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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 23:55
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Pour en finir avec les mosaïques de Ravenne, en guise de conclusion, nous voici au TAMO, abréviation de “Tutta l’Avventura del Mosaico”, titre qu’il me semble inutile de traduire. C’est une sorte de musée de la mosaïque, avec une exposition intitulée “Mosaici tra Inferno e Paradiso”, c’est-à-dire “Mosaïques entre Enfer et Paradis” en référence à la Divine Comédie de Dante, avec ses trois livres l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, parce que les vingt-et-une œuvres exposées sont inspirées de Dante. Ce musée est installé dans l’église (quatorzième siècle) et le monastère de San Nicolò. Désaffectés, cela va sans dire.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Le musée commence dans la nef de l’église. Avant de montrer ce qui y est exposé, on peut déjà admirer ce qui reste de fresques bien abîmées sur les murs, mais de toute beauté.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Ce qui remonte le plus loin dans le temps, c’est cette mosaïque de sol du quatrième siècle avant Jésus-Christ qui provient de l’île sicilienne de Mozia (voir mon article Mozia, daté 21 août 2010). Elle est faite de galets de rivière liés par du mortier de calcaire mêlé de fines particules. Cette méthode de mosaïque de galets est rare.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Sur ma photo montrant la nef de l’église, on a pu voir au sol de grandes plaques. Ce sont de somptueux tapis de mosaïques. Celui-ci vient d’une domus de Faenza, dans la province de Ravenne, et date de l’époque d’Auguste.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cet autre tapis de mosaïque est peut-être objectivement plus beau, mais je préfère le précédent. Celui-ci est plus tardif, sixième siècle après Jésus-Christ, et provient du complexe du monastère de San Severo, à Classe (J’ai eu l’occasion d’évoquer ce monastère et ses mosaïques de sol dans mon précédent article, Ravenne 14, au sujet de la crypte Rasponi).

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque de sol donne une impression de vannerie en relief, encore une qui est remarquable. Elle est faite de tesselles qui sont toutes rectangulaires et de même dimension. Elle vient de Libye et date du deuxième siècle de notre ère.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque de sol représente des motifs peu communs, et très variés, qui semblent avoir été jetés en désordre. Elle vient d’une domus de Ravenne que l’on désigne par elle, à savoir la Domus des tapis à cercles et à méandres. On la date du cinquième siècle de notre ère, mais elle a été restaurée à de nombreuses reprises dans l’antiquité.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Mais les mosaïques ne sont pas toutes géométriques, beaucoup d’entre elles sont figuratives. Les deux ci-dessus sont du cinquième siècle de notre ère et ont été prélevées dans une domus de Faenza. Rien à voir, ni pour l’époque, ni pour la localisation, avec la domus de Faenza évoquée plus haut. D’abord, dans deux cadres distincts, des soldats en armes, avec bouclier, casque et lance; et ensuite, cet homme nu sur un trône, c’est Achille à qui on présente ses armes. Cet homme debout, en bas à gauche, est peut-être le roi de Troie Priam, est-il dit sur la notice. Il est vrai que Priam n’est plus jeune, comme l’homme de la mosaïque, mais je ne vois pas bien ce qu’il viendrait faire dans cette scène.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Grand saut dans le temps, nous arrivons au douzième siècle avec cette mosaïque en provenance d’Otrante, dans les Pouilles (voir mon article daté 4 et 5 octobre 2010). Tant par le style du dessin que par la qualité de la technique, on voit qu’on a changé d’époque. Ici les tesselles sont de forme et de taille aléatoires, et cela entraîne qu’elles soient mal jointes avec un ciment grossier.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Passons maintenant à un autre secteur du musée. On va étudier la technique de la mosaïque. Difficile à faire passer dans ce blog, il faut voir de ses yeux, apprécier la matière, comprendre les animations. Ce que je peux montrer ici, c’est par exemple cette photo d’une stèle qui est au musée d’Ostie –le port de Rome dans l’antiquité– et qui représente des artistes taillant des tesselles pour faire une mosaïque.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

En même temps que l’on nous montre la photo de cette stèle, on nous présente les outils de l’artiste en mosaïque, en nous expliquant comment on s’en sert. Il y a aussi ce bac plein de tesselles multicolores, mais en un autre endroit on nous montre comment on les colore, comment elles sont ensuite classées par couleur, et aussi par gradation de couleur, pour que l’on puisse trouver instantanément, au cours du travail de composition, les tesselles dont on a besoin, sans avoir à fouiller dans le tas. Un parcours instructif très intéressant.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Et en fin de parcours, nous voici arrivés à l’exposition d’œuvres contemporaines inspirées de la Divine Comédie de Dante, ces Mosaici tra Inferno e Paradiso, dont je parlais au début. C’est le 27 mai 1965 que le cloître de la basilique San Vitale expose 21 mosaïques en relation avec la Divine Comédie. Cette année-là est marquée par le septième centenaire de la naissance de Dante. Ces mosaïques sont à présent au TAMO, pour notre plus grand plaisir. En voici quatre. Cette mosaïque, ci-dessus, représente Dante et Virgile face à Paolo [Malatesta] et Francesca [da Rimini], dans l’Enfer, chant 5. Il convient d’indiquer deux noms, celui du peintre qui a exécuté le carton, Domenico Purificato (1915-1984), et celui de l’artiste en mosaïque qui a réalisé l’œuvre finale, Santo Spartà (né en 1936). C’est un artiste orientaliste, qui s’est initié en restaurant des mosaïques anciennes dans les basiliques de Ravenne.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque, les Harpies, est inspirée du chant 13 de l’Enfer de Dante. Le carton, une détrempe sur papier, est de Giulio Ruffini (1921-2011), sculpteur et peintre. Libera Musiani (1903-1987) a exécuté la mosaïque, mais en la réinterprétant. En effet, s’il reste fidèle au graphisme, en revanche il a beaucoup adouci les contrastes et les tons, ce qui affaiblit la charge expressive de l’original surréaliste.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Les Violents, c’est également au chant 13 de l’Enfer qu’on les trouve. L’auteur du carton, Leila Lazzaro (née en 1925) est romaine. Elle a représenté le suicide de Pier delle Vigne, et l’on retrouve les Harpies de l’image précédente. L’exécution est de Sergio Cicognani (né en 1927), un artiste célèbre qui a travaillé avec Kokoschka et avec Mathieu. Lui aussi a beaucoup adouci les tons durs du carton en les faisant évoluer en ombres pastel.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque est intitulée Caton. Et en effet, Dante a placé Caton d’Utique à l’entrée du purgatoire (Purgatoire, chant 1). Ce Romain qui, pour ne pas être livré à son adversaire César, s’est jeté sur son épée, je l’aurais plutôt imaginé en Enfer avec les suicidés, mais là n’est pas le sujet. Il est ici interprété sur un carton de Orfeo Tamburi (1910-1994), qui s’est formé à Rome puis a exercé à Paris, évoluant vers des formes qui témoignent de l’influence de Cézanne sur son style. Cette fois, la transcription en mosaïque est très fidèle au carton original. Elle est de Santo Spartà, que nous avons vu au sujet de Paolo et Francesca.

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Published by Thierry Jamard
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