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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 15:26

Il y a tant à voir dans cette ville d’Arles que nous allons y passer la journée. Nous devons être ce soir à Toulon, comme je vais l’expliquer plus loin, mais tant pis pour Aix et pour Marseille : peut-être y reviendrons-nous plus tard, peut-être ferons-nous l’impasse. Nous y penserons plus tard.

 
Sans plan, nous sommes tombés d’abord sur l’hôtel de ville, nous avons vu ensuite la primatiale St-Trophime, puis le cloître St-Trophime, le théâtre antique, l’amphithéâtre, l’hôtel-dieu où a été interné Van Gogh, les cryptoportiques, le forum et enfin les Alyscamps. Avec un passeport "liberté" valable un mois et acheté au cloître dont le coût est seulement d’un monument et demi, nous avons droit à quatre monuments et un musée. Désolé, je n’ai pas envie de suivre cet ordre. Je vais commencer par le théâtre antique.

Lorsque j’étudiais à la Sorbonne la civilisation grecque antique, j’avais appris que les archéologues américains reconstruisaient en béton les parties de monuments qui manquaient et les repeignaient dans les couleurs restituées de l’époque. Témoin, la Crète. J’ai envie de dire qu’à Notre-Dame-du-Port, à Clermont-Ferrand, nous nous sommes inspirés d’eux. Les archéologues allemands, au contraire, respectent tellement les ruines qu’ils époussettent soigneusement la terre autour des fragments de colonnes mis au jour, en évitant de les bouger d’un millimètre de l’endroit où chaque tronçon s’est effondré. C’est ce que l’on peut voir à Olympie. Et puis les Français ont la réputation d’être entre les deux, remettant sur pied une colonne renversée, quitte à en reconstituer quelques parties si elles ne sont ni trop nombreuses, ni trop volumineuses. C’est l’École Française d’Athènes qui a été chargée des fouilles archéologiques de Delphes. Si notre maison roulante et nos vies nous mènent jusque là, j’aurai l’occasion d’en reparler d’ici un mois ou deux. Mais ici au théâtre d’Arles, nous avons été très germaniques. Des pierres ici ou là, difficile de se représenter ce qu’a pu être le monument.

 


Nous avons aussi vu l’amphithéâtre. Là, le bâtiment est infiniment mieux conservé. Pourtant, il y a deux siècles, une véritable ville (un village) avait été édifiée dans son enceinte, comme le montrent des gravures anciennes. Il y a certes quelques pierres rongées par le temps, étayées par des fers rouillés, mais on a une bonne idée de l’amphithéâtre antique. Hélas, l’usage contemporain en arènes de taureaux a fait s’y édifier des gradins en tubulures métalliques qui recouvrent la totalité des gradins, et même beaucoup plus haut. Et en bas, des barrières de bois peintes en rouge pour le refuge des toréadors. Les couloirs et galeries circulaires comportent des alternances de voûtes romaines et de pierres plates à la grecque, ce qui trahit un architecte grec, à la différence des arènes de Nîmes, typiquement romaines. C’est au moins la quatrième ou la cinquième fois que je visite ce site, mais il a toujours sur moi le même impact.

 


De l’Antiquité aussi, les cryptoportiques, sous la place de l’hôtel de ville. Ce quadrilatère de portiques enterrés profondément sous le sol, très humides (alors qu’à l’extérieur le sol est sec et que le soleil chauffe), est impressionnant, d’autant plus que, de façon intelligente, l’éclairage artificiel se fait discret. Heureusement, j’avais emporté le pied de poche pour poser mon appareil photo et faire une pause longue de 5 secondes à f:3,5 en 200 ISO. Voilà pour l’aspect technique.

 


La primatiale Saint-Trophime est pleine de beautés à admirer. L’élévation de sa voûte, d’abord. Une chaire fort originale. De nombreuses sculptures, comme cette mise au tombeau impressionnante. Des vitraux. Un trésor, derrière une grille de fer forgé. Un sarcophage du milieu du 4ème siècle représentant une multitude de scènes bibliques ou évangéliques, donc celle-ci, où le Christ guérit l’hémorroïse. Et je termine ma série de photos par un bas-relief de la façade.

