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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 23:55
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Après le dramatique accident qui a causé la mort d’un touriste, les consolidations nécessaires ont été effectuées et le site archéologique d’Akrotiri a enfin été rouvert au public après de nombreuses années. Il s’agit d’une ville qui, vers 1600 avant Jésus-Christ, quand le volcan de Santorin a explosé, a été ensevelie sous les cendres, comme le sera dix-sept siècles plus tard Pompéi. Les cendres ont miraculeusement isolé la ville du contact de l’air et de l’humidité, ce qui fait que de merveilleuses fresques ont survécu pendant plus de trois millénaires et demi. Elles ne sont plus sur le site, car une fois dégagées elles ne tarderaient pas à se désintégrer, mais elles ont été transférées en lieu sûr, quelques-unes à Athènes (mon article Athènes, musée archéologique national, daté du 8 mars 2011), d’autres sont restées à Santorin (mon article Santorin daté 19 au 21 septembre 2011), d’autres encore sont dans des réserves où les visiteurs ne sont pas admis… Mais nous pouvons voir ce que le terrible séisme n’a pas détruit. C’est sous ce grand bâtiment que se trouvent les ruines de cette ville.

 

C’est en 1967 que le professeur Spyridon Marinatos, ce grand archéologue dont en plusieurs endroits de Grèce nous avons pu voir les résultats de fouilles, s’attaque à la tâche de dégager le site d’Akrotiri. Dès le début, il avait préconisé la protection de l’ensemble du site qu’il allait dégager sous une couverture unique plutôt que la construction de petits toits indépendants pour chacun des bâtiments qu’il allait mettre au jour. À cette époque, on a jugé que le plus simple, le plus rapide à mettre en place, et le plus léger était une structure en cornières métalliques emboîtées façon Meccano, et une couverture en fibrociment ondulé, d’autant plus qu’au fur et à mesure de l’extension du secteur fouillé il était facile d’en étendre la protection dans toutes les directions. Les années ont passé, la conjugaison de l’air marin humide et salé et des cendres volcaniques acides ont commencé à ronger la structure, et en même temps on découvrait les effets gravement cancérigènes de l’amiante dont était composé le fibrociment. Trente ans après la mise en place de cette toiture, on a dû la remplacer.

 

C’était précisément l’époque où l’Union Européenne promouvait les énergies renouvelables. L’architecte Fintikakis a alors imaginé de combiner protection écologique et énergie renouvelable pour assurer l’éclairage et la ventilation en même temps que le confort pour ceux qui travaillent là comme pour les visiteurs. Il est parti du principe d’Aristote selon lequel tous les corps naturels résultent de l’alliance des quatre éléments fondamentaux, la terre (froide et sèche), l’eau (froide et humide), l’air (chaud et humide), le feu (chaud et sec). On retrouve donc maintenant ces quatre éléments dans le bâtiment qui recouvre le champ de fouilles. Une couche de terre recouvre le toit, assurant une excellente isolation et une harmonisation avec le paysage naturel environnant. L’eau: les quelque douze mille mètres carrés de surface de toiture (le texte dit 3 acres) recueillent les eaux de pluie pour alimenter les besoins des fouilles. L’île est dotée d’un climat très sec, mais du fait de l’énorme surface de récupération des eaux pluviales cela s’avère suffisant. L’air: les longues rangées de fenêtres orientées au nord s’ouvrent automatiquement le soir pour renouveler l’air et laisser entrer la fraîcheur, tandis que dans la journée elles éclairent le site sans jamais être frappées par le soleil. En outre, le verre spécial dont sont faites les vitres filtre les rayons lumineux (représentant le quatrième élément, le feu). On espère ainsi satisfaire à l’évocation historique et philosophique, aux contraintes scientifiques, à l’écologie, aux préoccupations sociales de confort…

 

