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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 23:55
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

J’aurai l’occasion de reparler d’Agia Paraskevi (futurs articles Lesbos 26 et 27), mais aujourd’hui je me focaliserai sur son très intéressant musée de l’olive, complément de notre visite de celui de Sparte (mon article Sparte. Mercredi 1er et vendredi 3 juin 2011).

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Il est sûr qu’avec onze millions d’oliviers sur quatre cent cinquante mille hectares, Lesbos tire de cet arbre et de son fruit l’essentiel de ses revenus. Déjà dans l’antiquité l’île entière de Lesbos, dont les liens avec l’Asie Mineure du nord-ouest sont très anciens, y était considérée comme une oliveraie, et l’exploitation n’a pas cessé. Mais c’est surtout avec l’intensive mécanisation des années 1880 liée à la libéralisation des marchés et à la défiscalisation que les conditions ont changé, menant à la création des premiers établissements centralisant production et traitement. Celui où nous sommes (tout à l’heure je vais parler de son origine, de sa création et de son organisation), qui date du début du vingtième siècle, a intégré dans sa construction les techniques modernes antisismiques et aussi, avec un produit aussi inflammable que l’huile, antiincendie. Ainsi, les bâtiments de stockage ont des toitures de tuiles sur charpente en bois, mais le bâtiment central, où opéraient les machines, est couvert de tôle ondulée posée sur une structure métallique. Quatre-vingts bénévoles ont traîné des troncs de peupliers sur de longues distances alors que le terrain est accidenté, et à l’arrivée ils étaient attendus avec de la boisson. Fiers d’eux-mêmes et réjouis après ce dur travail, ils sont allés tous ensemble sur la place du marché, danser et faire la fête.

 

Mais “olive”, c’est un nom générique, pour le profane. Les professionnels distinguent trois espèces. Il y a le kolovi, qui couvre soixante-dix pour cent de la surface totale des oliveraies, qui produit en huile jusqu’à vingt-cinq pour cent du poids des fruits et dont l’huile est d’excellente qualité. Vingt-cinq pour cent de la surface concerne l’amytiani, une variété qui donne vingt à vingt-deux pour cent d’une huile de très bonne qualité. Les cinq pour cent restants de la surface sont couverts de ladolia dont les fruits donnent en huile de vingt à trente pour cent de leur poids, surtout pour consommation comme huile de table.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Avant les premières opérations de culture puis de récolte, il y a la création de l’oliveraie par greffe d’oliviers cultivés sur des souches d’oliviers sauvages. Ensuite, cette même opération de greffe se reproduira pour ajouter de nouveaux arbres ou pour renouveler les plus vieux devenus improductifs. Une fois greffés, les oliviers sont transplantés de l’endroit où la souche a poussé sauvage, vers l’oliveraie du cultivateur, généralement établie en plaine pour faciliter la récolte. De nombreuses plaines des alentours d’Agia Paraskevi ont été ainsi transformées en oliveraies par les migrants de 1922, lors de l’échange de populations suite au traité de Lausanne.

 

La première opération annuelle, après la récolte précédente, tombe pendant la période du Carême, elle consiste à tailler les arbres et à labourer le sol. Le labour oxygène le sol, mais aussi débarrasse l’arbre de ses petites racines mortes ou faibles, et s’apparente à une autre taille de l’arbre, mais souterraine celle-là. la taille ne consiste pas à couper n’importe quoi pour revitaliser les branches, et les Grecs d’Asie Mineure avaient pour cette tâche des méthodes très raffinées que les migrants de 1922 ont apportées avec eux. Puis dans les années 1960 s’est ouvert à Achladeri (le village de l’antique Pyrrha, voir la carte dans mon article Lesbos 15 : Archéologie dans l’est de l’île) une école de greffe et de taille qui a enseigné aux agriculteurs la taille dite “à l’italienne” rendant l’olivier plus court et buissonnant, ce qui augmente sa productivité et diminue les coûts.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Les fruits ont poussé, on en vient à la récolte. Les premières olives tombent des arbres en septembre. Elles sont petites, ratatinées, noires, elles ne donnent que peu d’une huile très acide. Les pluies d’automne entraînent la chute des premières olives de bonne qualité au moment du festival de saint Dimitri, qui a lieu le 26 octobre. Quand la taille de l’exploitation faisait que les membres de la famille ne suffisent pas, on embauchait des équipes de journaliers, les taifades, principalement composées de femmes pour ramasser au sol et récolter dans des paniers, tandis que les hommes formaient les équipes, les commandaient, et frappaient les arbres avec des bâtons de châtaignier pour en faire tomber les fruits. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on a disposé des filets sous les arbres pour en séparer plus aisément les olives des rameaux et des feuilles tombés ensemble. La compétition à qui finirait la plus vite, des frappeurs ou des ramasseuses donnait lieu à des concours, des chants, des jeux et des plaisanteries, bien souvent à caractère sexuel comme on s’en serait douté!

 

Puis le transport se faisait dans des sacs à dos de mulet ou d’âne; si la production était abondante, on utilisait des charrettes. À l’époque ottomane, lors de l’arrivée à la presse, il fallait payer la redevance à l’État turc, soit 12,5 pour cent de la récolte, et à cette fin le percepteur impérial attendait les arrivées à la presse.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Le stockage des olives a généralement lieu, dans un premier temps, au domicile même de, comment dire? du gérant, de l’intendant, du responsable de la presse. Chacune des pièces de stockage des olives d’une part, des jarres d’huile d’autre part, avait sa clé propre, mais le responsable, lui, disposait à la fois d’un exemplaire de toutes les clés et d’une clé passe-partout unique qui pouvait ouvrir toutes les pièces. Mais parfois les petits producteurs, soit par souci d’économie pour ne pas avoir à louer une pièce de stockage, soit parce qu’ils doutaient de l’honnêteté du responsable, préféraient stocker les olives au domicile familial. La location des locaux de stockage se faisait pour un an, et selon le volume de la production chaque agriculteur en louait un ou plusieurs.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Ces tas d’olives attendant d’être traitées, car on attendait la fin de la récolte pour les presser, auraient pourri si celui que j’appelle le responsable ne les aspergeait pas de sel. Ce sel était mêlé de terre, il n’était absolument pas traité, pour en réduite le prix. C’était un sel noir provenant des salines du golfe de Kalloni. Cette production de sel de Kalloni, d’ailleurs, était aussi une activité importante pour l’économie de la région. Autrefois monopole d’État, les salines fonctionnent aujourd’hui comme de petites compagnies.

 

À la fin de la récolte avaient lieu des fêtes appelées glitomata ou glitothikia. Le dernier jour, la femme du patron cuisinait un grand repas qu’il organisait dans l’oliveraie, et le vin coulait… Il y avait des chants et des danses. Arrivait un moment où, selon la tradition, les femmes attachaient le patron de l’exploitation à un arbre, et lui demandaient: “Qu’est-ce que tu vas nous promettre?” Habituellement, il promettait de donner des chaussures, considérées comme un luxe. Satisfaites, elles le détachaient et le laissaient aller. À Agia Paraskevi, on brûlait les paniers. Mais cette fête n’est plus la même depuis les années 1950. Maintenant, c’est simplement un repas festif chez le patron, ou même dans une taverne.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Nous allons voir comment se passent les choses à l’intérieur, toutes les opérations de presse et de production. Mais puisque nous en sommes aux accessoires et aux opérations, voici les jarres de forme particulière dans lesquelles l’huile produite était stockée. La forme caractéristique de leur cul permettait de les garder debout en enterrant partiellement leur base, comme on le voit sur ma seconde photo. Quoique le lieu de leur fabrication ait été sur la côte de l’Asie Mineure en face de Lesbos, ou encore à Ainos en Thrace (aujourd’hui Enez, sur la rive gauche du fleuve qui s’appelle Maritsa en Bulgarie puis Evros en Grèce, tout près de son embouchure dans la Mer Égée), on les appelle “jarres de Mytilène”. Mais maintenant, on les a remplacées par de grands containers métalliques.

 

