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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 23:55
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Première remarque: puisque le nom de cet homme, Michel Ciurlionis (photo ci-dessus, Varsovie, 1898), se prononce au début avec le son “Tch”, c’est parce qu’en langue lituanienne il y a un petit signe sur le C initial. Sans ce signe, le C se dit “ts” et avec lui il se dit “tch”.

 

Deuxième remarque, Mikalojus Konstantinas Čiurlionis n’est pas né à Druskininkai, mais à Varėna, dans la même région à une petite soixantaine de kilomètres au nord-est. Cependant, né en 1875, il n’avait que trois ans quand, en 1878, ses parents sont venus s’installer ici, dans la maison que nous allons visiter et qui a été transformée en musée.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Ci-dessus, ses parents. De plus, devenu adulte, il ne manquait jamais de venir passer en famille ses vacances, ainsi que chaque année les fêtes de Noël. En outre, à de fréquentes reprises il est venu résider ici pour des séjours au cours desquels sont nées nombre de ses œuvres. Cette maison-musée parle de lui, fait entrer le visiteur dans son univers, mais de ses œuvres on ne voit que des reproductions. Je ne pense donc pas intéressant d’en montrer ici, on en trouve d’excellentes sur Internet.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Mikalojus était l’aîné d’une fratrie de neuf enfants. Après la fin de ses études (ci-dessus, son diplôme de fin d’études primaires, de 1885), de 1894 à 1899 nous le trouvons à Varsovie, où il étudie le piano et la composition au conservatoire.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Faisons connaissance avec sa famille. D’abord, son père, Konstantinas (1851-1914), qui est organiste pour l’église. Il est donc né dans une famille où l’art est présent. Sa mère (1854-1919) s’appelait Adėlė Marija Magdalena Radmanaitė-Čiurlionienė. Sur ma seconde photo, nous la voyons en compagnie de sa dernière fille, Jadvyga, c’est-à-dire Edwige (1899-1992). Puisque le musée montre cette même Jadvyga des années plus tard, je la montre aussi (troisième photo ci-dessus).

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Tout au début de cet article, j’ai montré Ciurlionis en 1898 alors qu’il étudiait à Varsovie. Ci-dessus, le conservatoire de musique de Varsovie photographié au début du vingtième siècle mais tel qu’il était à la fin du dix-neuvième, quand Ciurlionis le fréquentait.

 

L’autre photo le montre, en 1899, à Varsovie, en compagnie du compositeur Eugeniusz Morawski, d’un an plus jeune que lui. En 1901, il complète sa formation de compositeur au conservatoire de Leipzig. En 1904, parce que sa sensibilité artistique lui fait également ressentir le besoin de s’exprimer par la peinture, il revient à Varsovie pour étudier à l’École des Beaux-Arts. Ensuite, il va voyager, il réside un temps à Varsovie, puis visite Prague, Dresde, Nuremberg, Munich, Vienne, Saint-Pétersbourg.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Le prince Mykolas Oginski (1849-1902) est un homme politique qui a beaucoup fait pour la scolarisation des enfants de paysans, qui a promu une agriculture plus moderne, qui a soutenu le mouvement national lituanien. Il s’est fait construire le magnifique palais que nous voyons sur ma seconde photo. Il a invité Ciurlionis à venir y jouer et y composer.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

En 1907, Ciurlionis va s’installer à Vilnius. C’est l’occasion de montrer cette photo, panorama de Vilnius en 1918, par J. Bulhac. À l’époque Ciurlionis est mort depuis sept ans, la Première Guerre Mondiale est passée par là, mais –autant que je sache– le panorama n’avait pas fondamentalement changé. C’est aussi ce que pense le musée, puisqu’il expose cette photo.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

En 1909, Ciurlionis épouse Sofija (Sophie) Kymantaitė (1886-1958). Sur la photo, elle est (à droite) avec sa belle-sœur Jadvyga. Il est encore très jeune, et marié depuis peu quand, en 1911, il meurt d’une pneumonie. Sa biographie, que j’évoque ici très partiellement, je l’ai essentiellement lue sur les affiches du musée que j’ai dûment photographiées pour les relire tranquillement et à loisir, mais je suis aussi allé jeter un œil sur ce qu’en dit Wikipédia, qui note qu’il est né la même année que Maurice Ravel et mort la même année que Gustav Mahler.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Dans ces circonstances malheureuses, nous retrouvons Sofija en deuil, en 1911, donc juste après le décès de son mari survenu en avril. Cette photo de Ciurlionis n’est pas datée, mais elle doit avoir été prise dans les dernières années de sa vie. La dernière photo a été prise à Vilnius en 1918. On y voit Sofija Čiurlionienė, sa femme, Valerija Čiurlionytė-Karužienė (1886-1982), sa sœur et Danutė Čiurlionytė (1910-1995), sa fille. Rien à voir avec mon sujet, mais je trouve intéressant de noter comment, en lituanien (fait linguistique mais aussi, ou surtout, culturel), au nom patronymique porté par les hommes, on ajoute -enė pour désigner l’épouse et -ytė pour désigner la fille. Ainsi, Valérie est à la fois fille Ciurlionis et femme Karužis. C’est cette Valerija, sa sœur, qui a créé le présent musée en 1963.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Cet artiste, que l’on voit d’abord comme un compositeur, mais qui a également réalisé plus de trois cents tableaux, qui s’est intéressé à l’astronomie, à la chimie, sans dédaigner la philosophie ou l’histoire, est l’un des grands personnages lituaniens, et à ce titre il est très honoré dans son pays, comme le montre cette statue érigée à Druskininkai. Mais il est dommage (et étonnant) qu’il soit tellement ignoré en France. Personnellement, je ne le connaissais que comme compositeur, et à travers une ou deux œuvres entendues à la radio. En fait, je dois avouer que pour moi il n’était guère plus qu’un nom.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Et je suis difficilement excusable de tout avoir ignoré du peintre qu’il a été, car de novembre 2000 à février 2001 le musée d’Orsay a réalisé une exposition de ses œuvres, qui m’a complètement échappé. Il est vrai que cette année-là, j’étais encore en poste en province, à St-Amand-Montrond, et que je ne suis revenu sur l’Île-de-France, à Champs-sur-Marne qu’en septembre 2001, mais c’est une mauvaise excuse parce qu’il m’est arrivé plusieurs fois de revenir sur Paris en week-end. Lorsque je parle de lui autour de moi, je me rends compte que je ne suis pas le seul à si mal le connaître, et c’est bien dommage parce que c’est un homme de grand talent. Sur Internet, à part l’article de Wikipédia que j’ai déjà signalé et qui est en français, on ne trouve guère que des articles en lituanien, ce qui en limite singulièrement l’accès auprès de mes concitoyens!!! Espérons que mon blog va contribuer, bien modestement, à éveiller la curiosité à son sujet.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Allez, j’avais décidé de ne pas montrer ici de photos de reproductions de tableaux, puisque Wikipédia montre des photos des tableaux originaux mais je peux bien, malgré tout, montrer un dessin, le pianiste Dobužinskio à Saint-Pétersbourg en 1908.

Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013
Ciurlionis à Druskininkai. Lundi 5 août 2013

Et puisque, sauf la statue érigée en l’honneur de Ciurlionis, mais qui n’est pas dans le musée, je n’ai rien montré d’original, seulement des reproductions, je terminerai par quelque chose de vrai, la maison de famille qui abrite le musée. L’extérieur de la petite maison relativement modeste où il a vécu son enfance et où, adulte, il a composé et peint, et l’une des pièces du petit musée qui lui est consacré dans cette maison.

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Published by Thierry Jamard
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