Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 21:20

Enfin, (mercredi 7) je peux me connecter et poster les articles que j'ai préparés !

Saint-Paul-de-Vence, c’est d’abord un splendide village médiéval perché. C’est aussi l’endroit où Chagall a vécu, est mort, est enterré. Il s’était précédemment installé à Vence, mais le terrain proche de sa maison a été vendu, construit de hauts immeubles qui lui ont caché la vue, les nouveaux habitants plongeaient sans cesse leur regard chez lui. Furieux, il a déménagé vers Saint-Paul. Mais ici, on ne peut voir sa maison, bâtie hors du village ancien, sur un terrain entouré d’arbres et de clôtures, et actuellement habitée par des personnes privées. De musée, point.

 


Nous sommes quand même allés à Saint-Paul-de-Vence ce vendredi 2 octobre. La personne qui tient l’office de tourisme s’est montrée très aimable, très impliquée, et quand elle a su que Natacha avait un projet sur les relations entretenues par les artistes ou scientifiques originaires, comme Chagall, de ce qui est aujourd’hui la Biélorussie, elle s’est donné beaucoup de mal pour trouver tout ce qu’elle avait sur le sujet et pour en faire des photocopies.

 

On peut voir, derrière la chapelle Sainte-Claire, hors du bourg médiéval, des reproductions de toiles plantées là où le peintre plaçait son chevalet, comme pour Van Gogh à Auvers ou Cézanne à Aix-en-Provence. Ci-contre, c’est une œuvre intitulée Couple au-dessus de Saint-Paul. J’avais vu, en exposition ou en reproduction dans des livres, pas mal d’œuvres de Chagall, mais je n’avais jamais vu celle-là. Peut-être parce que, comme le dit le petit écriteau en-dessous, elle appartient à une collection particulière.

 

Saint-Paul-de-Vence, c’est aussi, à quelque distance du bourg, cachée dans les bois, la Fondation Maeght. Il s’y trouve très peu d’œuvres de Chagall, mais elle possède de nombreuses autres œuvres d’art comtemporaines, comme celles de Miró. Nous connaissons déjà, nous y sommes venus, Natacha et moi, en 2001. Si quelques artistes contemporains me touchent ou m’intéressent, la plupart me laissent indifférent. Aussi ai-je préféré laisser Natacha s’y repaître à loisir et pendant ce temps-là aller me promener. Souvent assis derrière le volant, piétinant des heures dans les musées, j’aime aussi de temps à autre me dégourdir les jambes et marcher. Ce que j’ai fait, partie dans les bois, partie autour de la ville haute.

 

Nous sommes en octobre. Beaucoup de campings ont fermé fin septembre, d’autres sont hors de prix ou assez éloignés. Il nous reste de l’eau dans le réservoir, nous passerons la nuit sur un stationnement que nous avons repéré à Cagnes, entre un établissement scolaire et un complexe sportif. Calme assuré jusque vers 7h30 ou 8h.

 

Samedi 3 octobre. Puisque nous n’avons pas eu la possibilité de voir le musée Picasso à Antibes l’autre jour, nous retournons à Antibes. Comme il n’est pas trop tard, il reste quelques places de stationnement dûment marquées au sol, le long de la route qui vient de Villeneuve-Loubet le long de la mer, juste avant le parc limité en hauteur. Ce qui est très positif, c’est qu’en cet endroit assez éloigné du centre passe tous les quarts d’heure une navette gratuite. Ce qui est plus négatif (mais secondaire), c’est que les amortisseurs (dans le bus de l’aller comme dans celui du retour) semblent avoir été démontés pour donner l’impression que l’on roule dans un carrosse du passé, sans suspension. Je me demande même comment, totalement morts, ils peuvent passer les contrôles techniques de sécurité.

