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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 23:55

En complément de notre exploration du 20 juin 2011, nous sommes revenus au musée archéologique de Delphes où il y a tant et tant à voir que nous avons encore découvert de nombreuses richesses.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Nous commençons par l’époque mycénienne. Ces terres cuites sont situées entre 1400 et 1050 avant Jésus-Christ. La première, un trône trépied, avec son personnage assis symbolise la puissance divine et, à ce titre, on peut considérer ce siège comme annonciateur du trépied de l’oracle. La seconde, nous dit-on, représente un bovin. A priori, il ne faut donc pas tenir compte des zébrures qui évoqueraient un animal africain ignoré des Mycéniens.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Il ne faut pas oublier que, dans l’antiquité grecque, les sirènes ne sont nullement des femmes à queue de poisson, mais des oiseaux à tête de femme. Ici nous voyons, sculptée dans un coquillage au huitième siècle avant Jésus-Christ et provenant d’un atelier phénicien, une sirène aux ailes ouvertes et avec un visage en bec.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

La lèvre ou l’épaule des vases, ou encore les anses, portaient en général de petites sculptures de bronze représentant des animaux, ou des têtes d’animaux, parfois d’autres sujets comme cette tête à double visage. Ces sculptures sont de l’époque géométrique (huitième et septième siècles avant Jésus-Christ).

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Ces deux têtes de taureaux sont, de même, des décorations de bronze. Celle de gauche provient vraisemblablement d’un grand chaudron, mais elle peut aussi avoir été l’ornement d’un meuble. Elle est de la fin du septième siècle avant Jésus-Christ. Celle de droite, plus ancienne (huitième siècle) décorait un vase, dont l’anse passait au travers de l’anneau fixé au sommet de la tête.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Lors de notre précédente visite, j’avais déjà montré ce “potis thêrôn”, ce “maître des animaux sauvages”, de la deuxième moitié du septième siècle avant Jésus-Christ, mais ici j’ai eu envie de le présenter de nouveau (sans répéter mes commentaires!) pour comparer avec ces bronzes précédents son style influencé par l’Orient: l’artiste grec qui l’a créé vivait en Asie Mineure.

 

Je reproduis ici textuellement l’explication donnée par le musée (en langue française) concernant ces objets et ceux qui vont suivre: “En 1939, plusieurs années après la «Grande fouille», une découverte inespérée est venue s'ajouter aux témoignages des auteurs anciens, surtout à ceux d'Hérodote, sur les offrandes de valeur mythique offertes par les chefs des royaumes d'Orient, comme Gygès et Crésus de Lydie ou Midas de Phrygie. Sous le dallage de la «Voie Sacrée», devant le Portique des Athéniens, les archéologues français ont découvert deux fosses remplies d'objets en matériaux précieux (or, ivoire, argent, bronze) qui datent du VIIIe au Ve s. avant J.-C.: des fragments appartenant à trois statues chryséléphantines au moins, plusieurs feuilles d'argent martelé appartenant à un taureau de grandeur nature, une multitude de plaques d'ivoire en relief, trois magnifiques œuvres de la petite sculpture en bronze du Ve s. avant J.-C., mais aussi des modestes offrandes faites d'armes et de vases, ont été retrouvées mêlés à de la terre, du charbon et des cendres. Les fouilles ont démontré que toutes ces trouvailles étaient des offrandes qui avaient été enterrées après avoir subi de graves dommages vers le milieu du Ve siècle avant J- C., lorsque l'édifice qui les abritait fut détruit. […] La plupart d'entre elles sont issues d'ateliers ioniens et proviennent, semble-t-il, des riches cités d'Ionie (Milet, Éphèse, Samos)”.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Ces sujets ont été sculptés dans des plaques faites d’os d’animaux rares de l’Orient, éléphants ou hippopotames. Elles datent du sixième siècle avant Jésus-Christ et proviennent de placages sur bois, boîtes, meubles ou trône. Elles représentent des scènes de guerre en relation avec les récits mythologiques. En haut, ce sont des scènes de combat, on voit un soldat portant son camarade mort ou blessé. En-dessous, ce cheval était attelé à un char de guerre. En bas, il semble que ce soit un suppliant devant un guerrier, cette plaque serait des alentours de l’an 570 avant Jésus-Christ.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Ces deux kouroi sont surnommés “les Jumeaux d’Argos”. Un kouros est un jeune homme (pluriel: des kouroi), comme une korè est une jeune fille. Ces deux grands marbres similaires provenant d’un atelier argien (le sculpteur argien Polymédès a signé son nom sur la base) et datant des alentours de 580 avant Jésus-Christ représentent vraisemblablement des héros de la mythologie argienne. Ils sont la plus ancienne offrande monumentale de Delphes. Des statues jumelles, c’est extrêmement rare, et les chercheurs en ont tenu compte pour essayer de les identifier: ils peuvent être les Dioscures Castor et Pollux, ou bien deux frères très pieux, Cléobis et Biton, d’Argos, que la cité aurait ainsi voulu honorer.

