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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 23:55
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Dans mon dernier article, nous nous sommes promenés dans Chora, la capitale d’Andros. À présent, nous allons voir un peu la “province” de l’île. Je vais suivre un déplacement qui part de Chora et va grosso modo vers l’ouest puis vers le nord. Aucune chronologie dans cette succession de lieux puisqu’en réalité nous avons débarqué du ferry à Gavrio, à l’ouest et avons logé à Batsi, un peu au sud de Gavrio, sur cette même côte ouest. C’est de là que nous nous sommes rendus plusieurs fois à Chora, et que nous avons rayonné, au fil des jours, dans diverses directions.

 

Je commence donc par montrer des paysages de l’île, très verte grâce à ses nombreuses sources, très accidentée aussi puisqu’elle culmine à 995 ou 997 mètres selon mes divers documents (ma carte au 50000e donne 997). Allez, ne chipotons pas, disons “presque mille mètres”. Parcourir Andros, c’est être sans cesse émerveillé.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Un peu partout dans l’île, on voit ces curieux murets de pierre sèche. En effet, le sol est principalement fait de schiste qui permet de le détailler en pierres plates qui se prêtent bien à ce genre de construction.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Nous avons donc quitté Chora. Tout de suite, on passe près d’Ypsilou, à ne pas confondre avec Ypsili, sur la côte ouest, dont je parlerai tout à l’heure. Et juste après Ypsilou, c’est, à proximité de la route, le village de Lamyra d’où l’on a cette belle vue sur Chora.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

On le voit, Lamyra n’est pas une grande métropole, mais c’est un sympathique village qui a gardé son caractère typique. On est à peine sorti de la capitale, et on est déjà plongé dans l’Andros authentique.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

À peine un peu plus loin sur la route principale, on arrive à Mesaria (généralement transcrit en français Messaria, avec deux S, pour ne pas prononcer le S comme un Z). On est habitué, en Grèce, aux vieilles églises byzantines, mais celle de cette ville, légèrement à l’écart, est imposante pour une agglomération somme toute bien modeste. Elle date de 1158 et est dédiée au Taxiarque Mikhaïl (le grand archange Michel).

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Décidément, nous nous arrêtons à chaque tour de roue. Menitès est à toute petite distance au nord de la route. Je m’arrête un instant devant cet édicule qui témoigne de la foi ardente en la Panagia, la “Toute Sainte”, c’est-à-dire la Vierge.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

C’est également à Menitès que j’ai photographié ce mur de fontaines qui crachent l’eau par la gueule de beaux lions. En fait, l’eau qui coule de ces fontaines, ce sont des sources. Nous voyons là combien cette île a pu être riche.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Cette fois-ci, nous sommes passés de l’autre côté de la route, Fallika se trouve à deux ou trois kilomètres vers le sud. Là encore, le site naturel est bien conservé, ce petit cours d’eau calme, ce vieux pont, une atmosphère calme et romantique.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Et même ce cheval était là pour nous souhaiter la bienvenue dans son domaine. Il méritait bien que nous nous arrêtions quelques instants pour lui caresser le chanfrein.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Il faut que je la place quelque part, ma vue d’Ormos et de sa plage. Le problème, c’est que ce n’est pas sur mon itinéraire ou à proximité. Bah, puisque pour Fallika je suis parti un peu vers le sud, allons beaucoup plus loin vers le sud-est, jusqu’à surplomber la côte, d’où l’on a cette vue sur la belle plage et le bourg d’Ormos.

 

Retournons vers la route principale que nous suivions précédemment, qui relie en direction du sud-ouest Chora sur la côte est à la côte ouest, en suivant la vallée entre deux chaînes de montagnes qui barrent l’île transversalement. Ma carte donne sur la droite un sommet à 910 mètres et plus loin ce fameux Prophète Élie à 997 mètres, sur la gauche un sommet à 736 mètres. La route est donc bien encaissée.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Nous voilà à très peu de kilomètres au nord de notre route, à Melida, où l’on peut admirer une autre église byzantine, elle aussi dédiée au Taxiarque. Si j’en crois le Guide Vert Michelin, elle est du onzième siècle, mais le site officiel d’information d’Andros (en grec) la fait remonter au dixième siècle. De toutes façons, c’est très curieux, il est horriblement difficile de trouver des informations sur ces remarquables églises byzantines qui, par ailleurs, sont fermées. On vante, ici ou là, leurs remarquables fresques du douzième siècle, mais on ne peut pénétrer pour les voir.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

