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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 20:43

Poursuivant notre route vers l’est, après Stagire nous nous rendons à Amphipolis. Mais lorsque, dimanche 19, nous sommes sortis du musée archéologique où bien des objets intéressants nous avaient retenus longtemps, le site était près de fermer. Tant pis, nous partons pour Kavala, une ville importante à environ 65 kilomètres plus à l’est, car les sites et musées de Grèce sont fermés le lundi. Et nous avons fait ce matin, mardi 21, le trajet en sens inverse pour visiter le site antique.

 

840a1 Amphipolis

 

La première chose que l’on voit sur la route en approchant d’Amphipolis, c’est un énorme monument. Déjà au début du vingtième siècle, quelques indices, un fragment de colonne, quelques parcelles de marbre, avaient fait comprendre que là se trouvait un cimetière antique. Depuis, non seulement il y a eu le monument célèbre dont je vais parler, mais de nombreuses tombes, et aussi un grand nombre de pierres non réutilisées pour le socle du monument, comme le montre leur accumulation sur ma photo.

 

840a2 le Lion d'Amphipolis

 

840a3 le Lion d'Amphipolis

 

840a4 le Lion d'Amphipolis

 

Pendant les guerres des Balkans, en 1912-1913, des soldats grecs creusant une tranchée ont mis au jour toute une série de blocs de marbre. Comme par hasard, ce lieudit s’appelait Marmara (du grec ancien tardif marmoros, grec moderne marmaro, qui signifie marbre) sans que personne s’en rappelle la raison. Attirés comme le fer par un aimant (ou comme moi par des chocolats fins), des archéologues se sont rendus sur les lieux pour voir cela de plus près, et ils ont découvert des fondations, mais voilà qu’éclate la Première Guerre Mondiale, interrompant leurs recherches. Retour des armées, britanniques cette fois-ci. En 1916, des soldats anglais découvrent de grands fragments de marbre de Thasos sculpté en forme de lion. Du fait de difficultés diverses, ce n’est qu’en 1937 que le lion a été reconstitué et placé sur un petit socle provisoire. Sur une base de 3,30 mètres sur 2,10 mètres, ce lion monumental mesure 5,37 mètres. La position de l’animal, dressé sur ses pattes antérieures, est peu naturelle, mais répond à des conventions de sculpture funéraire remontant au sixième siècle et banalisées en ce quatrième siècle. L’effet que le sculpteur a recherché est plus celui de force, de puissance, que celui de l’agressivité.

 

Ce monument, c’est le Lion d’Amphipolis, édifié à la fin du quatrième siècle avant Jésus-Christ en l’honneur de la vertu militaire, pour marquer une tombe. Il semblerait que, malgré sa taille imposante (ma deuxième photo ci-dessus permet de le comparer à Natacha, occupée à lui tirer le portrait), cette tombe ne soit pas la sépulture collective de soldats morts au combat, et la légende qui a été placée au pied du monument affirme, sans discussion, que c’est celle de Laomédon de Lesbos, un amiral d’Alexandre le Grand qui s’était établi à Amphipolis. Mais j’ai lu un article très développé de recherche scientifique qui est très nuancé, car aucun élément archéologique concret ne permet d’avancer un nom, quel qu’il soit. À présent, le lion est posé sur un haut socle qui lui rend sa majesté, mais n’est pas le socle d’origine, dont de nombreuses parcelles ont été retrouvées, et notamment des demi-colonnes cannelées et des chapiteaux. Ce socle était probablement creux et abritait le tombeau du défunt de haut rang.

 

840b Amphipolis, tour byzantine

 

Ensuite, on monte vers Amphipolis. Au passage, on remarque ces ruines. Il y a là un panneau d’un type bien connu, celui qui annonce un programme européen 2007-2013 de développement régional prenant en charge 75 ou 80 pour cent du devis, selon les cas (mais ici ce n’est pas précisé), les 20 ou 25 pour cent complémentaires restant à la charge du pays, État, région, municipalité, fonds privés de mécénat, peu importe. Il concerne la “consolidation et restauration de la tour byzantine de Marmario à Amphipolis” et le devis total est de 395 500 Euros. Comme je ne vois pas trace d’un engin, d’outils, de sacs de ciment ou autre, je suppose que la consolidation a été effectuée et que la restauration se limitait à cela, car on ne va quand même pas tout reconstruire pour en faire des HLM. Si, pour rester sérieux, la restauration consistait en un aménagement minimum des lieux, on peut légitimement se demander où est passé l’argent, j’ai suffisamment d’expérience du coût de la construction avec tous les travaux effectués dans les lycées que j’ai dirigés pour pouvoir affirmer que cette somme permettait de faire mieux que ce que je vois. Toutefois je trouve que, même dans cet état, elle a fière allure, cette tour.

