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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 23:55
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

On dit que Prague est la ville aux mille tours et mille clochers. Pour nous en rendre compte, nous sommes montés sur la colline de Petřín, qui domine la cité et permet d’en apprécier le cadre. Mais regarder vers le bas, cela peut même se faire en centre-ville, pour voir entre autres les plaques d’égout fondues aux armes de Prague.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Nous reviendrons là-haut tout à l’heure. Pour l’instant voyons quelques grands Pragois. Celui-ci, c’est le Commandeur de Don Juan, par Anna Chromy, une Tchèque qui a grandi en Australie. S’il n’a pas vraiment existé, et si avant d’être repris par Mozart, il a d’abord été espagnol avec Tirso de Molina, puis français avec Molière, il n’en est pas moins un personnage incontournable de l’opéra à Prague puisque c’est dans cette ville qu’en 1787 Mozart a donné la première représentation de son Don Juan.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Si l’on souhaite plutôt des personnages ayant existé, voici Rastislav Štefánik. L’évolution des empires, les mouvements des frontières, ont fait naître ce fils de pasteur en Hongrie, mais c’était au nord de Bratislava, aujourd’hui en Slovaquie. Et c’est également non loin de Bratislava, dans la Slovaquie actuelle mais en Tchécoslovaquie de l’époque, qu’en 1919 il est mort. Après des études, entre autres, au lycée évangélique de Presbourg (ancien nom de Bratislava), il choisit, à dix-huit ans, d’entrer à l’université à Prague plutôt qu’à Budapest, en raison de ses sentiments fortement slavophiles. Là il va étudier l’astronomie et les mathématiques. Tout en préparant son doctorat, il publie des articles destinés à faire connaître la Slovaquie, à montrer les liens entre les peuples tchèque et slovaque, à lutter contre la politique de magyarisation menée par la Hongrie dans ces régions slaves. Sa rencontre avec Tomáš Masaryk qui, on le sait, sera le premier président de la République Tchécoslovaque, lui fait ressentir ces deux peuples comme frères et complémentaires.

 

Une fois obtenu son doctorat, il part pour l’observatoire de Meudon, près de Paris, pour se perfectionner en astronomie auprès du professeur Jules Janssen dont il devient l’assistant. Il publie de nombreux articles dans des revues scientifiques, et ses observations astronomiques l’amènent à voyager de par le monde, un peu partout en Europe, au Maghreb, en Afrique Noire, en Amérique du nord et du sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux îles Fidji, et jusqu’à Tahiti pour observer la comète de Haley. Installé définitivement à Paris, il devient citoyen français, et il est décoré de la Légion d’Honneur. Ses travaux, ses connaissances, son niveau scientifique, en font aux yeux de la commission parlementaire chargée du projet l’homme adéquat pour une mission qui est autant scientifique que diplomatique au service de la France: l’établissement d'une chaîne de stations radiotélégraphiques reliant la métropole et toutes les colonies, ainsi que les colonies entre elles.

 

Survient la Première Guerre Mondiale. Il sollicite son incorporation dans l’aviation, obtient son brevet de pilote à l’école militaire de Chartres, et participe tout de suite après aux combats aériens (ce qui explique sa tenue d’aviateur sur cette statue), tout en étant chargé de créer le service météorologique pour la France. Il est blessé en 1915. Avec des volontaires tchèques et slovaques, il crée une escadrille mais, très malade (deux fois déjà on l’a opéré de l’estomac), il doit être transporté à Rome. À peine se sent-il un peu mieux qu’il retourne à Paris, où il rencontre Masaryk, une connaissance du temps de ses études, et Edvard Beneš, futur président de la République Tchécoslovaque de 1935 à 1948. De ce trio, on a dit “Ce que Masaryk pense, Beneš le dit et Štefánik le fait”. Il veut, plus que jamais, créer un État indépendant. Auprès du Gouvernement français, il soutient son projet, plaide sa cause, et obtient l’armement pour ses unités. Il va alors recruter des volontaires. Il en trouve dans les camps de prisonniers roumains, mais surtout il en recrute trois mille aux USA, tout en récoltant des dons très importants. En 1919, l’Armée Rouge hongroise marche sur Bratislava. Il prend immédiatement l’avion, mais, en raison prétend-on d’une panne de moteur, il s’écrase peu avant l’atterrissage. Je ne suis pas spécialiste, très loin de là, mais quand j’ai pris des leçons de pilotage, on m’a fait bien souvent couper le moteur pour simuler une panne, et j’ai pu, sans problèmes, atterrir car l’avion plane fort bien Et même, un jour, lors d’un concours d’atterrissage de précision sans moteur, j’ai touché exactement la ligne, mais… un peu brutalement, l’avion a rebondi, et je suis retombé quelques mètres plus loin: perdu! Revenons à nos moutons.

