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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 23:55
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Nous avons vu dans mon précédent article que les travaux du baptistère s’étaient poursuivis jusqu’à la fin du treizième siècle. C’est vers cette époque, précisément en 1284, que l’on abat le campanile de l’ancienne cathédrale et que l’on entreprend de construire celui qui, aujourd’hui, malheureusement pour nous, est tout emmailloté, mais que l’on voit sur cette reproduction d’une gravure de G. Giacopelli et qui date du milieu du dix-neuvième siècle. Un document de mai 1290, donc six ans après la démolition et le début des travaux, nous informe que l’on en est à 33,99 mètres de haut. Dès mars 1292, la cellule des cloches est prête puisqu’à cette date on les y installe. Toutefois le campanile doit d’élever encore au-dessus de ce niveau, et l’argent vient à manquer, malgré tout ce qu’a financé personnellement –et aussi avec l’argent de l’évêché– l’évêque Gherardo Bianchi, que nous avons vu sur une fresque du baptistère. Obizzo San Vitale, qui est l’évêque en charge du diocèse en 1292, sollicite auprès du pape l’autorisation de faire appel à la générosité publique, autorisation qui lui est accordée non seulement pour le diocèse de Parme, mais aussi pour ceux de Crémone et de Plaisance, et accorde une indulgence d’un an et quarante jours pour les donateurs, à condition qu’ils se repentent de leurs péchés, qu’ils se confessent, et que leur don soit fait dans les cinq ans à venir. L’évêque donne ordre de lire la décision pontificale dans toutes les églises. À titre de comparaison, j’avais publié dans mon article Palerme: Palazzo Abatellis et divers, en date du 3 août 2010, une plaque de 1926 accordant 200 jours d’indulgence pour un Gloria à saint Antoine et une autre de 1924 en accordant également 200 pour un ave devant santa Rosalia. Une petite prière vite fait, bien fait, et sans délai imparti, rapporte juste deux fois moins qu’un gros don pour le campanile d’une cathédrale. Pas étonnant, dans ces conditions, que les travaux n’aient repris qu’en 1294…

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Mais il semble qu’ils aient été achevés dans l’année, à l’exception toutefois du dernier “chapeau” et de l’ange de cuivre martelé et doré qui, eux, n’auraient été placés qu’après 1336. Cet ange tout petit, qui ne fait que 1,42 mètre de haut, est mobile, il tourne en servant de girouette. De plus, je lis sur une affiche expliquant l’historique et placée devant les échafaudages (donc en principe à la page) qu’au sommet du campanile a été placée une copie –maintes et maintes fois au cours des siècles la foudre a frappé, hélas–, et que l’ange original a été transféré à l’intérieur du bâtiment. La description précise de l’endroit, avec photo jointe, désigne sans aucun doute possible le dessus du chapiteau de ma photo ci-dessus. Or je vois bien une petite avancée destinée à le recevoir, mais l’ange lui-même est invisible. Or en ce lieu la foudre n’a pu le frapper. Se serait-il éclipsé d’un coup d’aile pour un besoin urgent? Malheureusement nous n’avons pas le temps d’attendre pour voir s’il revient se poser sur son perchoir. En fait (soyons sérieux), il est dit ailleurs qu’il doit être nettoyé et traité en laboratoire, ce qui explique que, s’il a bien été placé sur ce pilier il y a un siècle, il en a été provisoirement enlevé pour son entretien. Cela fait que nous ne verrons ni le campanile, ni le vrai ange…

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

En dehors des multiples colonnettes qui allègent l’aspect de la façade, le style architectural de la cathédrale de Parme est très simple, et le flanc du bâtiment l’est plus encore. Il faut aller jusqu’à l’abside pour trouver des décorations, des sculptures, car c’est là, derrière ce mur, que se trouve l’autel, le sanctuaire, et le tabernacle qui renferme l’Eucharistie.

