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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 23:55
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Venant d’Athènes, à quelques petits kilomètres avant Delphes, on traverse la petite ville d’Arakhova, ou Arachova, selon que l’on transcrit par KH ou par CH le son qui ressemble à la jota espagnole ou au Ch allemand de achtung! Et, avant l’entrée de la ville, on passe devant l’auberge Hani tou Zemenou, de Zemeno Arachovas, où nous avons passé la nuit avant de visiter Delphes, puis la nuit qui a suivi. Un lieu sympathique à prix doux.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

La Grèce est un pays de montagnes. En dehors de la plaine de Thessalie et de celle de Macédoine, en partant de la mer on s’élève rapidement. Arachova est située dans ce beau site et s’étale à flanc de montagne. Et puis ici, ce n’est pas n’importe quelle montagne, c’est le Parnasse, le domaine des Muses, et qui peut affirmer qu’en se promenant on n’en rencontrera pas une?

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Nous sommes en mars, le tourisme ici ne s’arrête jamais, non seulement parce que Delphes attire les touristes étrangers en toute saison, mais aussi parce que nous sommes ici dans une station de sports d’hiver fréquentée par de nombreux Grecs d’Athènes. Ce qui fait que cette place est toujours animée. Et comme il fait beau, bars et tavernes ont déployé leurs tables en terrasse et la crise économique n’empêche pas de prendre un verre ou de se restaurer.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Je montrais plus haut le site de la ville d’Arachova. La pente étant assez abrupte, pour aménager la route et le terrain des maisons, il a été nécessaire de creuser la montagne de terrasses avec des murs de soutènement. Cela donne à la ville un cachet particulier.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Cette tour de l’horloge municipale est accessible au public, et de là la vue est évidemment magnifique sur la ville et sur la nature environnante.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

En nous promenant dans les rues nous passons devant ce bâtiment. Cherchant à savoir ce qu’il contient, nous découvrons qu’il abrite un musée ethnographique ou, disons, un musée des arts et traditions populaires. Il est clair que nous ne pouvons manquer cela.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

On y trouve quelques œuvres d’art, comme cette peinture à l’huile sur toile (2013) d’Irini Kava, intitulée Toison d’or. Il y a un indéniable talent dans ce tableau.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Peinture, mais aussi sculpture. Ici, cette grande sculpture en bois est de Gianni Kastritsi (2003) et elle est intitulée Le Berger. En tant que création, il n’apporte peut-être pas énormément, mais c’est un objet significatif de l’ethnologie locale.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Le musée ne se limite pas à la Béotie, ni même à la Grèce, il nous montre ici une hutte pastorale traditionnelle “vasalo” de Hongrie (Musée hongrois à ciel ouvert).

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Une série d’affiches en relation avec ce thème montrent, dans divers pays d’Europe, les constructions rudimentaires en bois ou en pierre effectuées par ou pour les bergers, que ce soit une bergerie, un simple abri, une barrière de bois. Leur technique est héritée de peuplades nomades des temps préhistoriques suivant les rythmes de la transhumance. En Grèce et dans les Balkans, c’était le propre des Vlachs et des Sarakatsani.

 

J’en montre ci-dessus quelques exemples en divers points d’Europe. La première affiche concerne la France (Gallia, en grec). En haut, une bergerie des Pyrénées, à Alzen, dans l’Ariège (2009). En bas, la ferme Ariousec pendant la montée de la transhumance avec Sam et Marion (Val d’Azun, 2011).

 

Les images en noir et blanc de la deuxième affiche se rapportent à la Bulgarie. En haut, laiterie dans les Rhodopes centrales, village de Progled, région de Smolyan, au début du 20e siècle. Au milieu, construction de la grange (plévnya) dans les années 1950, village de Stephanovo, région de Troyan, dans le centre de la montagne Stara Planina. En-dessous à gauche, c’est une hutte de berger en bois sur une base en pierre, dans la même montagne Stara Planina, en 1946. Tout en bas à droite, nous ne sommes plus en Bulgarie, mais en Hongrie, c’est également une hutte de berger à Homokmégy, dans la région de Bács-Kiskun.

