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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 23:55

“Les Grecs appellent aujourd’hui Dili deux écueils de l’Archipel tout à fait abandonnés, et qui ne servent de retraite qu’à des corsaires et à des bandits”. Telle est la vision de Tournefort en 1700. Dili (orthographié en grec Δήλοι, Dêloi), est un pluriel parce qu’il englobe Délos et Rhénée.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Nous voici dans l’île de Délos. L’île n’est certes pas immense, mais la densité des ruines fouillées par l’École Française d’Athènes est telle qu’il y a vraiment beaucoup à voir. Et puis il y a cette colline du Cynthe (Kynthos), qui culmine à 113 mètres: ce n’est pas très haut, mais la pente est rude, et tout cela prend du temps. Or Délos est une île musée. Pas d’hôtel, pas même de bar ou de restaurant, on paie son ticket d’entrée et on repart avant 15h. Dans ces conditions, lors de notre première visite (mon article de ce blog Délos. Mercredi 17 août 2011) nous n’avions pu explorer que le sanctuaire et la partie nord de l’île. Il était donc indispensable de revenir pour voir le quartier du théâtre et pour monter vers les sanctuaires situés sur le Cynthe. Déjà, du bateau, lors de l’approche vers le port, on a un petit aperçu des constructions qui s’élevaient en bordure du port de commerce antique, et aussi un peu en retrait.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Le quartier du théâtre est un quartier d’habitations, très dense, et relativement bien conservé. Comme le trajet du port et du sanctuaire vers le théâtre, mais aussi vers les maisons, était très fréquenté, il s’y trouvait beaucoup de boutiques donnant sur la rue principale. Mais les boutiques faisaient corps avec les maisons, et dans le mur de façade aveugle (on ne perçait pas de fenêtres sur la rue, la lumière et l’air entraient par les ouvertures donnant sur la cour intérieure) il y avait en plus de la porte d’entrée vers les pièces d’habitation, une autre porte donnant dans la boutique.

 

Souvent, les archéologues ont posé une plaque devant les bâtiments pour dire le nom qu’ils leur ont attribué. Plaque en grec et en français, puisque les fouilleurs étaient français. Il m’a alors été facile de trouver dans la documentation dont je dispose les informations nécessaires. Parfois, même en l’absence de plaque, certains détails permettent d’identifier le bâtiment. Pour mes photos ci-dessus, je n’ai pas été capable de réaliser cette identification. Il y a, quelque part dans ce secteur, une maison du troisième siècle avant Jésus-Christ qui, du début au milieu du premier siècle, a fonctionné comme fabrique d’huile, avec un pressoir à olives pour l’huile de première pression à froid, et un autre pressoir pour l’huile non alimentaire (éclairage, par exemple). Mais est-ce la maison de mes photos? Je ne saurais le dire.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Me voilà arrivé à un endroit où j’ai des explications, même si les archéologues eux-mêmes patinent un peu. Cette maison avec deux colonnes originales, la moitié inférieure en marbre bleu lisse, la partie supérieure en marbre blanc cannelé, comporte des cuves dont les parois étaient recouvertes de mortier hydraulique, et une grande citerne. On a interprété cela comme des cuves pour des bains de teinture, et cette maison a reçu le nom de Maison du Teinturier. Et puis de nouvelles études laissent penser que ce serait plutôt un établissement de bains.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Dans une ruelle à côté, on tombe sur cette grande maison où nous sommes accueillis par les statues du couple des propriétaires. En fait, ce ne sont que les moulages en ciment, les propriétaires étant allés se réfugier à l’abri du musée. Certes, les Grecs de l’Antiquité étaient sexistes, leur société était fortement patriarcale, avec des femmes passant le plus clair de leur temps dans le gynécée occupées à des travaux de filage, de tissage, de couture, et chargées de l’éducation des enfants; mais ici, les deux statues reposent sur un seul socle, et le socle commun porte une inscription qui se rapporte à Madame. Elle s’appelle Cléopâtre, c’est une riche Athénienne du dème de Myrrhinoutta, en Attique, et son mari s’appelle Dioscouridès.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