 

Nous commençons en traînant dans la braderie, ou le vide grenier, ou la brocante, qui s’étale sur la place Nationale, au cœur de la vieille ville, et dans les rues avoisinantes. Nous y avons trouvé une collection de livres reliés de tous les auteurs couronnés d’un prix Nobel, vendus (les livres, pas les auteurs) un Euro pièce, deux Euros les trois. Nous sommes repartis avec un roman de Bounine, que Natacha rêve de me faire découvrir et qui a vécu à Grasse après la révolution soviétique de 1917. J’avoue qu’il n’est pour moi guère plus qu’un nom. Et puis, nous sommes arrivés au marché, qui s’affiche "Marché provençal". Pour l’illustrer, je mets donc une photo très colorée d’épices variées. Un marchand vend du raisin Italia à 9,50 Euros le kilo alors que j’en ai acheté la veille à Carrefour pour 1,50. Ce n’est sans doute pas la même qualité, mais quand même ! Juste à côté, d’autres commerçants pratiquent des prix normaux. Nous nous offrons quelques fruits confits magnifiques, et –nous le saurons ensuite, à la dégustation– délicieux. Un autre commerçant a installé, sur une classique remorque à bagages, un four à bois à dôme de ciment et grande cheminée de tôle. Il y cuit une spécialité locale, un genre de crêpe épaisse à base de farine de pois chiche. Nous nous en prenons deux parts. C’est bon, mais nous n’en ferions pas notre quotidien.

 

La cathédrale est fermée, mais nous avons largement le temps d’en faire le tour et d’en contempler la façade, les portes aux vantaux sculptés, parce que le musée Picasso situé juste en face n’ouvre qu’à 14h, nous laissant une bonne heure d’attente. Nous faisons aussi une balade sur le front de mer. Enfin, les portes s’ouvrent. D’abord une très grande série de Picasso posant devant ses œuvres. Il aimait un peu trop, à mon goût, se mettre en scène en slip, ou torse nu, et toujours avec un air sévère, pas le moindre sourire. J’ai adoré une grande collection de poteries de Vallauris, et aussi beaucoup de dessins de faunes, de nymphes et de centaures. J’ai été frappé par le fait que faunes et centaures ont des têtes de taille normale, tandis que la tête des nymphes est un cercle tout petit, en tous cas beaucoup plus petit que chacun de leurs seins. Je ne suis ni Freud, ni expert en peinture contemporaine, je n’en tirerai aucune conclusion. À d’autres de le faire et, si possible, de me communiquer leurs conclusions. Pour le reste, j’ai également beaucoup apprécié ce qui est figuratif, même cubiste, et beaucoup moins ce qui ne l’est absolument pas. Dans le musée, on trouve aussi d’autres artistes, comme Nicolas de Staël, que j’adore. Aucune photo autorisée…

 

Pas de photo non plus au Musée Peynet et du dessin humoristique. Hier, à la Fondation Maeght, Natacha a pu acheter, pour 2,50 Euros, le droit de faire autant de photos qu’elle voulait. Eh bien, je me venge en mettant ici une photo de pigeon que j’ai faite pour m’amuser sur le parvis de la cathédrale, en attendant. Revenons-en à Peynet. Raymond Peynet a 38 ans quand, en 1947, il passe en famille des vacances sur la Côte d’Azur et tombe amoureux de la région. Il y achète une ancienne tour sarrazine mais continue de vivre à Paris. En 1976, il s’installe à Antibes. Son œuvre est essentiellement axée sur les célèbres amoureux, mais il a travaillé dans de multiples domaines, la publicité, le décor de théâtre, le dessin humoristique, l’illustration lithographique de livres, etc. Une bonne présentation du personnage et de son œuvre.

 

Nous voulions, ensuite, aller voir Nice. Nous avons tourné deux heures un quart, montre en main, sans trouver ni stationnement le long d’un trottoir, ni parc de stationnement, tous étant souterrains avec hauteur limitée. Un seul était en surface, mais bondé. Nous sommes repartis sans avoir pu mettre le pied à terre. Loin, très loin, dans le quartier de Saint-Isidore, nous allons à Carrefour, puis à McDo, mais il est tard, nous avons juste le temps de voir nos boîtes mail avant la fermeture. Pas de camping… Réserve d’eau au plus bas… WC chimique assez plein… Eh bien, nous nous offrons une nuit à l’hôtel Kyriad.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche