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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 13:39

Le ministère du tourisme donne 3 étoiles pour ce camping de Saint-Vallier. Je lui en donne une quatrième pour la qualité de l’accueil. Que nous appelions à 16h, à 17h ou à 18h, nous tombons sur un répondeur. Nous sommes quand même allés, mais la réception était fermée. Je sonne et re-sonne, personne. Natacha, entendant des voix (pas des voix de saints comme Jeanne d’Arc. D’ailleurs je ne sais pas comment distinguer les voix de saints des autres voix), se dirige vers la maison voisine. Elle m’appelle. Un homme, assis dans le jardinet devant un apéritif, sans se lever, dit que si on veut s’installer on s’installe, et on paiera demain. Oui, mais je voudrais l’électricité. Eh bien je n’ai qu’à chercher un emplacement où il y a une borne. Cela dit, je dois reconnaître que les sanitaires sont impeccables, modernes et très propres. Mais il faut essayer quatre prises de courant avant d’en trouver une qui soit alimentée.

Enfin, ce lundi matin, après les douches, les petits déjeuners, la vaisselle, les rangements, je vais pour payer. Il est 10h30, mais la réception est déserte et fermée à clé. Enfin, je trouve un employé d’entretien qui me dit qu’il va se débrouiller parce que la secrétaire doit être à faire un tour pour tout inspecter. Je paie et demande où faire le plein d’eau et vidanger les eaux usées. Il m’indique où est le robinet, et me dit que la vidange est dans le coin. J’amène le camping-car et fais le plein d’eau, mais impossible de trouver où vidanger, et mon homme a disparu. Voilà pour ma proposition de quatrième étoile.

 


Nous descendons, par la route Napoléon, vers Grasse où l’empereur, qui revient de l’île d’Elbe et pense reprendre son empire pour… plus de cent jours si possible, qui a débarqué à Golfe Juan mais dont les émissaires à Antibes, au lieu de fraterniser avec la garnison, ont été emprisonnés, et qui a jugé en conséquence plus prudent de passer par la montagne, fait à l’entrée de Grasse une halte casse-croûte d’une heure pendant qu’on lui cherche des mulets parce qu’on l’a informé que vers Saint-Vallier il n’y a pas de route mais seulement un chemin muletier. Une stèle indique l’emplacement où Napoléon a posé ses impériales fesses.

 

Le camping-car garé le long d’un trottoir dès l’entrée de la ville, nous allons à pied vers le centre et notre journée va être bien remplie avec la capitale mondiale de la parfumerie. D’abord, le M.I.P., Musée International de la Parfumerie.

 

Dans une pièce obscure, sur un grand écran, nous voyons des images, ville, forêt, fraise, melon, et parallèlement nous percevons des parfums de senteurs correspondantes. Un espace type serre présente des plantes aromatiques, mais aussi on peut toucher et identifier des substances, pas seulement florales mais aussi minérales ou autres.

 

Ailleurs, c’est un musée extrêmement riche de vases à parfums, pots à onguents, accessoires de soins, de toilette et de maquillage, des antiquités égyptienne, grecque, romaine, chinoise, et jusqu’aux époques plus récentes, d’Inde, du Mali, du Japon, d’Europe. Une remarquable collection de flacons de parfums des dix-neuvième et vingtième siècles permet de voir l’évolution des formes et étiquettes. Ailleurs encore, ce sont les alambics et autres éléments de fabrication.



En sortant, nous perdons un peu de temps parce que je dois retourner mettre une pièce dans le parcmètre avant la visite de la parfumerie Fragonard. Pas de lien familial entre le peintre du dix-huitième siècle né à Grasse et où il a passé la plus grande partie de sa vie, et la parfumerie. En fait, la parfumerie a adopté ce nom comme un lycée peut s’appeler Léonard de Vinci sans que son proviseur soit un descendant du peintre.