 

Le duomo est plus ancien que son campanile. Sur l’emplacement d’une église du troisième ou du quatrième siècle, puis d’une église du neuvième siècle, les travaux ont commencé dans la première moitié du onzième siècle et l’église a été consacrée –inachevée– à Notre-Dame de l’Assomption en 1106, soit 178 ans avant que l’on entreprenne la construction du campanile. Les travaux se sont poursuivis, mais voilà qu’en 1117 un violent tremblement de terre endommage le bâtiment. De ce fait, les travaux ne s’achèveront qu’en 1130. Je lis dans le petit guide de Parme, ville et province, que c’est le même Benedetto Antelami qui est à l’origine des projets de la cathédrale et du baptistère. Mais supposer que le même homme a dessiné la cathédrale en 1106, puis le baptistère en 1196, avant d’en conduire les travaux et d’y réaliser des sculptures jusqu’en 1216, cela en ferait un artiste très précoce et d’une longévité exceptionnelle, son activité professionnelle s’étalant sur plus de 110 ans! En réalité, selon un livre de 1952 de Géza De Francovich, il serait né en 1150 et mort en 1230. Il n’a donc ni dessiné ni mené les travaux de la cathédrale, achevée vingt ans avant sa naissance, mais il a pu réaliser, à l’âge de 28 ans, la sculpture que nous allons voir dans la cathédrale, dessiner le baptistère en 1196 à 46 ans, et être encore sur les échafaudages et sculpter les tympans des portails en 1216 à 66 ans.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Comme cela est la règle dans ces grandes églises, le portail de façade est gardé par des lions stylophores (porte-colonnes). Entre leurs pattes, ils tiennent un animal, ce qui symbolise la puissance du Christ sur le monde. Ce qui est particulier ici, c’est que le lion à droite du portail est en pierre rouge, et celui de gauche en pierre blanche. En outre, comme on le voit sur ma seconde photo, la colonne qui repose sur le dos du lion y écrase un animal que je n’identifie pas. En regardant bien, non, ce n’est pas un bout de crinière, c’est bien un animal, et je ne m’explique pas ce qu’il fait là car le Christ représenté par le lion n’y est pour rien dans sa situation.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

À l’intérieur, on est frappé par cette impression d’ampleur et par la luminosité, rare dans une église de ce siècle construite en style qui est encore roman. Derrière l’autel, ce grand ciborium de marbre blanc doré a été réalisé de 1486 à 1488 par Alberto di Moffeolo. Dans la partie inférieure se trouve le tabernacle, et la chaire épiscopale est située en-dessous.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Sculpté dans la même pierre rouge que le lion du grand portail, cet autel –un sarcophage du douzième siècle– est du plus bel effet, avec ses hauts reliefs sur les côtés et ses personnages de marbre blanc en ronde bosse sur la façade. Il contient les reliques de cinq martyrs, Abdon, Sennen, Nicomède, Hercule et Pudentienne. On se rappelle l’église qui est consacrée à Rome à cette vierge et martyre (mon article Rome, Saintes Pudentienne et Praxède, daté du 12 février 2010). Je ne crois pas qu’elle ait quelque chose à voir avec la ville de Parme, mais au Moyen-Âge et encore après on se disputait les fragments d’ossements de saints, on en achetait, parfois même on en volait, pour donner plus de sainteté à son église. Ma photo montre, sur le côté, le Christ bénissant, avec les symboles des évangélistes, le lion de Marc et le taureau de Luc à ses pieds, l’aigle de Jean et l’homme de Matthieu de part et d’autre de sa tête. Sur la façade nous voyons six apôtres.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Poursuivons notre tour de l’église avec ces buffets d’orgues symétriques de part et d’autre de la nef, juste avant le transept. D’ordinaire, les grandes orgues sont situées au fond de l’église, sur un balcon au-dessus du portail. Il aurait fallu disposer de plus de temps à Parme et assister à un office pour apprécier les différences dans l’acoustique entre les deux positions des orgues. Par ailleurs, il y a deux orgues face à face, je ne vois pas comment s’organise leur utilisation. Dans le mobilier, on ne peut manquer également d’admirer le travail de cette chaire, de la deuxième moitié du seizième siècle.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Petite mention au passage sur les vitraux, même s’ils sont modernes: celui que je montre porte l’indication qu’il a été offert par le Mont de Piété de Parme en 1954.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Indépendamment du chœur dont nous avons vu le reliquaire, on peut s’arrêter devant les diverses chapelles. Comme on peut le constater, elles sont couvertes de fresques. Sur la voûte de cette coupole, on voit Dieu qui jette la foudre et des hommes qui s’effondrent. Je suppose qu’il s’agit de la destruction de Sodome et Gomorrhe.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Quant à la grande coupole, elle a été commandée à un artiste de grand renom: le Corrège, qui y a travaillé en 1526-1530. Désirant la meilleure luminosité pour son œuvre, il a fait percer huit fenêtres circulaires, une dans chaque côté de l’octogone (on les devine sur la première de mes photos ci-dessus). Tous ces anges qui poussent la Vierge vers le ciel en jouant de la musique, en s’embrassant, en chantant dans un grand désordre de corps dénudés censés exprimer la joie, n’ont pas été du goût de l’évêque, quand il a vu la coupole terminée, en 1530. Il n’y a vu qu’un “enchevêtrement de cuisses de grenouilles”! On est en pleine Renaissance, il fallait faire quelque chose de nouveau, quelque chose d’innovant, et il n’est pas évident, pour qui a l’œil formé à une esthétique particulière, partout répandue depuis le milieu du moyen-âge, de comprendre et d’apprécier ce qui s’éloigne radicalement des canons habituels.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