 

Accident ou fait de guerre, Rastislav Štefánik meurt en 1919. La naissance de la Tchécoslovaquie lui doit beaucoup. Et, on l’a vu, la France aussi. Cette statue est située devant un observatoire qui porte son nom, sur la colline de Petřín.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Cette plaque, où bien sûr on reconnaît Beethoven, on la distingue sur la façade de ce bâtiment rouge. Il y est dit en tchèque “À l'auberge de la Licorne d'or est descendu en février 1796 le célèbre compositeur Ludwig van Beethoven”.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Encore une célébrité avec ce buste sur une façade. Il représente Ernest Denis, slaviste et historien français (1849-1921), qui a vécu à Prague en 1872-1874.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

On aperçoit vaguement, au premier étage de cet immeuble, une plaque commémorative. Elle dit que le peintre Adólf Kašpar (1877-1934) a vécu dans cette maison de 1903 à 1934, et qu’il y est mort.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Cette très curieuse statue de Jaroslav Rona est censée représenter Kafka sur les épaules d’un homme sans tête. L’idée en est tirée de la première œuvre que nous ayons de Kafka, écrite en 1904: Description d’un combat. Ce thème du combat qui marque toute sa vie et toute son œuvre, le combat contre tous les pouvoirs.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Une sculpture d’un goût charmant, délicat, élégant. Deux hommes urinant face à face. Je veux bien le petit garçon qu’est le Manneken Pis (quoique je n’en raffole pas), mais cela! C’est à David Cerny que nous les devons. C’est même un peu choquant pour une autre raison, à savoir que c’est sur leur pays qu’ils urinent, car la vasque a la forme de la République Tchèque. Un détail que j’ai lu par la suite sur Internet et que je n’avais pas remarqué sur place, il y a un numéro de téléphone auquel on peut envoyer un texto, et cela agit sur le jet des messieurs urinant. De mieux en mieux.

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Ce monument a été inauguré en 1915 à l’occasion du cinq centième anniversaire de la mort de Jan Hus. Rien ne prédisposait Jan Hus, fils de paysans pauvres, à avoir tant marqué son siècle. Il naît et grandit dans un contexte politique et religieux très troublé. En 1393, l’assassinat de Jean Népomucène par le roi (voir mon article au sujet de sa statue sur le Pont Charles) a provoqué une révolte des nobles qui ont emprisonné le roi. Licencié, maître ès arts, Jan devient professeur, puis est ordonné prêtre. On le retrouve, en 1401, doyen de la faculté de philosophie de Prague, puis recteur de l’université en 1409. Linguiste, il adapte l’alphabet latin aux sons de la langue tchèque, inventant tous les petits signes ajoutés au sommet des voyelles (ů, á, ě, í, ý) et des consonnes (š, č, ř, ž…).

 

Dans cette université pragoise, chacun des quatre départements, tchèque, bavarois, polonais, saxon, dispose d’une voix pour les décisions administratives. Le recteur Hus décide que les Tchèques auront trois voix, contrebalançant à eux seuls les voix des trois autres départements. Furieux, les professeurs allemands démissionnent. Et une large majorité d’étudiants les suivent, ce qui cause le déclin de l’université de Prague.

 

En tant que prédicateur, Jan Hus professe que l’Église doit être pauvre, qu’elle doit se consacrer au spirituel en délaissant le temporel et le politique, il s’élève contre ce qu’il appelle “les erreurs du catholicisme”. Quand le pape, qui a besoin de fonds à cette époque de luttes entre papes et antipapes, refait ses finances grâce à la vente d’indulgences, Jan Hus s’insurge contre ce procédé, et contre l’utilisation des armes par l’Église. Une grande partie du peuple et des étudiants adhèrent à ses thèses, il y a une émeute, qui est réprimée dans le sang, et Jan Hus est accusé d’hérésie. Il est excommunié en 1411. Parce que le roi Venceslas IV a donné son accord pour que des représentants du pape, qui souhaite financer une guerre contre le roi de Naples, vendent des indulgences, Hus prêche contre le roi et contre le pape. Il est alors contraint de quitter Prague pour le sud de la Bohême.