De l’autre côté de la grand-rue, se trouve la maison dite de Dionysos, parce qu’elle recèle dans son patio une merveilleuse mosaïque de sol qui représente Dionysos sur un tigre. Je l’avais déjà publiée en août 2011, mais tant pis: puisque je l’ai de nouveau photographiée au musée, je publie ma nouvelle photo. Une copie de cette mosaïque a remplacé, sur le site, l’original. Les colonnes mesurent 5,60 mètres de haut, parce que la maison était sur deux niveaux. On peut voir aussi la margelle du puits, dont la pierre est usée, comme cannelée, par les cordes descendant et remontant les seaux. Il y a aussi une rigole pour l’écoulement des eaux usées.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Notre étape suivante sera plus loin dans cette rue principale nommée Rue du Théâtre. Si la maison de Dionysos était sur notre gauche, celle que nous allons voir est plus près du théâtre, mais sur la droite. Il n’y a cependant pas loin à traverser, parce que cette rue, qui mesure 5,35 mètres de large au départ, ne fait plus que 1,50 mètre à l’autre bout. On imagine la cohue dans cette rue très passante, surtout lors des représentations théâtrales.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Cette maison, on l’a appelée la Maison du Trident, puisque l’on y a vu ce trident représenté dans le sol en mosaïque. Je lis, sous la plume de Fotini Zafiropoulou, conservateur honoraire des antiquités, que la cour à péristyle est de style rhodien, avec des consoles qui représentent à gauche deux avant-trains de lions, à gauche deux avant-trains de taureaux. Quoiqu’elle apparaisse en petit sur ma photo, la console des lions est bien visible. Et la spécialiste ajoute, ce qui me paraît fort intéressant, que ces deux représentations d’animaux sont probablement liées aux divinités syriennes Atargatis et Hadad, “ce qui laisse à penser que le propriétaire de la maison était peut-être un marchand syrien”. Ce genre de déduction, qui donne vie à la maison et à son propriétaire, je trouve cela exaltant, et j’admire profondément ces spécialistes qui sont capables d’effectuer tous ces rapprochements. Intrigué, parce que je suis totalement ignorant de cette religion syrienne, j’ai un peu creusé la question. Atargatis est une déesse de la fertilité, dont la représentation est généralement accompagnée de poissons, mais que l’on trouve, sur des monnaies, chevauchant un lion, et dans son temple de Hiérapolis elle était soulevée par des lions. Quant à Hadad, son parèdre, il était souvent comparé à un taureau sauvage. Par ailleurs, nombre d’inscriptions, sur cette île de Délos, se réfèrent à ces dieux syriens. Alors, s’il y a à Délos tant de Syriens, pourquoi ne serait-ce pas l’un d’eux qui vivait dans cette demeure?

 