Au fond des cuves de presse, un petit robinet permettait aux eaux de drainage de s’écouler dans un réservoir souterrain. Une petite quantité d’huile était entraînée en même temps et souvent le propriétaire de l’huile pressée autorisait la presse d’en laisser passer un peu plus. Mais la vente de cette huile des cuves souterraines, qu’elles soient publiques ou privées, était réputée appartenir à la communauté. C’est ainsi, par exemple, qu’a été financée en 1928 la création de l’école de la communauté. Cependant, alors que la presse communale d’Agia Paraskevi qui possédait deux de ces réservoirs jouait le jeu, certains propriétaires privés ont été accusés de soutirer de l’huile de leurs réservoirs souterrains et de la vendre à leur profit. Les autorités municipales ont alors été amenées à sceller ces réservoirs et ainsi, qu’elles soient publiques ou privées, les presses étaient bien obligées, en fin d’année, de donner à la communauté le total de leurs profits des cuves.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Ensuite vient le transport, car il ne s’effectue pas dans ces grandes et lourdes jarres relativement fragiles et difficiles à fermer hermétiquement. Autrefois, pour emporter la pulpe d’olive après l’extraction de l’huile, on utilisait des sacs en poil de chèvre tissés, appelés tsoupia, plus tard en crin de cheval, fabriqués dans des établissements appelés tsourchanades, où hommes et femmes travaillaient ensemble. En ces temps où la religion officielle de l’Empire Ottoman interdisait qu’hommes et femmes se côtoient ainsi, dans le langage courant on en est venu à employer ce mot pour désigner des endroits où régnait l’immoralité. Ces ateliers, fournissant en sacs toute la production d’huile d’olive de la Grèce, ont employé jusqu’à trois cents personnes. Ce n’est que récemment que l’on en est venu à l’utilisation de sacs en plastique.

 

Cela, pour la pulpe. L’huile, elle, était transportée dans des sacs non pas tissés en poil de chèvre, mais carrément en peau de chèvre, comme sur la première photo ci-dessus. Les deux petites excroissances nouées serré sont les orifices des pattes. Et puis on est passé à l’utilisation, plus commode, de récipients métalliques comme ceux de ma seconde photo.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

À l’époque où la presse a été installée ici, on produisait de l’huile de trois qualités différentes. La meilleure provenait de la presse d’olives pas encore mûres et traitées rapidement. Du fait de son prix, elle était consommée par les classes les plus hautes de la société. En-dessous, venait l’huile de qualité courante, assez acide, et consommée par la grande masse de la population. C’était l’huile de table des familles modestes, et aussi l’huile des lampes à la maison et à l’église. Enfin, la plus basse qualité d’huile, très acide, servait aux usages industriels et entrait dans la fabrication du savon. Lesbos n’exportait guère qu’une très petite quantité d’huile de table, recherchée par ses expatriés, l’essentiel de ses exportations portant sur l’huile d’usage industriel, éclairage et fabrication du savon.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Jusqu’à présent, j’ai surtout parlé du premier niveau, celui de la production d’huile, mais je viens de faire allusion au deuxième niveau, la fabrication de savon à partir de l’huile. L’un des panneaux du musée parle des sous-produits de l’olive, dont –en anglais– le “pomace”, mot dont j’ignore la signification. Bon, je sais que je ne suis pas un bon angliciste, je consulte mon bon vieux Robert & Collins mais, ce qui est bizarre, ce mot n’y apparaît pas. Il me faut aller chercher dans mon gigantesque Oxford English Dictionary tout anglais que je n’utilise pas souvent, pour y trouver “anything crushed or pounded to a pulp”. Ah, d’accord, il s’agit de la pulpe d’olive. Et donc cette pulpe était utilisée comme carburant dans les machines à vapeur des usines, et notamment pour les presses à olives ou pour les manufactures de savon, ce qui était beaucoup plus économique que l’importation de charbon d’Angleterre.

 

Mytilène, Gera, Plomari, Polychnitos étaient de grands centres de fabrication de savon. Les usines étaient organisées sur trois niveaux, avec les chaudrons au rez-de chaussée et les séchoirs aux deux étages supérieurs. La plupart étaient sur le modèle des manufactures du célèbre savon de Marseille. Les employés de ces fabriques étaient beaucoup mieux rémunérés que dans les autres types d’emplois, ce qui leur assurait un statut social et faisait que, par là, ils étaient très recherchés en mariage.

 

Il existait aussi des indépendants qui allaient ici ou là collecter des huiles de production artisanale au domicile du producteur, fabriquaient le savon chez eux de façon artisanale eux aussi, et allaient vendre leur production comme marchands itinérants.

