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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:09
738a1 musée d'Agios Nikolaos, accessoires néolithiques en
 
738a2 lames d'obsidienne, 1re moitié du 3ème millénaire
 
Aujourd’hui nous sommes à Agios Nikolaos, une ville assez importante où nous avons passé la nuit et qui possède un grand musée archéologique réunissant des trouvailles faites dans toute la région. C’est par la visite de ce musée que nous commençons notre journée. Ci-dessus, une belle collection d’outils et une aiguille (à droite, la troisième en partant du haut) en os trouvés dans une grotte néolithique de Zakros, et une autre collection de lames d’obsidienne qui datent de la première moitié du troisième millénaire avant Jésus-Christ. Les Crétois importaient de l’île de Milo des blocs d’obsidienne, cette roche volcanique très dure, qu’ensuite ils débitaient sur place.
 
738b1 musée d'Agios Nikolaos, sarcophage minoen
 
On appelle larnax (pluriel larnakes) ce genre de petit sarcophage en terre cuite où l’on ne plaçait que des ossements, ou des cendres, parfois un petit corps replié. Celui-ci bénéficie d’une belle décoration, pieuvre minoenne à l’extérieur, dauphin à l’intérieur.
 
738b2 cruche minoenne, 1re moitié du 3ème millénaire ava
 
738b3 vase à libation 'déesse de Myrto', 2900-2200 avant
 
Tous les musées archéologiques de Grèce montrent de belles collections de poteries. À l’époque géométrique, et surtout à partir de l’époque classique, on montre les scènes qui y sont peintes, mais pour les plus anciennes ce sont surtout leurs formes qui sont remarquables. Je suis conscient qu’il serait fastidieux, dans ce blog, de montrer toutes ces formes à la fois originales, inventives et esthétiques. Deux seulement, cette cruche à la forme très moderne vient d’un cimetière minoen, à Siteia, et date de la première moitié du troisième millénaire. Par ailleurs, cet exceptionnel vase à libations en forme de femme stylisée et dont le bec verseur a la forme d’une cruche du modèle habituel à cette époque, qu’elle tient dans son bras. Quand je dis "cette époque", c’est une fourchette de 2900 à 2200 avant Jésus-Christ, à Myrto (village de la côte sud de Crète). Ce vase est appelé La Déesse de Myrto.
 
738b4 poterie de l'ancien cimetière d'Itanos, 750-725 avan
 
Ici, je ne montre que ce détail d’une poterie provenant de l’ancien cimetière d’Itanos et datant de 750-725avant Jésus-Christ. C’est donc la charnière entre ce que l’on appelle l’époque géométrique et l’époque archaïque. Je trouve intéressants ces guerriers.
 
738b5 sistres minoens en céramique (1800-1650 avant J.-C.)
 
Ces sistres minoens (1800-1650 avant Jésus-Christ) sont remarquablement conservés. Le cadre est en céramique, et les disques de percussion sont métalliques. Ces instruments de musique, agités et utilisés comme des tambourins aujourd’hui, proviennent d’une grotte du plateau de Lassithi (au sud de Malia, que nous verrons demain). Ils sont une preuve parmi bien d’autres des relations entretenues par les Minoens avec l’Égypte, car cet instrument était usuel en Égypte, utilisé exclusivement par des femmes pour le culte de divinités féminines. Lorsque les Grecs de l’époque hellénistique, puis les Romains, avec un sommet à l’époque d’Hadrien au deuxième siècle de notre ère, adoptèrent le culte de la déesse égyptienne Isis, épouse d’Osiris, ils accompagnaient son culte de rythmes donnés par des sistres. Les sistres étaient aussi utilisés dans les festivals religieux et pour les cérémonies funéraires.
 
738c1 aiguille en or pour cheveux ou vêtement (2300-2000 a
 
738c2 colliers minoens en cristal de roche et en faïence,
 
Quelques bijoux. Cette pâquerette en or, une épingle pour les cheveux ou pour le vêtement, datant de 2300-2000 avant Jésus-Christ, provient d’un cimetière prépalatial de l’île de Mochlos (une trentaine de kilomètres à l’est d’Agios Nikolaos). Il paraît que ce bijou pourrait s’être inspiré de bijoux d’Ur, en Mésopotamie, ce qui n’est pas étonnant puisque le peuple minoen provenait certainement d’Asie et a toujours entretenu des relations suivies avec les peuples de ce qui est aujourd’hui le Liban, la Syrie et l’Irak. Mon autre photo montre un fragment de collier en cristal de roche et un autre collier en céramique (cimetière minoen tardif de Milatos, sur la côte au nord ouest d’Agios Nikolaos, quatorzième ou treizième siècle avant Jésus-Christ).
 