 

C’est Hérodote qui parle d’eux: “Solon avait piqué la curiosité de Crésus. Le roi lui demanda quel était l’homme le plus heureux qu’il eût vu […]. ‘Cléobis et Biton, répondit Solon. Ces jeunes gens, de race argienne, avaient une fortune suffisante et voici ce qu’était leur force physique: ils avaient tous les deux été vainqueurs aux Grands Jeux, et l’on raconte à leur sujet l’histoire suivante: les Argiens célébraient la fête d’Héra, et il fallait absolument que leur mère fût portée au temple sur un chariot. Or les bœufs n’arrivèrent pas des champs en temps voulu. Pressés par l’heure, les jeunes gens se mirent eux-mêmes sous le joug et traînèrent le chariot sur lequel leur mère avait pris place. Ils firent ainsi quarante-cinq stades pour arriver au sanctuaire. Après cette action qui fut accomplie sous les yeux de toute l’assemblée, ils eurent la fin la plus belle et la divinité montra par eux que mieux vaut pour l’homme être mort que vivant. En effet, les Argiens se pressèrent devant les jeunes gens en les félicitant de leur force, tandis que les Argiennes félicitaient leur mère d’avoir de tels enfants. Et la mère, tout heureuse de leur exploit et du bruit qu’il faisait, debout devant la statue, pria la déesse d’accorder à ses fils, Cléobis et Biton, qui l’avaient tellement honorée, le plus grand bonheur que puisse obtenir un mortel. Après cette prière, les jeunes gens sacrifièrent et prirent part au banquet, puis ils s’endormirent dans le sanctuaire et ils ne se réveillèrent plus. Ce fut là le terme de leur vie. Les Argiens leur élevèrent des statues qu’ils consacrèrent à Delphes, car ils estimèrent qu’ils s’étaient montrés les meilleurs des mortels’. […] Crésus s’en irrita”.

 

Nous avons vu que le stade, dans les mesures de Delphes, mesure 178,35 mètres. Quarante-cinq stades, cela fait donc huit kilomètres. Même si la maman n’avait pas trop d’embonpoint, c’était un exploit. Après un tel effort, leur cœur a lâché, comme pour le coureur de Marathon qui avait trop forcé pour aller annoncer à Athènes la victoire grecque sur les Perses. Quant à Crésus, il espérait que Solon le dirait le plus heureux des hommes, pour ses richesses, pour ses victoires.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Cette colonnette entourée de trois korès supportant une vasque est en marbre de Paros et remonte au premier quart du sixième siècle avant Jésus-Christ. C’est un périrrhantérion, c’est-à-dire un bassin utilisé dans les rituels.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Dans mon précédent article, au sujet du site du sanctuaire, j’ai montré l’emplacement de la “Colonne des Danseuses”, et j’ai dit que j’y reviendrais dans le musée. Nous y voici. Le fût de cette colonne, qui constitue un monument de treize mètres de haut, est constitué de plusieurs tambours d’où partent de loin en loin de larges feuilles d’acanthe. Au sommet, ces trois korès sont vêtues d’une robe moulante qui flotte au vent et portent sur la tête un curieux petit chapeau. En outre, on nous dit une chose que nous ne voyons pas ici, à savoir que leur main droite supportait la cuve d’un énorme chaudron en bronze sur trépied, dont les pieds pendaient entre leurs corps. Parce qu’elles donnent l’impression de danser dans les airs et que, sur le Parnasse qui est la montagne de Delphes, dansaient les Ménades de Dionysos ici appelées Thyades, la première interprétation de ce monument a été qu’il représentait trois Thyades en train de danser, d’où le nom de “Colonne d’Acanthe aux Danseuses”. Mais sur la base, une inscription nous informe qu’il s’agit d’une offrande des Athéniens à Apollon, et il apparaît que cette offrande date de 330 avant Jésus-Christ, probablement lors de la Pythaïde, qui était la cérémonie de procession des pèlerins de Delphes. Quelle que soit l’interprétation, la légèreté, la grâce, l’élégance de ces sculptures me plaisent infiniment.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Dans la vallée, tout en bas, se trouve la célèbre tholos, avec ses trois colonnes remises sur pied. De ses métopes, on a pu retrouver nombre de fragments, qui se trouvent à présent au musée, comme ce torse féminin en tunique plissée qui exprime l’action violente du corps qui le porte. Au premier moment, j’ai cru y reconnaître Artémis chasseresse. Non, c’est une Amazone.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Cette splendide tête en marbre appartient à une statue dont le reste est perdu. Elle date du quatrième siècle avant Jésus-Christ et, visiblement, l’artiste a été influencé par le style de Praxitèle. Que de douceur dans ce joli visage!

