai parlé tout à l’heure. Aucun panonceau ne dit à qui était destiné ce sarcophage.

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Published by Thierry Jamard
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