Toutefois, les fouilles du professeur Marinatos n’ont pas été sans conséquences. Dans The Greek Islands, Lawrence Durrell écrit: “Les superstitions locales donnent la sensation que quelque chose d'avant la grande explosion et la disparition de toute une culture s'est perpétué mystérieusement. Les fantômes surpassent encore les vampires en nombre, et l'ironie n'est pas de mise à leur propos. Voici, d'après Voyage to Atlantis de Mavor, ce qu'en dit un paysan […]: Cet été, ma famille n'a pas pu travailler dans les champs à cause des fantômes. Dans la montagne qui est sortie de la mer il y a des fantômes à l'endroit où on creuse en ce moment. Je les ai vus moi-même. Un matin que j'allais cueillir des tomates juste avant l'aube, il y avait un grand fantôme enveloppé d'une grande lumière blanche qui se protégeait avec un bouclier. Il y en avait beaucoup, ils remuaient tous et pourtant ils avaient l'air d'être solidement à leur poste. Ils sont partis vers la mer, du côté opposé au soleil, pour échapper à la lumière qui marche vers l'ouest”.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

La première installation humaine stable sur le site d’Akrotiri remonte au milieu du cinquième millénaire avant Jésus-Christ. Un coup d’œil à la carte affichée sur le site permet de comprendre ce choix d’établissement. L’île principale est le grand fragment est du volcan et l’extrémité sud offre des baies profondes bien abritées. Les populations qui se sont établies ici disposaient donc de mouillages sûrs pour leurs embarcations qui n’étaient pas armées pour résister à des mers trop fortes. D’autre part, on est là à une centaine de kilomètres (puisque c’est en mer, je devrais dire une soixantaine de milles) de la côte crétoise, ce qui facilitait les échanges. On comprend aisément comment a pu se développer ici une grande civilisation cosmopolite et commerçante. Ce qui n’était au début qu’un petit village néolithique (derrière ce mot, il ne faut pas voir des gens vêtus de peaux de bêtes, ne s’exprimant que par des grognements inarticulés et peignant des bisons sur les murs de cavernes, mais des hommes et des femmes capables de se bâtir des habitations, de confectionner des poteries de formes recherchées, d’utiliser toutes sortes d’outils) a évolué tout au long de l’âge du bronze au troisième millénaire en développant un centre proto-urbain et un port pouvant commercer avec l’environnement au sein de la mer Égée. Un grave séisme est venu détruire ce premier établissement, qui s’est reconstruit sur ses ruines, approximativement de 2100 à 1650 avant Jésus-Christ. Dans cette période, le commerce s’est encore développé, les échanges sont allés bien au-delà de l’Égée, en méditerranée orientale, et les contacts avec l’Égypte étaient intenses. Et puis aux alentours de 1650 une nouvelle catastrophe naturelle, un séisme de grande ampleur, a de nouveau détruit la ville. La reconstruction qui est alors intervenue prouve le dynamisme, mais aussi la richesse de la ville. Les riches habitants avaient envie de montrer leur statut social en ornant les murs de leurs demeures de superbes fresques. Et voilà que, peu avant la fin de ce dix-septième siècle, un nouveau tremblement de terre a abattu bien des bâtiments, et très peu de temps après une éruption majeure, avec explosion du volcan, a tout noyé sous une épaisse couche de pierres ponces et de cendres, pour le malheur des habitants, mais pour la joie des archéologues d’aujourd’hui qui dégagent les trésors ainsi conservés, témoins d’une époque brillante de la civilisation de Santorin.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Non seulement le visiteur peut dès l’entrée trouver toutes les informations de situation, mais en outre une grande maquette représente l’ensemble de la superficie fouillée, avec tous les détails, y compris les colonnes de soutènement ajoutées lors des fouilles, et même avec de petites silhouettes de personnages pour symboliser les lieux publics.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

