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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:36

 

654a1 Acquaviva delle Fonti, église Sainte Claire

 

654a2 Acquaviva delle Fonti, Santa Chiara 

Nous avons passé la nuit à Casamassima. Empruntant une petite route nous arrivons en moins de dix kilomètres à Acquaviva delle Fonti. Et, compte tenu du fait que nous sommes dans les Pouilles, que sommes-nous venus voir ? Une cathédrale, bien sûr. Mais auparavant, bref tour en ville. Nous passons devant cette vieille église Santa Chiara mais faute de la moindre information à son sujet, je ne m’attarde pas. Encore un mot. La région est très sèche puisque le terrain calcaire s’imbibe des eaux de pluie ou, fracturé, laisse s’écouler l’eau en profondeur. Mais cette ville a l’exceptionnel privilège d’être construite sur un terrain argileux qui retient une nappe d’eau à faible profondeur, justifiant ce nom d’Eau Vive des Fontaines. D’où une richesse fondée sur l’horticulture.

 

654a3 Acquaviva delle Fonti, Arco di Santa Chiara 

Tout près de l'église, cette rue pittoresque passe sous ce double arc qui, on peut s’en douter, porte le nom d’arc de Santa Chiara. Le second est visiblement un passage entre deux immeubles, mais le premier semble faire partie d’un mur de ville.

 

654b1 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

654b2 Acquaviva delle Fonti, cattedrale 

654b3 Acquaviva delle Fonti, cattedrale 

La première pierre de cette église, qui tient le rang de l’une des quatre basiliques palatines des Pouilles (c'est-à-dire dépendant directement du palais de l'empereur –et du pape, bien sûr–, et d'aucun évêque ou cardinal), aurait été posée par Roger II (1095-1154) dans la première moitié du douzième siècle. Mais au seizième siècle, entre 1529 et 1594, l’église a été reconstruite, de sorte qu’il n’y reste que peu d’éléments de l’époque normande, et au contraire on peut la considérer comme l’une des très rares églises Renaissance des Pouilles. Si, d’un côté, elle est accolée à un autre bâtiment, son flanc et son abside sont au contraire dégagés, le flanc donnant sur une place et un certain recul pouvant être obtenu vers l’abside en s’enfonçant au fond d’une petite impasse. Les éléments romans qui subsistent sont les lions qui encadrent l’entrée (je vais en montrer un dans un instant), et l’un des campaniles de l’abside (qui, n’étant pas en face de l’impasse, n’a pas été accessible à mon objectif).

 

654b4 Acquaviva delle Fonti, rosace de la cathédrale 

654b5 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

J’oppose ici la rosace, magnifique œuvre de la Renaissance, et l’un des deux lions dont j’ai parlé, typique des encadrements de portails du Moyen-Âge. Lui aussi est splendide, et tant sa tête et sa crinière que son corps sont d’une exécution beaucoup plus soignée que celle de bien des églises, mais ces lions stylophores ayant un corps assez long, la colonne ne repose pas sur leur croupe et leurs pattes postérieures, mais sur leur dos, et le poids aurait brisé la sculpture, aussi l’artiste a-t-il dû placer sous le ventre de l’animal et à l’aplomb de la colonne un bloc de soutien qui gâche un peu l’effet.

 

654b6 Acquaviva delle Fonti, cattedrale

 

Au-dessus du portail, dans le tympan, on peut voir un cavalier et, tout petit, en haut, un cerf avec une croix entre les cornes. C’est saint Eustache. Je ne trouve pas la sculpture tellement originale ni intéressante, et je préfère montrer celle qui se trouve encore au-dessus. Nulle part je n’ai trouvé de commentaire à son sujet mais je ne vois pas d’autre interprétation que Dieu le Père tenant la sphère du monde dans sa main.

 

654b7 Acquaviva delle Fonti, cathédrale

 

Enfin, tout en haut du fronton, nous voyons une intéressante Vierge à l’Enfant. Elle est couronnée et assise sur un trône, et elle tient Jésus nu et debout sur son genou. Elle est contemporaine de la reconstruction du seizième siècle, mais si le mouvement de son vêtement est bien caractéristique du style de la Renaissance, je lui trouve curieusement un visage qui ne surprendrait pas sur une statue du quatorzième siècle. Sur ma toute première photo de la cathédrale, celle de la façade principale avec la rosace, on distingue qu’au bas de chaque côté du fronton, des statues en pied entourent la Vierge. Ce sont deux apôtres, non définis.