738d1 musée d'Agios Nikolaos, taureaux minoens votifs
 
Quelques objets en terre cuite qui m’ont bien plu. Le taureau est un animal sacré en Crète. Les tauromachies, sans mise à mort, avec des acrobaties périlleuses, font partie des rites, et les cornes de taureau sont des signes rituels dont on n’a pas clairement pu définir le sens et qui figurent un peu partout dans les palais et les villes minoens. Mais ce que l’on sait, c’est que le taureau était symbole de force, d’indépendance et de fertilité. Ce n’est pas un hasard si Zeus sous forme de taureau a amené en Crète une princesse de Tyr au Liban, Europe, et si de leur union est né le roi mythique Minos. Ce n’est pas un hasard non plus si Poséidon a offert un magnifique taureau à Minos et si, parce que Minos ne le lui a pas sacrifié, il a rendu furieux ce taureau, et si la femme du roi, Pasiphaé, en est tombée amoureuse, s’est unie à lui et a ainsi engendré le Minotaure, que l’Athénien Thésée a vaincu. Le culte du taureau, et de ses cornes, tient donc une grande place dans la religion minoenne. En langue sémitique, le mot taureau se dit aleph et est représenté par une tête de taureau à l’envers, et de là le grec a tiré l’alpha, première lettre de son alphabet. Voici quatre représentations de la période 2000-1425 avant Jésus-Christ.
 
738d2 musée d'Agios Nikolaos, ex-voto minoens
 
Une vitrine présente toute une grande série d’ex-voto, dont quelques uns représentent des têtes ou des jambes, mais dont la plupart sont centrés sur le sexe, et plus particulièrement le sexe féminin. Sans doute s’agissait-il de problèmes de fertilité, et dans une société où l’homme a du mal à admettre sa stérilité et où l’état de la connaissance médicale n’est que rarement en mesure de trouver la cause de la stérilité d’un couple, il était plus confortable, plus satisfaisant, d’incriminer la femme. C’est donc elle qui doit implorer l’intervention divine pour être capable de concevoir, ou qui doit rendre grâce à la divinité si elle a obtenu satisfaction.
 
738d3 figurines minoennes (2000-1425 avant J.-C.)
 
738d4 figurines minoennes (2000-1425 avant J.-C.)
 
Dans cette même fourchette 2000-1450, et provenant des mêmes sanctuaires, j’ai trouvé originales ces figurines et je me suis amusé à les prendre de profil pour pouvoir ensuite, sur Photoshop, découper le fond et les présenter face à face.
 
738d5 figurine minoenne, palais de Malia, 2de moitié du 14
 
Mais je présente à part ce fragment de buste. Sa provenance comme sa datation sont différentes. Il a été trouvé dans le palais de Malia et date de la deuxième moitié du quatorzième siècle avant Jésus-Christ. La finesse du visage, le regard, le geste… J’aime beaucoup cette petite figurine.
 
738d6 fidèle ou prêtresse minoenne, 14e-12e s. avant J.-C
 
Celle-ci n’est pas aussi jolie, mais elle est intéressante, parce qu’elle représente une déesse ou une prêtresse minoenne en position de prière (Siteia, 14e-12e siècle avant Jésus-Christ). Et la base de son corps en cylindre est curieuse.
 