 

Après la fabrication de l’huile et du savon, reste le circuit de commercialisation. Les clients allaient de la Thrace, avec Constantinople et les bords de la Mer Noire jusqu’en Asie Mineure et en Égypte. On ne venait pas chercher ces produits sur place, c’était la propre flotte de Lesbos, principalement basée à Plomari, et constituée de navires construits sur place avec leurs lourdes voiles, qui allait desservir les marchés de la Méditerranée orientale. Industriels, marchands et capitaines des cargos avaient partie liée, parce que ces derniers se chargeaient, arrivés sur place, d’écouler leur chargement et, au retour, les profits étaient partagés. Avant le lancement d’un navire, la tradition voulait que les marins se saisissent de leur capitaine et le jettent à l’eau…

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Le moment est venu de voir comment cela se passe à l’intérieur des bâtiments pour le processus de presse des olives. La première photo montre une affiche intitulée métaphora, ce qui signifie transport, avec la reproduction d’une photo d’archives qui représente les transporteurs arrivant à l’usine avec leurs sacs d’olives et les pesant. C’est sur la balance de ma seconde photo qu’ils les pèsent, en présence du patron de la presse et du producteur, le résultat des pesées étant consigné soigneusement. Le transport est à la charge de l’usine, inclus dans le prix de presse.

 

Car il ne s’agit pas d’une presse privée travaillant pour son seul propriétaire, puisqu’alors toute la production lui appartiendrait, il ne serait nul besoin de consigner ce qu’il apporte. C’est en 1910 qu’a été inaugurée cette presse communale de type coopératif. À l’époque, commençait à se faire jour une société civile dans cette partie de l’Empire Ottoman, et l’idée a germé d’une presse communautaire dans l’esprit des petits et moyens producteurs pour contrer le quasi-monopole de fait des gros propriétaires disposant de leur propre presse. Ces idées correspondent aussi à l’évolution des mentalités vers le communautarisme, la coopération, surtout sous l’impulsion d’anciens expatriés du dix-neuvième siècle vers l’Amérique, l’Australie, le Soudan, l’Anatolie, l’Égypte revenus au pays. Opérant depuis la récolte de 1911 jusqu’à celle de 1967, cette presse a permis grâce à ses bénéfices de procurer à Agia Paraskevi de gros progrès dans les domaines social et de l’éducation. Car depuis la fin du dix-neuvième siècle il y avait des mouvements sociaux dans Lesbos, notamment en 1883, puis en 1892, les manifestants exigeant d’être reçus par la commission des finances de la Municipalité en raison de contestations sur les titres de propriété, sur la taxation des oliveraies, sur l’attribution de revenus au monastère. Tout à l’heure, j’ai parlé de l’accusation portée contre de gros producteurs privés de fraude sur l’huile des cuves enterrées, cela a donné lieu à de nouveaux mouvements sociaux en 1909-1910.

 

Les délégués pour la construction de cette presse étaient, pour beaucoup d’entre eux, de petits ou moyens producteurs, mais ils appartenaient à des familles de gros producteurs qui ont fait pression sur eux pour les empêcher d’accomplir cette mission. Or eux appartenaient à cette catégorie de gens instruits, qui avaient voyagé, qui avaient des idées progressistes (tant du point de vue du développement économique que du point de vue politique), ils avaient foi dans les vertus de l’effort commun pour le bénéfice commun. La gestion budgétaire, humaine et fonctionnelle a été confiée à une commission élue de cinq membres. Il a fallu financer la construction et l’acquisition de machines. Pour ce faire, on a organisé des loteries, mais surtout une lettre faisant appel à leur solidarité a été envoyée à tous les expatriés. Résultat dépassant les attentes, rien que de juin à septembre 1910 des dons sont arrivés de Londres, de Boston, de Khartoum, de Constantinople, de Sidney, d’Égypte, d’Anatolie, de Roumanie.

 

Une parenthèse, puisque j’ai parlé des migrations. Les expatriés d’Agia Paraskevi et d’autres endroits de Lesbos ont gardé des liens étroits avec leur île de départ, surtout les Américains et les Australiens (à Lesbos, on les appelait par le nom du pays où ils s’étaient installés). La vague de départs d’Agia Paraskevi à destination de l’Australie s’est intensifiée à partir du milieu du vingtième siècle, puis il y a eu à partir des années 1970 une vague de retours d’Australiens qui avaient gardé des liens d’autant plus étroits que beaucoup d’entre eux étaient des migrants de première génération.