 

En 1414, un grand concile du christianisme réunissant catholiques, orthodoxes, coptes se réunit à Constance. Il s’agit de régler un grave conflit, car il y a alors un pape à Rome, un à Pise, un à Avignon. Jan Hus se rend au concile, avec l’intention de faire valoir ses thèses, mais à son arrivée on l’emprisonne. Le 27 juin 1415, le concile déclare ses écrits hérétiques. Sa condamnation fait craindre troubles et émeutes à Prague, aussi lui est-il demandé “simplement” de renier publiquement trente points de sa doctrine, ce qui la dénature. Il refuse catégoriquement. Le 6 juillet 1415, on lui plante sur la tête une mitre de carton représentant des diables, on le déshabille, et on le brûle vif sur le bûcher. Puis ce qui reste de lui est jeté dans le Rhin.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

En bas du pont Charles, près de la Vltava, on peut voir cette statue de Bruncvik (le U se prononce OU et le C se prononce TS). L’histoire russe a été adaptée par les Tchèques à leur usage.

 

Il était une fois, à Prague, un jeune homme plein de fougue appelé Bruncvik, qui voulait partir à l’aventure pour orner son blason de ses hauts faits. La jeune et charmante Néoménia, qui en était amoureuse, le supplia de rester, mais poussé par son ambition il résolut de mener à bien son projet, et lui promit qu’il serait de retour avant la septième année accomplie, et qu’alors il l’épouserait. Bruncvik et ses compagnons s’embarquent, descendent la Vltava et ensuite jusqu’à l’océan, et voilà qu’une terrible tempête entraîne leur navire et le brise sur les écueils de la redoutée île d’Ambre, dont nul n’est jamais revenu. Deux ans passent. Tous les compagnons de Bruncvik, minés par le désespoir, sont morts. Seul Bruncvik survit, soutenu par son amour pour Néoménia. Ayant remarqué que chaque année un grand oiseau survolait l’île à la recherche de quelque proie à emporter dans ses serres, il se couvrit de la peau d’un cheval mort, grimpa au sommet de la plus haute colline et attendit. Et l’oiseau vint, et l’enleva dans ses serres, et l’emporta très loin, et le jeta dans son nid, auprès de trois oisillons. Les oisillons affamés commencèrent à becqueter la peau de cheval, alors Bruncvik en sortit et, de son épée, tua les oiseaux et sauta hors du nid. Comme il cheminait, il vit un lion aux prises avec un monstre aux multiples têtes. Comme le lion commençait à avoir le dessous, Bruncvik se joignit à lui contre le monstre, et ils le tuèrent. Reconnaissant, le lion ne quitta plus son sauveur, et se joignit à lui dans ses combats. Sur leur route, ils rencontrèrent la reine du pays, et elle voulut épouser Bruncvik. Mais lui gardait dans son cœur la belle Néoménia, et non seulement il parvint à échapper à cette union dont il ne voulait pas, mais en outre il réussit à voler à la reine une épée magique. Il suffisait de lui dire “épée, décapite !”, et toute seule elle bondissait pour aller faire tomber la tête désignée. Ainsi Bruncvik devint un illustre guerrier. Les années passèrent ainsi, dans les batailles victorieuses. Mais un jour vint où Bruncvik ne trouva plus en lui l’ardeur nécessaire pour continuer, parce que l’amour de Néoménia le rendait songeur. Il prit la route du retour vers Prague, accompagné de son fidèle lion. Les sept années étaient écoulées depuis longtemps, et il arriva juste la veille du jour où Néoménia allait épouser sans amour une autre homme. Mais voyant arriver le seul être qui occupait son cœur, elle repoussa son mariage et courut vers lui. Fou de rage et de jalousie, le fiancé délaissé réunit ses amis, et ils attaquèrent Bruncvik. Lui, avec sa maîtrise des combats et avec son épée magique n’eut pas de peine à les défaire, et tous furent décapités. Le chevalier et la princesse se marièrent, ils vécurent longtemps, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants, toujours accompagnés du lion. Quant à l’épée magique, elle a été murée quelque part dans les pierres du pont Charles. Peut-être bien non loin de la statue de Bruncvik, nul ne le sait.

 

Sur le pont, on s’en souvient, il y a une statue du roi saint Venceslas. Un jour, hélas, il est dit que Prague connaîtra de sombres jours, des jours où un ennemi sera sur le point de la prendre. Alors ce jour-là la pierre de la statue se mettra à brûler, elle tombera en cendres, et de ses cendres surgira saint Venceslas en chair et en os, sur son cheval, et il criera “Armée endormie de Blanik, relève-toi de ton sommeil!” (Blanik est une montagne de République Tchèque). Et dans un bruit de tonnerre l’armée de Blanik sortira de la montagne et se ralliera à l’appel de son maître vénéré. Galopant sur le pont Charles, Venceslas frappera une pierre que lui seul aura pu reconnaître, la pierre se fendra et l’épée magique de Bruncvik apparaîtra. Ainsi le saint roi et sa vaillante armée auront raison de l’ennemi et Prague sera sauvée.