 

654b8 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

654b9a Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

654b9b Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

654b10 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

Terminons notre tour de l’extérieur de l’église avec ces sculptures. Sur la première photo, on voit que comme au Moyen-Âge les colonnes encadrant la fenêtre reposent sur de petits lions, mais la forme de la fenêtre, située sur le flanc mais plus à droite que le bord de ma photo, n’a rien de normand. La deuxième photo représente une fenêtre visible sur ma photo du flanc, encadrée d’une figure féminine au buste nu et d’une figure masculine à la grande barbe . Les corps ne s’achevant pas par des jambes, on ne peut parler d’un couple cariatide / atlante, mais leur base n’est pas non plus celle, carrée, de ce qu’on appelle des hermès. Au bas de ce qui est encore un ventre et devant ce qui n’est déjà plus un corps humain, se développe une grande feuille de vigne. Quant à la frise sous la fenêtre (ma troisième photo), elle est une représentation de cariatides en bas-relief, tout à fait fantaisistes. Depuis l’Antiquité (Parthénon) et jusqu’à une époque relativement récente, vers le dix-huitième siècle, la position des cariatides est plutôt rigide, hiératique. Or nous sommes à la Renaissance, et celles des extrémités regardent sur le côté, une autre, fatiguée, ne porte l’entablement que d’une main et de l’autre se tient la tête, et surtout une autre encore remonte sa robe sur sa jambe nue et donne l’impression qu’elle se gratte. Tout cela relève d’une remarquable fantaisie. Enfin, ma dernière photo montre une colonne présentée comme une jambe habillée de braies resserrées à la cheville, mais qui se termine en patte griffue et qui repose sur une tête d’homme à la chevelure crépue mais au faciès de blanc. Je pense que, bien que le pays ne soit plus aux mains des Sarrasins depuis belle lurette, l’artiste a voulu se faire le continuateur de la tradition des églises normandes ou souabes où l’on donnait en sculpture un rôle d’esclave aux ennemis, et tout particulièrement aux Arabes.

 

654c1 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

Mais entrons dans l’église. On voit dès le premier coup d’œil que l’on n’est pas dans une église normande, mais typiquement Renaissance. Il y a, certes, trois nefs comme dans les basiliques d’autrefois, mais elles sont presque fondues en une seule, l’église est aérée, et les dorures abondent. Néanmoins, ce n’est pas encore le baroque, avec ses sculptures, en stuc ou en pierre, partout sur les murs, les colonnes, les autels.

 

654c2 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

654c3 Acquaviva delle Fonti, cathédrale 

Ce que je viens de dire n’exclut pas quelques sculptures intéressantes. Comme on le voit sur ma première photo, une tête d’ange –puisque deux ailes lui servent de fond– tient des tiges de fleurs dans sa bouche. Et il n’est pas souriant, on dirait qu’il les vomit, ses fleurs. Ma seconde photo montre deux sculptures qui se font pendant en se regardant. C’est une Annonciation. À gauche, l’archange Gabriel est animé d’un beau dynamisme, sa robe et ses cheveux volent en arrière dans le mouvement de ses ailes tandis qu’à droite Marie, en mouvement elle aussi, mais en mouvement statique, c’est-à-dire sans se déplacer, ouvre ses bras en geste de surprise et donne l’impression de tomber à la renverse sous le choc de la nouvelle.

 

654d1 Acquaviva delle Fonti, palazzo de Mari (sec. XII) 

654d2 Acquaviva delle Fonti, palazzo de Mari (sec. XII) 

654d3 Acquaviva delle Fonti, palazzo de Mari (sec. XII) 

Laissons là cette cathédrale. Tout près se dresse le beau palazzo de Mari où la Municipalité s’est établie. Au cinquième siècle il y avait ici un système de défense transformé en un puissant château de près de 5000 mètres carrés par le comte normand Robert Surguglione, feudataire de la cité à partir de 1122. Mais de ce château il reste bien peu de chose aujourd’hui, car il a été l’objet de modifications et restructurations tellement profondes que l’on pourrait parler de reconstruction, et aujourd’hui il a une apparence clairement baroque.