 

Revenons à nos moutons. C’est la Dictature des Colonels (coup d’État d’avril 1967) qui a mis fin à la vie de cette presse communale, en arrêtant pour motifs politiques la plupart des membres du conseil municipal d’Agia Paraskevi. Nikolaos Tzannos, le dernier président, qui adhérait à l’EDA (gauche Démocratique Unie) a été arrêté et exilé avec douze autres résidents d’Agia Paraskevi. Plus de presse, donc, mais il ne fallait pas laisser disparaître ces bâtiments qui avaient un intérêt historique. On a donc établi là en 1985 un centre multiculturel municipal et, en 2004, la Municipalité a cédé le bâtiment à la Fondation Culturelle de la Banque du Pirée pour en faire un musée de la production industrielle d’huile d’olive de Lesbos.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

La notice, dans le musée, évoque le financement avec l’aide de la région sous les auspices du ministère. Elle semble oublier complètement le financement européen… Ce panneau dit bien que l’Europe, en fait Ευρωπαϊκό ταμείο περιφερειακής ανάπτυξης, la Caisse européenne pour le développement régional (donc moi avec mes impôts) a mis la main à la poche. Le pourcentage n’est pas indiqué, mais il va généralement de 75 à 85 pour cent du devis initial, qui est ici de plus de deux millions deux cent sept mille Euros. Bof, juste un petit oubli… Or, autant dans ma photo en gros plan sur un paragraphe de l’affiche que sur le panneau extérieur il s’agit bien du même programme 2000-2006. Bref, passons.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

D’abord, le moulin à olives. Les meules sont mues par un système d’engrenage à renvoi d’angle. Écraser les olives entre des meules constituait la première étape de l’extraction de l’huile, et cela durait jusqu’à ce que tout soit réduit à l’état de pulpe. Cette pulpe était alors placée sur des plateaux que l’on convoyait vers les presses actionnées par des pompes. Un moulin comme celui-ci (modèle Issigonis de 1910) traitait de l’ordre de six mille quatre cents kilos d’olives par jour.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Modèle Issigonis… En 1959, adolescent, je me délectais de revues d’automobile, et la sortie de la légendaire Mini me passionnait, avec son moteur transversal et ses suspensions en blocs de caoutchouc, une création de l’ingénieur Alec Issigonis. Et voilà que, visitant à Agia Paraskevi le musée de l’olive, je tombe sur ce nom! Oui, c’est bien la même famille. Sir Alec est le petit-fils de Démosthène Issigonis qui en 1854 a ouvert à Smyrne (aujourd’hui Izmir) une usine de fabrications mécaniques. Il a fourni partout en Méditerranée orientale des moulins, des égreneuses de coton, des bateaux à vapeur, des presses à olives, des fabriques de savon, des moulins à eau, etc. Il était aussi importateur de moteurs à vapeur anglais. L’usine avait ses chantiers navals (construction, maintenance, réparation). Démosthène a envoyé étudier en Angleterre son fils Georgios, qui est devenu membre d’une association d’ingénieurs mécaniciens. Quand est survenu le drame de Smyrne, la famille Issigonis s’est repliée sur Lesbos, sur Athènes, sur Londres. C’est ainsi qu’Alec est un ingénieur anglais. Il était né en 1906 à Smyrne, mais son père Georgios avait obtenu la nationalité anglaise et en 1922 sa mère a dû fuir avec lui et s’installer en Angleterre. Anobli en 1969 (sir Alec), il est mort en 1988 à Birmingham.

 

Plus loin dans la visite du musée, il est donné la liste des entreprises étrangères qui ont fourni du matériel à la presse communale, et en évoquant la société Issigonis le musée affiche ce dessin de la Mini par le petit-fils. Je le publie donc, puisqu’il confirme mon laïus à son sujet!