 

Dans la partie musée, qui est du même type que celui du M.I.P. en moins riche, les photos sont interdites. Nous passons donc rapidement et arrivons à l’étage de l’usine juste au moment où va démarrer une visite guidée. En anglais, mais pourquoi pas ? Là, les photos sont autorisées. Cette partie est très intéressante. Nous apprenons qu’il faut une tonne de fleurs de jasmin pour obtenir un litre d’essence. Notre guide nous explique comment on extrait le parfum des plantes, nous montre comment on filtre finement les dernières impuretés sur des filtres en papier placés dans de grands entonnoirs, nous voyons un atelier de fabrication du savon, les granulés inodores et incolores, le mélange avec les extraits, ici de lavande, donnant couleur et parfum, puis comme sur la photo le laminage de copeaux en nappes, et enfin le moulage du savon définitif.

 

 

 

Avant de finir, nous passons devant le laboratoire de recherche et de création. Un "nez" reçoit une formation de cinq ans d’études puis de sept ans de stage. De quoi se demander s’il a le temps de devenir opérationnel avant de prendre sa retraite. Mais il est vrai qu’un "nez" est capable d’identifier jusqu’à 2000 odeurs différentes. Après la visite, nous débouchons dans une pièce où notre guide nous propose d’identifier, nous qui n’avons pas étudié si longtemps, les composantes de trois parfums féminins et de deux masculins. Dur, dur. Dans "Étoile", on reconnaît du citron, peut-être du jasmin. En fait il y a en senteurs primaires, du citron, de la bergamote, de la pomme et du gingembre. En senteurs secondaires jasmin, gardénia et muguet. En senteurs tertiaires bois de cèdre, ambre, musc. La conjonction de tous les nez de notre petit groupe de touristes est bien loin du compte.

 

 

 

Dans d’autres espaces de cette salle d’expérimentation touristique se vendent parfums, eaux de toilette, laits pour le corps, savons, sels de bain, etc. La visite est gratuite, les prix sont très nettement inférieurs à ceux qui sont pratiqués en parfumerie, mais il n’empêche que, vu le volume des paquets emportés par les visiteurs, la gratuité de la visite est un très bon deal pour Fragonard.

 

Nous passons encore un bon moment à Grasse pour visiter la vieille ville si pittoresque accrochée à la montagne, ses ruelles étroites, et aussi sa cathédrale construite à partir de 1244 qui contient plusieurs grandes toiles de Rubens. À noter aussi qu’une restauration récente de la toiture a révélé la présence de vieilles tuiles plates du treizième siècle, dont très peu d’exemplaires au monde sont parvenus jusqu’à nous.

 

 

Enfin, nous partons pour Cannes, où nous faisons une longue promenade sur la Croisette. Devant le Palais des Festivals, les mains de nombreux acteurs et réalisateurs sont moulées dans le sol.


 
Après cela, nous cherchons un camping, mais ou bien ils sont hors de prix, ou bien ils considèrent finie la saison et sont fermés. Par conséquent, avec l’eau chargée ce matin nous sommes autonomes et nous passerons la nuit en camping sauvage. Mais partout la hauteur est limitée, ou le stationnement le long des trottoirs est interdit aux camping-cars. Sur le front de mer, je veux bien comprendre, pour l’esthétique. Mais dans les rues, là où il y a de la place, la loi devrait interdire aux municipalités d’interdire. Après avoir bien tourné sur trois communes, nous partons pour la "nature". Mais même là, les routes n’ont pas de bas-côtés praticables, le moindre coin de forêt est privé et clos de grillages. Nous parcourons douze kilomètres avant de trouver un bas-côté suffisamment large pour que nous puissions nous y établir sans danger. C’est loin de Grasse, cela semble isolé, nous devrions dormir au calme. Et nous sommes prêts à nous coucher un peu après deux heures du matin. Bah, nous nous lèverons plus tard.

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Published by Thierry Jamard
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