738e musée d'Agios Nikolaos, buste d'Isis (2nd-1er siècle
 
J’ai voulu réserver pour la fin de notre visite au musée archéologique d’Agios Nikolaos cette admirable Isis de bronze des alentours de Siteia. Elle est beaucoup plus récente que tout ce que j’ai montré précédemment, puisqu’elle est hellénistique (second ou premier siècle avant Jésus-Christ). Peut-être la partie inférieure du corps ne manque-t-elle pas, car il est possible que ce buste ait été fixé comme décoration à une boîte ou à un vase. L’identification d’Isis, elle, ne fait pas de doute, car la déesse est reconnaissable au nœud de son vêtement sur la poitrine, que l’on appelle "nœud d’Isis" ainsi qu’à sa coiffure dont les longues mèches raides sont, paraît-il, une référence à la tresse qu’elle aurait coupée sur la tête d’Osiris, mais j’avoue ne pas connaître cette légende. Autant que je me souvienne, elle récupère la caisse où Osiris a été noyé par son frère Seth, elle le cache dans les roseaux du delta du Nil, mais Seth le retrouve, le coupe en morceaux qu’il disperse, Isis les récupère, les assemble et, avec des gestes et mots magiques, lui rend la vie, mais sur le royaume des morts. Je ne vois pas quand elle lui a coupé des cheveux. Sans doute ma mémoire est-elle défaillante. Toutefois, je sais que cette coiffure est caractéristique d’Isis. Son culte est entré en Crète au second siècle avant Jésus-Christ.
 
738f1 Agios Nikolaos (Crète)
 
738f2a Agios Nikolaos (Crète)
 
738f2b Agios Nikolaos (Crète)
 
Sortis de ce musée extrêmement riche, nous faisons un tour en ville. Notamment (première photo ci-dessus), un canal relie à la mer un bassin auquel ne peuvent avoir accès que de petites barques. En effet, à son entrée, il est enjambé par un pont extrêmement bas. Autour de ce bassin, la promenade est calme. On passe devant cette petite église à la porte joliment décorée. Puis nous avons parcouru quelques rues, bordées des deux côtés par les mêmes boutiques de souvenirs, de cartes postales, de T-shirts que partout. Direction le port. Après avoir contemplé les bateaux et le paysage en allant tout au bout de la jetée, nous considérons que nous avons suffisamment vu Agios Nikolaos et nous regagnons le camping-car.
 
738g1 île de Spinalonga
 
Agios Nikolaos est sur la côte nord de la Crète, mais orientée vers l’est, sur le côté d’un golfe profond. Et sur ce même golfe, à quelque douze kilomètres au nord, face au petit village d’Elounda où nous nous sommes rendus après notre visite d’Agios Nikolaos, la cité antique d’Olous a été engloutie sous la mer, probablement lors du violent tremblement de terre de 780 avant Jésus-Christ. Auparavant, la ville avait été l’une des plus puissantes cités minoennes, bien organisée, comptant plus de trente mille habitants et s’adonnant au commerce des couleurs issues du broyage de coquillages, et à celui de pierres à aiguiser extraites de leurs mines. Elle était encore florissante à l’époque historique, lors de la catastrophe de 780, et aujourd’hui des navires à fond de verre proposent aux touristes d’aller voir ses vestiges. Sur la côte, en face, la ville s’est reconstruite et des textes du treizième siècle donnent le nom de Stinalonde, évidente corruption de "stèn Elounda", soit en grec "à Elounda". Ce n’est qu’un modeste village de pêcheurs, mais juste en face se situe une île importante et lorsqu’en 1204 les Vénitiens en prennent possession aux termes de leur contrat avec les Francs, entendant mal le nom de Stinalonda et connaissant, à Venise, un îlot appelé Spinalonga (aujourd’hui Giudecca) ce qui veut dire "longue arête", ils crurent que l’îlot portait ce nom, d’autant plus que sa forme allongée plaidait en ce sens. C’est cette île-musée, fermée la nuit, que nous sommes allés visiter.
 