Avant de quitter cette maison, deux remarques me viennent à l’esprit. La première, c’est que l’immense majorité des demeures antiques que nous voyons se limitent à quelques colonnes de leur péristyle, à des murs détruits entre cinquante centimètres du sol et un mètre cinquante, alors qu’ici, derrière le péristyle nous voyons une maison presque en état d’être habitée, avec des murs et un toit. Et la seconde, c’est que ce mur derrière le péristyle est percé de portes et de fenêtres, ce qui est normal puisque c’est ainsi, en passant par la cour, que l’on va d’une pièce à l’autre, et que c’est sur la cour que, normalement, les pièces prennent le jour, mais cette maison comporte aussi une fenêtre donnant sur la rue, et cela c’est absolument exceptionnel dans l’architecture grecque.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Sur la place du théâtre, une maison éventrée laisse voir son sol de mosaïque géométrique. Il ne vaut pas, bien sûr, les fines représentations comme celle du tigre de Dionysos, mais je le trouve cependant du plus bel effet.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Nous sommes donc arrivés au théâtre. Les gradins, hélas, sont en terriblement mauvais état. En partant de la scène, il y avait une série de vingt-cinq gradins, au-dessus desquels courait sur tout le demi-cercle un couloir de circulation, le diazoma, puis du diazoma au sommet une autre série de quinze gradins. Le tout permettait à six mille cinq cents spectateurs de prendre place. La population de Délos a été estimée, pour le premier siècle avant Jésus-Christ, à environ trente mille habitants.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Au pied du théâtre, de l’autre côté de la scène, cette tranchée enjambée d’arches de pierre, c’est la citerne du théâtre, qui recueillait (et recueille) les eaux de pluie dévalant de la colline. Mesurant 22,50 sur 6 mètres, cette citerne construite de la fin du quatrième siècle avant Jésus-Christ au début du troisième était recouverte d’un toit reposant sur les arches mais qui s’est effondré. En revanche, toute la superstructure s’est conservée en excellent état. Spon, qui a voyagé en 1675-1676, l’avait bien identifiée: “Sous l’endroit de la scène se découvrent en terre neuf voûtes séparées chacune par une muraille. Nous les prîmes pour des citernes, parce qu’à quelques-unes on voit un conduit qui y portait les eaux de pluie”.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

En passant derrière le théâtre sur la droite, c’est-à-dire au sud, on remarque un bâtiment comportant une immense fosse revêtue de mortier hydraulique, qui était donc une citerne. Huit mètres trente de profondeur, près de deux cent soixante-dix mètres cubes, c’est énorme. Je divise le volume par la hauteur, cela me donne une superficie de trente-deux mètres carrés, donc un carré de cinq mètres soixante-dix de côté. Et comme d’autre part le bâtiment comporte de nombreuses pièces, on suppose qu’il s’agissait d’une auberge. Toutefois, malgré la très forte probabilité, on n’a pas de preuve concrète que c’était une hôtellerie. Cela n’empêche pas d’admirer la belle porte au chambranle de marbre blanc donnant sur la rue.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Voyant ces dauphins dans la mosaïque de sol, les archéologues ont appelé Maison des Dauphins le bâtiment auquel nous accédons en commençant à monter vers la colline. Comme on peut s’en rendre compte lors de la visite de ces ruines, c’était une très riche et belle maison, sans doute l’une des plus luxueuses de Délos. Il est à noter que la superbe mosaïque des dauphins, fait exceptionnel (il n’en existe que cinq ou six exemples dans le monde grec du quatrième au premier siècle avant Jésus-Christ), est signée: Asclépiadès d’Arados. Arados est une île syrienne située à trois kilomètres de la côte, en face de Tartous.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