De même, je ne sais pas grand-chose de cette petite chapelle à quelques mètres de l’église byzantine et de son vieux cimetière. Et partout où nous allons, nous voyons peu de curieux. Ici pourtant, nous avons rencontré deux touristes grecs, lui vivant en Grèce, elle au Liban, des gens très sympathiques, nous avons un peu discuté avec eux, et comme nous ils étaient déçus de trouver porte close.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Au bout de la vallée, la route principale a atteint la côte ouest. Maintenant, elle va suivre la côte en remontant vers le nord-ouest, mais au sommet de la falaise. Nous arrivons maintenant au site de Palaiopoli, la capitale de l’île dans l’antiquité, habitée depuis le début du premier millénaire avant Jésus-Christ. Ce que raconte Hérodote et que j’ai évoqué dans mon précédent article, c’est donc ici que cela s’est passé.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Nous allons laisser la voiture et descendre voir de plus près ces ruines. Rude descente. Je n’ai pas compté les marches, mais selon Bibendum il y en aurait 1039. Las! le site est fermé. Et visiblement, il n’est pas fermé pour des questions d’horaire ou même de jour de la semaine; on ne visite pas, c’est tout. Rude remontée!

 

Alors je me limiterai à évoquer un phénomène relatif au culte de Dionysos, dieu du vin, de la folie, du théâtre, aussi appelé Bacchus. Pline l’Ancien, dans son Histoire Naturelle, l’évoque deux fois. Je citerai les deux passages parce que, quoiqu’ils se répètent, ils donnent aussi des informations complémentaires. Au livre II, chapitre 106, il dit: “Mucien, trois fois consul, croit que dans l'île d'Andros le temple de Bacchus a une source qui, aux nones de janvier, ne manque jamais à couler avec le goût de vin: on l'appelle Don de Jupiter” (en janvier, comme dans huit autres mois de l’année, les nones tombent le 5).

 

Puis, au livre XXXI, chapitre 13, il ajoute un autre fait tout aussi curieux: “Mucien dit qu'à Andros il coule de la fontaine de Bacchus pendant les sept jours consacrés tous les ans à ce dieu, du vin, qui redevient de l'eau si on le transporte hors de la vue du temple”.

 

Le grand voyageur Pausanias, de son côté, évoque aussi ce fait, et il ajoute: “Il faut croire les Grecs sur ce point”. Il n’a pas été, comme Plutarque, prêtre dans le temple d’un dieu, mais il présente la mythologie comme des faits auxquels il ajoute foi. Ce n’est pas comme le Romain Juvénal, qui lui est antérieur et qui écrivait “Qu’il existe des Mânes, un royaume souterrain, que la perche de Charon soit une chose réelle, […] même les enfants ont cessé d’y croire”.

 

Et maintenant, Tournefort, que je ne présenterai plus, nous le connaissons bien puisque je l’ai souvent cité, ne serait-ce que dans mon précédent article: “Le 27 novembre nous allâmes voir les ruines de Palaiopolis […]. On y trouve […] quelques inscriptions, qui ne sauraient être presque d'aucun usage; nous tirâmes ce que nous pû­mes de celle qui nous parut la moins effacée: il y est parlé du Sénat, du peuple d'Andros et des prêtres de Bacchus, ce qui me fit conjecturer qu'elle avait été placée sur les murailles ou dans le fameux temple de ce dieu, et que conséquemment elle pouvait marquer la situation de ce bâ­timent. […] Ce ruisseau me fit souvenir de la fontaine appelée le Présent de Jupiter; mais nous la cherchâmes inutilement; peut-être qu’elle s'est perdue dans ces ruines […]; cette fontaine, au rapport de Mucien, avait le goût du vin dans le mois de janvier, et ne devait pas être loin de l'endroit où nous nous trouvions, puisque Pline la pla­ce proche le temple de Bacchus, mentionné dans l'inscription dont on vient de parler: le même auteur dit que ce miracle durait sept jours de suite, et que ce vin devenait de l'eau si on l'emportait hors de la vue du temple. Pausanias ne parle pas de ce changement; mais il avance que l'on croyait que tous les ans pendant les fêtes de Bacchus, il coulait du vin du temple consacré à ce dieu dans l’île d'Andros: les prêtres sans doute ne manquaient pas d'en­tretenir cette croyance en vidant quelques muids de vin par des canaux cachés”. Tournefort ne croit donc pas à ce fait miraculeux. Ah là là, ces esprits forts, qui refusent de croire!