 

840c0 site archéologique d'Amphipolis

 

Le site d’Amphipolis était très vaste. L’espace offert à la visite, sur l’acropole, ne représente qu’une infime partie des lieux occupés par la cité antique, et la presque totalité des ruines que l’on y trouve sont des restes de basiliques d’époque chrétienne. D’ailleurs, les fouilles sont très loin d’avoir mis au jour tout ce qu’il y a à trouver, et en particulier on n’a pas encore localisé les principaux sanctuaires de la cité. Ce sont des colons athéniens qui, en 437 avant Jésus-Christ, sont venus créer la ville que le fleuve Strymon enserre dans la boucle d’un méandre, d’où le nom d’Amphi- (autour de) Polis (ville). La via Egnatia dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises et qui reliait à l’époque romaine la côte adriatique en face de l’Italie à Byzance (future Constantinople / Istanbul) desservait Amphipolis. En 49/50, saint Paul venant de Samothrace et Philippes et se rendant à Thessalonique par la via Egnatia s’est arrêté ici et, jusqu’en 692, la ville a été le siège d’un évêché. Afin que l’on se repère et que l’on identifie ce que l’on voit, un panneau près de l’entrée du site présente le plan ci-dessus. Je vais m’y référer dans la suite du présent article.

 

840c1 ruines d'Amphipolis hors du site

 

Mais pour cette première photo de ruines, je ne peux m’y référer, car elles sont hors du plan. Je me promenais le long du mur sud (en bas, sur le schéma) lorsque j’ai aperçu, en contrebas, ces traces archéologiques que je ne peux identifier mais qui, visiblement, appartenaient à une construction d’importance.

 

840c2a Murs d'Amphipolis

 

840c2b Murs d'Amphipolis

 

840c2c Murs d'Amphipolis

 

Le mur qui entoure l’acropole mesure un peu plus d’un kilomètre de long (1105 mètres). Sur la section sud, qui est la plus ancienne, sont venus se greffer les trois autres murs. Ce que nous voyons aujourd’hui est, pour l’essentiel, d’époque paléochrétienne, mais ces remparts ont subi bien des réparations et remaniements au cours des siècles.

 

840c3a maisons à Amphipolis

 

840c3b maison à Amphipolis

 

Je disais que l’essentiel des ruines concernait des édifices religieux chrétiens. En effet, ce qui reste de maisons, ce n’est que ce que l’on voit sur ces photos. Deux maisons comportant chacune plusieurs pièces donnant sur une cour centrale, rien de plus. D’ailleurs, elles sont l’objet de fouilles en cours. Sur le plan, elles sont indiquées HOUSES A et B, en haut à gauche, appuyées sur le mur intérieur nord-sud.

 

840c4 Amphipolis, citerne

 

Au milieu du site, se trouve un grand espace en creux, une sorte de bassin, dont les fouilles encore très partielles n’ont pas défini clairement l’usage. Il semblerait qu’une petite structure arrondie dans l’angle nord-ouest ait été un atelier. Au sud-ouest, on remarque trois compartiments rectangulaires (ma photo). Comme leurs parois et leur fond sont revêtus de mortier hydrofuge, étanche, on pense qu’il s’agit de citernes. Sur le plan, tout cet ensemble est appelé CISTERN.

 

840d1 basilique A d'Amphipolis

 

840d2 basilique A d'Amphipolis

 

Juste à la gauche (à l’ouest) de cette “citerne” se trouve la basilique conventionnellement appelée A. Elle comportait trois nefs dont celle du centre aboutissait à une abside, les deux nefs latérales se terminant sur un mur plat (première photo ci-dessus). Au sixième siècle, l’église a été détruite, et on a construit au septième siècle ce mur intérieur nord-sud de la ville qui a coupé l’église désaffectée en deux, laissant à l’extérieur de l’enceinte le narthex et l’exonarthex. Sur le plan, on distingue une petite excroissance sur la nef nord (ma seconde photo), c’est un logement construit au milieu du sixième siècle.

 

840d3 basilique A d'Amphipolis

 

840d4 basilique A d'Amphipolis

 

840d5 basilique A d'Amphipolis

 

On note également dans la partie de la nef complètement détruite une rangée de colonnes. Au sol, quelques chapiteaux et quelques autres pierres, dont celle-ci portant une croix.

 

840d6 basilique A d'Amphipolis

 

840d7 basilique A d'Amphipolis

 

Le sol de la basilique était fait de dalles de marbre, mais le narthex et l’exonarthex bénéficiaient de sols en mosaïques. Ces animaux étaient particulièrement décoratifs. Les archéologues ont posé un toit protecteur, et les mosaïques ont pu être laissées en place.

