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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 23:55

Une halte sur notre route vers Trieste. Il est tard quand nous arrivons à Ljubljana, la capitale slovène; je crois qu’il existe un camping, mais la réception en est peut-être fermée à cette heure-ci, et puis flemme de le rechercher, flemme de nous installer pour ne passer qu’une nuit… Nous préférons passer une heure ou deux à déambuler dans les rues de la ville pour voir à quoi elle ressemble, voir comment les Slovènes passent la soirée, et puis reprendre l’autoroute et passer la nuit sur une aire de repos afin de repartir demain matin sans avoir presque rien à préparer. Après tout, c’est bien pour cela que le camping-car est équipé d’une douche chaude et de tous les équipements ménagers nécessaires. Ce que nous ne savons pas, c’est que demain matin un incident va nous bloquer le week-end, en attendant de revenir lundi à Ljubljana pour régler le problème. Mais cela je le raconterai dans mon prochain article car, en dehors d’une matinée de lundi passée dans un garage d’un quartier périphérique de la capitale, et le désir de gagner ensuite l’Italie au plus tôt, nous n’avons rien vu de plus à Ljubljana. Tenons-nous-en donc au petit tour du vendredi soir.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

D’abord, la cathédrale. Je regarde les “propriétés” de mes photos de cette ville: la première, je l’ai prise à 22h09, la dernière à 23h37. Dans cette fourchette horaire, bien évidemment, nous ne pourrons pénétrer dans aucune église. Alors, seulement l’extérieur. Construite de 1701 à 1706, la cathédrale est vouée à saint Nicolas.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Ce pont, ces immeubles anciens, tout ce cadre, c’est l’image la plus marquante qui me reste de Ljubljana, avec surtout cette belle église franciscaine de l’Annonciation. Cette construction baroque date du milieu du dix-septième siècle (1646-1660).

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Ici je n’ai pas relevé le nom de l’église. En fait, j’ai surtout été impressionné par l’effet que produisaient ces nuages pommelés qui couraient sur la lune.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Poursuivons notre petite balade dans les rues. Nous passons devant la chanoinerie dont la façade baroque peinte est, est-il dit, antérieure à 1600 (ma première photo ci-dessus). La lourde porte en bronze de ma deuxième photo clôt le palais épiscopal dont le bâtiment remonte à 1512, mais dont la façade a été reconstruite en 1778. Les atlantes qui ornent le bâtiment de ma troisième photo sont surmontés d’une inscription en latin, “Virtuti et Musis”, c’est-à-dire “au Courage et aux Muses”.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Mais l’impression (très rapide, trop rapide hélas) que peut donner une ville ne tient pas tant aux détails, style d’une façade, sculpture décorative, qu’à l’aspect global de ses rues et de ses places. C’est pourquoi j’ai pris cette photo d’une rue qui, visiblement, s’apprête à recevoir demain un marché. Je m’arrête devant une enseigne: le slovène est une langue slave, je sais qu’en russe рыба (ryba) désigne le poisson, je suppose que ribarnica, en slovène, doit vouloir dire poissonnerie. En m’approchant, je constate que l’illustration en bas-relief représente des pêcheurs tirant leur filet. Et puis, dans les villes où nous passons –cela c’est ma petite manie– j’aime bien photographier les plaques d’égout quand elles représentent les armes de la cité.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Nous l’avons vu précédemment avec plusieurs façades baroques, la ville est très ornée de sculptures. Je vais en montrer quelques-unes. Ici, sur une fontaine, c’est Hercule terrassant l’Hydre de Lerne, l’un de ses douze travaux.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Mais il y a aussi des représentations de personnages illustres parmi lesquels, bien sûr, les personnalités slovènes sont à l’honneur. Personnalités telles que France Prešeren (1800-1849), un poète romantique. Incapable d’apprécier sa poésie puisque je ne parle pas un mot de slovène, je suis réduit à voir l’extérieur de sa vie, un avocat alcoolique (il meurt d’une cirrhose du foie), ennemi de l’autoritarisme autrichien auquel est soumis son pays, qui se réjouit de la révolution de mars 1848 aboutissant à la démission de Metternich et à l’octroi d’une constitution par l’empereur Ferdinand Premier.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Autre personnalité slovène, Lili Novy (1885-1958), une poétesse lyrique, dont le buste est plaqué sur la façade de sa maison (sur ma seconde photo, on le distingue sur le montant gauche du porche). De père allemand et de mère slovène, elle a commencé à écrire en allemand, puis elle a effectué des traductions germano-slovènes de Prešeren, puis de Goethe. De son vivant, un seul recueil de ses poèmes a été publié, en 1941.

Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013
Ljubljana. Vendredi 20 septembre 2013

Autre grand slovène, qu’il est inutile de présenter tant il est célèbre, c’est Mahler. Sous le bronze qui le représente, la plaque dit seulement “Gustav Mahler, compositeur et chef d’orchestre, a vécu dans cette maison pendant la saison 1881-1882”. Je montre aussi la façade où sont fixés le bronze et la plaque.

 

Rappelons seulement que ce musicien (1860-1911) est né en Bohême dans l’Empire autrichien dans une famille juive, mais s’est fait baptiser en 1897. Refusant de renier son judaïsme tout en se rattachant au catholicisme, il a beaucoup souffert, à Vienne, de l’antisémitisme qui brûlait l’Europe en cette fin de dix-neuvième siècle et début du vingtième. C’est pourquoi il est important pour sa mémoire, je pense, d’insister sur le fait que sa conversion n’était nullement opportuniste, puisqu’il tenait à se présenter comme juif.

 

Son art créateur, très moderne, n’a pas été bien compris de son vivant, et c’est surtout comme chef d’orchestre qu’il était réputé. Mais c’est de lui que je parle le plus ici à Ljubljana, alors qu’il n’est pas slovène et qu’il n’a passé ici qu’une saison. Eh bien, quittons à présent cette ville qui m’a paru fort sympathique, et où il faudra revenir.

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Published by Thierry Jamard
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