On tombe d’abord sur un grand bâtiment qui marquait l’entrée de la ville. Il s’élevait sur trois niveaux et comportait de vastes espaces intérieurs, avec des murs peints de fresques. Considérant la découverte d’un bassin lustral, les espaces pouvant accueillir nombre de personnes, l’étonnante absence de toute vaisselle, de tout ustensile de cuisine, et au contraire la présence d’accessoires de cérémonies, les archéologues pensent qu’il devait s’agir d’un bâtiment destiné à des rituels. D’après les programmes iconographiques sur les murs, on comprend que les participants étaient séparés selon leur sexe, ce qui laisse penser que les cérémonies étaient des rites de passage, pour les jeunes de la société locale.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Cet autre grand bâtiment de vingt mètres de long était lui aussi sur trois niveaux et même, du fait de la pente du terrain, il devait y avoir un quatrième niveau, en-dessous, du côté où le sol était plus bas. Les dimensions de la construction, les larges escaliers, la décoration murale représentant une procession montant les marches, tout cela fait penser à un bâtiment administratif, peut-être le service responsable de la construction et de la maintenance des installations publiques telles que le pavage des rues et le système d’approvisionnement en eau et d’écoulement des eaux usées.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Continuant à me promener dans les ruines, je vois alterner tantôt des constructions agglutinées les unes aux autres, tantôt des espaces où se succèdent les restes de grandes salles alignées. Il n’est pas toujours aisé de savoir l’usage de chacun des bâtiments.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Nous sommes seuls ici sur ce site qui, en cette saison, n’attire personne (alors qu’à Théra la foule se presse déjà dans les rues, et je crains qu’en été ce soient la mer et le ciel bleu qui aient plus d’attrait que les civilisations du passé…). Mais peu avant de quitter Athènes, je parlais avec des touristes allemands dans le tram, et c’est cette conversation qui m’a inspiré les mots que j’ai écrits plus haut au sujet des hommes des cavernes vêtus de peaux de bêtes. Ils n’imaginaient pas qu’avant l’époque classique (qu’ils situaient d’ailleurs vaguement “quelques siècles avant notre ère”) on ait pu construire de vraies maisons. Je pense que si j’avais pu les prendre par la main et les emmener à Akrotiri, ils seraient tombés à la renverse d’ébahissement. Après l’éruption, un torrent s’est déversé ici, déposant la boue qu’il avait arrachée sur son passage des deux côtés de son lit, cette boue a séché et a merveilleusement conservé les peintures murales de fleurs et de portraits, qui sont actuellement au musée préhistorique de Santorin, et que je vais montrer un peu plus bas. Loin des cavernes qu’imaginaient mes interlocuteurs du tram, nous voyons ici de vrais bâtiments en dur, aux murs revêtus de crépi, avec des portes et des fenêtres. Pas de grandes différences avec ce qu’un séisme laisserait de nos jours en France ou en Allemagne. Sauf le fait que le soleil étant ardent, les ouvertures étaient plus petites que dans nos pays où l’on a moins besoin de se protéger de la chaleur. Et puis il est vrai aussi que la climatisation n’existait pas. J’ajoute que c’est aussi dans ces bâtiments qu’ont été retrouvés des meubles de bois dont l’empreinte en plâtre a été réalisée, et que l’on peut voir au musée: j’ai montré un guéridon sculpté dans mon article de septembre 2011.

 

C’est dans ce bâtiment que l’on a retrouvé ces doubles cornes d’un modèle que nous avons vu souvent lors de nos visites de sites archéologiques et de musées en Crète. Ces cornes de consécration étaient probablement situées au-dessus de l’entrée principale des bâtiments.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Ce que je montre ici ne provient pas de cet ensemble de bâtiments de la place centrale de la ville, mais puisque je viens de parler des meubles qui se trouvaient dans les maisons, en voici un exemple. Et aussi un petit bassin avec évacuation de l’eau, à interpréter comme un évier ou un lavabo.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

C’est peu à peu, en s’agrégeant en mitoyenneté, que ce complexe s’est construit. Vu ainsi d’en-haut, on se rend compte qu’il y avait une réelle conception architecturale, des couloirs desservant les pièces, les unes étant contiguës mais avec leur accès individuel, les autres étant indépendantes.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

La voierie d’Akrotiri comportait un réseau très évolué. Une rue principale traversait la ville de part en part, sur un axe nord-sud (première photo). Tout du long, y confluaient des rues secondaires (une rue pavée sur ma seconde photo). Nombreuses aussi étaient les places sur lesquelles donnaient les entrées de maisons, ce qui simplifiait l’accès et le déchargement des animaux qui effectuaient les transports de charges. Il y avait aussi nombre d’impasses qui n’étaient pas destinées à la circulation, mais qui permettaient de procurer de la lumière aux pièces donnant sur les flancs des bâtiments, et par où aussi, peut-être, s’écoulaient les eaux usées.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

