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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 23:55
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Sigri est une petite ville sur la côte, à l’extrême ouest de l’île de Lesbos, que ma carte ci-dessus permet de situer dans l’île, et dont ma photo liée à la vue satellite prise sur Google Earth© donne l’environnement. L’ambiance y est sympathique, on peut aller y faire un tour car la visite de la ville elle-même ne manque pas d’intérêt, mais c’est surtout sa forêt pétrifiée, située au sud-est de la ville, qui justifie la visite. Elle a été incluse par l’UNESCO dans le réseau mondial des géo parcs.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

La visite de la ville ne manque pas d’intérêt, disais-je. Nous allons d’abord nous diriger vers le château, tout au bout de la presqu’île. Cela nous fait traverser ce terrain couvert de chardons ras et tout fleuris.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

La première de ces photos, je l’ai prise du même point de vue que ma photo générale de la ville, tout à l’heure, mais alors que la première était en grand angle 18mm, la seconde est en téléobjectif moyen 90mm. Ensuite, tournant autour du château, j’en donne une vue de l’arrière.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Les abords, au dix-huitième siècle, n’étaient pas encore sécurisés, et les pirates sévissaient encore. Les côtes, sans doute, étaient mieux défendues que quelques siècles auparavant, mais les navires marchands étaient souvent attaqués. C’est pour améliorer la sécurité, de la côte et surtout de la navigation, que Süleyman Pacha (“Pacha” est le titre donné aux gouverneurs de province dans l’Empire ottoman) construit, en 1757, cette forteresse. Prévue pour livrer d’éventuels combats vers l’ouest, la construction ouvre sa porte vers la ville à l’est, moins exposé aux coups de force. Néanmoins cette porte est faite d’un bois épais recouvert d’une tôle de fer.

 

Nous allons visiter ce château. Sites, musées, nous n’économisons pas sur les visites en pagaille. Mais ici, l’entrée est gratuite, par-dessus le marché! Pas d’hésitation, nous y allons.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Et voilà, c’est raté. La maçonnerie est dangereuse, le château est fermé… Aimablement, à l’intention des étrangers, le texte est traduit en anglais (à part la désignation de l’autorité qui a pris la décision, et le numéro du décret). Enfin, anglais, plus ou moins; je ne prétends nullement être un bon angliciste, mais à la place de “temporally”, je préférerais “temporarily”, et pour la maçonnerie je préférerais “masonry” plutôt que “masonary”… (oui, je me montre méchant, c’est parce que je suis fâché de ne pas pouvoir visiter).

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Il y a aussi à Sigri un musée “laografiko”, un musée des arts populaires, mais celui-là si nous ne l’avons pas non plus visité, ce n’est pas parce que nous risquions de recevoir un mur sur la tête, c’est tout simplement parce qu’il était presque 18h quand nous sommes passés devant. Il était fermé depuis trois heures. Sur ma photo, on voit que dans λαογραφικόν μουσεῖον il y a des N à la fin de ces deux mots au neutre, et un accent circonflexe sur l’avant-dernière syllabe du mot musée (cet accent, à cet emplacement, est dit propérispomène), alors qu’aujourd’hui ces mots se termineraient avec le O, et que le seul type d’accent qui existe est l’accent aigu. Preuve que cette inscription a plus de trente ans.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Eh bien ce que nous visiterons, ce sera l’église, qui est consacrée à la Sainte Trinité. Le bâtiment a été construit en 1870, quand l’île était encore ottomane, et c’était une mosquée. Et de même qu’en arrivant au quinzième siècle les Turcs avaient converti les églises chrétiennes en mosquées, de même les Grecs, après le départ des Turcs en 1923, ont fait passer la mosquée au statut d’église chrétienne orthodoxe.

 

De part et d’autre de la fenêtre de ma troisième photo, on lit des sigles dans la pierre. À gauche BBBB dans une croix, j’ai longuement discuté du sens possible de ces lettres dans mon article Lesbos 03 : Le château de Mytilène. En conclusion, j’ai proposé la signification “Croix du Roi des Rois, soutiens le roi (soutiens notre roi)”.

