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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 23:55
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Nous avions prévu, pour notre retour en Grèce, de nous embarquer à Trieste. Difficulté pour se garer, proximité relative de Venise, nous sommes plutôt allés faire un petit tour dans la cité des Doges. Et maintenant, que faire? Retourner à Trieste, où l’on embarque sur le ferry au beau milieu de la nuit, à 4h30? Ou aller le prendre à son escale à Ancône, à une heure plus sympathique? Nous choisissons cette seconde solution, départ à 15h20.

 

Un mot sur les conditions de cette traversée. Il y a d’autres compagnies de ferries entre l’Italie et la Grèce, mais Minoan est, à mon sens, la plus intéressante. Si l’on ne souhaite pas visiter les villes de la côte adriatique de l’Italie, inutile de parcourir tous les kilomètres jusqu’au port de Brindisi, dans les Pouilles: le ferry, pour cette courte traversée, est meilleur marché, mais au prix du carburant en Italie, plus le coût des péages d’autoroute, on est déjà perdant. Et s’il faut, en plus, prendre une nuit en camping ou en “sosta”, la perte n’en est que plus importante. D’autre part, avec Minoan, le prix est le même quelle que soit la durée du trajet. En effet, le bateau part de Trieste, tout au nord, à la frontière de la Croatie et de la Slovénie, fait une escale à Ancône sur la côte italienne, arrive à Igoumenitsa au nord de la Grèce, et continue jusqu’à Patras, dans le Péloponnèse, ville rapidement reliée par la route à Athènes ou à Olympie. Et Trieste-Igoumenitsa, Trieste-Patras, Ancône-Igoumenitsa, Ancône-Patras, même prix. Pendant le trajet, le camping-car peut bénéficier gratuitement d’une connexion électrique sur le 220 volts (sur ma seconde photo, on distingue notre branchement), mais en outre une cabine (économique, intérieure c’est-à-dire sans hublot) est offerte, ainsi qu’un repas par personne au restaurant self-service. Voilà, c’est fait pour la page de publicité gratuite (oui, gratuite, hélas!).

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Nous montons sur le pont du navire pour regarder le départ. Ces ferries sont des monstres hauts comme des immeubles de plusieurs étages, et de là on a une belle vue sur cette ville que nous aimons mais n’avons pas le temps, cette fois-ci, de parcourir de nouveau.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Hé oui, les moteurs géants du bateau crachent un panache de fumée noire qui pollue Ancône. Arracher cette énorme masse et la propulser hors du port, cela demande un bel effort. Heureusement, très rapidement, les moteurs prennent leur rythme normal, et ce qu’ils rejettent par la cheminée n’est plus aussi visible, et l’on peut dire au revoir à Ancône dans une atmosphère plus transparente.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Petit tour de visite à bord. Ici, on voit le salon du bar, et un autre salon où les voyageurs sont absorbés devant un écran de télévision. Il y a aussi des jeux vidéo, une boutique hors taxe, une salle de fitness, une salle de soins et massages. Et puis un vrai restaurant, et un restaurant self-service, dont j’ai parlé tout à l’heure.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Bien entendu, avec ce temps splendide, il est agréable d’être à l’air libre, mais il semble que plutôt que de s’attabler sur ce pont ouvert, les gens préfèrent majoritairement rester à l’intérieur. Pas moi.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Nous sommes en pleine mer, voilà un moment que nous avons quitté Igoumenitsa et que nous voguons vers le terminus, Patras. On peut constater que le pont du ferry est nettement moins chargé. En effet, nombre de camions débarquent à Igoumenitsa et prennent l’autoroute qui, plein est, traverse les provinces grecques d’Épire, de Macédoine, de Thrace et continue vers la Turquie, Istanbul.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Voilà la petite cabine, très simple mais gratuite, dont nous avons disposé pendant la traversée. Les lits sont étroits mais le matelas n’est pas mauvais, et pour nos téléphones, pour nos ordinateurs, nous avons des prises de courant.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Du côté des sanitaires également, c’est très simple, mais après tout c’est simple aussi dans notre camping-car! La douche, ici, est encore un peu plus étroite que dans notre véhicule, mais pour le reste c’est à peu près la même chose. Alors nous nous en contentons.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Après avoir fait le ménage d’une coûteuse cabine extérieure laissée par des passagers qui sont descendus à Igoumenitsa, le personnel a laissé la porte ouverte. Je passe par là à ce moment précis et, indiscret, je prends mes photos. C’est sûr, le confort n’est pas le même qu’en classe économique. Trois vraies fenêtres, un coin salon, un vaste lit, la télévision… Il est vrai que pour un peu plus de trois cents Euros, on transporte un camping-car de sept mètres, on lui offre l’électricité, on nourrit sans luxe mais correctement deux passagers à qui on offre une petite cabine. Pour ce prix-là, ne rêvons pas de la cabine de luxe!