738g2 île de Spinalonga
 
738g3 île de Spinalonga
 
Au septième siècle de notre ère, les raids de pirates arabes étaient incessants. Les habitants du village, à la différence des autres villes côtières qui se repliaient vers l’intérieur des terres, se sont barricadés sur l’île de Spinalonga. Les Vénitiens, constatant que l’île commandait l’entrée du port d’Elounda, avec un sommet surplombant de 53 mètres ses quatre-vingt cinq mille mètres carrés, toute la côte environnante et ses accès maritimes, décidèrent de fortifier Spinalonga et d’en faire un élément essentiel de défense contre les vues de plus en plus insistantes de l’Empire Ottoman sur la Crète au cours du seizième siècle. Néanmoins, deux siècles plus tard, en 1715, les Turcs s’emparent de Spinalonga après un siège de trois mois. Les conditions de la capitulation garantissent la sécurité pour les Vénitiens et les Francs ainsi que le libre choix entre le départ en emportant tous leurs biens, ou l’acquisition de la qualité de sujets du sultan en restant dans l’île et en conservant une église orthodoxe et la liberté de culte. Désormais seuls des sujets ottomans habitent l’îlot. Les termes du traité sont respectés tant que des Vénitiens sont encore là, mais ensuite, sous le prétexte que les habitants non turcs étaient des réfugiés de la Crète occupée (ce qui était vrai), ils ont été considérés comme opposants. 120 hommes "aptes à ramer" ont été expédiés sur les navires impériaux, tandis que 230 hommes "inaptes à ramer" et 243 femmes et enfants ont été vendus comme esclaves. En 1881, 1112 habitants, tous turcs, sont recensés à Spinalonga. Puis, en 1897, les révolutionnaires crétois bombardent l’île et, en 1898, Spinalonga comme l’ensemble de la Crète gagne sinon l’indépendance du moins l’autonomie, et la plupart des habitants de l’îlot partent pour la Turquie, sur les côtes de l’Asie Mineure. Les Crétois s’installent à leur place, mais une poignée de Turcs, qui se considèrent comme chez eux, parce qu’ils sont nés là, de parents nés là, n’ont pas quitté les lieux. Après tout, indépendamment des événements historiques et en ne considérant que l’aspect humain, c’est ce qui s’est passé en 1962 avec des Pieds Noirs qui, n’ayant rien à voir avec la colonisation de l’Algérie 130 ans plus tôt, petits commerçants ayant toujours vécu là, ne comprenaient pas que l’on veuille les envoyer vivre dans "leur patrie" qu’ils ne connaissaient pas (je ne parle évidemment pas des grands colons qui exploitaient les richesses du pays et traitaient les autochtones sinon comme des esclaves du moins comme des sous-hommes). Mais les Crétois ne l’entendaient pas de cette oreille, aussi imaginèrent-ils un stratagème pour faire fuir ces sales Turcs de leur plein gré, sans offenser la démocratie de pays occidentaux qui les soutenaient. Ils ont décidé en 1903 d’établir sur l’île de Spinalonga une léproserie. Du temps des Turcs, les lépreux étaient interdits dans les villes, et ils vivaient retirés à la campagne, isolés, à peine différents de ces lépreux du Moyen-Âge qui erraient en agitant une clochette pour signaler aux bien portants qu’ils devaient se tenir à distance. Malgré une stricte relégation, cette instauration d’une léproserie à Spinalonga a pu être considérée comme un (mince) progrès humanitaire. Cultivant leur jardin, tenant boutique, se mariant et ayant des enfants, beaucoup de malades pouvaient mener une vie presque normale.
 
738g4 île de Spinalonga, cimetière des lépreux
 
Il faudra attendre plus de cinquante ans pour que la médecine découvre que seul le contact d’une plaie ouverte avec des cellules lépreuses peut transmettre la maladie. Aussi tous les gens bien portants s’enfuirent-ils, seules venant parfois de rares personnes dévouées, popes, médecins, infirmiers, pensant risquer leur santé et leur vie au service des malades atteints de ce terrible mal. Les soins étaient généralement donnés par des médecins lépreux, eux-mêmes relégués. En 1948, des médicaments et traitements ont permis d’arrêter le développement de la maladie, et de nombreux patients relégués à Spinalonga ont pu revenir à terre. Ce n’est qu’en 1957, lorsqu’enfin la lèpre a été éradiquée de Grèce en général et de Crète en particulier (plus, ou presque plus, de nouveaux cas, et les malades encore en vie ont, selon leur état, été transférés dans des hôpitaux généraux ou rendus à une vie normale), que la léproserie a été fermée. Mais l’île est restée un lieu de mémoire et, si l’on peut librement accoster à sa jetée, on ne peut aller plus loin car elle est fermée par des grilles et, dans la journée, un préposé dans une cabane perçoit un droit d’entrée. Des gardes vérifient que toute l’île a été évacuée avant que, le soir, ne parte le dernier bateau qui fait la navette avec le continent, emportant à son bord avec les derniers touristes de la journée les personnels qui ont soigneusement refermé les grilles. Ci-dessus, ma photo représente le cimetière des lépreux.
 