…Et de beaux plafonds. Le premier ci-dessus est au-dessus du chœur, le second au-dessus de la nef, et le troisième est latéral. La richesse de la décoration donne l’impression d’être immergé au milieu d’œuvres d’art.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

De même, les stalles du chœur, réalisées entre 1469 et 1473 en fine marqueterie, sont de toute beauté. Douze d’entre elles, prévues dès le départ, sont à coup sûr de Christophe et Laurent Canozi da Lendinara, mais au total leur nombre est monté jusqu’à quarante et l’on ne sait pas trop si elles sont toutes des mêmes artistes.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

À Recanati, passant devant la maison où il a vécu (voir mon article sur Recanati, daté du 16 au 18 avril 2013), nous avons fait connaissance avec Biagio Biagetti (1877-1948) dont je disais qu’il avait été peintre, critique et historien de l’art sacré, fondateur du laboratoire de restauration des œuvres d’art au Vatican. Il a également été directeur de la Pinacothèque Nationale. C’est lui qui, en 1922, a peint ici cette fresque en l’honneur des morts de la Première Guerre Mondiale. C’est la chapelle dite Bajardi.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Dans la chapelle de la famille Centoni, dans la partie inférieure des murs les fresques, en grisaille, sont dues au Parmesan Francesco Maria Rondani (1490-1550) et datent de 1530-1531. Elles représentent des épisodes de la vie de saint Antoine, abbé. Il s’agit d’un homme né en Haute-Égypte en 251. Ses parents, après lui avoir donné une éducation chrétienne, meurent. À 18 ans, il vend tout ce qu’ils lui ont légué, en distribue le produit aux pauvres et part dans le désert où il mène une vie de jeûne et de prière. Lors des persécutions, il revient dans le monde pour ne pas se désolidariser des chrétiens suppliciés, mais il est épargné. Quand cesse la vague de persécutions, il retourne au désert où il fédère les nombreux ermites par la parole et par l’exemple. Il mourra âgé de 105 ans en 356. Je lis, à son sujet: “Saint Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort; les malins esprits prenaient pour l'épouvanter les formes les plus horribles; mais il se moquait de leurs efforts” en faisant le signe de Croix.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Dans une chapelle où, en plusieurs endroits, sont représentées les armoiries communales, les fresques racontent la vie et la mort de saint Sébastien et de saint Fabien. Elles sont du début du quinzième siècle et sont attribuées à Bartolino de Grossi.

 

Il est inutile, je pense, de parler de saint Sébastien (que, d’ailleurs, je ne montre pas ici), tant il est connu, tout transpercé de flèches. Fabien est moins connu. C’est un laïc qui a vécu au troisième siècle. À cette époque, l’évêque de Rome est élu par une assemblée de chrétiens. Fabien en fait partie et voilà qu’au moment de l’élection, en janvier 236, une colombe vient voleter au-dessus de sa tête. Pas de doute, c’est le Saint-Esprit qui est venu le désigner. Il est élu. On s’empresse de l’ordonner prêtre, et le voilà du jour au lendemain évêque de Rome (et par ce fait, il est pape). Or en 249, Dèce renverse l’empereur Philippe l’Arabe qui, semble-t-il, avait une inclination pour le christianisme, il se proclame empereur, et rend obligatoire le culte de l’empereur et des dieux païens traditionnels, sous peine de mort; chacun doit obtenir un certificat attestant qu’il a sacrifié aux dieux païens. Dur-dur pour les chrétiens. Certains préfèrent sauver leur vie en sacrifiant, pour d’autres s’ouvre un grand marché de faux certificats (comme pour les passeports français à Pigalle aujourd’hui), mais beaucoup refusent et subissent le martyr , comme Fabien en 250.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