La ville étant peuplée devait avoir d’énormes besoins d’eau, mais nulle part n’ont été mises au jour de citernes comme on en trouve dans des établissements mycéniens et qui auraient pu recueillir les eaux pluviales des périodes humides. En revanche, dans les maisons on a retrouvé nombre de jarres ornées de plantes aquatiques, ce qui indiquait qu’elles contenaient de l’eau. Mais c’était de l’eau apportée là dans des outres de peau, eau douce probablement, eau de mer parfois aussi peut-être, mais de toute façon ce n’était pas de l’eau potable. De nos jours, il y a des sources d’eau fraîche au pied du mont du Prophète Élie, une colline située à quelque distance, et un petit bout de canalisation déterré laisse penser que si ces sources existaient là avant le bouleversement géologique survenu au cours des âges, peut-être l’eau potable en était-elle amenée jusqu’à l’entrée de la ville, où une fontaine permettait à la population de s’approvisionner.

 

Concernant l’évacuation des eaux usées, on est mieux renseigné. Les destructions causées par les séismes ont à plusieurs reprises conduit à reconstruire sur les ruines. Le niveau de base s’est donc élevé puisque l’on édifiait au-dessus des gravats. Cela a permis de construire les rues au-dessus de petits canaux de collecte et d’évacuation tracés dans les décombres (dernière photo ci-dessus). Les fouilles, aujourd’hui, les mettent au jour, mais dans la dernière phase, dans la seconde moitié du dix-septième siècle avant Jésus-Christ, ils couraient sous la surface de la rue. Par ailleurs, les archéologues ont identifié, dans l’épaisseur des murs des maisons, un système sophistiqué de plaques de pierre permettant la descente des eaux usées tout en constituant des pièges à odeurs pour éviter les remontées malodorantes, et le musée en offre (photo ci-dessus) un schéma.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Autre grand bâtiment sur trois niveaux, mais celui-là était très probablement une maison d’habitation, car au rez-de-chaussée ainsi qu’au premier étage on a retrouvé un grand nombre de jarres au fond desquelles restaient un peu d’orge, un peu de farine d’orge, quelques graines, et il y avait aussi des ustensiles de cuisine et de table.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Cette maison se caractérise par une architecture que l’on n’a jusqu’à présent, dans l’état actuel d’avancement des fouilles, retrouvée dans aucune autre sur le site d’Akrotiri. L’entrée est située dans le coin sud-ouest du bâtiment, où logiquement se trouve également l’escalier principal, mais ce qui est inhabituel c’est que l’escalier de service (celui de ma photo) a été construit au centre du bâtiment, contre le puits de lumière carré sur lequel donnent des pièces de chaque étage, desservies par un étroit couloir.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Les fresques ci-dessus, qui ont été transportées au musée préhistorique de Santorin où je les ai photographiées, ornaient les murs de pièces du troisième étage de cette maison. Et en raison des fresques représentant ces deux femmes de ma photo qui se trouvaient dans la pièce à laquelle les archéologues ont donné le numéro 1, ce bâtiment est appelé la Maison des Femmes. Ce qui ne signifie nullement que seules des femmes y vivaient. Ces belles fleurs bleues, qui sont paraît-il des fleurs de papyrus beaucoup plus grandes que nature, ornaient également cette même salle.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Ce secteur d’Akrotiri n’a pas encore été entièrement fouillé. Jusqu’à présent cependant plusieurs bâtiments ont été en grande partie dégagés, et l’on y a retrouvé quelques-unes des fresques les plus remarquables, qui ont été transportées soit au musée local soit, pour d’autres, au musée archéologique national d’Athènes. Je ne suis pas en mesure, ici, de commenter les bâtiments, mais les ruines font apparaître des constructions si évoluées, si modernes, que j’en montre cependant une poutre de bois noyée dans un mur, et plusieurs escaliers. Toutes ces maisons, en effet, étaient sur deux ou trois niveaux, et parfois plus quand la pente du terrain permettait de doter un souterrain de fenêtres.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

“Quelques-unes des fresques les plus remarquables”, disais-je. C’est dans l’une des pièces du premier étage d’un bâtiment dont les fouilles sont assez avancées, et auquel appartient le dernier escalier que j’ai montré, que l’on a pu récupérer des fragments d’une grande fresque de singes. Le musée en représente de grandes reconstitutions, mais la majeure partie de ces reconstitutions a été peinte par eux sur le mur et seuls ici ou là quelques morceaux de fresque complètent le dessin. J’en conclus que l’imagination a dû jouer une grande part dans ces représentations. Je préfère donc ici ne montrer qu’un petit fragment authentique photographié au musée. Petit, mais remarquable.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