 

840e1 basilique B d'Amphipolis

 

840e2 basilique B d'Amphipolis

 

840e3 basilique B d'Amphipolis

 

C’est à l’extrême nord-est (en haut à droite) que se situe la basilique appelée B, construite au sixième siècle, elle aussi à trois nefs séparées par des rangées de colonnades dont il ne reste rien. À l’intérieur de l’abside, deux rangées de bancs de pierre étaient prévues pour les prêtres. Si la nef centrale était pavée de dalles de marbre, les bas-côtés, eux, étaient revêtus de mosaïques, mais ici elles ne sont plus en place. Les murs étaient revêtus de marbre.

 

840e4 basilique C d'Amphipolis

 

Je me contente d’une seule photo pour cette basilique C (à l’autre bout du plan, à l’extrême ouest), car je la crois assez parlante. L’abside, les trois nefs, les rangées de colonnes délimitant les bas-côtés, cela est clair pour cette église de la seconde moitié du cinquième siècle. Mais dans la nef centrale une structure plus petite est bien visible, avec une abside à l’intérieur de l’abside extérieure. C’est une petite chapelle byzantine qui a été construite là à l’intérieur lorsque la grande basilique a été détruite.

 

840f1 basilique D d'Amphipolis

 

840f2 basilique D d'Amphipolis

 

840f3 basilique D d'Amphipolis

 

840f4 basilique D d'Amphipolis

 

Celle-ci, c’est la basilique D, située au sud et bâtie dans la seconde moitié du cinquième siècle. La nef centrale avait un sol de dalles de marbre, tandis que les nefs latérales étaient pavées de briques. La partie inférieure des murs était revêtue de marbre, et la partie supérieure était décorée de mosaïques.

 

840f5 Rotunda d'Amphipolis

 

840f6 Rotonde d'Amphipolis

 

Encore une dernière basilique, que l’on appelle Rotunda. Elle date du sixième siècle. De façon très curieuse, le chœur dessine un hexagone dont la moitié forme, à l’est, une abside à pans coupés, mais dont la seconde moitié, à l’intérieur de l’église, est doublée d’un arc de cercle déterminant un couloir de quatre mètres de large. Cela n’a rien d’un déambulatoire, parce que ce couloir ne tourne pas derrière le chœur, mais en enveloppe les côtés. Je suis conscient que mes explications sont aussi lumineuses qu’une ampoule grillée et que mes photos ne sont guère plus explicites, mais en regardant le schéma sur le plan (construction la plus à droite, en bas) on comprendra mieux. Ici encore, des plaques de marbre recouvraient le bas des murs, alors qu’au-dessus c’étaient des mosaïques. Et voilà pour toutes ces basiliques paléochrétiennes d’Amphipolis.

 

840g1 Le Strymon à Amphipolis

 

J’ai dit que le Strymon enveloppait dans un méandre la cité. C’est une première raison de le montrer, même si son cours a varié. Mais il y a une autre raison, car une découverte exceptionnelle a été faite là où il passait autrefois, à quelques mètres à peine. Découverte, nous a-t-on dit, fermée au public et impossible à voir. Têtus, nous avons garé le camping-car à quelque distance, et avons cheminé à pied, sur un petit sentier, le long du fleuve. Et, tout près de la route, nous avons vu…

 

840g2 piles du pont sur le Strymon à Amphipolis

 

840g3 piles du pont sur le Strymon à Amphipolis

 

840g4 piles du pont sur le Strymon à Amphipolis

 

Seul un grillage nous empêchait de nous approcher. Il s’agit des piles de bois du pont antique. Noyées dans la vase, bien à l’abri de l’oxygène de l’air, elles n’ont pas pourri. Au contraire, l’eau du Strymon étant riche des minéraux des sols traversés (mon niveau en géologie étant proche de zéro, je n’ose pas avancer qu’il me semble bien, en écrasant des mottes dans ma main, que les silicates abondent), le bois s’est fossilisé, pétrifié, et aujourd’hui les archéologues ont pu dégager ces piles de pont. Certes, si l’on ne sait pas ce que c’est, cela ne constitue pas un spectacle superbe, mais je trouve fascinant, sachant ce que c’est, de voir de mes yeux de telles reliques du passé, normalement éminemment périssables (ah bon, je dois être un peu dérangé, dites-vous ? D’accord, d’accord, passons à autre chose).