 

En 1945, les Pragois croyaient que les jours les plus sombres de leur ville étaient arrivés, ils se révoltèrent contre les Nazis, les Nazis quittèrent la ville, mais saint Venceslas est resté une statue de pierre. En 1968, quand les chars russes ont écrasé la ville, les Pragois croyaient que les jours les plus sombres de leur ville étaient arrivés, ils se révoltèrent contre les communistes russes en 1989, et les Russes quittèrent la ville, mais saint Venceslas est resté une statue de pierre. Parfois, les habitants se demandent avec angoisse ce que seront ces jours les plus sombres, mais ils gardent confiance, parce qu’ils savent que lorsque tout espoir d’être sauvés sera perdu, ce jour-là saint Venceslas viendra à leur secours avec la vaillante armée de Blanik et avec l’épée magique de Bruncvik.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Réels ou fictifs, célèbres ou anonymes, assez de personnages. Des animaux. Du côté de la Vieille Ville, une colonie de cygnes a pris possession de la rive de la Vltava (Moldau).

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

La Vltava, près du Pont Charles, développe un petit bras romantique, sur lequel subsiste une vieille roue de moulin. Et un amusant bonhomme sculpté chevauche une poutre.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Dans une grande ville, la promenade passe nécessairement par les transports en commun si l’on souhaite visiter plusieurs quartiers. Faisons donc un petit tour dans le métro, avec ce couloir décoré de mosaïques, et plongeons très, très profond sous le sol avec cet escalator.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Nous voici sur le quai, voici un métro qui arrive. Voilà, c’est vu, considérons que nous sommes arrivés à destination, et ressortons à l’air libre.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Pour monter sur la colline, autre moyen de transport, si l’on ne souhaite pas y accéder à pied: le funiculaire. On le voit (première photo), la ligne est à voie unique. Il faut donc prévoir une zone de croisement à mi-route (seconde photo), quand la longueur de câble déroulée par l’un est égale à la longueur enroulée par l’autre. Et puis il y a une gare intermédiaire qui suppose un petit arrêt (troisième photo). Enfin, le miroir de surveillance de cette station (quatrième photo) me permet de saisir la physionomie du véhicule.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Puisque le funiculaire nous a menés de nouveau sur le colline de Petřín, restons-y et promenons-nous dans la roseraie. En cette mi-septembre, bien des roses sont sur leur déclin. Beaucoup cependant sont encore magnifiques. Formes, couleurs, parfums… c’est une bien agréable balade.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Prague est une ville qui a pu conserver quasiment toutes ses constructions anciennes, malgré les guerres et malgré l’ère communiste. Cela en fait une cité de style baroque sans fausses notes. Ces quelques photos se passent de commentaires, elles montrent divers aspects de la ville. Et pour faire passer le tramway là où une arche barre la route (troisième photo ci-dessus), eh bien on n’a pas, comme dans d’autres pays (dont la France), abattu le bâtiment qui barre le passage, on a pour franchir ce passage étroit réduit le tracé à une voie unique, comme on le constate en regardant les rails au sol. Les voitures passent sous l’autre arche, encore plus basse, mais sous laquelle ne courent pas les caténaires qu’il serait mortel de toucher.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Deux théâtres. Le premier, que j’ai photographié en noir et blanc parce que l’éclairage artificiel dont il est doté ne me satisfaisait pas, est le Národní Divadlo, ce qui signifie Théâtre National.

 

Sur le second, le Théâtre des États (Stavovské Divadlo), une plaque en langue tchèque dit (merci traducteur Google): “W. A. Mozart (1756-1791) était, dans ce théâtre, témoin du succès triomphal de son opéra Les Noces de Figaro en Janvier 1787 et a conduit ici en première mondiale ses opéras Don Giovanni le 29 octobre 1787 et La Clemenza di Tito le 6 septembre 1791, composé pour Prague”. Il est dit également que le théâtre est resté pratiquement intact depuis cette époque.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

