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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 23:55
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Dans mon précédent article, nous nous sommes un peu promenés dans les villages de Santorin. Cette fois-ci, nous sommes à l’opposé de Mégalochori par rapport à Pyrgos. Nous allons découvrir l’église de la Panagia Épiscopi, dominant un site grandiose. Bâtie vers l’an 1100 sur décision de l’empereur byzantin Alexis Premier Comnène pour en faire la cathédrale de l’île (siège de l’évêque d’où son nom “Épiscopi” qui signifie “épiscopale”), elle est l’église la plus ancienne de Santorin. Certes, nous avons vu dans l’Ancienne Théra puis à Périssa des églises paléochrétiennes antérieures de six siècles à celle-ci, mais dans quel état! L’église de la Panagia Épiscopi a résisté dans sa structure à tous les séismes, même si celui de juillet 1956 l’a fait beaucoup souffrir et a nécessité une longue rénovation qui s’est prolongée jusqu’en 1986, et nous pouvons la voir aujourd’hui presque comme elle était il y aura bientôt un millénaire.

 

Les tremblements de terre n’ont pas été les seules épreuves subies par la Panagia Épiscopi, qui a connu en 1915 un incendie où ont été consumée la plupart des livres précieux qu’elle contenait, des documents anciens, des habits sacerdotaux, épargnant heureusement les fresques et les icônes. Et puis, en 1982, pendant les travaux, elle a subi un vol d’importance, vingt-six icônes portables ont disparu, et avec elles trois fresques encadrées qui ont été détachées du mur. À ce jour aucune de ces pièces de grande valeur n’a été retrouvée.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Avant d’entrer, nous remarquons cette grande cuve sur la terrasse près de l’église. Nous allons effectuer la visite seuls, sans personne à qui nous pourrions poser des questions, aussi en suis-je réduit à chercher tout seul une réponse à mes questions. S’agit-il de fonts baptismaux? Chez les Orthodoxes, le baptême se fait par immersion, non pas en versant un peu d’eau sur le front du catéchumène, cela pourrait donc convenir pour baptiser un bébé, mais en plein air, hors de l’église? Après tout, peut-être, le symbolisme serait alors que l’enfant nouvellement baptisé entre dans la communauté des chrétiens, il pénètre alors dans l’église (avec une minuscule) et dans l’Église (avec une majuscule) puisque le mot église vient du mot grec εκκλησία qui signifie assemblée, ou plus précisément vient du latin ecclesia qui, lui, est directement emprunté au grec.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Face à nous en entrant, nous voyons d’abord cette belle iconostase travaillée surmontée d’aigles en bois. Selon la tradition, dans la partie supérieure quatorze icônes représentent les moments-clés de la vie de Jésus (elles sont post-byzantines), tandis que de part et d’autre de la porte royale il y a à gauche une Vierge à l’Enfant et à droite un Christ bénissant. La partie inférieure de bois sculpté, très ancienne, date de l’origine de l’église, au tournant des onzième et douzième siècles.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

À présent, quelques détails de cette église de dimensions modestes (seulement 14x11,10m.) mais qui comporte de très belles choses et dont l’ancienneté est émouvante. Par exemple, ici nous voyons le remarquable travail du marbre.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Nulle part je n’ai lu qui était enseveli là. Aucun de mes livres n’en parle, et sur Internet je n’ai pas trouvé un seul site qui s’y intéresse, pas une seule photo. Difficile de comprendre comment personne ne trouve belle cette peinture…

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Et puis il y a ces merveilleuses fresques. L’Islam interdit la représentation humaine. En effet, il est dit dans la Genèse que Dieu créa l’homme à son image, et il est impensable de reproduire le visage de Dieu. Je suis d’ailleurs très étonné de voir, sur des sites touristiques où la foule se presse, des hommes à longue barbe et en djellaba, des femmes en foulard et robe noire enveloppante, parfois même en niqab, ce qui laisse penser qu’ils sont musulmans, prenant des photos où il est matériellement impossible que n’apparaissent pas des êtres humains. Mais après tout c’est leur problème, cela ne fait de mal à personne et je ne suis pas musulman. Bref, quand les Ottomans ont pris possession de l’île conquise pour eux par Barberousse en 1537, ils ont recouvert de plâtre toutes ces fresques qui offensaient leurs convictions. Ils avaient fait de même à Sainte-Sophie de Constantinople après sa conquête en 1453, mais dans certains autres lieux ils ont purement et simplement détruit les fresques, parfois aussi ils ont creusé les yeux pour supprimer le regard censé exprimes l'âme. Heureusement, ici, on a pu récupérer les fresques sous le plâtre.

 

La première de mes photos, c’est évident, représente un Christ; la seconde, une Dormition de la Vierge; et si je lis bien ce qui est inscrit autour du personnage de la troisième photo, il s’agit de saint Épiphane.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Pour terminer, voyons le remarquable travail du bois sculpté. Ici, c’est le pied de la chaire épiscopale.

La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014
La Panagia Épiscopi, à Santorin. Mercredi 9 avril 2014

Le plus surprenant, le plus admirable, est sans doute le travail de l’iconostase. Il s’agit de sculptures réalisées au dix-septième siècle. Ce n’est donc pas ce que l’on était censé voir à l’origine.

 

J’ai montré principalement ce qui appartenait à l’église qui, à la fin du onzième siècle et au début du douzième, remplaçait une basilique primitive. Volontairement je me suis abstenu de publier les ajours architecturaux résultant des luttes absurdes entre catholiques et orthodoxes. En effet, longtemps les deux cultes se sont partagé l’usage de cette église puis, à deux reprises, sur requête du patriarche de Constantinople, le sultan a publié un firman attribuant l’église aux orthodoxes, puis une chapelle a été adjointe au dix-septième siècle pour l’usage des catholiques. Ce qui m’intéressait c’était le bâtiment original.

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Published by Thierry Jamard
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