 

Sur le côté droit, je lis ΙΣ Χ Ν Κ. Nulle part je n’ai trouvé une quelconque tentative d’éclaircissement, il me reste à me gratter la tête. Aucun doute pour les trois premières lettres, elles représentent Ιησούς Χριστός (Jésus-Christ). Pour les deux autres lettres, je propose Ναζαρέτ (Nazareth) et Κύριος (Seigneur), soit “Jésus-Christ de Nazareth, [notre] Seigneur”.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Sigri est un port. Dès lors, il n’est pas étonnant de trouver, fixée dans le mur de soutènement du parvis de l’église, cette plaque de marbre représentant une croix dont la base se termine en forme d’ancre de bateau. Sans doute pour demander à Dieu de protéger les marins, ou pour le remercier de n’avoir pas fait naufrage un jour de grande tempête.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

À l’intérieur de l’église, ce sont surtout les fresques qui ont retenu mon attention. Ici, nous voyons la représentation de saint Théophane qui, est-il écrit, a été titulaire du monastère d’Ypsilou. J’avoue que ce Théophane, dit Théophane le Confesseur, m’était inconnu. Voici ce que j’ai trouvé à son sujet: Né en 759 dans une famille aristocratique de Constantinople (son père avait des liens de parenté avec l’empereur Léon l’Isaurien), il s’est retrouvé orphelin de père à l’âge de trois ans. Il va alors être élevé sous la surveillance de l’empereur de l'époque, Constantin Copronyme (joli nom, puisque onoma ou onyma veut-dire nom, et copros, que l’on retrouve dans les insectes coprophages, signifie l’excrément, la bouse, le crottin, la merde, le fumier, bref c’est Constantin-au-Nom-de-Crotte). Sa situation va l’obliger, à l’âge de douze ans, à épouser une enfant de son âge nommée Megalo. Or il avait fait vœu de chasteté, et en accord avec Megalo ils gardèrent tous deux leur pucelage. Quelques années plus tard, le couple s’est séparé et, tandis que Megalo devenait religieuse dans un couvent de Bithynie (province sur la côte nord d’Asie Mineure), Théophane devenait moine et fondait dans une île de la mer de Marmara un monastère où, reclus dans sa cellule, il rédigea une chronique de l’Église chrétienne de l’an 285 à l’an 813. Plus tard, il fonda un autre monastère à Sigriane, en Mysie (province à l’ouest de la Bithynie, sur la mer de Marmara), en un lieu nommé le Grand Champ. Nulle part je n’ai trouvé le moindre commentaire au sujet de ce nom mais je me demande si, parce que, en grec, “grand” se dit “megalos”, ce ne serait pas Théophane qui aurait donné au champ le nom de sa femme, et alors “Megalos Agros” ne se traduirait pas par “le Grand Champ”, mais par “le Champ Megalo”. Il a toujours vénéré les icônes; aussi, lors du second iconoclasme décidé par l’empereur Léon l’Arménien, il va être emprisonné en 1815 et ne sera libéré que deux ans plus tard pour être exilé à Samothrace où, à peine arrivé, il meurt.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Celle qui me plaît beaucoup, c’est cette fresque-ci, où est représentée toute la vie d’un village. Je ne vais pas tout détailler, mais seulement faire quelques gros plans. En haut, est indiquée une légende de cette scène. Je traduis: “Saint Théophane, titulaire du saint monastère d’Ypsilou, dans la grotte de la Révélation dans le Grand Champ (ou dans le Champ Megalo) de Sigriane”.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

