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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 23:55

Hier au soir, nous avons quitté le Cateau-Cambrésis et sommes allés poser notre maison sur roulettes pour la nuit sur un parking d’autoroute belge, et nous avons traversé toute la Belgique sans nous arrêter, pas plus qu’aux Pays-Bas jusqu’à Volendam.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Volendam, c’est une petite ville sur l’IJsselmeer, au nord-est d’Amsterdam, dont autrefois, il y a bien longtemps, j’avais appris l’existence en lisant La Chute, d’Albert Camus. Dans mon édition, une note disait, en substance (car je ne me rappelle pas les termes exacts) que cette ville était le prototype du pittoresque frelaté. La première fois que j’y suis allé voir, il y a quarante-huit ans de cela (hé oui, déjà…), il y avait encore quelques-uns de ces bateaux traditionnels aux voiles brunes. Aujourd’hui, plus un seul. Mais nous sommes bien en Hollande, il y a des canaux!

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Certes, la ville est mangée par le tourisme, les bars, les restaurants, les fast-food, les boutiques de souvenirs, et les rues sont encombrées non pas de pêcheurs locaux mais de passants en tenues de vacanciers, mais qu’importe, elle ne manque pas de charme. Et pour la photo, j’ai essayé de ne pas y mettre trop de touristes…

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Sympathique, avec un brin d’humour: des sculptures en bronze ici ou là remplacent les Hollandais authentiques s’ils viennent à faire défaut. En particulier, ce pêcheur assis sur un banc, d’autant plus amusant qu’une dame était assise auprès de lui. Mais son droit à l’image m’empêche de publier cette personne.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Les Pays-Bas, qu’est-ce que cela évoque spontanément? Des tas de choses: par exemple Guillaume d’Orange, ou Louis XIV et le traité de Breda, ou encore la patrie de Spinoza et de Rembrandt. Ou peut-être les tulipes; ou plus prosaïquement les fromages, le Gouda, l’Edam… Les commerçants locaux savent bien l’image que les touristes ont de ce pays, on ne parle pas de Spinoza mais de fromages. Les fromageries offrent la visite de leurs petits musées. Dans celle-ci, les murs sont décorés de ces carrelages en faïence de Delft représentant leur activité dans les siècles passés.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

On commence (et finit), bien sûr, par la boutique, où l’on peut acheter la production locale plus ou moins artisanale. Mais on peut aussi passer à la partie explicative de la fabrication.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

À l’aide de dessins clairs et de textes en diverses langues, dont le français (aux Pays-Bas, et depuis longtemps, l’anglais est obligatoire pour tous dès l’école primaire, puis à l’âge du collège secondaire on étudie obligatoirement, en outre, soit l’allemand, soit le français), les étapes de la fabrication du fromage sont expliquées. Ici, je ne donne que le titre de chaque opération: n°1 présure et ferments lactiques, n°2 le caillé est brisé en petits grains, n°3 caillé trempé dans le petit-lait puis mis en moule, n°4 le bain de saumure, n°5 la maturation et l’affinage, n°6 le “coating”.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Les accessoires et le matériel sont également montrés au public pour compléter les explications détaillées. En fait, c’est une petite visite intéressante et instructive. Notamment en ce qui concerne le “coating” en plastique, certains de nos fromages français sont enveloppés dans une feuille d’aluminium durant l’affinage, les pâtes molles se contentent de papier étanche et d’une boîte en bois.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Et l’humour n’est pas absent, les onomatopées des cris d’animaux étant utilisées pour identifier leurs auteurs plutôt qu’une traduction multi-langue. Le seul problème (tant pis si je suis un radoteur briseur d’humour et figeur de sourires), c’est que les animaux ne parlent pas la même langue dans tous les pays:

– Une vache française fait MEUH, mais elle fait MOU en anglais (écrit MOO) et en espagnol (écrit MU)

– La chèvre fait BÊÊÊ en français et en espagnol (écrit BEEE), mais NAAA en anglais

– Le moineau français fait CUI-CUI, l’anglais fait CHEEP-CHEEP, l’espagnol fait PIO-PIO

– Le coq français chante COCORICO, l’anglais COCKADOODLEDOO et l’espagnol QUIQUIRIQUI

– En français un canard fait COIN-COIN, mais QUACK-QUACK en anglais, CUA-CUA en espagnol

– Le chien français aboie OUAH-OUAH, en anglais c’est BOW-WOW, en espagnol GUA-GUA, en russe ГАВ-ГАВ (prononcer GAF-GAF)

– la langue des ânes est plus internationale, HI-HAN en français, HEE-HAW en anglais, IHA en espagnol, И-А, И-А en russe (prononcer I-A, I-A). Là, il n’y a qu’une nuance dans l’accent, ils se comprennent. Le bonnet d’âne pour ceux qui n’apprennent pas à l’école, alors que l’âne a inventé un langage international? À moins que ce ne soit au contraire pour son incapacité à étudier les langues étrangères?