 

Avec la troisième affiche, nous sommes en Grèce, à Tinos et à Ikaria. Tinos est une Cyclade où nous étions le 15 août 2011 (cf. dans ce blog mon article Île de Tinos). Nous avons programmé pour cet été, normalement en août, de nous rendre dans l’île d’Ikaria en Égée orientale, et ce sera bien évidemment l’objet d’un article de mon blog. Sur cette affiche, en haut nous sommes à Tripotamos, dans l’île de Tinos, en 2013; les bergeries sont aménagées sur des terrasses de pierre sèche à flanc de coteau, ce sont des éléments typiques des paysages des îles grecques. En-dessous à gauche, c’est la cour intérieure d’une petite bergerie à Kampos (île de Tinos, 2013), avec son abreuvoir. À droite, détail de l’entrée des animaux dans une bergerie de Tripotamos. En bas, nous voyons une bergerie à Kosikia dans l’île d’Ikaria, en 2013.

 

Pologne, Estonie, Grande-Bretagne, Roumanie, et ailleurs en Grèce, Crète, Pélion, etc., etc., il y a dans le musée encore bien d’autres affiches qu’il serait fastidieux de montrer toutes ici, mais qui, en grand format sur les panneaux, sont extrêmement instructives et permettent de voir comment des techniques, des modes de vie et des usages qui remontent à un très lointain passé subsistent encore de nos jours.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Ce tableau de Lazare Farmaki est intitulé La Bataille d'Arachova. Nous sommes en 1826, en pleine guerre d’indépendance grecque. En avril, Missolonghi a été prise par les Turcs après un siège héroïque qui a coûté huit mille morts aux Grecs. Maintenant, Athènes est assiégée, et les Grecs envisagent de couper les voies de ravitaillement des Turcs. Un détachement occupe donc la passe d’Arachova. Le 18 novembre 1926, une armée ottomane composée d’Albanais attaque le détachement grec, qui résiste courageusement. Un autre détachement grec vient prendre l’armée ottomane à revers. La bataille dure une semaine, les Ottomans alors proposent de négocier, ce que refusent les Grecs qui veulent une capitulation sans conditions. Les Ottomans ne voient pas d’autre solution que de forcer le passage sans emprunter la passe, en s’élançant dans la montagne du Parnasse. Fin novembre la montagne est enneigée, les Grecs les poursuivent et massacrent la plupart d’entre eux. La bataille s’achève par une grande victoire des Grecs. C’est le 24 novembre 1926. Tel est le sujet de ce tableau.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Comme d’autres villes de la région, Arachova pratique le tissage et la broderie. Le musée montre nombre d’exemples de motifs tissés, ainsi que les petits métiers à tisser artisanaux. La personne qui est là, fort aimable, fait une démonstration, puis fait effectuer un essai à Natacha.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

On pratique également la broderie, disais-je. Le musée montre donc des exemples de très belles réalisations, et montre également le processus en cours. Toutes les explications nécessaires sont données.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

On voit aussi des écheveaux, des rouets, toutes sortes de matériels qui sont encore utilisés dans les maisons particulières pour des travaux absolument artisanaux, voire pour l’usage domestique privé. Je ne poursuivrai pas davantage sur ce musée, mais je pense que les touristes traversant Arachova auront tout intérêt, en plus du petit tour en ville, à visiter ce sympathique musée.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Nous avons pris la route du retour. Elle passe à proximité de Chéronée; les deux fois où, en 2011, nous avons visité Delphes, nous sommes restés sur la route, sans pénétrer dans cette petite ville. Lacune réparée cette fois-ci. Mes photos montrent ici le site merveilleux dans lequel elle se love. Pourquoi voir Chéronée? Mais en raison de la célèbre bataille qui s’y est déroulée en 338 avant Jésus-Christ. J’étais, je crois, en classe de première quand nous avons traduit des passages de Démosthène.

