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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 11:52

Partant ce matin du pied de la Sainte-Victoire, nous ne pouvons nous passer de l’admirer encore une fois et d’en prendre encore quelques photos sous une autre lumière, puis nous nous dirigeons vers La Farlède, un village à 12 ou 15 kilomètres au nord de Toulon, non par l’autoroute comme cela semblerait le plus commode, mais à travers la montagne, sur une route étroite mais splendide (que, d’ailleurs, la carte Michelin borde d’une ligne verte pour souligner son pittoresque), par les villages de Saint-Antonin-sur-Bayon, Puyloubier, Pourrières, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Solliès. Plein les yeux.

 


Et La Farlède. Pourquoi ce village ? Certes il n’est pas laid, loin de là, mais ce ne sont pas nos guides qui le recommandent. À la fin de mon article du 21 septembre, je disais que mes amis du GRETA m’avaient offert beaucoup de cadeaux, parmi lesquels (le plus gros, aïe, aïe, aïe) était une "Escapade culturelle" Wonder Box, et que j’avais choisi une nuit avec petit déjeuner à Toulon –ce dont j’ai parlé le 21 septembre– et la visite d’une fabrique d’huile d’olive artisanale. Eh bien il s’agit du Moulin du Partégal, à La Farlède.


 

C’était passionnant. Cette huilerie possède la plus vieille oliveraie de Provence, créée quand Nyons s’est avérée incapable de fournir la demande grandissante d’olives. Certains oliviers y ont de 400 à 600 ans. Quand on les regarde et que l’on pense à tous ces gens de toutes ces générations qu’ils ont vus (qu’ils auraient vus s’ils étaient dotés d’yeux), cela donne le tournis. Par ailleurs, leurs troncs noueux, marqués par le temps et la vie comme de vieilles personnes, sont émouvants. Jusqu’en 1957, l’énorme meule verticale en granit qui tourne sur sa jumelle horizontale était mue par un moulin à eau. Un aqueduc amenait l’eau sur une gigantesque roue à aubes de 10,50 mètres de diamètre, réalisée non en bois comme d’habitude, mais en fer forgé (ma troisième photo). Le débit souvent insuffisant a justifié l’usage désormais, à sa place, d’un moteur électrique.

 

Quant à la fabrication artisanale, elle nous a été expliquée dans les moindres détails. Nous avons vu les résidus de peaux desséchés et réduits en poudre, qui seront épandus au pied des oliviers pour fertiliser la terre, nous avons vu, de même réduits en poudre, les noyaux, qui seront utilisés comme combustible et suffiront à alimenter, eux seuls, la chaudière qui chauffe 37 radiateurs sur 700m². Nous avons appris comment, lorsque la fabrication n’est pas artisanale, elle est le résultat d’un mélange revendu ensuite, absolument identique à lui-même, à diverses marques qui, pour se distinguer, teintent légèrement leurs flacons pour donner l’impression d’huiles différentes. C’est ainsi que, si l’on regarde de près l’étiquette de l’huile Puget, on voit que l’emballeur est référencé "Emb 117P". Très bien. Mais l’huile Lesieur, l’huile Maille et l’huile Carrefour proviennent du même emballeur 117P (première photo ci-dessous). Autrement dit, sous des marques différentes et des prix également très différents, elles sont strictement identiques. Quant à la Carapelli, dont la publicité se réclame de la saveur Toscane, ses olives proviennent du Maghreb.


 

Nous sommes ensuite passés à la dégustation. Dans une petite cuiller de plastique. Pas sur du pain. Attention : si, au marché, on vous fait goûter une huile sur du pain, la saveur d’un pain savamment sélectionné vous trompera sur le vrai goût de l’huile. Nous avons donc testé des huiles provenant de flacons neutres, identiques, et l'on nous a demandé de donner notre avis. Énormes différences d'astringence, d'acidité, de fruité, de puissance du goût, de fluidité sous la langue. Révélation : elles sont faites ici même, avec les mêmes olives, l’une avec cette presse artisanale, désormais interdite par l’Union Européenne, sauf à titre de démonstration ou en vente limitée et encadrée, l’autre avec une presse industrielle qui tourne à 135000 tours par minute au lieu de la meule de granit à 7 tours par minute, dans une salle entièrement carrelée que nous ne serons pas autorisés à visiter parce qu’on y pénètre avec les pieds encapuchonnés dans du plastique, avec un masque, etc. C’est ça le progrès et la sécurité. Mais quelle perte dans la qualité gustative !

 

Nous en sommes ressortis enrichis de ce savoir, intellectuellement intéressant et aussi très utile au consommateur, mais en outre avec en cadeau une bouteille de cette précieuse huile artisanale et un petit bocal de confiture de cerise. Voilà comment j’ai été super gâté par les amis du GTS77 ( cette huilerie du moulin du Partégal à la Farlède et la dégustation de foie gras à Paris rue Pierre Demours) et par les amis de l’Inspection et des établissements ainsi que des proches du lycée (dîner gastronomique au Petit Marguery à Paris et Route des Vins au domaine de Montine). Un grand, grand merci à tous. Et puis toutes ces "activités" étant pour deux personnes, j’ai eu le plaisir d’y être accompagné par Natacha, et elle-même a eu le plaisir d’en profiter et me demande de le dire dans mon blog, le sien (d’ailleurs pas commencé) ne devant être rédigé qu’en russe, ce qui ne le rendra pas forcément accessible à tous les donateurs.

 

Dans un autre domaine, je voudrais aussi remercier Monsieur et Madame PIERLOT à qui j’avais demandé le service de me réexpédier le courrier de la première semaine à l’hôtel de Toulon où nous avons passé la nuit de la Wonder Box de l’huilerie, le lundi 21. L’enveloppe de réexpédition n’était pas encore arrivée au courrier du mardi 22 quand nous sommes partis. Nous avons donc profité de ce que nous étions près de Toulon ce samedi pour passer à l’hôtel récupérer l’envoi qui a mis six jours pour arriver, alors que la grève n’a commencé que le troisième jour à Paris et le quatrième en province… Mais nous avons quand même tout reçu, puisque notre programme nous a fait revenir à Toulon.

 

Maintenant, direction Fréjus par la route de la côte, Hyères, Bormes-les-Mimosas, Le Lavandou, Cavalaire, Saint-Tropez. Nous voudrions nous arrêter pour la nuit et profiter mieux du paysage au matin, mais impossible : les campings sont déjà fermés en cette fin de saison, ou bien inaccessibles parce qu’il est plus de dix-neuf heures, on ne peut même pas se garer un instant pour regarder la carte, tout étant interdit aux camping-cars en hauteur. Enfin, à Cavalaire, nous voyons un immense parking payant du 15 juin au 15 septembre (nous sommes le 26), théoriquement limité à 1,90m (l’arceau de limitation est poussé sur le côté, libérant le passage), et affichant sur un panneau lumineux "complet" en diodes rouges (alors qu’on n’y voit qu’une dizaine de voitures pour cinq ou six cents places au moins). Nous y entrons et décidons d’y passer la nuit. Après tout, nous sommes autonomes, seul nous manque le 220V pour le micro-ondes et la wi-fi pour les ordinateurs. Eh bien nous dînerons froid, chaufferons nos petits déjeuners dans une casserole sur le gaz (notre GPL), et irons demain matin dans un McDo pour vérifier nos e-mails et poster mon blog. Nous avons "chez nous" la douche chaude, les toilettes, le réfrigérateur, un lit confortable… pourquoi ne pas nous en contenter ?

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Published by Thierry Jamard
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