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Puisque ce musée archéologique de Palaiopolis nous est fermé, au moins voyons-nous sur la rue, devant le musée, ce sarcophage d’époque romaine (deuxième ou troisième siècle de notre ère). Il a été taillé dans une roche volcanique, l’andésite.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Pas besoin d’être géologue pour reconnaître une roche volcanique comme l’andésite; en revanche, je serais bien incapable de dire ce qu’est cette roche verte que je découvre en descendant sur la plage. Ces trous sphériques doivent être dus à des bulles de gaz emprisonnées, ce qui indiquerait ici aussi une origine volcanique, mais mes suppositions de néophyte sont peut-être absurdes…

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

À cinq ou six kilomètres plus au nord, autre site archéologique, autre arrêt au sommet de la falaise, autre descente en direction de la mer. C’est Ypsili, cet Ypsili que, tout à l’heure, j’ai dit qu’il ne fallait pas confondre avec Ypsilou, près de Chora.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Évidemment, c’est bien notre chance, le site est fermé. La plaque des horaires dit que c’est fermé le lundi et pendant les vacances –or aujourd’hui c’est le 23 avril, le mercredi de Pâques, les élèves grecs sont en vacances. Mais de toutes façons, cet élégant papier glissé sous plastique ajoute que le site archéologique est “κλειστός για το κοινό”, fermé au public. Et par-dessus le marché, un signe indique que la photo est interdite, au même titre que la cigarette et que les animaux. Quelqu’un, semble-t-il, avait collé un papier sur l’interdiction de photographier, papier qui a été retiré. Ce qui ne change rien, puisque le public n’a accès à rien du tout.

 

Pourtant Ypsili est intéressante. Fondée au neuvième siècle avant Jésus-Christ, elle atteint son plus grand développement au huitième siècle, puis, sans doute suite à un désastre majeur comme un violent séisme, elle va subitement décroître au septième siècle, se limitant aux environs immédiats de son acropole, jusqu’à être presque complètement abandonnée au cinquième siècle avant Jésus-Christ.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Tous les dépliants touristiques, tous les guides, s’exclament sur la végétation d’Andros, champs, forêts, du moins dans la moitié sud de l’île, là où les sources sont multiples, qui tranche avec l’aridité des autres Cyclades. J’ai lu un blog de touristes disant que les guides avaient dû rêver, qu’Andros ne jouit pas de la moindre verdure. Alors à défaut de site archéologique, j’ai pris à Ypsili ces deux photos. Est-ce un mirage, comme peuvent le soupçonner ces touristes, ou est-ce que cela confirme les guides et les dépliants?

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

En continuant sur cette grand-route, nous arrivons à Batsi. C’est la ville qui, dans une anse bien protégée, avec sa plage, avec son port de plaisance, s’est aménagée pour accueillir les touristes d’Andros. C’est là aussi que nous avons trouvé à louer une chambre. Mon blog n’est pas, n’a jamais été, un répertoire des bons hôtels, des bons restaurants, mais ici je crois bon de donner quelques indications. Nous étions logés à la Villa Dora. Non seulement c’était très confortable et agréable, mais les propriétaires sont extrêmement sympathiques. Et ces deux dames se seraient montrées très discrètes si ce n’avait pas été nous qui, en rentrant le soir, avions recherché leur compagnie, discutant fort longtemps sur la terrasse devant la maison. Nous avons quitté les lieux avec un goût d’amitié.