On n’en finirait pas de montrer toutes les fresques de la nef, du transept, des innombrables chapelles. Alors j’en resterai là, mais il y a aussi des sculptures. Ici une belle pietà, très réaliste, avec des visages et des expressions émouvants.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Mais j’ai gardé pour la fin une sculpture exceptionnelle, un haut-relief que l’on doit à ce Benedetto Antelami dont j’ai parlé tout à l’heure, et qu’il a réalisé en 1178 à l’âge de 28 ans. Ni l’auteur, ni la date ne sont douteux, puisque l’artiste a gravé un texte en latin donnant son nom et précisant qu’il a terminé son œuvre le second mois de l’année 1178. Le thème est celui de la Déposition de Croix.

 

La sculpture est entourée d’un décor finement ciselé. Au centre, on remarque que le Christ est sur une croix faite de rondins et non de planches taillées: il n’est pas instrument de mort, mais Arbre de Vie. Tout repose sur ce symbolisme, comme on va le voir, avec deux archanges survolant la scène, à gauche Gabriel pour le christianisme triomphant, à droite Raphaël consacrant l’échec des vieilles religions. Juste derrière les pieds de ces archanges on voit le visage du soleil et derrière ceux de Raphaël la lune, avec la même signification. Du côté gauche, Joseph d’Arimathie, celui-là qui a obtenu l’autorisation d’emporter et d’ensevelir le corps de Jésus, et qui lui offrira le tombeau qu’il avait fait creuser pour lui, ce Joseph d’Arimathie saisit le corps du Christ, tandis que du côté de la mort, à droite, la main est encore fixée au bois de la croix, et c’est Nicodème qui grimpe à l’échelle, des tenailles (hélas cassées dans cette sculpture) à la main, pour arracher le clou et finir de libérer le corps. L’évangile ne dit pas précisément quel a été le rôle de Nicodème, mais seulement qu’il a participé à la mise au tombeau, et qu’il avait apporté cent livres (environ trente kilogrammes) de myrrhe et d’Aloès.

 

En outre, à gauche un petit personnage sous le bras de Jésus porte un calice et un étendard déployé, c’est le triomphe de l’Église; symétrique, à droite, un personnage que l’archange Raphaël oblige, de la main, à courber la tête, porte un étendard déchiré, c’est la défaite de la synagogue. Puis, à gauche Marie prend et caresse la main libérée de son fils, que lui tend l’archange Gabriel. Elle est suivie de saint Jean et, derrière lui, viennent les trois Marie, à savoir Marie Salomé, Marie fille de Jacques et Marie Madeleine. À droite, derrière la synagogue vaincue, on voit un centurion romain avec son bouclier, suivi de cinq personnages qui sont sans doute le peuple juif. Et devant eux, une scène que je montre en plus gros sur ma deuxième photo: Selon le droit romain, les bourreaux ont le droit de se partager les vêtements des crucifiés. Or la tunique de Jésus, qui selon la légende aurait été confectionnée par Marie dans une seule étoffe et sans couture, ne pouvait être partagée sans être coupée ou déchirée. Ce qui eût été dommage pour ce vêtement de valeur. L’évangile de saint Jean raconte qu’alors les bourreaux, qui étaient quatre soldats romains, l’ont jouée aux dés. C’est ce que montre ma photo, deux bourreaux, assis face à face sur de petits sièges et tenant la tunique qui est en jeu, et deux autres penchés attentivement derrière eux. On peut même distinguer les dés dans la main de celui qui est assis le plus à droite. En dehors du supposé peuple juif et des quatre bourreaux, le nom et le rôle de chacun des personnages est indiqué par une inscription.

 

Cette plaque est sculptée avec un tel talent, si pleine de fins détails, si remplie de signification, que j’ai voulu la montrer comme la conclusion de notre visite de la cathédrale, et de la ville de Parme.

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Published by Thierry Jamard
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