 

840h1 fuseau et bobines paléolithiques

 

Nous avions commencé notre visite d’Amphipolis par le musée archéologique. C’est par ce musée que je terminerai cet article. Le site de la ville ayant été occupé depuis les temps préhistoriques –les traces d’habitat humain les plus anciennes remontent à 4000-3000 avant Jésus-Christ sur la “colline 133”–, le musée réserve une bonne place au néolithique. Sur l’autre rive du Strymon on a pu déceler les restes de maisons aux murs et toits en clayonnage plaqué de torchis renforcé de cailloux, technique qui se retrouve aujourd’hui encore dans la construction de bergeries de la région. Passant d’une civilisation de chasseurs cueilleurs à une civilisation de cultivateurs éleveurs, les hommes néolithiques ont défriché les terres et domestiqué des animaux. Ci-dessus, un fuseau et des bobines (il est bien évident que les fils ont été mis par le musée pour la présentation), qui attestent que puisque l’on file la laine on élève ovins et caprins à l’époque de la “colline 133”.

 

840h2 sceau cylindrique, néolithique

 

De l’époque néolithique également, et de cette même colline, date ce sceau cylindrique de terre cuite. Usage administratif, commercial ou privé, le musée ne donne aucune indication supplémentaire. C’est d’autant plus dommage que de nombreux panneaux, très bien faits, clairs, détaillés, donnent toutes sortes d’informations sur la vie et les techniques, les croyances, l’histoire, mais dans les vitrines les notices pour chaque objet sont très brèves. Néanmoins, quel qu’ait été l’usage précis de ce sceau, il signifie qu’à cette époque du néolithique récent, celui qui précède l’âge du bronze, il y a communication et rapports sociaux.

 

840h3 canthare, début de l'Âge du Bronze

 

Ce canthare, c’est-à-dire cette forme de coupe à boire le vin, provient d’une caverne du mont Pangée où s’est développé un habitat au début de l’âge du bronze quand la “colline 133” a cessé d’être occupée. À cette époque, les ustensiles de terre cuite se sont mis à copier les formes de ceux que l’on réalisait en bronze.

 

840h4 fragment de petit autel avec comastes, fin 6e siècle

 

Venons-en à l’époque historique, et plus précisément l’époque archaïque. Cette pierre, fragment d’un petit autel de la fin du sixième siècle avant Jésus-Christ, représente des comastes, c’est-à-dire des fêtards rituels, banqueteurs et buveurs, que l’on rencontre généralement dans le culte de Dionysos.

 

840h5 relief votif, les Dioscures et le Strymon (2e siècle

 

Puisque j’ai montré cette pierre sculptée de comastes, sans plus respecter la chronologie je montre maintenant une autre pierre sculptée. Ce relief votif est en effet beaucoup plus tardif, il est du deuxième siècle de notre ère. Il représente les Dioscures Castor et Pollux, cela est assez évident (des jumeaux avec des chevaux, ce ne peut être qu’eux), mais la notice dit qu’ils sont en compagnie du dieu du fleuve Strymon. Certes, je sais que ces dieux patrons des marins sont souvent représentés à Amphipolis, seuls ou en compagnie du dieu Strymon, mais ici je vois clairement le fleuve en dessous d’eux, sous forme de sinusoïde figurant les flots, et je le cherche vainement en leur compagnie...

 

840i1 ossuaire argent, couronne or, peut-être restes de Br

 

Une tombe d’époque classique a fourni cet ossuaire en argent contenant les cendres d’un défunt de rang social suffisamment haut pour porter cette couronne d’olivier en or. À plusieurs reprises déjà, dans mes articles précédents, ,j’ai évoqué le Spartiate Brasidas (article sur Platamonas, 28 juin dernier, puis article sur le site de Dion, 29 et 30 juin). Or, on sait qu’il est mort ici. “Sitôt aperçu le mouvement des Athéniens, nous raconte Thucydide, Brasidas délogea des hauteurs de Kerdylion et rentra dans Amphipolis […]. Cléon [= le général athénien], s’avançant en reconnaissance, apprend alors qu’on distingue nettement dans la ville toute l’armée ennemie […] mais, décidé à refuser le combat avant d’avoir reçu des renforts, […] il donna le signal de battre en retraite. [… Brasidas] se lance, au pas de course, droit devant lui, sur la route, vers le point le plus escarpé où se trouve actuellement un trophée. Il bouscule le centre des Athéniens, effrayés par leur désordre et stupéfaits de son audace. Il les met en fuite […]. Brasidas s’avance vers l’aile droite, mais il est blessé, il tombe, sans que les Athéniens s’en aperçoivent. […] On avait relevé Brasidas et on l’avait transporté, vivant encore, du champ de bataille dans la ville. Il eut le temps d’apprendre la victoire de ses troupes mais, presque aussitôt après, il rendit l’âme. Le reste de son armée revint de la poursuite avec Kléaridas, dépouilla les morts et éleva un trophée. Tous les alliés suivirent en armes la dépouille de Brasidas, qui fut inhumé aux frais de l’État à l’intérieur même de la ville, à l’entrée de la place publique actuelle. Dans la suite on protégea d’un entourage de pierre le monument. Les Amphipolitains lui consacrèrent un téménos comme à un héros et établirent en son honneur des jeux et des sacrifices annuels. Le considérant comme leur véritable fondateur, ils lui dédièrent la colonie, rasèrent les monuments élevés en l’honneur d’Hagnôn et firent disparaître tout ce qui pouvait rappeler que la colonie avait été fondée par ce dernier”. Ces événements se situent en hiver 424 avant Jésus-Christ et comme les dates et les lieux semblent correspondre, il a été suggéré que ce devait être la tombe de Brasidas. Ce même Thucydide dont je viens de citer un passage avait été envoyé par Athènes à Thasos à la tête de sept navires pour faire face aux événements, mais n’ayant pu récupérer Amphipolis il a, selon la tradition, été accusé de trahison, ce qui lui a valu un long exil.