 

À Batsi, nous avons aussi apprécié une dame céramiste qui signe Melita (en grec attique, Melitta, avec deux T, signifie “l’Abeille”; en grec ionien et en grec moderne, c’est Melissa) ses créations et qui a choisi, bien sûr, l’abeille comme symbole. L’hiver, elle se fait potier, modelant toutes sortes de plats, de cendriers, de coupes, de tasses, de bols, etc., puis elle les décore elle-même de sujets originaux et très esthétiques. Au printemps et en été, elle ouvre sa boutique aux acheteurs. C’est une vraie artiste, qui a longtemps étudié cette spécialité avant de s’y lancer professionnellement. En grec ancien, technè c’est à la fois l’art et la technique; de même en latin, ars, artis a les deux sens, ces civilisations considérant comme un tout d’appliquer ses dons artistiques à la technique de l’artisanat. Nous, nos langues modernes préfèrent dissocier les deux, ce qui est hélas très réducteur, aussi avons-nous spécialisé le grec technè pour la technique, et le latin ars pour l’art, mais cela aurait fort bien pu être le contraire. Ou ne pas être du tout!

 

[Publiant en 2017 le récit de nos pérégrinations de 2014, j’introduis après coup un ajout à ce sujet. Étant “Ami du Louvre”, je reçois la revue Grande Galerie. Dans son n°37, au sujet de l’exposition temporaire Corps en mouvement qui a pour commissaire le danseur et chorégraphe Benjamin Millepied, ce dernier est interrogé par le journaliste du magazine:

“Vous vous intéressez au processus de création des artistes?

– Je viens du ballet classique. Pour moi, art et technique sont un tout. L’art ne va pas sans la technique, c’est primordial à mes yeux: les exercices de composition des sculpteurs, les techniques du dessin me parlent autant que les œuvres”.]

 

Hé oui, nous nous sommes laissé tenter par plusieurs objets, pour nous et aussi pour des cadeaux lors de notre retour en France.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

À quelque distance au nord-est du port de Gavrio, se dresse cette tour d’Agios Petros (Saint Pierre). Ouf! Quand même une antiquité qui n’est pas soustraite à  la vue des touristes. Cette tour de près de vingt mètres de haut et d’une circonférence de 9,40 mètres à la base est construite en schiste et comportait au moins cinq étages. Parce que, on s’en doute, du sommet on a une vue très étendue sur les environs et sur la mer, elle avait un rôle de surveillance et de contrôle.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

La route principale relie la capitale, Chora, au port de Gavrio en passant par la station touristique de Batsi. Il y a aussi un important réseau secondaire dans toutes les directions, des routes pas très larges mais de bonne qualité. Un jour, nous avons décidé d’aller jusqu’au nord de l’île, là où se dresse le phare. Une partie du trajet se fait sur des routes asphaltées, mais une autre partie n’est pas revêtue. Aucune difficulté cependant, le sol est bien damé, bien aplani, sans bosses ni nids de poule, et les paysages valent le déplacement.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

En passant, nous avons vu des projets d’urbanisation au milieu de nulle part, mais ces maisons restent inachevées. Cela, nous l’avons vu bien souvent en Grèce, la drachme n’était pas chère, la politique économique du pays était généreuse, particuliers et entreprises se sont endettés, et puis la crise est arrivée. Les entreprises achètent cher les matières premières et ne parviennent pas à vendre; les particuliers, quand ils ne se retrouvent pas au chômage, voient leur salaire réduit de 20 à 40 pour cent, et parfois même l’employeur déclare que pendant un mois ou deux il ne paiera pas le travail, faute de quoi il mettra la clé sous la porte et tout le monde se retrouvera au chômage, bref les débiteurs se retrouvent étranglés et les constructions de maisons individuelles comme les constructions de logements collectifs sont interrompues dans un état plus ou moins avancé. Et ces logements inachevés sont occupés par des locataires à titre gratuit, quadrupèdes velus à qui on veut manger la laine sur le dos.