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Nous voyons aussi le système de pompe. Le moteur actionne un arbre, à partir duquel des courroies transmettent le mouvement aux pompes. On explique qu’il y avait deux niveaux de pression, correspondant à deux pistons. Au début, pour la première moitié de l’opération, les deux pistons sont à l’œuvre simultanément, puis un système de leviers permettait de débrayer le piston de basse pression. L’opération se faisait sous une pression d’environ trois cent cinquante atmosphères et durait en tout une quarantaine de minutes.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Ceci, pour la démonstration au musée, est un modèle de pompe en acier, aluminium, verre et plexiglas fabriqué en 2006 par le musée de l’industrie d’Ermoupolis. Cette pompe fonctionne donc réellement, mais son utilité est seulement pour que le visiteur comprenne son fonctionnement. C’est la remontée du piston qui provoquait la compression et chaque presse pouvait traiter ainsi entre 640 et 768 kilos d’olives. La première pression, qui durait trente minutes, avait lieu à froid, c’est-à-dire sans adjonction d’eau chaude. Pour les deux autres pressions de quarante minutes chacune on versait d’abord sur la pulpe de l’eau chaude. Chaque jour, chacune des presses traitait sept ou huit chargements.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Pour garnir la presse, l’opérateur remplissait avec la pulpe les sacs de jute grossier appelés tsoupia (nous en avons vu plus haut en poil de chèvre) qui étaient disposés sur des supports comme ceux de ma photo. Leur taille était exactement adaptée à cette table. Une fois pleins, l’opérateur les ficelait solidement. Chacune des quatre presses disposait d’un maître et de son assistant. À eux deux, ils chargeaient dans la presse les tsoupia, et la presse devait toujours être occupée, sans une seule interruption, de sorte que s’il n’y avait plus d’olives à presser il fallait mettre des sacs vides, et un chargement asymétrique pouvait causer des dommages.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Ces appareils sont des séparateurs centrifuges, c’est-à-dire des appareils qui, par centrifugation, séparent l’eau de l’huile extraite. Ils ont été achetés en 1957 à la compagnie De Laval et, parallèlement à leur acquisition, on a dû prévoir l’infrastructure pour les accueillir. Malgré son aspect français (et, je pense, son origine française), ce nom est celui d’un Suédois que le musée prénomme Gustave, mais qui s’appelait en réalité Gustaf, à la suédoise.

 

Pour alimenter ces séparateurs, toutes les deux presses on a ajouté une pompe mue par un petit piston, pour aspirer l’huile encore mêlée à l’eau qui y a été injectée (seconde et troisième pressions). Des tuyaux acheminaient cette eau vers un container d’une capacité d’environ huit cents litres situé dans un grenier spécialement conçu pour le recevoir. De là-haut, l’huile tombait par simple gravité dans les appareils De Laval où elle était débarrassée de son eau. La vitesse de rotation de l’arbre d’entrée dans le séparateur était multipliée par dix dans le corps de l’appareil, et atteignait ainsi la vitesse de six mille tours par seconde. D’autres séparateurs De Laval achetés en cette même année 1957 étaient mus par des moteurs électriques.

 

Auparavant, la séparation huile / eau prenait un temps considérable, parce que le jus obtenu par la presse des olives à l’intérieur des sacs de jute et tombé dans le réservoir de la presse devait être transvasé dans des bacs métalliques où il devait rester longtemps sans être remué. L’eau étant plus dense que l’huile, tombait peu à peu dans le fond du bac, tandis que l’huile restait au-dessus. Lorsque la séparation était complète, il fallait ensuite prélever cette huile assez délicatement pour ne pas la mêler de nouveau à l’eau, et la mettre dans ces sacs en peau de chèvre comme j’en ai montré un tout à l’heure. Ces sacs étaient vidés dans des récipients métalliques qui étaient alors pesés en présence du producteur et du chef de la presse, de façon à savoir combien d’huile avait été tirée des olives apportées afin d’éviter toute suspicion et toute contestation.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Tous les mécanismes étaient mus par une machine à vapeur. L’eau qui va produire cette vapeur est stockée dans de grands réservoirs souterrains. De là, elle va être puisée par cette pompe (première photo), et refoulée vers un préchauffage à seulement vingt degrés, lui aussi situé en sous-sol. La seconde photo montre l’introduction de l’eau dans la chaudière au-dessus, à cinquante-cinq degrés, par la pompe.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Sue la photo de cette machine prise de face, on voit deux tuyaux peints en rouge. Sur celui du premier plan, l’écriteau indique qu’il véhicule vers le haut les gaz d’échappement du moteur (celui qui fonctionne par la combustion de la pulpe d’olive), à cent cinq degrés, vers le préchauffage. Un autre écriteau, sur le tuyau de l’arrière-plan, nous informe que par-là passe, vers le bas, la vapeur de la chaudière vers les machines (celles qui actionnent les presses et les centrifugeuses), à une température de cent cinquante degrés. À la différence de la salle de la chaudière, la salle des machines était maintenue bien propre. Cette machine à vapeur était fixée sur un socle de marbre et faisait fort peu de bruit. Mais il fallait en permanence un mécanicien pour veiller sur la machine et intervenir en cas de besoin, et un employé chargé de la lubrification. On surveillait la montée en température et, lorsque le réservoir ne contenait plus d’eau et que la vapeur avait atteint la température convenable (pression de 6,5 à 7 atmosphères), on faisait glisser la courroie de commande sur la roue qui entraînait l’arbre principal, ce qui permettait ainsi de mettre en route les presses. Processus efficace dont la puissance était de trente à quarante chevaux et tournant de soixante à soixante-cinq tours par minute, mais long à mettre en œuvre, et qui demandait la présence permanente de deux opérateurs, aussi en 1957 a-t-on remplacé tout ce système par un simple moteur thermique (la traduction anglaise dit “petrol-driven engine”, donc moteur à essence, mais le texte grec dit “πετρελαιομηχανή”, c’est-à-dire moteur à gazole. Je suppose donc qu’il s’agit d’un moteur diesel plutôt qu’à essence, mais… je n’en sais rien).