 

654d4 Acquaviva delle Fonti, palazzo de Mari (sec. XII) 

654d5 Acquaviva delle Fonti, palazzo de Mari (sec. XII) 

Autour de la cour intérieure, et sur les différents niveaux, on compte un total de trois cent soixante pièces. Les photos ci-dessus sont prises l’une de l’entrée, l’autre depuis la loggia que l’on voit sur la première. On peut voir sur la loggia la porte qui donne sur ce que l’on appelle l’étage noble, surmontée de l’inscription “Carolus de Mari, Aquavivæ princeps”, soit “Charles de Mari, prince d’Acquaviva”. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour la pauvre princesse d’Acquaviva qui, pendant que son mari chassait le lapin dans la garenne ou tapait le carton avec ses copains à l’auberge, donnant une claque sur les fesses de la serveuse, était obligée de passer l’aspirateur dans les 360 pièces et d’y faire les carreaux. Comme quoi ceux que l’on appelle les déshérités qui vivent à dix dans une pièce ne connaissent pas leur bonheur, de n’avoir qu’une fenêtre à nettoyer et un dixième de pièce à aspirer…

 

654e1 Gioia del Colle 

654e2 Gioia del Colle

 

Retournant vers la grand-route de Bari à Tarente, nous nous rendons ensuite à Gioia del Colle. Nous garons notre gros véhicule sur un parking hors les murs et nous dirigeons vers cette noble entrée de la ville. La seconde photo montre un détail à peine discernable sur la précédente : cette tête est en quatre exemplaires au-dessus des cintres de la loggia du premier étage, juste en dessous des quatre fenêtres rectangulaires murées. Au milieu, il y a aussi une tête, mais elle n’est pas aussi originale parce qu’elle ne tire pas la langue. Dans cette ville, nous souhaitons voir un important château construit au onzième siècle par le Normand Richard Siniscalco –frère de Robert Guiscard– sur un ancien bâtiment byzantin, et restructuré par Frédéric II vers 1230 à son retour de croisade. Mais, situé en pleine ville alors qu’en général ces châteaux sont situés sur une colline un peu à l’écart, il est caché par les murs des immeubles qui l’entourent et n’est pas visible de loin. Aussi, ne disposant pas de plan de la ville, je m’approche d’une jeune fille d’environ vingt-cinq ans, pas une gamine, et, poliment, m’adresse à elle : “Buona sera. Prego, dov’è il castello normanno ?” Sans doute m’a-t-elle pris pour un satyre (je précise quand même que Natacha marchait à côté de moi) car j’étais sans cravate, et mes chaussures Salamander pouvaient fort bien cacher mes éventuels sabots de bouc, car sans me répondre elle a pris ses jambes à son cou et a fui à toute vitesse à une cinquantaine de mètres. Sans doute cette question était-elle choquante mais lorsque je l’ai réitérée deux minutes plus tard auprès d’un policier, il ne m’a pas passé les menottes et nous a aimablement indiqué le chemin. Avis important aux touristes : Si vous vous rendez à Gioia del Colle, ne demandez surtout pas votre chemin aux jeunes filles, sous peine de les effrayer.

 

654f1 Gioia del Colle 

654f2 Gioia del Colle 

654f3 Gioia del Colle 

C’est le château, que nous cherchions ; mais sur l’itinéraire qui nous était indiqué nous passons devant cette église dont j’ignore le nom et sur laquelle je n’ai pas d’informations mais qui est de style Renaissance. Sur la façade, j’aime particulièrement cette statue de la Vierge, toute jeunette, et qui regarde son bébé avec une tendresse touchante.

 

654g1 Gioia del Colle, château souabe 

Le voici enfin, ce château, avec ses grands murs, hauts, longs, massifs, d’autant plus imposants sans doute que l’on n’a pas de recul pour les voir, et qu’ils surgissent soudain au détour d’une rue. Et puis ses bossages de pierre sur les murs, ses meurtrières, ses rares petites fenêtres, tout cela lui donne un aspect impressionnant.

 

654g2 Gioia del Colle, château souabe

 

654g3 Gioia del Colle, château souabe 

654g4 Gioia del Colle, castello svevo 

Lorsque nous sommes dans la cour du château (la première de ces photos est prise de l’intérieur, en étage) ce que nous voyons est purement frédéricien, il ne reste rien ici du château normand. Les Angevins puis les Aragonais ont apporté des modifications, puis le château a été consacré à divers usages qui l’ont défiguré. Mais les travaux récents de restauration ont rendu leur aspect d’origine à la plus grande partie des bâtiments, et ici nous sommes dans l’un de ces endroits qui ont retrouvé leur aspect du treizième siècle. Les lions sont l’emblème de Frédéric II.