 

Puisque j’aborde le problème économique, oui, il est vrai que bien des gens en Grèce ont échappé au paiement des impôts sur le revenu. Oui, il est vrai que bien des gens ont pu prendre leur retraite très jeunes et néanmoins être pensionnés, il y en a plusieurs parmi nos amis. Cela, on le conçoit, a mis l’économie du pays à genoux. Comme dans nos villes françaises, et même plus encore, les rues d’Athènes se remplissent de sans-abri. Pour ceux qui ont un toit, les apparences sont trompeuses: comme auparavant, les tavernes et les bars sont pleins, mais ce qui n’est pas visible pour le touriste de passage, c’est que les habitudes de vie facile ont rendu les Grecs peu raisonnables; pour maintenir tant bien que mal leur train des vie, ils vendent tous leurs bijoux, jusqu’à leurs alliances sans divorcer! Les jeunes couples, même avec enfants, reviennent vivre chez les parents pour économiser le loyer ou, s’ils étaient propriétaires, pour louer leur appartement; moyennant quoi on continue à s’offrir le restaurant et les vacances. Cela dit, la crise ne touche pas tout le monde, les marchands d’or se sont multipliés et achètent à bas prix à des gens qui ont besoin de liquidités un métal qu’ils revendent à l’étranger beaucoup plus cher; les plus riches, il y a longtemps que leur argent est en lieu sûr à l’étranger, et leurs puissantes voitures continuent de s’engouffrer derrière les hauts murs et les portails électrifiés de leurs somptueuses résidences, tandis que des docteurs d’université vont faire le ménage de leurs yachts (c’est le cas d’une de nos amies qui n’arrive plus à vivre avec son traitement de professeur à la fac et, pour parvenir à vivre et à entretenir ses enfants, pendant ses vacances, elle est femme de ménage sur un luxueux yacht privé).

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Je l’ai déjà dit, toute l’île est montagneuse. En conséquence de quoi la route suit souvent les hauteurs là où les courbes de niveau ne sont pas trop proches les unes des autres, parfois aussi elle plonge vers la côte, ce qui fournit au voyageur des points de vue variés et souvent admirables. Sur ma photo, on voit qu’ici il était extrêmement difficile de tracer une route le long de la mer, qui vient presque lécher la colline, mais cela constitue au contraire un endroit tout indiqué pour installer une ferme marine, là où les baigneurs n’ont que difficilement accès.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Ici au contraire, nous voilà près de la mer. Le littoral est plat et offre une belle plage de sable. Mais non loin, la montagne plonge dans la mer, la route va devoir remonter.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Et encore une belle plage de sable, dans une anse protégée, et où je pense que même au cœur de l’été la foule ne doit pas se presser. Mais évidemment, la rançon de cette tranquillité, c’est qu’à moins de posséder un 4x4, il faut marcher un peu pour y accéder.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Tout au bout de la route, nous sommes parvenus au phare. La lande, la roche, le ciel et la mer; le parfum des plantes aromatiques; l’espace et l’horizon. Vraiment, pour qui aime la nature, cela vaut vraiment la peine de venir jusqu’ici.

Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014
Andros, hors de la capitale. Du 19 au 26 avril 2014

Nous revenions du phare vers notre résidence de Batsi en suivant une petite route qui zigzague quand brusquement je freine: j’ai bien cru voir une biche en liberté. Saisissant nos appareils photo, nous sortons de voiture. Oui, ce sont bien des biches. L’un des animaux a sur la tête ce qui semble être des cornes naissantes. Sans doute un mâle. Nous nous observons mutuellement, je prends une série de photos au téléobjectif quoique nous ne soyons pas bien loin, cela me donne des gros plans. Nous avons appris par la suite que c’est un hôtelier des environs qui a introduit ces animaux il y a quelques années, mais il ne les a ni enfermés, ni domestiqués. Ils sont donc à demi-sauvages, n’ont pas trop peur des humains mais s’en méfient quand même un peu. Ce n’est pas aussi exotique qu’un rhinocéros ou un tamanoir, mais pour le citadin que je suis c’est largement aussi plaisant.

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Published by Thierry Jamard
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