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

– Pharsale: cela évoque, bien sûr, la ville de Thessalie, en Grèce, près de laquelle César a remporté une grande victoire sur Pompée, en 48 avant Jésus-Christ. La Pharsale, c’est aussi le titre d’une célèbre épopée du poète latin Lucain.

– Une amphictyonie (et celle de Delphes est sans doute la plus célèbre) était une assemblée des représentants de diverses cités autour d’un sanctuaire. Les membres d’une amphictyonie sont appelés des amphictyons.

 

Une fois donnés ces préliminaires, je peux en venir à mon sujet. Un certain Daochos II, officier de Pharsale, était amphictyon de sa cité à Delphes de 336 à 332 avant Jésus-Christ, et il a dédié à Apollon des statues en marbre des membres de sa famille. J’en ai retenu ici six, mais six seulement parce que je voulais les présenter à côté les uns des autres et que plus j’en aligne dans le cadre restreint du blog, plus ils sont petits et moins ils sont visibles. Ceux que je présente ici sont, de gauche à droite:

– le chef et ancêtre de la famille, qui est contemporain des Guerres Médiques (490 et 480 avant Jésus-Christ) et a été tétrarque de Thessalie. Il s’appelle Acnonios, fils d’Aparos, et il est le trisaïeul du dédicant.

– suivent deux de ses fils, Agias arrière-grand-père du dédicant, et Agelaos, le plus jeune frère d’Agias. Si Agias est présenté nu et dans cette posture, c’est parce qu’il a été un athlète de renom, spécialiste de pancrace (sport violent alliant la lutte et la boxe), ayant remporté de nombreuses victoires dans les jeux panhelléniques au cinquième siècle. Son frère Agelaos (troisième statue en partant de la gauche) est aussi un athlète, champion à la course.

– la quatrième statue est celle de Daochos I, fils d’Agias et grand-père du dédicant. L’inscription sur la base nous informe que pendant vingt-sept ans il a assumé les fonctions de Tétrarque de Thessalie.

– encore une génération, Sisyphe I est le père du dédicant, et le fils de Daochos I. Lui, c’est un militaire de carrière, et le geste de son bras droit, théâtral, est destiné à nous montrer sa détermination.

– pour la dernière statue, nous sautons une génération, celle du dédicant. Celui que nous voyons ici, c’est Sisyphe II, son fils, le plus jeune de la famille. Ce que l’on voit sous son coude gauche, c’est un hermès.

 

Le vêtement porté par le premier (Acnonios) et le quatrième (Daochos I) est la chlamyde traditionnelle thessalienne. Lysippe (vers 395-vers 305) est un célèbre sculpteur grec originaire de Sicyone, notamment il a été le sculpteur accrédité d’Alexandre le Grand. Or on sait qu’il avait réalisé pour la ville de Pharsale un grand bronze d’Agias dont, malheureusement, il ne nous reste que la base, et sur cette base l’inscription est la même que celle qui figure sur la base du marbre de Delphes. On peut donc supposer que cette statue que nous voyons ici est une reproduction en marbre, plus ou moins fidèle, du bronze de Lysippe. À ce titre, il est un témoignage important pour l’histoire de l’art, parce que des quelque mille cinq cents œuvres de Lysippe, seules cinq à sept de celles que nous possédons lui sont directement attribuées.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Dans mon précédent article, montrant la Base en Fer à Cheval j’avais dit que dans l’article d’aujourd’hui je montrerais la statue dite “du Philosophe” qui était sur l’une des dix-huit bases. Le voilà, ce philosophe. Ou ce “Vieillard de Delphes”, comme on l’appelle aussi parfois. Drapé dans son himation, il fait un geste du bras droit, le regard fixé en avant, comme s’il parlait en public. Cette sculpture du début du troisième siècle avant Jésus-Christ n’est plus idéalisée, comme le voulait l’art précédemment et comme on l’a vu pour la famille de Daochos II, mais il s’agit du portrait réel d’un personnage. Comme le dit le musée, “La tête arrondie, le front haut, les cheveux clairsemés, les joues ridées, les yeux enfoncés sous les sourcils arqués, la moustache, le dos courbé, autant de traits qui composent une physionomie avec des caractères personnels, en un mot un portrait”.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