J’avoue ne pas repérer à quel bâtiment appartient ce mur, que je montre cependant parce que je le trouve intéressant avec ses blocs cyclopéens intégrés au milieu de pierres de petite dimension. Je l’ai photographié en allant de la Maison des Dauphins à l’Antre du Cynthe dont je vais parler tout de suite, Je suis donc passé près du sanctuaire appelé Sarapieion C puis près du sanctuaire qui avait été édifié par Ptolémée II, roi d’Égypte, pour Arsinoé, qui était sa sœur et qu’il avait épousée pour se conformer à la coutume des pharaons égyptiens qui, étant de sang divin, ne pouvaient épouser qu’une femme de sang divin elle-même pour que leur héritier et futur pharaon soit lui aussi de sang divin. Seule une sœur répondait à ces conditions. Et en tant que dieux, ils avaient, lui Ptolémée et elle Arsinoé, leurs temples. Mais par la suite, après leur mort, il a été décidé de substituer au culte d’Arsinoé le culte d’Agathè Tychè (la Bonne Fortune). Je ne saurais donc dire si le mur de ma photo appartient à l’un ou à l’autre de ces deux bâtiments.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Cette très curieuse construction débouche sur une sorte de grotte, que l’on appelle l’Antre du Cynthe. En grande partie naturelle, cette anfractuosité de la roche a été couverte de main d’homme. C’était le plus ancien lieu de culte d’Apollon sur l’île, c’est devenu par la suite un sanctuaire d’Héraklès. Ce sanctuaire datant de l’époque hellénistique, certains pensent qu’il a pu être fondé par Ptolémée II, qui prétendait descendre d’Héraklès.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Nous voilà déjà assez haut sur le mont Cynthe. Nous avons d’ici une belle vue sur l’ouest de l’île. En fait, cette photo n’est pas tout à fait à sa place, parce que je voulais d’abord montrer la situation de deux temples dont je vais tout de suite parler, à gauche le temple d’Héra avec, tout au bord de ma photo, son autel; et beaucoup plus à droite on distingue un toit à double pente au sommet d’un haut mur. On y reconnaîtra le temple d’Isis quand, tout à l’heure, je vais le montrer de face.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Je redescends donc vers les temples. Ici, dès la fin du neuvième siècle avant Jésus-Christ ou au début du huitième, se dressait un temple en l’honneur d’Héra. Il a été remplacé vers l’an 500 par celui que nous voyons aujourd’hui, avec ses deux fines colonnes d’un pronaos (qui est un peu l’équivalent du narthex des églises chrétiennes), et avec son autel de sacrifices à l’extérieur, l’ensemble constituant l’Héraion, ou sanctuaire d’Héra. Nulle part je n’ai trouvé l’explication de la petite sculpture de ma seconde photo ci-dessus, que l’on a un peu de mal à deviner sur ma première photo, contre le pilier du mur de droite. Peut-être ne fait-elle pas partie du mur de façade, il est possible qu’elle ait été trouvée sur le sol et placée là par la suite…

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Et le voilà, le temple d’Isis, avec sa statue de culte au fond de la cella et son autel sous la façade. Ce n’est pas le plus grand, loin de là, ce n’est pas le plus beau, le plus travaillé, il est simple. Mais juché sur la hauteur, majestueux dans sa simplicité, c’est l’un de ceux qui me touchent le plus.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Cette statue tout près du temple d’Isis, ces pierres éparses, sont les restes de sanctuaires des dieux égyptiens. Car Isis n’était pas la seule déesse égyptienne honorée ici. En fait, très vite elle a intégré le panthéon grec puis romain, beaucoup plus vite et surtout beaucoup plus profondément que les autres dieux égyptiens. Mais dans cette cosmopolite Délos où vivent beaucoup d’Égyptiens, ces gens avaient besoin de lieux de culte pour leurs dieux. Le temple d’Isis ressemble à un temple grec, le style des temples des autres dieux égyptiens était plus proche du style des temples d’Égypte.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Sur la première des deux photos ci-dessus, on reconnaît le temple d’Isis et, juste à sa droite, l’Héraion. Au premier plan, c’est la Maison de l’Hermès que nous allons voir en redescendant. Nous sommes au pied du mont Cynthe, on y voit, comme une saignée transversale, le chemin en escalier qui monte vers le sommet. Même en ce mois d’avril il fait déjà bien chaud et c’est l’heure où le soleil tape à la verticale, la montée est rude, mais nous ne pouvons nous en passer. Alors courage, nous grimpons.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Voilà, nous sommes arrivés au sommet, là où se situe le sanctuaire de Zeus Hypsistos. L’identification de ce sanctuaire n’a pu être réalisée que parce que l’on y a retrouvé une offrande. Car ce sanctuaire n’est absolument pas de type grec, on ne trouve rien de semblable ailleurs en Grèce. Cela est dû au fait qu’il s’agit d’une assimilation du dieu Baal à Zeus. Baal est un dieu phénicien de l’orage et de la foudre, et son nom désigne aussi “le maître”. Il n’est donc pas étonnant que le syncrétisme religieux l’ait fait honorer ici sous le nom du Zeus “le Très Haut” ou “Tout en Haut” (Hypsistos), mais que son sanctuaire soit d’un type étranger.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014
Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Je profite de ce que je suis sur le plus haut point de l’île de Délos pour regarder le paysage en bas. On y voit des murets de pierre sèche très anciens, visiblement d’époque byzantine, et puis ce grand espace plat limité par une parfaite parabole, dont malgré de longues recherches je n’ai pas trouvé l’explication.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