 

Mais si c’est ce coffret funéraire qui m’a donné l’occasion de parler de la mort de Brasidas, je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un peu en arrière dans le texte de Thucydide, pour comprendre comment cette colonie athénienne est défendue par les Spartiates. “Brasidas, parti d’Arnè, ville de Chalcidique, marcha avec ses troupes contre Amphipolis […]. Le temps était mauvais et il neigeait quelque peu, ce qui le fit presser sa marche, car il voulait cacher sa marche aux gens d’Amphipolis, sauf à ceux qui trahissaient à son profit”. Il y a en effet à Amphipolis des colons d’Andros venus y habiter qui étaient de longue date ennemis d’Athènes, et aussi des Amphipolitains qui avaient pris parti contre la mère patrie. “[Les traîtres] reçurent donc Brasidas à l’intérieur de la ville, se déclarèrent cette nuit même en révolte contre les Athéniens et avant l’aurore conduisirent l’armée péloponnésienne sur le pont qui franchit le fleuve. La citadelle en est à quelque distance”. Ce pont, nous en avons vu les restes pétrifiés, la citadelle nous y avons vu ce qu’en a laissé l'époque paléochrétienne. “Aidé par la trahison et le mauvais temps, favorisé par son arrivée imprévue, Brasidas franchit le pont et se trouva maître sur-le-champ de tout ce que les habitants possédaient hors les murs. […] La faction opposée aux traîtres étant la plus nombreuse les empêcha d’ouvrir sur-le-champ les portes. Elle envoya des messagers, d’accord avec le stratège Euklès, commandant de la garnison pour le peuple athénien, à l’autre stratège, préposé au littoral de la Thrace. C’était Thucydide, fils d’Oloros, l’auteur de la présente histoire. Il se trouvait à l’île de Thasos, colonie de Paros, située à une demi-journée de navigation d’Amphipolis. Les députés lui demandèrent de venir au secours de la ville. Immédiatement à cette demande, il mit à la voile avec les sept vaisseaux qu’il avait sous la main. Il voulait à tout prix, si c’était possible, arriver avant la reddition d’Amphipolis, sinon occuper Eion [= le port fluvial d’Amphipolis] avant l’ennemi. […] Par une proclamation, [Brasidas] fit savoir que ceux des Amphipolitains et les Athéniens qui le voulaient pourraient rester dans la ville en conservant la totalité de leurs droits. Ceux qui s’y refuseraient disposeraient de cinq jours pour sortir en emportant ce qui leur appartenait. Cette proclamation provoqua dans la plupart des esprits un changement d’autant plus sensible qu’il n’y avait que peu d’Athéniens parmi la population d’Amphipolis. Celle-ci dans l’ensemble était fort mêlée”.

