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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 00:22

Certes nous avons passé la nuit à Royat, mais nous n’avons rien vu en arrivant à la nuit, et nous n’avons rencontré personne à part la jeune femme qui m’a donné le code d’ouverture de la barrière et indiqué un emplacement avec électricité. Je considère donc qu’hier, en Bourbonnais, nous étions dans une région administrativement rattachée depuis quelques décennies à l’Auvergne mais fort différente, et que nous ne sommes réellement en Auvergne, limite nord de l’Occitanie, que depuis ce matin au réveil.

 

Clermont-Ferrand, je connais et j’aime depuis environ quarante-cinq ans, et j’ai montré la ville à Natacha il y a quelques années. Mais comment résister à la rue des Gras, à la cathédrale, à la rue Blaise Pascal, à Notre-Dame-du-Port, et même à la place de Jaude, même si elle n’est plus la place de Jaude depuis qu’elle n’est plus bordée de ses fameux catalpas. Mais dans le coin, au bout, l’église est bien celle du début de Ma nuit chez Maud, d’Éric Rohmer. Avant de monter vers Aubière (également méconnaissable).

 

Nous avons donc recherché vers Montferrand un stationnement pour notre engin de sept mètres de long, impossible à garer en ville, puis avons pris le tramway pour revenir vers le centre. Place de Jaude, Vercingétorix est toujours aussi impressionnant. Pour Natacha, il évoque un peu le "soc’réalisme" abhorré, ce réalisme social imposé à tous les artistes, poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, etc., par le régime communiste de l’Union Soviétique. Appareil photo en main, elle pourchasse ce style, notamment dans les monuments aux morts de la Première Guerre Mondiale, mais elle a découvert qu’il préexistait à l’URSS puisqu’elle en a trouvé l’influence dans un monument Second Empire à Vichy : les communistes russes l’ont donc choisi mais pas inventé. Pour revenir au Vercingétorix de la place de Jaude, il évoque "nos ancêtres les Gaulois", et la pile donnée aux Romains. J’aime mieux Gergovie qu’Alésia. Je ne suis pas vraiment gaulois, Natacha non plus, mais ça fait toujours plaisir d’être du côté d’Astérix, ça venge de tous les revers de notre diplomatie et de notre politique actuelles.

 

La cathédrale a beau avoir été remaniée par Viollet-le-Duc, ce sauveur de nos monuments qui en a profité pour, bien souvent, les défigurer, elle est vraiment splendide. Quel mouvement dans l’élévation des piliers ! Et puis cette pierre noire, ce basalte, donne une atmosphère stricte, sobre, et la voûte n’en paraît que plus haute. Magnifique.



Ensuite, nous sommes allés, bien évidemment, vers Notre-Dame-du-Port. Après la cathédrale gothique, la basilique romane. Je me rappelais qu’il fallait prendre la rue Blaise Pascal, mais après je n’étais plus sûr de trouver mon chemin. J’ai donc posé la question à une jeune femme, qui m’a répondu que je n’avais qu’à aller avec elle, parce qu’elle habitait juste derrière. Chemin faisant, elle m’a dit que cette basilique avait été classée au patrimoine européen et avait à ce titre bénéficié de crédits pour sa rénovation. De fait, elle est méconnaissable. L’intérieur est tout peinturluré en jaune. Je suppose que telle était son apparence au 12ème siècle, sinon rien ne pourrait justifier cette peinture. Mais moi qui aimais tant cette sobriété, j’ai été très déçu. Plus de catalpas place de Jaude, Notrte-Dame-du-Port souffrant de la jaunisse, Clermont n’est plus du tout Clermont. Bon, soyons honnête : la crypte est toujours aussi recueillie, les vitraux toujours aussi lumineux et expressifs, et l'extérieur n'a pas changé. Je mets aussi ici une image de cette curieuse Vierge allaitant.



 

Alors, hop, tramway direction Montferrand pour récupérer le camping-car et filer sur Issoire. Là, petite halte pour visiter une autre église de style roman auvergnat : Saint-Austremoine. Là, pas de déception, au contraire. Dans ma mémoire, elle était un cran au-dessous de Saint-Nectaire et Clermont-Ferrand. Nous ne sommes pas retournés à Saint-Nectaire, mais elle m’a (elle nous a) éblouis. Sur le chevet, autour des absidioles, les douze signes du zodiac. Ici, le cancer (avec une drôle de bouille) et le capricorne (dont le cavalier se retient à la corne), nos deux signes à Natacha et à moi.



 Le camping où nous sommes allés passer la nuit était près de Brioude, mais il était trop tard pour visiter la ville : remettant cela à demain, nous sommes directement allés nous installer pour la nuit. Là, nos ordinateurs dûment connectés au 220 volts, nous avons sans problème de batterie transféré nos photos, les avons référencées, et moi j’ai préparé ce que j’allais publier sur mon blog dès que nous pourrions nous connecter à Internet. Voilà comment nous avons passé une soirée studieuse.

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Published by Thierry Jamard
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