J’ai déjà évoqué, vue de loin, la Maison de l’Hermès, et sur ma photo nous la retrouvons en arrière-plan. Celle qui est en premier plan est dite Maison de l’Inopos, parce que ce cours d’eau sacré censé prendre sa source dans le Nil et qui était un torrent aujourd’hui à sec, faisait un coude dans ses parages. Curieusement, cette maison comportait deux portes. Dans son excellent livre que j’ai déjà évoqué plus haut, Fotini Zafiropoulou dit que le péristyle de cette maison “semble inachevé parce que la colonnade ne se déploie que sur les deux côtés”, comme on peut le constater sur ma photo, “et peut-être a-t-on voulu procéder à des modifications pour faire deux maisons, vu qu’il y a deux entrées au sud donnant sur le sentier”. Intéressante suggestion.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Et la voilà enfin, cette Maison de l’Hermès que deux fois déjà nous avons aperçue de loin. Elle s’appuie sur une colline sur la pente opposée de laquelle s’étage le théâtre. Son nom lui a été donné par les archéologues qui y ont découvert une tête de stèle hermaïque, œuvre de Callimaque (actif de 432 à 408 avant Jésus-Christ), le célèbre sculpteur athénien. Comme on le voit, c’est une imposante maison à plusieurs niveaux.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Nous sommes redescendus. L’heure du dernier bateau vers Mykonos approche. Nous nous sommes arrêtés brièvement au musée (trop brièvement, mais nous n’allons pas rentrer à Mykonos à la nage!), ce sera le sujet de mon prochain article. Il est 13h56 lorsque je prends la photo de cette ligne de magasins et d’entrepôts ci-dessus, les deux photos suivantes et qui vont conclure mon article ont été prises à 13h57, nous n’avons plus qu’à courir jusqu’au quai. Exceptionnellement aujourd’hui, l’île-musée ne fermera pas à 15h, mais le dernier bateau la quitte à 14h… manque de synchronisation entre les services du Ministère de la Culture et la compagnie privée de navigation… En repartant nous voyons, arrimé au quai, un yacht de plaisance. Ses heureux propriétaires vont pouvoir bénéficier d’une longue visite privée. Pas nous.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

En courant, nous passons près de la fontaine Minoé. Je l’avais déjà photographiée la dernière fois, tant pis je la publie de nouveau.

Délos, le site archéologique. Vendredi 18 avril 2014

Et enfin les si célèbres lions de Délos. Eux aussi, je les avais montrés. Mais ce serait leur faire outrage que de les négliger aujourd’hui. Alors sans avoir le temps d’aller jusqu’à l’esplanade qu’ils bordent, je mets le zoom en position téléobjectif et je leur tire le portrait.

 

Pendant notre visite, j’avais en main le dépliant donné avec le billet d’entrée. Il représente une carte du site avec les principaux monuments. J’étais donc conscient, en suivant mon trajet, de laisser de côté des bâtiments intéressants. Mais en lisant ensuite mes livres qui traitent de Délos, je me rends compte de tout ce que j’ai manqué. Je ne pouvais pourtant pas tout voir dans le temps dont nous disposions, ou alors j’aurais tout parcouru au pas de charge, sans pouvoir profiter de rien. Je crains qu’il ne nous soit pas possible de venir ici une troisième fois. Et pourtant il le faudrait… Je vais essayer de me montrer très pieux à l’égard d’Apollon et d’Artémis, peut-être m’accorderont-ils la faveur de revenir sur l’île qui les a vu naître?

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Published by Thierry Jamard
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