 

Considérant que c’était Euklès qui était en charge d’Amphipolis pour le compte d’Athènes et non Thucydide, lequel avait immédiatement réagi à la demande d’aide et avait réussi à prendre le port fluvial d’Eion, faisant preuve d’une extraordinaire rapidité, le chercheur Luciano Canfora affirme que Thucydide n’a jamais été exilé de 424 à 404. Il évoque Aristote qui l’a vu à Athènes en 411, présent au procès de l’orateur Antiphon. Certes, la tradition s’appuie sur un passage du même livre La Guerre du Péloponnèse. “Le même Thucydide Athénien a poursuivi le récit des événements, par étés et par hivers, jusqu’au moment où les Lacédémoniens et leurs alliés mirent fin à l’empire d’Athènes et s’emparèrent des Longs-Murs et du Pirée. […] J’ai vécu vingt ans en exil, à la suite de mon commandement d’Amphipolis”. Or on sait qu’après la mort de Thucydide, Xénophon a écrit les Helléniques, qui sont à partir de l’année 411 la suite de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide, qui couvre les années 431-411. Mais il a aussi travaillé sur le texte même de Thucydide, et Canfora considère cette sorte d’introduction en cours de récit (on est au chapitre 26 du livre 5) comme un ajout de la main de Xénophon, et cet exil serait celui de Xénophon, non de Thucydide. Certes, ces arguments ébranlent grandement les certitudes, mais ne parviennent cependant pas à convaincre la majorité des spécialistes. Je n’ai pas, quant à moi, la prétention de départager des chercheurs de haut vol, mais j’ai trouvé le débat suffisamment intéressant pour m’étendre longuement sur le sujet.

 

840i2 tablette de plomb, signes magiques

 

Le moment est venu de continuer. Cette tablette de plomb représente des signes magiques. J’ignore si les archéologues ont pu déchiffrer leur signification, mais la notice ne le dit pas et moi je suis bien incapable de le faire.

 

840i3 biberons antiques, musée d'Amphipolis

 

Cette tablette nous a introduits dans l’univers privé. Nous poursuivons dans ce même domaine avec ces pots de terre cuite qui sont des biberons pour bébés. Pas question, en ce temps-là, de les stériliser en les ébouillantant (évidemment, je ne parle pas de la stérilisation chimique), et si le taux de mortalité infantile était très élevé, à ma connaissance les textes ne font pas allusion à des intoxications de nourrissons. Certes, les enfants étaient plus souvent élevés au sein qu’au biberon, mais je pense qu’accoutumés dès la naissance à toutes sortes de germes, les organismes savaient mieux se défendre. Cela dit, côté confort, un bec de terre cuite n’est pas aussi agréable dans une bouche délicate de bébé qu’une douce tétine de caoutchouc.

 

840i4 semelles de liège de chaussures de fillette

 

Je trouve émouvantes ces semelles de liège provenant des chaussures d’une fillette, avec lesquelles on l’avait enterrée. Tout le reste, cuir ou tissu, a disparu.

 

840j1 cavalier en chlamide et pétase, 5e siècle avant JC

 

Univers privé aussi, les céramiques. Voyons quelques vases. Celui-ci est un cratère à figures rouges du deuxième quart du cinquième siècle avant Jésus-Christ. Le cratère, rappelons-le, est un récipient dans lequel on mêle vin et eau chaude, ainsi que des aromates, le vin ne se buvant jamais pur dans l’antiquité grecque ou romaine. Il est décoré de scènes de la vie d’un jeune homme. De ce côté-ci, on voit un jeune cavalier vêtu d’une chlamyde et portant sur la tête un pétase. L’image me dispense de définir ces termes.

 

840j2 kylix 5e siècle à figure rouge (archer)

 

Ce kylix, ou coupe plate à boire en usage dans les banquets, est légèrement plus tardif, de la seconde moitié du cinquième siècle. On y voit un archer en position de tir.

 

840j3 Amazonomachie sur hydrie à figures rouges (4e s.)

 

Encore un vase à figures rouges avec cette hydrie (récipient pour transporter l’eau) du quatrième quart du quatrième siècle, qui avait été utilisée comme urne funéraire chapeautée de plomb. Elle représente une amazonomachie, ce combat que les Amazones ont mené contre Athènes parce que Thésée avait enlevé l’une des leurs.

 

840j4 vase, Eros ivre endormi sur une amphore

 

Et pour terminer la série, cet amusant petit vase en forme d’Éros ivre, qui s’est endormi appuyé sur une amphore, ses courtes ailes dressées.

 

840k1a culte d'Athéna à Amphipolis

 