En prenant ces photos j’ai, sur ma droite, l’hôtel de ville et son horloge astronomique. Mais ce que je veux montrer, c’est cette maison au fond de la place à droite avec sa façade décorée. Pendant sept ans, la famille Kafka l’a habitée (1889-1896), Franz a six ans quand il y entre, ses sœurs y sont nées. C’est le Dům U Minuty, la Maison à la Minute, construite en 1611. Un mortier teinté en noir dans la masse a ensuite été gravé pour faire apparaître le mortier clair sous-jacent, représentant des scènes mythologiques et des scènes de la Bible. Cette technique de décoration de façade s’appelle le sgraffite. Ici, cette décoration a été effectuée au début du dix-septième siècle, juste après la construction.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Cette façade a retenu mon attention parce qu’une statue de la Vierge veille sur la compagnie aérienne russe Aeroflot. J’aurais aimé trouver quelqu’un qui puisse se rappeler si elle a été enlevée pendant les années du régime communiste et replacée ensuite, ou si elle a toujours été là. Il serait amusant que, lorsque le régime était directement soumis à Moscou, et d’autant plus après 1968, une Vierge ait veillé sur les avions russes d’un pouvoir qui, à la suite de Nietzsche, déclarait que Dieu est mort.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Encore deux bâtiments particuliers, le premier est occupé par l’ambassade de France, juste face au “Mur John Lennon” dont je parlerai dans mon prochain article, et le second abrite l’Ordre de Malte.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Pour respecter le droit à l’image et l’anonymat de ce monsieur, je lui cache les yeux, mais je souhaitais prendre ma photo au moment où quelqu’un déboucherait de cette ruelle, pour donner l’échelle. En effet, c’est la rue la plus étroite de Prague, où il est impossible de se croiser. Aussi les piétons disposent-ils d’un feu rouge montrant un personnage à l’arrêt, ou vert montrant un personnage qui marche, pour réguler la circulation. Nous pouvons constater que l’homme de ma photo est en tort, puisqu’il arrive alors que la circulation est donnée dans l’autre sens. Par ailleurs, il est dangereux, si l’on est un peu enrobé et d’une largeur en conséquence, de tenter de forcer le passage. Mésaventure dont se souviendra longtemps une touriste allemande à la corpulence généreuse qui a voulu essayer de passer: elle a forcé, s’est un peu avancée, et est restée coincée. Impossible de progresser ou de reculer. Ce n’est qu’après avoir été copieusement enduite de savon qu’à la fin elle s’est trouvée libérée. Précision en ce qui me concerne: j’aime bien le chocolat, les viandes en sauce, le pâté, les gâteaux, mais j’ai, sans difficulté, parcouru cette rue dans les deux sens (en respectant les signaux lumineux!).

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

C’est dans mon prochain article que je parlerai de l’horloge astronomique de l’hôtel de ville, lorsqu’elle s’anime. Aujourd’hui, au cours des simples promenades, je me contente de regarder son cadran principal et les statues qui ornent le côté droit de son cadran inférieur. Il serait dommage que des fientes de pigeon tachent les vêtements des statues, et pour éviter que ces volatiles ne viennent se poser sur leurs têtes, elles sont revêtues d’un filet protecteur. D’en bas, il ne se remarque pas trop; en revanche, il n’échappe pas à l’œil aiguisé du téléobjectif.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Évidemment, Prague n’a pas résisté à la mode des galeries marchandes. Où que l’on aille, les grandes marques internationales, non contentes de dévorer tout crus les indépendants dans le centre des villes, participent à la création, entre elles, de ces rues couvertes et sans véhicules que sont les galeries marchandes. La présentation de celle-ci est particulièrement soignée.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

Ici c’est un peu différent parce que, quoique les boutiques soient fermées (il est 21h40), la galerie reste ouverte. Cela ressemble plutôt à ces passages couverts que nous avons à Paris et dans quelques villes de province, et qui datent du dix-neuvième siècle, même si le passage de ma photo semble dater, si j’en crois le style des sculptures en bas-relief (troisième photo), de l’entre-deux-guerres. Ces sculptures, on peut les situer en regardant ma première photo: elles ornent le mur de la rotonde, un étage en-dessous de la coupole.

Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013
Promenades dans Prague. Du 11 au 18 septembre 2013

La dernière des promenades dont le parlerai aujourd’hui nous fait passer devant un restaurant nommé At The Blue Duck Line. Nous ne nous y sommes pas attablés, aussi ne puis-je commenter ce que l’on y mange, ni le cadre de la salle, mais j’ai pris cette photo parce que j’ai été intrigué qu’un établissement qui est peut-être excellent mais a un aspect très modeste puisse peindre sur sa porte “our guests”, c’est-à-dire “nos hôtes”, suivi d’une liste impressionnante: Václav Havel, Helmut Kohl, Roger Taylor, Pink Floyd, Andy Mc Dowell, Tom Cruise, Mia Farrow, Peter Fonda, Sir Sean Connery, Ungaro, Milos Forman, Arthur Miller… Sûr, ils auraient été fiers de m’ajouter à leur liste!!!

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Published by Thierry Jamard
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