D’abord, la figure principale de la fresque: c’est saint Théophane dans sa grotte de la Révélation. Or j’ai lu plusieurs biographies de saint Théophane, et aucune d’entre elles ne dit qu’à un moment de sa vie il s’est retiré dans une grotte. À Sigriane il a créé un monastère, et c’est dans ce monastère qu’il a vécu.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Et ces deux scènes de la vie à la campagne et à la mer. D’abord, ces pêcheurs tirent un filet bien plein de poissons. S’ils évoquent l’épisode de la pêche miraculeuse rapporté par les évangiles, il s’agit ici d’hommes sans auréole de sainteté, Jésus ne figure pas parmi eux, et puis il y a sur la droite de la fresque un village avec un clocher d’église chrétienne. Ce sont des contemporains de saint Théophane. L’autre scène montre un char à bœufs chargé de barriques. Certes, au centre de la fresque on voit un homme avec un petit panier à la main sous un olivier, on peut supposer qu’il récolte des olives pour en faire de l’huile, mais les barriques ressemblent plutôt à des tonneaux de vin quoiqu’aucune vigne ne soit représentée dans le paysage.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Maintenant, nous allons nous préoccuper de cette forêt pétrifiée. Et pour mieux comprendre ce que nous allons voir, nous commençons par le musée. Je lis sur ce panneau que, pour achever le Museum d’Histoire Naturelle de la Forêt Pétrifiée de Lesbos, le budget était de deux millions deux cent un mille vingt-sept Euros, dont soixante-quinze pour cent ont été financés par la Caisse Européenne de Développement Régional. Je calcule: cela fait un million six cent cinquante mille sept cent soixante-dix Euros et vingt-cinq centimes très exactement. Ce n’est pas rien. C’est donc nous, citoyens européens, qui avons payé cela avec nos impôts. Développement régional, musée, culture, je dis bravo. Un grand bravo. Mais considérant que nous sommes tous un peu propriétaires de ce musée, je ne peux admettre que la photo y soit interdite. On y voit, sur ses 1597 mètres carrés, des choses passionnantes, on y lit des dates et autres données scientifiques qu’il est très difficile de se rappeler une heure après. Quant à un an ou deux… Alors que face à une photo de l’objet, les souvenirs reviennent, et si l’on a aussi photographié le panneau explicatif, on ne perd rien de la visite malgré le temps qui passe. Nous avons passé un long moment dans ce musée, nous y avons pris beaucoup d’intérêt, et voilà: je n’en peux rien commenter.

 

Pour inciter mes lecteurs à aller le visiter quand même, je dirai que l’on y trouve de nombreux fossiles de plantes, de feuilles, de graines, toute la paléobotanique. Et aussi les premières traces de vie animale, comme une mâchoire de dinothérium vieille de vingt millions d’années. Il y a aussi nombre d’éléments expliquant l’évolution géologique et géographique de Lesbos, le mouvement des plaques et ses conséquences, le volcanisme de l’île, etc.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Heureusement, sur le terrain du musée, en extérieur, la photo est autorisée. Ici, des éléments pétrifiés ont été apportés, comme ces troncs. Je ne sais pourquoi le très long tronc de ma première photo est découpé en rondins. J’ai du mal à imaginer qu’il a pu éclater ainsi de façon très régulière, beaucoup de mal, aussi, à imaginer que ce sont des hommes, il y a des millions d’années, qui ont été capables de le scier. Ou que d’autres hommes, il y a seulement quelques années, l’aient passé à la tronçonneuse pour l’étudier.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

La forêt n’était pas seulement là où l’on peut la visiter aujourd’hui, dans un espace bien protégé quoique très vaste. Elle s’étendait sur presque toute l’île, et c’est pourquoi d’ailleurs nous en avons vu un tronc en pleine ville de Mytilène le jour où nous sommes arrivés. Et donc, ici près du musée, ces troncs n’ont pas été transportés, mais ils sont restés bien plantés là où ils avaient poussé il y a des millions d’années.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Et de même, c’est en creusant les fondations du musée qu’ont été mises au jour ces racines d’un arbre qui se sont développées en ce lieu il y a vingt millions d’années. Vingt millions! La tête me tourne!