 

654h1 Gioia del Colle, château souabe 

654h2 Gioia del Colle, château souabe

 

Ceci est la salle du trône. C’est beau, c’est noble. Le style est celui du Moyen-Âge, mais il s’agit d’une reconstitution récente. Impossible de savoir si le trône et son emplacement sont authentiques, simple restauration et remise en place, ou s’ils sont des copies destinées à rendre au château l’aspect qu’il était présumé avoir.

 

654h3 Gioia del Colle, castello svevo 

Cette sculpture au-dessus d’une porte fait l’objet de discussions quant à sa signification. Certains y voient les clés de saint Pierre, d’autres les éléments de la croix démontés, il y a encore d’autres interprétations, mais à vrai dire je n’ai guère été convaincu par aucune d’entre elles.

 

654h4 Gioia del Colle, castello svevo 

Nous voici dans ce que l’on appelle la Tour de l’Impératrice. On se rend compte, en voyant des ouvertures sur trois niveaux ainsi que des corbeaux en face de trous dans la paroi, qu’il existait autrefois des poutres reposant sur ces corbeaux et dans les trous du mur, et donc des planchers. Il y avait là un rez-de-chaussée et deux étages.

 

654h5 Gioia del Colle, château souabe, prison

 

654h6 Gioia del Colle, château souabe, toilettes (WC) 

Cette salle souterraine est une prison. Mais, installation exceptionnelle dans un bâtiment de cette époque, il y a été aménagé des toilettes en pierre comme on peut le voir sur la deuxième photo. Cela laisse penser que la personne ici recluse méritait un minimum de respect pour ne pas séjourner indéfiniment dans ses excréments accumulés. Et cette salle se trouve dans le sous-sol de la tour dite de l’Impératrice dont j’ai montré une photo il y a un instant. Cette appellation demande une explication. L’empereur Frédéric II était l’époux de Yolande de Brienne quand il rencontra Bianca Lancia et le coup de foudre fut réciproque, et pourtant on sait que le cœur de l’empereur était difficile à conquérir. Puis, veuf, il épousa Isabelle d’Angleterre, et poursuivit sa liaison avec Bianca. De ces amours est née Constance, puis Bianca a été enceinte de Manfred. La légende veut que, se croyant trompé par sa maîtresse, Frédéric jaloux l’ait enfermée dans cette salle souterraine du château de Gioia del Colle, pour l’empêcher de rencontrer le prétendu amant et la punir de son infidélité. Manfred eut beau être le vivant portrait de son père, l’empereur la maintint prisonnière. À présent, il s’agit de tenter de discerner, sur la photo du cachot, une pierre particulière. Elle se trouve sur l’avant-dernière rangée des pierres taillées de forme régulière, à la base de la voûte, et c’est la seconde à partir de la gauche. Malgré la très basse définition de la photo, on arrive, je crois, à distinguer vaguement deux demi-sphères sculptées.

 

654h7 Gioia del Colle, château souabe, seins de Bianca Lan 

Voici un gros plan sur cette pierre. Nous avons donc vu que Frédéric II, selon la légende, aurait retenu prisonnière sa maîtresse Bianca Lancia, même après la naissance de leur fils Manfred qui, ressemblant comme deux gouttes d’eau à l’empereur, aurait dû lever tout doute sur la fidélité de Bianca. Aussi, lorsque le bébé fut assez grand pour ne plus avoir besoin de sa mère pour survivre, elle se coupa les seins et avec l’enfant elle les envoya sur un plateau à Frédéric, puis mourut peu après. Ses seins auraient alors été sculptés dans le mur de sa geôle en souvenir d’elle. Cela donne une explication pour cette bizarre sculpture, mais en fait après la mort d’Isabelle Frédéric II, qui résidait à Foggia, se rendit à Gioia del Colle où se trouvait Bianca, très malade ou, selon un autre témoignage, feignant d’être très malade. Elle le supplia alors, pour le salut de son âme et pour assurer le salut de leurs enfants, de l’épouser pour les légitimer, ce à quoi l’empereur aurait consenti en secret. Il n’empêche, même en secret, elle serait devenue impératrice, et c’est ce qui justifie l’appellation de cette tour, mêlant légende, histoire réelle et suppositions.