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

La côte néerlandaise était creusée d’un très vaste golfe, le Zuiderzee (ce qui signifie “la Mer du Sud”). Aujourd’hui, et depuis près d’un siècle, une immense digue de trente kilomètres de long ferme ce golfe. Ce n’est plus une mer, c’est un lac d’eau douce, l’Ijsselmeer (ce qui signifie “le Lac de l’Ijssel”). En outre, une fois cet espace isolé de la mer, une bonne partie en a été asséchée, puis le sol en a été désalinisé afin de dégager de nouvelles terres, les polders. Cette création de polders ne date pas du vingtième siècle, les Pays-Bas ont commencé à gagner des terres sur la mer il y a bien longtemps, à tel point qu’aujourd’hui près de quinze pour cent de la superficie du pays est constituée de polders (six mille cinq cents kilomètres carrés). La digue, on l’appelle en français la Grande Digue du Nord, mais pour les Néerlandais c’est l’Afsluitdijk, c’est-à-dire “la Digue de Fermeture”. J’avais aussi traversé cette digue lors de ma première visite à Volendam, et dans mon souvenir des myriades de mouettes la survolaient. Aujourd’hui, pas un seul oiseau. Est-ce alors ma mémoire qui me trompe, après presque un demi-siècle, ou le hasard fait-il que ce jour-là précisément des bancs de poissons avaient attiré les oiseaux, je ne saurais le dire.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Ce monsieur en manteau (il ne fait pas toujours beau et chaud dans ce pays) est Cornelis Lely. C’est lui l’auteur d’un projet de digue ici. En 1916, de dramatiques inondations font s’intéresser de très près à ce projet, qui est approuvé et voté par le Parlement en 1918. Les travaux commencent en 1927 et durent jusqu’à 1933. Aujourd’hui, sur cette digue de 90 mètres de large, court une autoroute, mais un parking permet de s’arrêter pour prendre quelques photos.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

De l’autre côté de l’Afsluitdijk, c’est la Frise (Friesland). Nous avions plusieurs raisons de choisir cet itinéraire qui n’est pas le plus court vers la Biélorussie, Volendam, la Grande Digue, les paysages frisons, mais l’une des moindres n’était pas de voir, dans les prés de leur paysage naturel, des chevaux frisons, avec leur forte ossature, leur robe bai brun, leur longue queue, leur crinière fournie. Déception! Je ne suis pas un spécialiste, loin de là, mais nous avons eu beau parcourir nombre de petites routes de Frise, nous n’en avons pas vu un seul. Les chevaux de ma photo sont de magnifiques animaux, aux douaniers ils tendent peut-être au bout de leurs sabots un passeport de Frise, mais ils ne sont pas de race frisonne. Du moins je ne le crois pas. Autant que je sache, le cheval frison n’a jamais été croisé de pur-sang anglais, il est le produit de sélection et d’amélioration de sa propre race, ce qui lui donne des caractéristiques très marquées.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

L’architecture des villes est souvent influencée par des modes, soit nationales (dans tous les Pays-Bas on voit des immeubles qui se ressemblent), soit internationales (le baroque, par exemple), mais les fermes sont généralement typiques, non pas d’un pays, mais de chaque région du pays, même si, comme ici, la superficie du pays n’est pas immense (33751 kilomètres carrés pour la métropole, à comparer avec la France métropolitaine, 551500 kilomètres carrés, soit une différence de 1 à plus de seize) pour une population de seize millions trois cent soixante mille habitants, soit même pas quatre fois moins qu’en France, d’où une densité d’occupation des sols d’autant plus élevée. Nous aimons tout particulièrement l’aspect du pays, ordonné, propre, “léché”.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013
En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

Les villages sont ravissants, avec leurs maisons de poupées rangées le long des canaux. Aux Pays-Bas, on ne se cache pas, les jardins sont rarement clos, les grandes baies dépourvues de volets et même souvent de rideaux laissent voir, le soir avec la lumière, des intérieurs chaleureux, avec cuivres et plantes sur les appuis de fenêtres. Ci-dessus, ma deuxième et ma troisième photos représentent la même rue, d’abord pour en montrer les maisons, ensuite depuis le pont, avec les fleurs en premier plan, parce que c’est ainsi que l’on perçoit ce sympathique village quand on l’aborde.

En traversant les Pays-Bas. 29 juillet 2013

La Frise, sa riante campagne, ses jolis villages ne sont pas peuplés que de chevaux. Je pourrais bien frapper à une porte et demander à la personne qui m’ouvre l’autorisation de la photographier, afin de ne pas violer son droit à l’image en publiant la photo, mais d’une part comment être sûr qu’il s’agit de Frisons “de souche” ou, comme les chevaux de tout à l’heure, de personnes d’une autre région, voire d’un autre pays? D’autre part… je n’ose pas trop! Alors je représente ici les Frisons sur un tableau de Herman Mijnerts Doncker (1620-1656), un peintre de l’école hollandaise. Il a intitulé sa toile Une famille frisonne dans un paysage. Ce tableau, je l’avais photographié en novembre 2012 au musée de Pera à Istanbul.

 

Et voilà, nous ne visiterons pas davantage les Pays-Bas pour cette fois-ci. Nous reprendrons l’autoroute et franchirons sans les voir Leeuwarden, Groningen, puis la frontière allemande. Nous continuerons sans regarder Oldenburg ni Brême, et passerons la nuit sur un parking d’autoroute allemande. Et demain nous nous installerons sur le camping de Berlin. Berlin, qui fera l’objet de six articles de mon blog.

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Published by Thierry Jamard
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Maddy Pessard 26/08/2016 23:43

Bonjour!

Ca fait plaisir de retrouver vos articles ds mes mails depuis qques jours!
Je me sens repartie en voyage!
Je vais à Berlin fin septembre ( pour encourager mon fils qui fait le marathon) et j'espère bien lire vos articles berlinois avant mon départ.
J'ai déjà contacté un guide français sur place mais vos articles me donneront sûrement des envies de visite

A bientôt !
Maddy Pessard

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