 


Derrière cette église, le cloître Saint-Trophime. Je suis bien conscient que sans cesse au cours de ce blog j’emploie les adjectifs "magnifique", "merveilleux", "splendide", "exceptionnel", "impressionnant", et ce n’est pas exagéré parce que je suis ébloui par toutes ces merveilles dont je connais déjà l’immense majorité mais dont je ne me lasse pas. Et pourtant, aucun de ces adjectifs ne suffit pour parler du cloître St-Trophime. Nous y avons passé un long, un très long moment, j’y ai usé ma batterie d’appareil photo tant j’ai mitraillé les sculptures des murs, des colonnes, des chapiteaux. Heureusement, la dame de l’entrée a bien voulu me dépanner en connectant derrière sa caisse pendant une demi-heure mon chargeur de batterie qui ne quitte pas mon fourre-tout. Et j’ai continué à mitrailler… Ici, je joins la tête d’un saint que je n’ai pas réussi à identifier, mais qui est en pied, de taille humaine, accolé à un pilier d’angle, et un détail de chapiteau représentant la Nativité. La Vierge est en-dessous, allongée, visiblement elle vient juste d’accoucher, mais elle est actuellement emmaillotée de papiers blancs pour sa restauration ; j’ai donc ciblé sur le joli petit Jésus emmailloté, à la bouille rondouillarde, devant le bœuf et l’âne. Un peu plus loin (mais je n’ai pas voulu surcharger mon blog de photos), deux chapiteaux se succèdent d’assez près, portant en parallèle des ânes, mais c’est d’abord la fuite en Égypte, et ensuite l’entrée de Jésus à Jérusalem. J’ai été frappé de ces deux représentations en parallèle, montrant sans doute volontairement l’opposition des circonstances.

 


À quelque distance, les Alyscamps, ce cimetière qui bordait la voie romaine et qui a été utilisé de l’Antiquité au moyen-âge. L’allée est actuellement bordée de sarcophages, et au bout une très vieille église. Très intéressant, mais il nous aurait fallu plus de temps pour déchiffrer les inscriptions sur les sarcophages, nous imprégner de l’ambiance.

 


Je ne parlerai pas de l’ancien hôtel-dieu qui, avec ses marchands de souvenirs et de cartes postales, n’évoque plus pour moi Van Gogh. Natacha, au contraire, y a retrouvé la trace du peintre, elle a multiplié les photos et a longuement filmé. Je n’ai pas été capable de ressentir la même chose.

 

Et nous voilà partis pour Toulon. J’ai parlé, à Grignan, du cadeau de Smartbox offert par des collègues. D’autres collègues, les personnels du GRETA, m’ont également gâté. J’ai reçu une Smartbox "Dégustation", dont nous avons profité à Paris en allant nous régaler de foie gras, dans une boutique représentant une maison des Landes et située dans le 17ème arrondissement, rue Pierre Demours, à moins de cinquante mètres de là où je suis né il y a… un peu plus de vingt ans, rue Théodore de Banville. Trois foies différents, et une demi-bouteille de Jurançon. Succulent. Et à cette Smartbox s’ajoutait une Wonderbox "Escapade culturelle", nuit en hôtel, petit déjeuner, et une visite. Nous avons choisi Toulon, où l’hôtel est en plein centre ville, très agréable, la fenêtre donnant sur une jolie place avec une fontaine jaillissante au milieu. Avant de nous coucher, nous sommes allés dîner sur le port, en face de yachts somptueux.


La visite est à 13 kilomètres, c’est une fabrique d’huile d’olive avec dégustation de plusieurs crus. Ce n’est pas encore fait, je décrirai mes impressions dans un prochain article. Car le présent article, je le rédige mardi 22, dans un McDo de zone industrielle où nous passons plusieurs heures en attendant que le camping-car soit équipé d’un réservoir de GPL en parallèle avec la bouteille de propane, l’approvisionnement en propane posant beaucoup de problèmes dans plusieurs pays étrangers. De plus, c’est très coûteux parce que, paraît-il, les bouteilles ne se consignent pas mais s’achètent, pour plusieurs centaines d’Euros. Dans le pays on les échange, mais en quittant le pays l’investissement est perdu, car non échangeable dans un autre pays… Cela vaut bien quelques heures devant un Coca-Cola ce matin, et puis un déjeuner gastronomique d’un Big Mac (pour être "big" moi-même, cf. le film Big Size Me), d’une frite moyenne et d’un Ice Tea. Ce n’est pas terrible, mais après le copieux et très bon petit déjeuner buffet de ce matin grâce à la générosité des collègues du GRETA, je résisterai.

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Published by Thierry Jamard
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