738g5 île de Spinalonga, citerne vénitienne
 
738g6 Spinalonga (Crète), île des lépreux
 
738g7 île des lépreux, Spinalonga, Crète.
 
Au début, on a uniquement réutilisé les installations existantes, comme la citerne vénitienne de la première photo. Le poste de garde est devenu le local de désinfection (à l’aide de soufre) puisque, par nature, il était sur le lieu d’embarquement et de débarquement. La mosquée a été transformée en hôpital. Les malades travaillaient la terre, réparaient leurs maisons, tenaient des boutiques. Dans les années 1930, on a installé l’électricité et ouvert un cinéma, on a commencé à construire des bâtiments adaptés parmi lesquels un hôpital, et à rénover ou à construire maisons et magasins (sur la seconde photo ci-dessus on voit les boutiques turques remises à neuf). Il s’est créé dans l’île une "Fraternité des Patients de Spinalonga" qui a obtenu bien des aménagements. Par exemple, puisque l’accès à la mer était interdit, au moins a-t-on construit une rue circulaire qui permet de faire le tour de l’île et de voir la mer et la côte, ce qui a nécessité le dynamitage d’une partie des murailles vénitiennes. Également, une allocation minimum a été versée mensuellement par l’État à tous les patients, assurant la possibilité d’acheter le minimum de survie pour ceux qui ne pouvaient avoir d’autres ressources. Dans les dernières années, du personnel a été spécifiquement affecté sur l’île (mais la plupart résidaient dans le village de Plaka, sur la grande île de Crète), notamment un gouverneur administratif, un médecin, cinq infirmiers et dix assistants sanitaires, dix lavandières, un prêtre (pope), des marins et des gardes.
 
738h1 Spinalonga (Crète), île des lépreux
 
738h2 Spinalonga (Crète), île des lépreux
 
738h3 Spinalonga (Crète), île des lépreux
 
738h4 Spinalonga (Crète), île des lépreux, anciennes ré
 
Les bombardements crétois de 1897 sont responsables de destructions, mais par la suite, comme on l’a vu, la Fraternité des Patients de Spinalonga menée par le courageux Epaminondas Ramoundakis, relégué à Spinalonga en 1936, a obtenu en 1938 le tracé d’une voie périphérique au prix de la démolition de murs, et enfin, en 1970, comme on ouvrait l’île à la visite pèlerinage et que l’on trouvait inesthétiques les pauvres maisons où avaient habité les lépreux, on les a démolies. De la sorte, la plupart des bâtiments que l’on peut voir sont en ruines. La seconde de mes photos ci-dessus a été prise sur la place du quartier vénitien, tandis que la dernière montre le quartier des habitations ottomanes.
 
Dans mon article daté 23 au 25 juillet au sujet de Chania, je parlais d’une exposition concernant un feuilleton télévisé récent, en 26 épisodes, qui avait mobilisé l’hiver dernier des foules de Grecs devant leur petit écran. Son titre, To Nisi (L’Île, en grec), se réfère à l’île de Spinalonga. La trame en est tirée du roman The Island de l’Anglaise Victoria Hislop, que je n’ai pas lu (n’en ayant pas trouvé la traduction française, j’avoue ne pas avoir eu le courage de m’attaquer au texte original anglais. Natacha, elle, l’a acheté mais ne s’y est pas encore mise) mais qui a le mérite de rappeler des événements douloureux d’un passé tout proche. Si la raison principale de notre présence ici est le passé de ce lieu, cette référence à l’exposition qui nous avait intéressés est une raison secondaire non négligeable. D’autant plus que désormais, la plupart des gens ne parlent plus de Spinalonga, mais de To Nisi.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Devillers Gabriella 16/05/2014 11:18

Il existe maintenant une version française "L'île des oubliés" du livre de Victoria Hislop, mais vous devez le
savoir. Vos photos sont toujours très belles.

Lau' 11/02/2012 03:27

Pour info, le roman de Victoria Hislop existe en traduction française, sous le titre "L'ile des oubliés". Vla

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