J’ajoute cette jolie statue d’une petite fille qui sourit et dont la tête a été rapportée. Ce marbre date du début du troisième siècle avant Jésus-Christ, ce qui le rattache à la première période de l’art hellénistique.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Cette figurine en bronze représente un aulète, c’est-à-dire un joueur d’aulos, la double flûte. Issue d’un atelier corinthien, elle est de 500-490 avant Jésus-Christ. On aperçoit, passant sur la tête de l’homme, une sorte de lanière. C’est une bandelette de cuir reliée à la flûte pour la soutenir. En effet, quoique cet instrument ne soit pas pesant, l’aulète doit le tenir pendant très longtemps, car il ne s’agit pas d’en jouer pour un bref concert, mais surtout quand il cesse d’en jouer il n’a pas à le poser quelque part, il le laisse pendre devant lui.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Je n’ai que bien peu d’informations sur ce haut-relief. En revanche, l’explication est intéressante: ce sont Castor et Pollux, les Dioscures, avec leurs cousins, les deux fils d’Apharée. Armés de leurs lances, ils emmènent les bœufs volés dans une razzia.

 

Un mot de la légende à laquelle il est fait allusion. On sait que Zeus, sous l’apparence d’un cygne, avait fécondé Léda qui était la femme du roi de Lacédémone, Tyndare. La nuit suivante, Tyndare avait, lui aussi, fécondé Léda. Et neuf mois plus tard, Léda avait pondu deux œufs (la coquille de l’un d’entre eux a longtemps été conservée au sanctuaire de Sparte, où elle était visible) d’où sont nés de l’un les enfants de Zeus Hélène et Pollux, donc demi-dieux, et de l’autre Clytemnestre et Castor, cent pour cent humains. Tyndare avait deux frères, oncles des quadruplés, Apharée et Leucippos. Apharée avait deux fils Idas et Lyncée, et Leucippos deux filles, Phoebé et Hilaera. Ces deux cousins étaient fiancée à leurs deux cousines, et l’on avait invité Castor et Pollux au mariage. Mais ces deux chauds lapins profitèrent de l’occasion pour enlever les fiancées, qui étaient aussi leurs cousines. J’ignore si Idas et Lyncée leur en ont voulu, mais ils en sont restés là, et Castor et Pollux ont eu, de Phoebé et de Hilaera, des enfants. Puis les quatre cousins ont monté une expédition pour aller de concert voler du bétail en Arcadie, et sur ce relief nous les voyons avec leur butin. Mais les choses vont rapidement se gâter, parce que les cousins n’ont pas pu se mettre d’accord pour le partage des bœufs razziés et ils se sont durement disputés, comme quoi le partage de bœufs revêtait pour eux plus d’importance que le partage de jeunes filles, leurs cousines qui plus est. Dans l’affaire, Castor est tué par Idas, et Lyncée est tué par Pollux. Castor était le jumeau bien-aimé de Pollux, le fils de Zeus, aussi ce dernier foudroya-t-il Idas. Non mais!

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Ces deux bas-reliefs sont des plaques provenant de la frise de l’avant-scène du théâtre, et ils ont été réalisés au premier siècle de notre ère, dans un style classicisant. Il s’agit d’épisodes de la légende d’Héraclès. On peut reconnaître quelques épisodes:

 

– Le centaure. Allant traquer le sanglier d’Érymanthe, Héraclès avait traversé une région où vivant le centaure Pholos, détenteur d’une jarre de vin scellée, don de Dionysos, à ne desceller qu’en présence de tous les centaures. Pholos accueille chaleureusement Héraclès, lui prépare à manger, mais notre héros, repu, demande à boire. Pholos s’excuse, explique que ce n’est pas possible, mais Héraclès lui affirme qu’il n’y a rien à craindre, et ils se mettent à boire. Le nez fin des centaures les alerte vite de ce que la jarre a été ouverte, et ils arrivent pour châtier Héraclès, qui parvient à en tuer douze.