De la même façon, je reste en admiration devant la perfection de la taille de ces pierres et devant la précision de leur assemblage. Nous sommes dans un secteur qui a beaucoup souffert des conditions naturelles, mais ces segments de murs sont très beaux.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Une place de la ville est appelée Place du Moulin parce que, dans une pièce de l’un des bâtiments qui la bordent, a été retrouvée une installation de moulin. Le gros bloc de constructions est constitué, en réalité, d’au moins quatre bâtiments construits les uns après les autres et qui se sont agrégés. Sur ma troisième photo, on voit que de chaque côté du linteau de la large fenêtre il y a des trous carrés: y étaient insérées les jambes d’un auvent qui protégeait la fenêtre. Le toit était en terrasse, et au-dessus de la fenêtre des conduits en terre cuite permettaient à l’eau de pluie de s’écouler un peu en avant de la façade et non le long de murs. Considérant que la taille de la fenêtre et sa position évoquaient plutôt une vitrine, et confortés dans cette opinion par la nature des poteries et des vaisselles de pierre trouvées à l’intérieur, les archéologues en ont conclu qu’il s’agissait d’une boutique vendant ce genre d’objets.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Là encore, des constructions, au moins quatre, se sont agrégées les unes aux autres peu à peu. À l’étage supérieur, on a retrouvé des jarres placées dans les portes de la grande salle et les spécialistes pensent que c’était pour les protéger du séisme. C’est exprimé ainsi, sans plus d’explications… je ne comprends pas bien en quoi elles étaient mieux protégées à l’étage… Au rez-de-chaussée, on a trouvé une grande quantité de vaisselle de terre cuite et de pierre, ainsi qu’un squelette de porc. L’explication de cet animal en cet endroit, dans la maison, est que très probablement il avait été tué et suspendu au plafond, prêt à être découpé pour être cuisiné lorsqu’est survenue la catastrophe.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Tout un immense mur intérieur du site est recouvert de photos et d’explications. On nous montre l’équipe qui a travaillé là, pour la “photo de famille”, ou à table, ou sur le terrain, les outils à la main. Ce que je vais montrer maintenant, ce sont des photos que j'ai prises sur ces panneaux. Ci-dessus, le lieu où ont été rassemblées les poteries qui ont été sorties de terre. Il y a aussi cette photo de cordes et de filets que le temps n’a pas réussi à complètement ronger. Je ne montre pas ici des morceaux de bois qui pour l’archéologue sont fort intéressants mais qui, sur la photo, ne sont que des taches noires…

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Le professeur Marinatos avait souhaité, dès le départ, que tout soit prévu sur place, non seulement pour l’hébergement des fouilleurs et des scientifiques, mais aussi pour la restauration des objets exhumés. Il y a ainsi tout un tas d’ateliers spécialisés. Ici, nous voyons une personne qui travaille dans l’atelier de restauration des métaux.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014
Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Sous les murs de maisons effondrées, beaucoup de récipients de terre cuite ont été brisés. Les fouilleurs dégagent les morceaux un par un, soigneusement, les répertorient pour savoir précisément où chacun d’eux a été retrouvé, parce que cela rendra possible (je n’ose pas dire plus facile!) le gigantesque puzzle au terme duquel seront reconstitués les pots, les plats, les jarres, les vases, les ustensiles que l’on admire aujourd’hui au musée préhistorique de Santorin.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Ces travaux de reconstitution ont donné lieu à cette amusante photo d’un archéologue à l’œuvre, mais ici les morceaux plus grands s’ajustent (un peu) plus facilement.

Le site d’Akrotiri à Santorin. Mardi 8 avril 2014

Et pour terminer, cette image qui montre comment on fixe ensemble les morceaux pendant que la colle est en train de prendre. Mais, je le répète, je n’ai pas assisté à tout cela, je ne fais que reproduire ici les photos affichées sur le mur du site. Mes photos à moi, ce sont toutes celles des ruines.

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Published by Thierry Jamard
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