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Quand on s’approche, quand on touche (parce que c’est pétrifié, donc devenu pierre, pas de risque de dégradation en touchant), quand on prend une photo en gros plan, on constate à quel point la pétrification n’a en rien altéré l’apparence de ces écorces. On a réellement l’impression que ces tronçons ont été coupés il y a peu. Hallucinant.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Je disais tout à l’heure que la forêt occupait un espace bien protégé mais très vaste. Oui, très-très vaste. La forêt ne se trouve pas “quelque part sur” mes photos ci-dessus, mais elle constitue l’ensemble du paysage de mes photos. C’est immense. Mais bien sûr, les troncs pétrifiés n’y sont pas aussi serrés que dans une forêt vivante, ils l’étaient sans doute mais beaucoup ont pourri et se sont dissous sans avoir été pétrifiés.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Ici, on peut voir trois troncs conservés assez proches l’un de l’autre. Ou, sur l’autre photo, un tronc qui s’est maintenu à une grande hauteur

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Sur ma seconde photo ci-dessus, le tronc a été retrouvé coupé de ses racines. On voit qu’il a été “recollé” avec du ciment. Mais pour la première des deux photos, je reviens à ce que je constatais pour le très grand tronc couché sur le terrain du musée: il est coupé de façon très nette, très propre, bien à l’horizontale, et j’ai du mal à comprendre par quoi et comment il a été ainsi coupé si ce n’est pas avec des machines modernes.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Ici, j’ai suivi la flèche du panneau indicateur pour découvrir ce géant dont le tronc faisait huit mètres trente de circonférence. Mais lui, visiblement, s’est brisé avant d’être pétrifié, sous l’effet de l’âge, ou d’une tempête, ou d’un tremblement de terre. Mais la cassure est tout à fait naturelle.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Et puis encore d’autres troncs, couchés ceux-là, un long mais qui a perdu son aspect naturel, l’autre plus court, mais qui a l’air d’avoir été coupé hier, avec un éclat de bois à côté de lui. Sur cette aire tellement étendue, je pourrais montrer encore bien d’autres troncs pétrifiés. J’en ai déjà montré beaucoup.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Sur ces photos, les troncs ont des aspects divers. Sur la première, il semble avoir été coupé proprement, au ras du sol ou presque, sur la seconde les racines affleurent, mais sont solidement plantées dans le sol, sur la troisième le tronc a été brisé, mais comme volontairement, comme si l’on avait commencé à le couper, puis que l’on avait forcé pour finaliser le travail.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Ces deux photos pour montrer des détails de la vie de l’arbre. Sur la première, les racines sont apparentes. Auprès du musée, des racines étaient également apparentes, mais parce que les ouvriers creusant pour les fondations du musée les ont mises au jour, tandis qu’ici elles affleurent de façon naturelle. Sur ma seconde photo, on voit un œil de départ de branche, un nœud du bois.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Quelques herbes folles se sont développées à l’intérieur de ce tronc, faisant remarquer qu’il est creux. Cet arbre, de nos jours un garde forestier l’aurait fait couper, parce qu’il était devenu dangereux, risquant de tomber. Si, autrefois, des herbes s’y étaient développées, elles auraient pu tirer leur subsistance de la matière organique de l’arbre mort, mais à présent que le bois est devenu minéral, il faut que le vent ait apporté un peu de terre pour qu’une plante, si pauvre soit-elle, puisse s’y développer.

Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014
Lesbos 24 : Sigri et sa forêt pétrifiée. Juin 2014

Il n’y a rien de commun entre ces deux pétrifications. Dans le premier cas, le bois a gardé son apparence en devenant pierre, on voit l’écorce qui s’est séparée, en-dessous on voit l’aubier, on pourrait presque croire que l’arbre pourrait encore pousser des rejets après avoir été coupé. Dans le second cas au contraire, le bois pétrifié donne l’impression d’avoir été taillé dans le marbre.

 

Je montre des masses de photos qui donnent l’impression que je me répète. Mais quand on est sur place, on a l’étrange impression que ces arbres sont encore faits de bois. On est dans un musée en plein air dont les sujets sont morts il y a vingt millions d’années, mais ils s’insèrent parfaitement et naturellement dans un paysage qui est bien vivant, l’herbe ou la fleurette au pied des arbres devenus pierre est née hier et mourra demain. Et cette impression bizarre, ni mes photos, ni mes explications ne peuvent en rendre compte. Il faut y aller et se promener dans cette nature insolite.

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Published by Thierry Jamard
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