 

Depuis quelques années, alors que les Grecs des différentes cités ne pensent qu’à se quereller, Démosthène, dans ses célèbres Philippiques, appelle Athènes à se méfier des ambitions dévorantes de Philippe II de Macédoine, qui annexe la Thrace et divers autres endroits autour de son royaume. Ce sera long et difficile, mais il obtiendra qu’Athènes fédère autour d’elle une confédération grecque, et même que Thèbes se démette de son alliance avec Philippe. Vers la fin de l’année 339 avant Jésus-Christ Philippe arrive avec son armée. Thèbes bloque le passage par les Thermopyles, peu importe, Philippe passe par la montagne plus à l’ouest. Il occupe Delphes et, le 2 août 338, a lieu l’affrontement. La coalition grecque est tragiquement défaite, et le “Bataillon Sacré” de Thèbes est massacré par les troupes du fils de Philippe, Alexandre que l’on ne surnomme pas encore “le Grand”. Pour l’indépendance des cités grecques cette défaite est catastrophique car si Philippe fait mine de ne pas annexer purement et simplement les territoires, il les met dans un état de dépendance qui les prive d’une réelle autonomie. Voilà pourquoi le nom de Chéronée est si important et justifie un petit détour.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Sur les trois cents Thébains du Bataillon Sacré, deux cent cinquante-quatre sont tombés à Chéronée. Là où on les a enterrés, un grand lion de pierre constitué d’un assemblage de cinq pièces de marbre a été placé. Soit que le sol ait été fragile pour supporter une telle masse, soit qu’il y ait eu un tremblement de terre, soit encore que sa base ait été faite de pierres de mauvaise qualité, à une époque que l’on ne connaît pas le lion s’est effondré et s’est brisé. En 1809, Byron l’a trouvé au sol, en morceaux, partiellement enterré. Quand, en 1818, on a retrouvé la tête dans le sol, on l’a vite recouverte pour la protéger des prédateurs. Car le sultan ottoman Mahmoud II et Ali Pacha, de Ioannina, se disputent pour le transférer, le premier à Constantinople, le second à Ioannina. Mais heureusement le transport pose de tels problèmes de logistique que l’un et l’autre renoncent à leur projet. C’est en 1879, lors de fouilles archéologiques, que deux cent cinquante-quatre squelettes, ceux des héros thébains, ont été mis au jour. En 1902 a été entreprise la restauration du lion, sur un piédestal de trois mètres de haut. Les morceaux manquants ont été remplacés avec de la pierre de la région. La dernière opération remonte à 1998-2000 quand la surface du marbre a été nettoyée et le ciment qui assemble les morceaux remplacé.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Le musée archéologique, près du grand lion de marbre, est fermé. Tant pis, nous ne le visiterons pas. Sur la pelouse, entre la grille d’entrée et le bâtiment du musée, un petit lion de pierre se repose en nous observant. Je le prends en photo entre les barreaux de la grille, avant de quitter Chéronée.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Pour qui n’a pas bien en mémoire l’histoire d’Œdipe, ces trois photos d’un bout de route sont absurdes. Mais pour écrire les pièces de ma trilogie sur Œdipe et Antigone, j’ai relu avec une grande attention, il y a quelques mois à peine, les pièces antiques, et dans Œdipe Roi Sophocle écrit le dialogue suivant:

 

ŒDIPE : Tu as bien dit ceci, Laïos aurait été tué au croisement de deux chemins?

JOCASTE : On l'a dit alors. On le dit toujours.

ŒDIPE : Et en quel pays se place l'endroit où Laïos aurait subi ce sort?

