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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:46

Hier, je disais que, couchés très tard, nous nous lèverions plus tard. Hé non. Dès avant six heures, les conducteurs réaccélèrent à fond après le rond-point voisin. Il y a tant et tant de voitures que vers 7h30 le bruit diminue : un bouchon. Plus de folle accélération. Circulation bloquée. Apparemment, c’est engorgé sur les douze kilomètres jusqu’à Grasse. Nous prenons donc tout notre temps pour effectuer tranquillement toutes les opérations matutinales habituelles, petit déjeuner, douche, vaisselle du dîner et du petit déjeuner, et puis nous lisons, nous préparons notre journée avec les guides touristiques. Il n’est pas moins de dix heures quand, enfin, une circulation normale se rétablit. Que s’est-il passé ? Les voitures sont immatriculées 06, ce ne sont donc pas des touristes. Pas non plus des retraités venus chercher le soleil dans le Midi, pourquoi seraient-ils sur les routes à cette heure matinale ? Je n’imaginais pas que, hors saison, tant de gens puissent déferler des environs pour aller travailler dans une ville somme toute pas si importante. Et je n’imaginais pas que, dans leur ardeur pour aller au travail, ils nous réveilleraient de si bon matin.


 

 


 La journée sera consacrée à Cagnes-sur-Mer. Nous allons d’abord dans le centre ville pour visiter la maison de Renoir. Nous nous garons un peu loin, et faisons ensuite le chemin à pied, pour voir sur le panneau que ce musée est fermé le mardi, comme les musées nationaux. Raté. Alors que, raisonnablement, nous devrions déjà être dans le sud de l’Italie, voire en Grèce, nous décidons de rester un jour de plus. Nous reviendrons demain.

 

Nous allons jeter notre dévolu sur le château. Il est juché au Haut de Cagnes, c’est-à-dire sur la colline aux versants abrupts qui surplombe la ville moderne (première photo). Les rues qui montent à l’assaut sont en pente terriblement raide. C’est un trajet à déconseiller par forte chaleur ou si l’on est un peu fatigué, mais sinon le jeu en vaut la chandelle. Les petites ruelles tortueuses, entrelacées, les façades anciennes, les portes des maisons, tout attire le regard. C’est l’un des lieux les plus impressionnants de notre voyage jusqu’à présent. Soufflant, transpirant, nous arrivons enfin au sommet. Sur la porte du château, un panonceau informe que, pour cause de démontage d’une exposition temporaire, le château est fermé au public les 28, 29 et 30 septembre. Bravo !

 

Mais après tout, nous ne regrettons pas notre ascension. Nous restons un moment à souffler, admirant le paysage qui s’offre à nous d’en haut (photo ci-dessus). Nous tournons autour du château, nous apprêtant à redescendre, quand je vois une petite porte de bois sur laquelle il est dit de pousser fort pour accéder à l’église Saint-Pierre. Je pousse donc fort, et découvre que cette porte donne sur une galerie au fond de l’église. Un petit escalier, sur le côté, permet de descendre au niveau du chœur. Bâtie à flanc de colline, cette église dispose donc d’un accès haut d’un côté, et d’un accès bas de l’autre côté. Outre cette particularité assez rare à ma connaissance, elle est également intéressante par elle-même, et elle est décorée de grandes peintures réalisées et offertes il y a une dizaine d’années par un habitant de ce lieu. Il s’agit de scènes de la passion de Jésus, dans des costumes paysans provençaux traditionnels, sans doute dix-neuvième siècle et, paraît-il, on peut reconnaître les modèles des personnages parmi les habitants du Haut de Cagnes (photo ci-dessous).

 

 

Après cela, nous redescendons vers la ville moderne par le versant opposé. Des maisons sont construites dans la courtine, les rues sont pavées à l’ancienne, et par endroits on a de belles échappées sur la campagne environnante. Et toujours ces passages voûtés sous des bâtiments, des arcs en pierre au débouché des rues, une profusion de fleurs, d’arbustes, et comme l’accès est difficile pour les voitures, elles sont rares, laissant la plupart du temps l’impression que l’on est transporté bien des siècles en arrière.

 

Nous regagnons la voiture, laissée dans un parking original qui me rappelle un sketch de Raymond Devos. Dans ce sketch, les voitures arrivent sur le rond-point, mais toutes les rues qui y convergent étant à sens unique, il est impossible d’en sortir, et elles tournent sans cesse. Là c’est un peu différent : On entre normalement dans le parking, le seul panneau dit que l’on pénètre en zone jaune, au tarif d’un Euro par demi-journée. On prend un ticket au distributeur pour être en règle, tout va bien. Mais quand on revient, on se rend compte que deux panneaux de sens interdit, situés l’un à droite et l’autre à gauche, confirment le sens de la grosse flèche blanche peinte sur le sol : ceci est l’entrée, pas la sortie. Très bien, mais… à l’autre bout, avec une flèche au sol indiquant la sortie, il y a un portique limitant la hauteur à 1,80m. Avec mes trois mètres, je ne peux sortir. Heureusement, nous sommes dans le Midi, ce qui veut dire que l’on s’affranchit aisément des règles. Voyant plusieurs voitures basses s’engager sans hésiter en sens interdit pour s’éviter un détour, je décide de faire de même.

 

Notre camping, cette nuit, est très confortable, et nous avons été accueillis avec beaucoup de gentillesse et d’efficacité. Nous allons nous reposer pour bien profiter des visites de demain.

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Published by Thierry Jamard
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