Je disais au début que l’on n’avait pas retrouvé les sanctuaires majeurs d’Amphipolis. Cette ville créée par des colons d’Athènes (même si, on l’a vu, elle a un siècle plus tard renié Athènes et adopté Brasidas le Spartiate) est restée fidèle à la déesse Athéna comme patronne. De nombreux éléments en témoignent. Je montre ici une petite statuette qui représente Athéna coiffée de son casque, et un disque d’or qui, paraît-il, la représente. À vrai dire, je ne la vois pas bien, mais puisque les archéologues la reconnaissent… Il existe un excellent indice de l’existence d’un sanctuaire d’Athéna à Amphipolis, c’est un passage de Thucydide qui se trouve dans l’extrait que j’ai cité tout à l’heure, mais j’ai volontairement sauté à pieds joints par-dessus ces quelques lignes en leur substituant des points de suspension entre crochets, parce que je voulais réserver le passage pour mon commentaire de cette photo. C’est juste avant l’attaque d’Amphipolis, quand Brasidas cherche à tromper Cléon et les Athéniens. “Les Athéniens avaient vu Brasidas descendre de la hauteur de Kerdylion. De l’endroit où était Cléon, les regards plongeaient dans la ville et il voyait Brasidas distinctement offrir un sacrifice devant le temple d’Athéna et tout occupé à cette cérémonie”. Comme, jusqu’à la fin de mon article, je ne citerai plus Thucydide, il me faut dire ici que j’ai utilisé la traduction de Jean Voilquin dans l’édition Garnier-Flammarion.

 

840k1b Artémis début 5e siècle

 

À présent, quelques sculptures. Et d’abord, cette Artémis du début du cinquième siècle, provenant d’un atelier corinthien. Elle porte son arc dans la main droite. La biche qui traditionnellement l’accompagne, ici est toute petite et elle la porte dans sa main gauche. Dans l’ancienne Thrace, Apollon et Aphrodite étaient particulièrement vénérés, aussi n’est-il pas étonnant qu’à Amphipolis, ville de Macédoine fort proche de la Thrace, on trouve de nombreuses traces d’un culte de ces dieux.

 

840k2 figurine en forme de xoanon

 

Cette figurine est bien en terre cuite, mais elle adopte la forme et l’apparence d’un xoanon, ces vieilles statues sommaires taillées dans le bois qui représentent des divinités. En l’absence d’indice ou d’attribut, je ne saurais dire qui est représenté ici.

 

840k3 Télesphoros (fils d'Asclépios)

 

Ce personnage me plaît beaucoup, avec son air malin et sa grande houppelande à capuchon pointu. Il s’appelle Télesphoros, et c’est l’un des enfants du dieu médecin Asclépios. On le voit parfois aux côtés de sa sœur Hygieia, la Santé, mais elle nous la connaissons bien mieux que lui parce qu’elle accompagne généralement son père auprès des patients.

 

840k4 Aphrodite et Priape

 

Ici, cette jeune femme qui se dévoile avec grâce et arrange coquettement sa chevelure, c’est Aphrodite, bien sûr. Quant à ce petit homme près d’elle, affecté de priapisme, eh bien… c’est Priape, comme on pouvait s’en douter. Techniquement, ma photo n’est pas terrible, j’ai fait le point sur la tête d’Aphrodite, et plus on descend, moins c’est net, de sorte que même sur ma photo originale non réduite je n’arrive plus à discerner clairement le dessin du socle. Une silhouette masculine avec un grand bâton peut être Zeus et son sceptre, ou Poséidon et son trident, Aphrodite étant née de l’écume de la mer. Mais pourquoi pas plutôt Dionysos tenant son habituel thyrse. Devant lui, une silhouette féminine plus petite, donc sans doute humaine face au dieu, dressée sur un rocher, et un enfant brandissant un voile gonflé par le vent et qui pourrait représenter Éros. La scène représenterait alors Ariane abandonnée par Thésée sur le rivage de Naxos, et Dionysos la voyant, tombant amoureux d’elle et décidant de l’épouser. Le musée se limitant à donner l’identité des deux personnages du haut (inutile car évidente), sans même lieu de découverte ni date, j’en reste à ma supposition. Si l’un de mes lecteurs a une meilleure idée, je suis preneur.

 

840k5 buste de korè (4e siècle avant JC)

 

Le musée se contente de dire que nous voyons là une korè de la seconde moitié du quatrième siècle avant Jésus-Christ. C’est bien peu pour une aussi ravissante statuette. Si l’on m’offrait l’un des objets de ce musée, c’est sans doute elle que je choisirais. Mais bof, à quoi bon rêver, ils sont trop jaloux de leurs trouvailles pour me faire ce petit cadeau. Une korè (le mot signifie jeune fille, en grec) est une statue de jeune fille souvent peinte, en long vêtement, à la coiffure élaborée, debout et droite et à la pose simple, généralement les bras le long du corps ou une main en avant, ici les mains sur la poitrine. À l’époque archaïque, quand le type apparaît, sa pose est plus hiératique que par la suite, et elle arbore le demi-sourire conventionnel de toutes les statues de ce temps. Mais la nôtre, ici, est toute naturelle et très gracieuse. Car Korè, c’est le nom donné souvent à Perséphone, la fille de Déméter qu’Hadès a enlevée pour l’épouser dans les Enfers, qui sont son royaume.