JOCASTE : Le pays est la Phocide, le carrefour est celui où se joignent les deux chemins qui viennent de Delphes et de Daulis.

 

Le carrefour des routes de Delphes et de Daulis… Nous venons de Delphes, et le panneau indique l’acropole de l’ancienne Daulis. C’est là qu’Œdipe a tué Laïos, sans savoir qu’il s’agissait de son père. C’est là que se situe l’un des éléments-clés de la malédiction des Labdacides. C’est à partir de ce meurtre qu’Œdipe va épouser la veuve, Jocaste, qui n’est autre que sa mère. C’est sur cette légende que Freud va fonder sa théorie du “complexe d’Œdipe”. Un coup de frein, je me gare sur le bas-côté et je prends ces photos qui, du même coup, cessent d’être un affreux paysage de route défoncée et de panneau indicateur.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Poursuivant notre route, nous arrivons à Orchomène. N’oublions pas que nous sommes en Béotie, car il existe une autre ville du nom d’Orchomène en Arcadie. Le théâtre antique que nous voyons aujourd’hui n’est pas connu depuis très longtemps, puisque ce sont les fouilles archéologiques de 1970-1973 qui l’ont découvert et mis au jour. Il a été construit à la fin du quatrième siècle avant Jésus-Christ et a fonctionné jusqu’au quatrième siècle de notre ère.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Je n’ai pas trouvé le moyen de prendre mieux la photo de cette tombe à tholos, pourtant très importante pour cette ville. Elle est datée du treizième siècle avant Jésus-Christ, donc d’époque mycénienne, et sa chambre funéraire fait quatorze mètres de diamètre, sur une hauteur équivalente. C’est ce fameux Schliemann, le découvreur de Troie et de Mycènes, qui l’a découverte et dégagée dans sa campagne de 1880-1886. Elle est nommée “tombe de Minyas”, ce qui m’amène à dire qui est ce Minyas, ou plutôt à laisser Pausanias le dire à ma place et bien mieux que moi:

 

“Les Grecs sont forts pour admirer beaucoup plus ce qui est dans les autres pays que dans le leur; en effet, des écrivains célèbres se sont attachés à décrire avec la plus grande exactitude les pyramides de Memphis, et ils n'ont pas daigné faire la moindre mention du trésor de Minyas et des murs de Tirynthe, qui ne sont pas moins dignes d'admiration. Minyas fut père d'Orchoménos, sous le règne duquel la ville prit le nom d'Orchomène, et les habitants du pays celui d'Orchoméniens; ils conservèrent cependant celui de Minyens pour se distinguer des Orchoméniens de l'Arcadie. [...]. Les Minyens parvinrent à un tel degré de considération que Nélée, fils de Créthée, et roi de Pylos, ne dédaigna pas de prendre pour épouse une femme d'Orchomène, Chloris [...]. Le trésor de Minyas, qui est une merveille non moins étonnante que celles qu'on voit dans la Grèce et ailleurs, est un édifice de forme circulaire en marbre, et dont le faite se termine en une pointe qui n'est pas très aiguë; la pierre qui termine ce sommet est, à ce qu'on assure, la clef de tout l'édifice. On remarque aussi à Orchomène les tombeaux de Minyas et d'Hésiode […]. Même à l'époque du siège de Troie, ils avaient encore des richesses assez considérables; Homère lui-même m'en fournit la preuve dans la réponse que fait Achille aux ambassadeurs d'Agamemnon: Pas même s'il me donnait toutes les richesses d'Orchomène. Il est donc évident que les Orchoméniens avaient encore alors de grandes richesses”.