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

Entre la Grèce continentale et l’immense presqu’île du Péloponnèse au sud, il y a, à l’est, l’étroit isthme de Corinthe percé, depuis la fin du dix-neuvième siècle, d’un canal qui évite aux bateaux de faire le grand tour du Péloponnèse pour se rendre en mer Égée. Vers l’ouest, l’espace s’élargit entre les deux terres, en ce que l’on appelle le golfe de Corinthe, mais encore plus à l’ouest, au débouché du golfe, le passage se réduit de nouveau entre les deux localités de Rion et Antirion (dont le nom, on s’en doute, signifie “Face à Rion”, tout comme en France Antibes est la déformation du nom de la colonie grecque antique Antipolis, “Face à la Ville”, et comme les antipodes sont le lieu en face de nos pieds). D’où l’idée, pour faciliter les transports terrestres, de relier par un pont Antirion, sur le continent, et Rion, tout près de Patras dans le Péloponnèse. C’est pour les Jeux Olympiques de 2004 que le grand pont à haubans a été inauguré, 2883 mètres de long, presque 164 mètres de haut. En le voyant, nous comprenons que l’arrivée à Patras aura lieu incessamment: la première de ces photos, en vue du pont, je l’ai prise à 14h54 et la seconde, en vue de Patras, à 14h58.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

15h16. Le navire a ralenti sa course, il a fait pivoter sa masse pour présenter son étambot vers le port, il est en train d’abaisser la passerelle par laquelle les véhicules débarquent (seconde photo). C’est le pont inférieur qui se vide, je me hâte de prendre mes photos avant d’aller vers notre camping-car pour être prêt à partir dès que l’on ouvrira la descente vers le pont inférieur. C’est un ballet minutieusement organisé, et il est impératif qu’aucun conducteur négligent tarde à rejoindre son véhicule, qui bloque la sortie à tous ceux qui se trouvent derrière lui. Car en outre, le temps est compté pour réembarquer les camions qui partent pour l’Italie et qui, on le voit, attendent impatiemment leur tour.

Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013
Ancône – Patras : retour en Grèce. 27 et 28 septembre 2013

En sortant, je vois deux semi-remorques faisant face au bateau. Que font-ils là? Ce sont des camions citernes de carburant, et ils sont en train de faire le plein du réservoir du ferry. Oui, je peux trouver que notre camping-car est gourmand, ce n’est rien en comparaison de ce navire. D’un point de vue écologique, on peut se désoler de voir un tel volume de ressources non renouvelables, ou renouvelables en plusieurs millénaires, englouti pour un seul trajet, mais si l’on considère ce que les nombreux poids lourds transportés auraient consommé s’ils avaient voyagé par la route, le ferry est encore un moindre mal.

 

Voilà, nous sommes arrivés. Il nous reste à gagner Athènes par la route. Sur la carte, c’est une belle autoroute. Dans les divers descriptifs que j’ai vus sur Internet aussi. Le site Wikipédia du pont Rion-Antirion dit qu’il permet la liaison par autoroute avec Athènes, Thessalonique, Igoumenitsa. Le site viamichelin.fr calcule 213 kilomètres dont 185 d’autoroute. Et au prix du péage, c’est bel et bien une autoroute, une vraie, une bonne. Mais ou bien j’ai la berlue, ou bien la route n’est qu’à une voie dans chaque sens, et en fait de rail de séparation il n’y a qu’une ligne peinte au sol. Une belle fumisterie dont personne, éditeurs de cartes, auteurs de sites Internet ou de guides, ne semble avoir conscience. Mais de toutes façons, du port jusqu’au camping d’Athènes qui se situe sur la route, quelques kilomètres avant Athènes, à peine plus de deux cents kilomètres ce n’est rien, pour conclure le voyage.

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Published by Thierry Jamard
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