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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 03:53

 

488a1 Casamari

 

L’abbaye de Fossanova nous a tellement plu que nous avons encore parcouru les rues avant de faire route vers une autre abbaye cistercienne, celle de Casamari. La photo ci-dessus montre le portique d’entrée sur le domaine.

 

488a2 Casamari

 

488a3 Casamari

 

Ci-dessus, la même entrée, vue de l’intérieur. Dans l’Antiquité, un noble romain du nom de Caius Marius (on prononce Gaius, bien sûr, comme je l’ai expliqué le 18 décembre) avait ici sa propriété, et sa maison était désignée par "Maison de Marius", soit "Casa Marii", d’ou le nom du monastère qui n’a rien à voir avec le nom de Marie mère de Jésus. Le domaine, lui, un bourg avec ses habitations, ses commerces, ses fermes, avait nom Cereatæ Marianæ, comme attesté par une inscription antique découverte en 1843 :

 

488a4 Casamari

 

"Felici Victorio, V[iro] E[gregio], patrono, pro meritis. Ordo Cereatinorum Marianorum". Soit : "Au commandant Félix Victorius, homme remarquable, en vertu de ses mérites. L’ordre des habitants de Cereatæ Marianæ".Rien ne dit où est conservée cette plaque. J'ai reproduit ici une mauvaise image placardée à l'entrée du site.

 

Dès 1035, des moines bénédictins viennent bâtir sur les restes de ce gros village, précisément là où s’était élevé un temple du dieu Mars, une première abbaye. Mais un siècle plus tard, ils sont en proie à une grave crise morale, en même temps qu’ils se débattent dans de grosses difficultés économiques.

 

488b1 Casamari

 

Or, précisément à cette même période, le charismatique Bernard de Cîteaux donne un lustre exceptionnel à son abbaye française. Casamari passe alors, en 1149, entre les mains de moines cisterciens qui, immédiatement, construisent une église que dès 1151 le pape Eugène III (1145-1153), qui avait lui-même été Abbé cistercien, est venu consacrer. Cette gravure, qui est encadrée et accrochée à un mur du monastère, porte pour toute légende le nom de l’abbaye, mais ni date, ni nom d’artiste.

 

488b2 Casamari

 

488b3 Casamari

 

Malgré tous les travaux et aménagements effectués au cours des siècles, et même si le point de vue de la gravure est différent et que l’environnement a complètement changé, on ne peut douter en voyant cette façade et ce porche que l’église date du douzième siècle. Elle a fière allure, au haut de ces marches. Au fond de ce porche, le portail est surmonté d’un très bel arc en plein cintre, presque aussi large que la hauteur du portail.

 

488b4 Casamari

 

Les vantaux du lourd portail portent les symboles des quatre évangélistes, tandis que le tympan est décoré d’une profusion de feuillages.

 

488c Casamari

 

De chaque côté de ce portail, les colonnes sont surmontées de très beaux chapiteaux, mais nous sommes dans une abbaye cistercienne, pas dans une église de ville. Par conséquent on ne doit pas s’attendre à y trouver des diables, des sirènes, des scènes de l’Ancien ou du Nouveau Testament.

 

488d1 Casamari

 

Quand nous pénétrons dans l’église, nous retrouvons l’ambiance de ces abbatiales, dont la beauté est austère mais toute empreinte de noblesse et de grandeur.

 

488d2 Casamari

 

Toutefois on peur constater que les moines n’ont pas poussé le dépouillement jusqu’au bout. Je dirais même que ce baldaquin est presque incongru, là en plein milieu, seul élément de décoration dans une vaste église sans statues, sans autre mobilier que des bancs, aux fenêtres en verre transparent sans vitraux.

 

488e Casamari, sur une fontaine

 

Nous ressortons de l’église pour aller voir les bâtiments du monastère. Dans le parc, une fontaine. Et sur cette fontaine… des abeilles. Hé oui, nous sommes encore dans le Latium, les États Pontificaux, et cet Urbain VIII qui nous a poursuivis (ou, pour être honnête, que nous avons traqué) partout dans Rome, le voilà ici aussi, à Casamari.

 

488f1 Casamari

 

488f2 Casamari

 

Nous voici à présent dans le cloître. Rien à voir avec celui de Fossanova que nous avons visité hier. Rien, sauf ces colonnettes d’aspect très varié que je disais d’inspiration lombarde, et pour lesquelles je réitère ce jugement.

 

488f3 Casamari

 

Sur l’un des murs du cloître, un cadre de plâtre près duquel pend la corde d’une cloche, entoure des instructions peintes à fresque. Ce sont les "signaux pour les religieux chargés d’un emploi". Le monastère est encore aujourd’hui occupé par des Cisterciens, mais comme il n’y avait personne dans les parages je n’ai pas pu demander si ces signaux sont encore en usage de nos jours.

 

488g Casamari, salle capitulaire

 

Nous avons vu hier que le chapitre était la salle de réunion quotidienne des moines, nous avons vu aussi comment s’y déroulaient les séances. C’est bien sûr la même chose ici, à part qu’il n’y a pas de banquettes de pierre le long des murs et que par conséquent les participants prennent place sur des chaises. Cette salle est du treizième siècle.

 

488h1 Casamari, réfectoire

 

488h2 Casamari, réfectoire

 

Nous sommes, ici également, dans la partie du monastère qui a été construite au treizième siècle. Quelques sets oubliés sur les dernières tables avant le crucifix, ainsi que –ce qui ne peut se voir sur la photo– quelques miettes de pain, trahissent l’usage de cette salle. C’est le réfectoire. Quand j’évoque ces miettes de pain sur une table, c’est un tout petit détail en passant, parce que les lieux sont entretenus parfaitement, on se mire dans le sol, et on pourrait, comme à l’armée, passer la main gantée de blanc sur les chapiteaux ou les dessus de portes, le gant resterait immaculé.

 

488i Casamari

 

Dans le couloir devant l’entrée d’une salle où j’aperçois quelques personnes penchées sur leurs tables, bureau ou bibliothèque, je ne sais, cette Vierge ne porte aucune indication de date ni de provenance. En dehors des couvre-chefs qu’elle et l’Enfant Jésus portent en équilibre sur le sommet de leurs crânes, je trouve très belle cette statue, les couleurs ne sont pas agressives, la position de la main droite de Marie exprime un geste d’accueil généreux, le visage est fin.

 

Après notre visite du monastère de Casamari, nous dirigeons nos roues vers Montecassino. Mais nous souhaitons avoir notre temps, aussi allons-nous passer la nuit dans la ville, et nous monterons demain matin là-haut où est niché ce monastère. Ce sera le troisième que nous visiterons en trois jours…

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Published by Thierry Jamard
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