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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 23:55
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Nous sommes dans la ville antique de Pergame, aujourd’hui Bergame dans le nord-ouest de l’Asie Mineure turque, dans les terres en face de l’île grecque de Lesbos, ce qui justifie pour ce musée berlinois le nom de Pergamon Museum. Saint Jean, dans son Apocalypse rédigée vers la fin du premier siècle (il était très jeune quand il a connu Jésus, crucifié en l’an 33, et il a écrit ce livre alors qu’il était très âgé), parle de Pergame:

“Écris à l'ange de l'Église de Pergame: Voici ce que dit celui qui tient l'épée aiguë à deux tranchants: Je connais l'endroit où tu es établi, là se trouve le trône de Satan. Tu es fermement attaché à mon nom et tu n'as pas renié la foi en moi, même durant les jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, là où Satan est établi. Mais j'ai certaines choses contre toi: tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à tendre un piège aux Israélites pour qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et se livrent à l'immoralité sexuelle”. Et si certains supposent que ce trône de Satan était l’empereur romain lui-même, qui était considéré comme l’antéchrist (mais alors pourquoi à Pergame, pas à Rome ou ailleurs dans l’Empire?), en revanche beaucoup pensent que le trône de Satan n’était autre que le Grand autel de Pergame.

 

Quoique nous soyons en Allemagne, j’ai écrit “nous sommes dans la ville antique de Pergame”, parce que le Grand Autel a été apporté ici pierre à pierre et que nous pouvons y accéder comme si nous étions réellement en Turquie. On sait comment Lord Elgin a transféré d’Athènes à l’Angleterre sans aucune autorisation les frises du Parthénon qui sont actuellement au British Museum de Londres, faisant croire qu’il voulait en faire des moulages. Il est donc indispensable de préciser ici que ce Grand Autel, lui, n’a pas été volé. Pas plus que la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace n’ont été volées par la France, qui les a dûment payées aux autorités turques auxquelles appartenaient ces terres à l’époque.

 

La Turquie avait contracté une entreprise allemande pour construire une route, et l’ingénieur Carl Humann qui y travaillait a profité de son séjour pour visiter les ruines de Pergame. Nous sommes alors en hiver 1864/1865. Le Grand Autel date du milieu du deuxième siècle avant Jésus-Christ mais, quelques siècles seulement plus tard, l’ensemble de la cité a été abandonné et est tombé en ruines. Lors de la visite de Humann, il était difficile de comprendre ce qu’avait pu être la ville. Néanmoins, il s’est passionné pour l’idée de fouiller les lieux, et ses efforts n’ont pas été vains, même si sa patience a été mise à rude épreuve, parce qu’en 1878, enfin (quatorze ans plus tard), les autorités turques donnent leur accord pour les fouilles. Et les musées de Berlin en chargent Carl Humann. C’était bien le moins! Les fouilles ont très vite révélé des blocs sculptés provenant de la frise, qui étaient en excellent état, et d’autres plus abîmés. Tout ce matériel, conformément au contrat dûment signé entre les musées de Berlin et le gouvernement ottoman, part alors pour l’Allemagne. Pour la construction, les architectes avaient fait marquer par les ouvriers chacune des plaques, afin qu’elles soient assemblées dans le bon ordre. Précieuse précaution, qui a bien sûr été utilisée par les archéologues allemands.

 

Les années passent, survient la Seconde Guerre Mondiale. L’Armée Rouge entre dans Berlin en 1945, les Soviétiques s’emparent de la frise ainsi que de milliers d’œuvres d’art. L’URSS en restituera une partie à la RDA (l’Allemagne de l’est) en 1958, dont la frise de l’autel de Pergame, mais gardera cependant une bonne partie du reste. Une bonne partie qui n’a toujours pas été restituée à l’Allemagne réunifiée.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Une maquette permet de se représenter l’autel dans son ensemble. Au deuxième siècle de notre ère, Lucius Ampelius est le précepteur du jeune Romain Macrin pour qui il rédige un aide-mémoire très schématique qui résume ses cours. C’est le Liber memorialis (c’est-à-dire Livre pour la mémoire, aide-mémoire). Il commence ainsi:

“À son cher Macrin, salut. Pour toi qui veux tout savoir, j’ai écrit ce petit aide-mémoire afin que tu saches ce qu’est le monde, ce que sont les éléments, ce que porte la terre, ou ce qu’a fait le genre humain”. Puis, dans le chapitre VIII “Merveilles du monde” il énumère des sites remarquables, bien plus que les Sept Merveilles du Monde. Le petit livre, en latin, se trouve in extenso sur Internet et, comme sa langue est très facile, les souvenirs même un peu anciens de toute personne ayant étudié cette langue doivent suffire à la comprendre. Avant de traduire, je donne donc d’abord le texte original: “Pergamo ara marmorea magna, alta pedes quadraginta cum maximis sculpturis; continet autem gigantomachiam”, soit “À Pergame, un grand autel de marbre, haut de quarante pieds avec d’immenses sculptures; il comprend une gigantomachie”. Le pied romain mesurant 29,44 centimètres, quarante pieds font 11,77 mètres. Ampelius, on le voit, est plus que succinct dans son énumération et sa description des merveilles du monde. Et s’il évoque la hauteur du bâtiment, il ne parle pas de l’escalier monumental de vingt mètres de large, qui vaut vraiment le coup d’œil: ce n’est pas seulement l’endroit où le touriste fatigué par sa visite s’assied pour quelques instants de repos!

 

Les recherches effectuées sur l’autel de Pergame font situer le début de sa construction aux alentours de 165 avant Jésus-Christ, mais on a la certitude que les travaux n’ont jamais été achevés.

 

Pourquoi, et quand ont-ils cessé? Il y a à ce sujet plusieurs hypothèses. Selon certains, le roi de Pergame Eumène II (il règne de 194 à 159 avant Jésus-Christ), qui menait une politique culturelle ambitieuse, meurt en 159. Si c’est lui qui a commandité les travaux, il se pourrait qu’ils aient cessé à sa mort. À son sujet –puisque j’évoque sa politique culturelle–, il a tellement développé la bibliothèque de Pergame qu’elle fait de l’ombre à celle d’Alexandrie en la concurrençant. Ptolémée V, le roi d’Égypte, met l’embargo sur les exportations de papyrus, dans le but d’empêcher la création de nouveaux livres à Pergame. Qu’à cela ne tienne, Eumène encourage la recherche de solutions, et celle qui est trouvée consiste à utiliser des peaux d’animaux désépaissies. On appellera ce procédé le papier de Pergame, soit pergama charta, qui donne naissance, par évolution phonétique, au mot parchemin. Mais cela m’éloigne de mon sujet.

 

Une autre hypothèse est plus violents. Prusias II, le roi de Bithynie (de 182 à 149 avant Jésus-Christ), ne veut pas que son fils Nicodème lui succède. Vers 157, Nicodème s’enfuit car il craint que Prusias le fasse assassiner, et il va se réfugier chez le pire ennemi de son père, à savoir le successeur d’Eumène, Attale II, qui l’accueille bien volontiers. À la suite de quoi, entre 157 et 155, Prusias envahit et ravage le pays. Il se pourrait que cette situation soit la cause de l’arrêt des travaux.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Évidemment, comme je le disais tout à l’heure, les fragments de frise presque intacts alternent avec les plaques très endommagées. Les quatre photos ci-dessus montrent cependant que la représentation de la gigantomachie, ce combat des dieux de l’Olympe contre les Géants de l’ancienne génération de dieux, est d’une finesse et d’une qualité artistique remarquables.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Les marches du grand escalier, la colonnade présentée de face sur ma photo de la maquette, c’est la façade ouest de l’édifice. Montons les marches de l’autel, tournons le dos à l’autel. En face, nous voyons une frise fixée au mur: C’est la frise du mur nord.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Les photos de détails ci-dessus, c’est de cette frise que je les ai tirés. Ces quelques fragments pleins de mouvement sont superbes, mais dans son ensemble cette frise comporte beaucoup de lacunes. Elle a donné lieu à de nombreuses tentatives de reconstitution, où l’imagination a dû prendre trop de place.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Dans l’Antiquité, au haut des marches, on accédait à l’immense cour intérieure de 26 mètres de front et 16 mètres de large, où se trouvait l’autel des sacrifices et des offrandes. Là, sur les murs de trois côtés (le quatrième, c’était la colonnade au haut des marches) se développait une autre grande frise constituée de soixante-quinze panneaux, dont quarante-trois ont été retrouvés. Certains sont très abîmés, d’autres sont en assez bon état. Ils racontent la légende de Télèphe, le fondateur mythique de la cité.

 

Le mythe commence à Tégée, en Arcadie, au cœur du Péloponnèse. L’oracle avait prédit au roi, Aléos, que sa fille donnerait le jour au meurtrier de ses fils, ce qui lui fait consacrer Augè à Athéna. Héraklès passe par là, et Aléos l’invite à un grand banquet. Héraklès force sur le vin et, ivre, viole Augè, sans savoir qu’elle est la fille de son hôte. La voilà enceinte. Son père, le roi Aléos, doit alors la supprimer pour protéger ses fils, mais la religion des Grecs leur interdisait de se salir les mains avec du sang. Il décide de la confier à Nauplios pour la mener jusqu’à la mer, l’embarquer sur un bateau, et la noyer. La côte la plus proche est à l’est, sur le golfe d’Argos, de l’autre côté du mont Parthénion. Mais Augè accouche en route, et abandonne son bébé sur le mont Parthénion, justement. Ce bébé, c’est notre Télèphe. Tiens, tiens, le voilà exposé dans la montagne, comme Œdipe. Nauplios et Augè poursuivent leur voyage, et Nauplios construit la barque sur laquelle Augè va être envoyée sur la mer, sans avirons, sans voile, sans nourriture ni boisson. C’est la construction de la barque qui est représentée sur le bas-relief ci-dessus.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Le bébé est d’abord nourri par une biche, avant d’être recueilli par des bergers qui le remettent à un roi (encore comme Œdipe). Ce roi a nom Corythos, mais certaines sources en font le roi de Tégée… comme Aléos le grand-père. Toujours est-il que ce roi l’adopte, lui donne le nom de Télèphe (peut-être en rapport avec le mot grec élaphos qui veut dire biche ou cerf), et l’élève comme son propre fils. Adulte, il tue de façon tout à fait accidentelle ses deux oncles, frères d’Augè, sans imaginer un seul instant qu’il a un lien de parenté avec eux. À la suite de quoi il va consulter l’oracle d’Apollon à Delphes pour savoir que faire. Le dieu lui ordonne de se rendre en Mysie, en Asie Mineure, sans prononcer un seul mot jusqu’à ce qu’il s’y soit fait purifier du double crime par le roi Teuthras. Ce qu’il fait. C’est son arrivée en Mysie que représente la partie gauche de la photo ci-dessus.

 

Or Télèphe vient d’arriver auprès de Teuthras quand l’un des Argonautes, Idas, tente de s’emparer de son royaume. Teuthras demande alors à Télèphe de défendre son royaume contre Idas et, s’il vainc, il lui promet la main de sa fille adoptive. La partie droite de la photo montre Télèphe qui prend les armes. Et Télèphe vaincra Idas.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Mais au fait, qu’est-il advenu d’Augè? Plutôt que d’expédier Augè sur la barque, Nauplios choisit une solution rémunératrice, il la vend à des marchands d’esclaves. Les marchands mènent ainsi Augè jusqu’en Mysie, où ils la revendent au roi Teuthras qui va considérer cette jeune femme comme sa propre fille. Les années ont passé, et voilà que Télèphe et Augè se trouvent réunis sous le même toit sans savoir qu’ils sont mère et fils. Et Teuthras, qui ne le sait pas non plus, a promis la main d’Augè à Télèphe s’il vainc Idas. La photo ci-dessus représente les noces de Télèphe et d’Augè. Comme Œdipe épousant sa mère Jocaste, qui avait été promise au vainqueur du Sphinx.

 

Toutefois, là s’arrête le parallèle entre les légendes de Télèphe et d’Œdipe. En effet, Augè avait été aimée par un demi-dieu, le fils de Zeus, Héraklès. Il n’est pas question pour elle d’appartenir à un autre homme. Les noces ont été célébrées, et Télèphe entre dans la chambre nuptiale pour les consommer. Augè l’attend avec une épée pour le tuer avant qu’il la prenne, mais à ce moment surgit entre eux un énorme serpent envoyé par les dieux, qui suscitent dans leur esprit une inspiration qui les fait se reconnaître. Et ils tombent dans les bras l’un de l’autre, non comme mari et femme, mais comme mère et fils. Ni crime, ni inceste. Ouf!

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Désormais, Teuthras, Télèphe et Augè vivent ensemble. Puisque Télèphe n’a pas épousé Augè, Teuthras lui offre sa fille Argiopè. Ainsi, quand il meurt sans fils, c’est Télèphe qui lui succède à la tête du royaume de Mysie. À l’époque où les Grecs se rendent à Troie pour y mener la fameuse guerre, ils se trompent de route et, persuadés de débarquer en Phrygie, ils sont en Mysie et entament les hostilités. Télèphe parvient à tuer beaucoup de Grecs, mais Achille le blesse à la cuisse. Rendus conscients de leur méprise, les Grecs repartent vers Troie. Huit ans passent, mais la blessure de Télèphe ne guérit pas. À Delphes, un oracle d’Apollon dit à Télèphe qu’il sera guéri par ce qui l’a blessé. Alors, comme un nouveau contingent de Grecs s’apprête à s’embarquer vers Troie à partir d’Aulis, Télèphe propose de les guider à condition qu’Achille le guérisse. “Télèphe impose sa guérison”, tel est le sujet de ce bas-relief ci-dessus.

 

Achille accepte le marché. Il prélève de la rouille de la pointe de sa lance, et l’applique sur la blessure de Télèphe, qui guérit. Télèphe alors respecte sa promesse et mène la flotte des Grecs à Troie. La fondation de Pergame ne figure pas parmi les bas-reliefs sauvegardés, mais c’est bien à ce héros qu’elle est attribuée.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Laissons là ces remarquables frises. Il y a aussi dans ce musée une mosaïque de sol de l’autel, à laquelle appartient ce perroquet.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Toutes ces frises que j’ai montrées, ce sont des bas-reliefs. Mais dans la salle où est exposée la frise de Télèphe il y a aussi quelques statues, ou plus précisément des fragments de statues. Ci-dessus, je montre d’abord une tête de cheval en marbre qui devait être une acrotère de la terrasse de l’autel. Ensuite, cette tête n’a pas été identifiée, mais elle semble provenir d’une statue entière, non d’un buste. Enfin ma troisième photo représente la tête d’une prêtresse d’Athéna, plus tardive (117-138 de notre ère), qui avait été insérée comme pierre du mur byzantin.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013
Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Quittons Pergame. Nous voici à Milet dont, également, un monument entier a été transporté à Berlin. C’est la Porte du Marché, qui avait été édifiée aux alentours de l’an 100 après Jésus-Christ. Berlin, en charge des travaux de fouilles à Milet dans les années 1903-1905, met au jour les restes de la construction. En accord avec les conditions prédéfinies, une partie des découvertes revient aux fouilleurs, le reste est propriété du pays. Ce que nous voyons ici n’est donc qu’environ soixante pour cent de la vraie porte, apportée à Berlin démontée en 1907-1908, et remontée seulement en 1928-1929 en compensant ce qui avait dû être laissé à Milet avec du marbre, du ciment, de la brique, du plâtre. Les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale ont gravement endommagé le monument, dont la restauration a été entreprise dans les années 1952-1953, puis de 2005 à 2008, avant que les statues colossales (d’un côté un général en cuirasse avec un Barbare vaincu à ses pieds, de l’autre côté le héros nu de ma seconde photo ci-dessus avec une corne d’abondance) soient mises en place en 2009. Il est prévu de procéder à un traitement des surfaces à partir de 2019.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Toujours à Milet, mais postérieur à la Porte du Marché, ce bas-relief est daté entre 175 et 200 après Jésus-Christ. Il provient de la face arrière de la scène du théâtre. On remarque que sous les pieds de chacun des trois personnages un piédestal est représenté: c’est donc la représentation de trois statues. Au centre, l’artiste a reproduit l’image d’une célèbre statue de culte archaïque d’Apollon du sculpteur Kanachos. De part et d’autre du dieu, se tiennent des hommes qui portent des torches.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

La dernière photo de cette série représente une plaque de marbre datée entre 150 et 200 après Jésus-Christ, que le musée a achetée sur le marché de l’art en 1931. Les archéologues n’ont pas de doute sur son authenticité et ils peuvent la dater, mais pour sa provenance ils en sont réduits aux informations données par le vendeur, selon qui elle proviendrait d’Apollonie du Rhyndaque, en Mysie. La Mysie est une région située en Turquie d’Asie, à l’extrême nord-ouest, sur la mer de Marmara, et traversée par le fleuve Rhyndaque qui se jette justement dans cette mer. Sur cette plaque on voit un bas-relief d’une ville située sur un fleuve, des maisons sur chaque rive, un pont. Cela ne suffit pas pour identifier la ville.

Pergame et Milet au musée de Pergame à Berlin. 31 juillet 2013

Cette photo m’embarrasse, mais ce n’est pas une raison pour ne pas la publier. J’ai l’habitude de systématiquement photographier le descriptif fait par le musée juste après la photo de l’objet ou du monument. Et là, visiblement, je me suis trompé car sur le panneau explicatif en terriblement mauvais état et presque illisible (mais bilingue allemand-anglais) il y a deux descriptions, les colonnes torses du Nymphée de Milet et la corniche de l’entablement de la colonnade d’un temple de Baalbek. J’ai ici une façade complète de monument, il ne peut donc s’agir ni d’un entablement, ni de colonnes torses d’un énorme bâtiment de trois étages. Je n’ai trouvé qu’extrêmement rarement des images de ce bâtiment sur Internet, et jamais avec légende. Alors j’ai écrit au musée… et j’ai reçu une réponse rapide, aimable, mais très surprenante: “The semi-circular monument is the partial reconstruction of the grave of Cartina from Falerii (near Rome / 1st cent. AD)”. Monument romain donc, du premier siècle de notre ère, provenant de Falerii qui est une ancienne ville étrusque près de Rome, tombe d’une certaine Cartinia dont je ne trouve trace nulle part. Mais c’est ce que m’écrit un responsable de la communication du musée, c’est donc certain.

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Published by Thierry Jamard
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