 

Pausanias parle à la fois du trésor de Minyas et du tombeau de Minyas, or je lis sur Internet, dans un site que je ne connais pas et donc dont je ne peux évaluer le sérieux, mais un panneau placé sur le site dit en substance la même chose, que “les archéologues ont mis au jour les restes d'un palais décoré de fresques, ainsi qu'une grande tombe royale (c'est l'un des vestiges les plus parlants du site) connue dès l'Antiquité comme le trésor de Minyas, roi légendaire fondateur de la lignée qui porta son nom”. Alors la tombe et le trésor ne font-ils qu’un? J’ai du mal à mettre en doute Pausanias qui a vu les deux de ses yeux au deuxième siècle de notre ère. Si, donc, le trésor de Minyas n’a pas, ou pas encore, été retrouvé, au moins aurons-nous vu sa tombe à tholos d’époque mycénienne. Le visiteur qui se rendra à Orchomène la verra bien mieux de ses yeux que sur ma photo.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Orchomène n’est pas seulement une ville antique, c’est aussi une ville byzantine, avec cette église de la Panagia Skripou, la Vierge de Skripos. Dans le livre Antiquités helléniques, publié en 1842, je lis “Skripos, l’ancien Orchomène. Il est connu que cette église fut bâtie par le protospathaire Léon sous les empereurs Léon, Constantin et Basil, en 980 après Jésus-Christ, des ruines du temple des Grâces”. Les Grâces, c’est une sorte de traduction en latin des divinités appelées en grec les Charites. Pausanias: “On voit à Orchomène un temple de Dionysos, mais le plus ancien de leurs temples est celui des Charites. Les Orchoméniens ont de la plus grande vénération pour les statues en pierre de ces déesses, qui tombèrent, à ce qu'ils disent, du ciel”.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

En tournant autour de la Panagia Skripou, on remarque de belles sculptures, telles que cet aigle, ou ce cerf poursuivi par un griffon, ou encore ce cadran solaire qui surmonte deux paons. Et puis il y a cette longue inscription qui court tout autour de l’abside et dont je place ici une seule pierre. C’est encore dans le remarquable site de madame Tuan (indiqué ci-contre colonne de droite, plus haut, dans la rubrique “liens”), cette épigraphiste experte, que je trouve la lecture et l’interprétation du texte. Je mets entre deux slashs (/) la partie du texte dont je montre l’image: “Sous Basile, Constantin et Léon, très pieux empereurs des Romains. Toute Sainte Mère de Dieu avec ton Fils unique, viens en aide à ton serviteur Léon, protospathaire impérial et / trésorier, avec son épouse et ses chers enfants / lui qui par dévotion et grande foi a érigé ta sainte église. Amen”.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Toujours autour de l’église, on voit des ruines qui semblent antiques, mais en l’absence d’indications je ne saurais affirmer quoi que ce soit. Il y a aussi le monastère de la Dormition de la Vierge. Mais nous n’avons pas visité ces lieux, je ne m’y étends pas.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Mais puisque cette église est très ancienne, entrons-y pour voir à quoi ressemble l’intérieur, quoiqu’il ait été ravagé par un incendie à la fin du vingtième siècle et ait été l’objet d’une réfection. Sur ce mur, je remarque qu’il est constitué de pierres cylindriques. Pas de doute, en pareil cas il s’agit de colonnettes antiques de récupération.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Aux murs, il n’y a pas que des icônes pieuses. Témoin ce tableau qui représente une guerre moderne. L’inscription dit “En mémoire du miracle du sauvetage des habitants d’Orchomène des massacres des Allemands. 10 septembre 1943”. En quoi a consisté ce miracle, je ne le sais pas.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Ce tableau moderne n’est pas la seule chose à remarquer dans l’église. En effet, les murs sont revêtus de belles fresques qui ont heureusement été sauvées de l’incendie. Les quelques photos ci-dessus en donnent une petite idée.

Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014
Arachova, Chéronée, Orchomène. Lundi 24 mars 2014

Avant de regagner Athènes, nous nous arrêtons encore sur la route pour prendre ces photos de la citadelle d’Orchomène, que nous n’irons pas voir de plus près.

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Published by Thierry Jamard
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