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Quoique ce musée soit nommé “Musée de l’huile d’olive”, cette puissance produite n’était pas réservée à la presse de ces fruits. En effet, la récolte des olives était terminée quand le blé était mûr, et l’établissement communal produisait alors de la farine, comme le faisaient aussi d’autres presses de l’île. Nous voyons ici le moulin à farine, lui aussi provenant de l’usine Issigonis et acquis en 1910. Il y avait dans la campagne autour d’Agia Paraskevi des champs de blé, mais de peu de surface, ce qui faisait du grain la première des importations de Lesbos. Le grain tombait d’un cône en bois entre la meule fixe et la meule rotative.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Parmi toutes les îles de l’Égée, Lesbos s’enorgueillit d’avoir été la seule à développer la mécanisation dans ses industries dès les années 1880 et, en 1912, au moment où elle acquérait son indépendance de l’Empire Ottoman et son rattachement à la Grèce, elle ne comptait pas moins de 113 presses à olives motorisées, 6 usines de traitement de la pulpe et 14 fabriques de savon. À cela plusieurs raisons. D’abord, le combustible trouvé sur place, grâce à l’alimentation des machines en pulpe d’olive, au lieu d’importer à grand coût du charbon d’Anatolie ou, pire, de Grande-Bretagne. Mais aussi les conditions libérales accordées par le pouvoir turc, à savoir l’exemption de droits de douane pour l’importation d’équipements mécaniques européens, ainsi que les droits de propriété et l’exemption de taxes pour les citoyens étrangers. Mais à partir de 1912, le rattachement à la Grèce a eu pour conséquence la rupture des relations commerciales intenses avec l’arrière-pays d’Asie Mineure et des conditions bien plus dures pour l’industrie de Lesbos. Cependant dans l’entre-deux-guerres la multiplication des presses dans l’île et le développement de la fabrication du savon ont partiellement compensé les pertes.

 

Ces machines, j’ai dit à propos d’Issigonis que le musée en donnait une liste. Outre l’entreprise grecque de Smyrne Issigonis et l’entreprise suédoise Alpha Laval, on trouve: Haywards Tyrel (Londres), Ruston (Lincoln), National Gas & Oil Engine (Aston, Angleterre), The Campbell Gas Engine Co (Halifax, Angleterre), Rankin & Dimas (Smyrne), Theocharis (Athènes), Loukas & Karamitsopoulos (Mytilène), Vasileiadis Hellenic Machine Building (Le Pirée).

 

Ci-dessus, j’ai photographié sur des affiches différents détails concernant ces entreprises: une plaque de machine D. Issigonis, Smyrne (en grec avec un seul S, la famille ayant transcrit le nom en anglais en redoublant le S pour qu’il ne soit pas prononcé Z entre deux voyelles), puis une plaque de machine Loukas Karamitsopoulos, Mitylène (avec inversion du I et du Y, preuve que même des Grecs ont commis cette erreur), et enfin une affiche publicitaire pour les machines à vapeur Ruston.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014
Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Le musée présente d’autres planches, où la technique fait place à l’humain. Nous avons parlé des expatriés de Lesbos en général, d’Agia Paraskevi en particulier. Ci-dessus, quatre photos parmi les nombreuses qui sont présentées par le musée:

 