 

– L’Hydre de Lerne a été vaincue grâce aux flèches enflammées décochées par Héraclès qui, en outre, coupait ses têtes tandis que son neveu Iolaos cautérisait les cous avec des brandons pour empêcher les têtes de repousser. Ce sera l’un des Douze Travaux.

 

– Le géant Antée. Dans sa quête des pommes d’or des Hespérides, Héraclès traverse la Libye. Là, Antée, fils de Poséidon et de Gaia, a coutume de tuer les étrangers de passage en les sacrifiant sur l’autel de son père. Il est invulnérable tant que ses pieds reposent sur sa mère Gaia (la Terre) mais en luttant contre lui, Héraclès l’a soulevé de terre, l’a étouffé en l’écrasant contre lui, et l’a ainsi tué. Puis il s’est uni à Iphinoé, la jeune veuve femme d’Antée, et a engendré son fils Palaemon.

 

– Il est difficile de dire ce que représente, sur ma seconde photo, cet homme transportant un camarade mort, car cela peut se rapporter à de multiples légendes.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

En 2011, j’avais déjà montré plusieurs images du célébrissime Aurige de Delphes, mais il est si fameux, et si magnifique, qu’il est moralement impossible de passer devant lui sans le photographier encore et encore, impossible aussi, ensuite, d’écrire au sujet du musée de Delphes sans ajouter de nouvelles photos. Comme il est de tradition de le représenter en pied, ce que j’avais fait moi aussi l’autre fois, je vais essayer de montrer quelques détails. Un gros plan sur son visage, d’un côté puis de l’autre, pour commencer. Même si cela non plus n’est pas original.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Le musée propose, à partir des quelques éléments retrouvés en plus de l’Aurige lui-même, une restitution de ce que pouvait être le groupe en bronze, car évidemment l’Aurige était sur son char et les chevaux étaient également sculptés. Ce qui apparaît en noir, ce sont les fragments de bronze subsistant de l’œuvre, qui date de 480-460 avant Jésus-Christ, les dessins au trait sont des reconstitutions. Le peu qui a été déterré a été sauvé par le tremblement de terre de 373 avant Jésus-Christ, parce que caché à la vue des pilleurs successifs, les Phocidiens qui, occupant le sanctuaire de 356 à 346, ont récupéré les métaux pour financer leur effort de guerre, les empereurs romains qui ont emporté chez eux bien des choses qui, ensuite, ont été détruites par les envahisseurs barbares, et plus tard les habitants des lieux qui ont fondu ce qu’ils trouvaient pour en faire des ustensiles de cuisine, des lampes et autres objets utilitaires.

 

On ne sait pas s’il n’y avait qu’un enfant tenant par la bride un cheval extérieur, ou s’il y avait un cheval de chaque côté, et donc deux garçons. Mais ce qui est sûr c’est que l’Aurige, dans sa position rigide, n’est pas en course, il est en train d’effectuer son tour d’honneur après la victoire.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014
Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Je ne peux résister au désir d’ajouter ces quatre photos de détails, les trois premiers de l’homme, le dernier visible sur la représentation du cheval de flanc.

Le musée de Delphes. Dimanche 23 mars 2014

Et pour finir, un document exceptionnel. Exceptionnel, cela ne se voit pas au premier coup d’œil, quand Delphes regorge de textes gravés dans la pierre. Mais cette inscription-ci, qui vient d’un mur extérieur du Trésor des Athéniens, porte la notation musicale d’hymnes à Apollon. Ces inscriptions, précise le musée, “représentent la plus ancienne transcription d’une mélodie”. Les vers sont écrits en alphabet ionien, et entre les vers figurent les indications pour le chœur, et aussi la transcription de la musique instrumentale (cithare, lyre, flûte) au moyen de combinaisons de caractères et de signes de ponctuation. Accompagné de lyres et de flûtes, le chœur psalmodiait ces deux hymnes composés par Athénée et Liménios et gravés ici en 128 avant Jésus-Christ à l’occasion de la Pythaïde, cette cérémonie d’arrivée de la procession des pèlerins venus d’Athènes en l’honneur d’Apollon. Au son de ces hymnes étaient aussi effectués les sacrifices rituels.

 

Si nous avons l’occasion de retourner à Delphes, je suis sûr que j’aurai encore bien des choses à découvrir, et par voie de conséquence bien des choses à montrer. Mais nous en resterons là pour aujourd’hui.

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Published by Thierry Jamard
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