 

654i1 Gioia del Colle, château souabe, terres cuites (fin 

Mais c’est assez disserté sur la poitrine de cette dame, si je continue on va finir par penser que la jeune fille interrogée dans la rue a eu bien raison de me fuir. Plusieurs salles de ce château hébergent une belle collection archéologique. Une dame bien documentée est là pour donner des explications, répondre aux questions, mais lorsque l’on veut regarder tout seul tranquillement elle laisse sa totale liberté au visiteur. C’est la solution idéale à mon goût. Ces figurines de terre cuite représentant des femmes et ce grelot en forme de ballon se trouvaient dans la tombe d’une fillette décédée à la fin du quatrième siècle avant Jésus-Christ, découverte en 2001 à Canosa (où nous sommes passés le 28 octobre).

 

654i2 Gioia del Colle, château souabe, acteur (vers 150 av

 

654i3 Gioia del Colle, château souabe, Zeus en taureau (ve 

Dans cette tombe de peu après 150 avant Jésus-Christ explorée en 1990 à Tarente, a été ensevelie une très jeune femme qui avait été incinérée. À Tarente, on trouve à la fois des personnes enterrées et d’autres incinérées, mais l’incinération a généralement lieu dans la tombe. Dans le cas présent, le corps a été incinéré ailleurs. Dans la tombe ont été trouvées de nombreuses figurines de terre cuite représentant tous types de personnages, la plupart féminins, femme sur dauphin, femme ailée sur triton, femme nue, femme en manteau, mais aussi un Éros, des satyres, des acteurs en masque, ainsi que des animaux, une colombe, un taureau peint en blanc. Tout cela fait penser aux archéologues aux éléments d’une mise en scène de théâtre. J’ai choisi ici un acteur et le taureau parce que ce sont deux éléments déterminants de cette thèse. Pour l’acteur, la relation avec le théâtre est évidente, et le taureau blanc fait penser au mythe d’Europe qui, voyant un splendide taureau blanc comme la neige (malgré la fresque que nous avons vue à Naples où il est brun) le caresse, monte sur son dos, mais c’est Zeus qui, séduit par sa beauté, a pris cette apparence pour l’approcher et part avec Europe sur son dos, traverse la mer jusqu’en Crète où il s’unit à elle. Tel serait donc le sujet de cette pièce. De là on conclut que cette très jeune femme était mariée et liée de quelque façon au monde du théâtre.

 

654i4 Gioia del Colle, château souabe, sanglier (4e s. avt

 

Ce sanglier de terre cuite portant sur son dos un petit guerrier avec son bouclier est un grelot du quatrième siècle avant Jésus-Christ trouvé dans une tombe de Gioia del Colle en 1959.

 

654i5 Gioia del Colle, Eros sur oie, (4e s. avt JC)

 

Cette Oinochoé (vase à vin) à figure rouge du quatrième siècle avant Jésus-Christ représente un Éros enfant chevauchant une oie. Elle a été trouvée à Canosa, en zone urbaine, en 2006.

 

654i6 Gioia del Colle, château souabe, défunt et esclave

 

Ce cratère apulien (c’est-à-dire des Pouilles) à figures rouges, datant de 340-330 avant Jésus-Christ, a été trouvé en 1933 dans la province de Tarente. Le bâtiment qu’il représente est un petit temple funéraire, et donc l’homme qui y est représenté est le mort. Mais il n’est pas seul, un jeune garçon l’accompagne, qui le regarde d’un air triste et lui tend un coffret. C’est probablement un petit esclave qu’il aimait bien, et il lui rend un regard affectueux en lui caressant doucement la tête. Il y a beaucoup de sensibilité dans cette représentation.

 

Il y a encore beaucoup d’objets intéressants dans ce musée, mais j’ai déjà présenté trop de photos aujourd’hui, mon choix n’a pas été assez sévère, aussi vais-je arrêter là. Parce que nous souhaitons visiter Massafra, peu avant Tarente, que nous avons manquée lors de nos précédents passages, nous nous rendons à la sosta camper où nous avons déjà séjourné pour y passer la nuit et être à pied d’œuvre demain matin. 

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Published by Thierry Jamard
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