D’abord, des expatriés d’Agia Paraskevi au Soudan, et la photo a été prise en 1930. Ensuite, nous sommes toujours au Soudan, c’est en 1933 dans la distillerie G. Limnios, de Khartoum. Sur la troisième photo, prise entre 1915 et 1918, la pyramide que nous voyons en arrière-plan nous montre que nous sommes en Égypte (si nous étions devant la pyramide du Louvre, cela signifierait que la photo est plus récente), et l’on nous dit que cette famille à dos de chameau, c’est Efstratios et Anna Evangelou, et on a l’air d’oublier de nommer l’enfant; pourtant, c’est en l’identifiant précisément et en évaluant son âge que l’on pourrait affiner la date de la photo. Et enfin, sur la dernière image, ces trois garçons originaires de Lesbos et photographiés en 1920 sont, nous dit-on, des ressortissants américains, le premier en partant de la gauche ayant été identifié comme Christophas Chatzidimitriou.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Parmi quelques autres photos représentant des citoyens d’Agia Paraskevi, médecins, marchands, etc., je choisis celle-ci, Christophas P. Christophidis, propriétaire terrien (et donc client potentiel de la presse), en 1927.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

En marge des collections du musée, nous avons pu voir dans ses murs une exposition photo temporaire. C’est une exposition conjointe de deux photo clubs, l’un grec, l’autre turc. Alors que les tensions sont loin d’être totalement apaisées entre les deux nations, entre autres au sujet de nappes de pétrole sous la mer Égée, suffisantes pour compenser plusieurs fois l’abyssale dette extérieure de la Grèce mais qui, bien évidemment, sous la mer s’étalent sans frontières entre les eaux territoriales turques et grecques, cette amitié à travers l’art photographique est rassurante et fait chaud au cœur. La parole est donnée, sur des affiches, aux deux présidents des clubs, les textes étant en turc, en grec et en anglais.

 

Stratis Tsoulellis, président de la Société Photographique de Mytilène (Φωτογραφική Εταιρεία Μυτιλήνης): cette exposition qu’il appelle “L’Olivier béni” reflète le voisinage Égéen, même sol, mêmes eaux, mêmes bras, même peuple, cette collection d’images est un échange d’émotions qui sert de pont plus qu’elle ne discrimine. Depuis sa création en 1980, la Société Photographique de Mytilène contribue à la culture en général, en mettant en relief son identité à l’intérieur et par-delà le frontières. “Notre coexistence avec nos amis photographes de Turquie a commencé il y a bien des années. […] La photographie et la culture nous maintiennent unis”, conclut-il.

 

Quant à Özkan Arıkantürk (en turc, arı signifie pur, kan c’est le sang et comme du temps du sultan le nom de famille n’existait pas, c’est une loi de 1934 qui a obligé chaque Turc à s’en trouver un; l’un des ascendants de ce président a donc choisi de s’appeler “Turc au sang pur”, ou “Pur sang turc”), président de la Société Photographique L’Olivier d’Edremit (Burhaniye), il écrit “Cette exposition est le résultat de l’amitié qui fleurit entre deux clubs photographiques partageant la même région géographique et des cultures similaires”. Il note que depuis le quatrième siècle avant Jésus-Christ des liens culturels et commerciaux existent entre Mytilène et Edremit (Adramitteion) et parce que l’olive est la clé de voûte de la vie des Égéens, le thème de cette exposition renforce les liens entre les deux clubs. Et il espère que ce genre de manifestations permettra aux Turcs et aux Grecs de mieux se connaître, de mieux se comprendre et qu’ainsi sera promue la paix dans le monde.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Les photos sont présentées sans titre, rien qu’avec le nom de leur auteur. La photo de cette jeune personne ramassant des olives est de Tolga Ozmen. Je regrette qu’un reflet sur la droite gâche un peu la photo, parce que c’est l’une de mes préférées, ce regard surpris dans le travail, la position “en grenouille”, ce foulard qui semble religieux mais ne cache nullement les cheveux, tout cela est signifiant.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Cet écureuil dans un tronc d’olivier qui regarde avec intérêt et sans frayeur apparente le photographe a été saisi par Petros Tsakmakis.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

La récolte des olives a lieu en hiver ou au début du printemps, et ces hommes sur leur tracteur n’ont pas l’air d’avoir chaud. La photo est de Ertac Er.

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Le travail est dur, c’est un moment de détente avec la cigarette. Cela me permet de noter que les Turcs fument, fument, fument… Et les Grecs aussi, cela date sans doute du temps où ils étaient intégrés dans l’Empire Ottoman. Cette photo a été prise par Ismet Arıkantürk (même famille que le président?).

Lesbos 19 : Agia Paraskevi, musée de l’olive. Mercredi 18 juin 2014

Les oliviers ont des troncs aux formes torturées, et celui-ci qui donne l’impression d’être un animal est particulièrement original. C’est l’œuvre de Mary Chairetaki.

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Published by Thierry Jamard
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