 

840k6 danseur, 3e siècle avant JC

 

Il date d’un siècle plus tard, seconde moitié du troisième siècle, ce personnage curieusement vêtu. Il nous est proposé d’y voir un sauteur ou un danseur.

 

840k7 buste d'Attis (2e-1er siècle avant JC)

 

Encore plus tardif (deuxième ou même premier siècle avant Jésus-Christ) est ce buste d’Attis. Hérodote, qui orthographie son nom Atys, en fait un homme, fils du roi de Lydie Crésus. “Il avait deux fils, l’un infirme (il était muet), l’autre bien supérieur dans tous les domaines aux garçons de son âge, appelé Atys. [Un] songe annonça à Crésus qu’il perdrait ce fils, frappé d’une pointe de fer. À son réveil, le roi réfléchit au songe qu’il avait eu et, profondément effrayé, commença par choisir pour son fils une épouse. Puis il écarta le jeune homme, qui commandait habituellement les armées lydiennes, de toute occupation de ce genre et fit enlever des appartements des hommes les javelots, les lances et toutes les armes en usage à la guerre, qu’on entassa dans les réserves de peur que l’une d’elles ne se décrochât du mur pour tomber sur son fils”. Sur ce, arrive Adraste, un Phrygien de sang royal, souillé du meurtre involontaire de son frère. Crésus le purifie et lui offre l’hospitalité. Or on vient demander à Crésus son valeureux fils pour lutter contre un terrible sanglier. Crésus refuse. Atys proteste. “Mon père, répondit le jeune homme, tu es excusable, après une pareille vision, de veiller sur moi. Mais […] où sont donc les mains du sanglier ? Où est cette pointe de fer que tu redoutes ? Ah, si ton rêve t’avait parlé d’un coup de boutoir ou d’autre chose de ce genre, tu aurais raison d’agir comme tu le fais. Mais il s’agit d’une pointe de fer”. Convaincu, Crésus cède, mais demande à Adraste d’accompagner les chasseurs pour veiller sur Atys. “Ils se mirent en quête de la bête, la débusquèrent, l’encerclèrent et l’assaillirent à coups de javelots. À ce moment l’étranger, l’homme qui avait été purifié d’un meurtre, l’homme qui s’appelait Adraste, jette son javelot, manque la bête et frappe le fils de Crésus. Le jeune homme fut atteint par la pointe de l’arme, et le songe de son père fut accompli. […] Crésus fit ensevelir son fils comme il convenait et, lorsque le silence et la solitude régnèrent autour du monument, Adraste, fils de Gordias, petit-fils de Midas, meurtrier de son frère, meurtrier de l’homme qui l’avait purifié, pénétré du sentiment qu’il n’était pas un homme, à sa connaissance, qui fût aussi misérable, se donna la mort sur le tombeau d’Atys”.

 

Mais ce récit, historique selon la conviction d’Hérodote, ne rend pas compte du culte rendu à cette divinité lydienne et phrygienne qui arrive en Thrace et en Macédoine au troisième siècle avant Jésus-Christ. Mais Hérodote est originaire de la ville d’Halicarnasse en Ionie, aujourd’hui Bodrum, voisine de la Lydie, et il a vécu au cinquième siècle. La légende arrivée à Amphipolis deux siècles plus tard venait de Phrygie (la patrie de cet Adraste, au nord de la Lydie). Né de la fille d’un fleuve rendue enceinte par un dieu amandier, Attis est abandonné dans la montagne. Attis est élevé par un bouc (oui, j’ai sous les yeux le texte grec de Pausanias qui dit tragos, bouc, et non pas aïx, chèvre, comme cette chèvre Amalthée qui avait nourri de son lait le petit Zeus sur l’Ida). Or l’amandier son père était né lui-même du sang d’Agdistis, lequel était fils de la déesse-mère Cybèle sur laquelle Zeus s’était masturbé. Cybèle se trouve donc être l’arrière-grand-mère d’Attis. Cybèle le voit, en tombe amoureuse, mais il en aime une autre. Cybèle alors se venge en le frappant de folie. Tout cela a engendré un culte à mystères sur lequel, par crainte religieuse, tous les auteurs gardent un secret absolu, de sorte que nous n’en savons rien. “Qui était cet Attis, c'est un mystère, et je n'ai pu parvenir à le savoir”, dit Pausanias. Mais l’amandier père d’Attis était né du sang coulant de la castration d’Agdistis, et dans sa folie Attis se châtre, le sang de la blessure engendrant le pin. Le grand-père et le petit-fils ont donc tous deux fécondé la terre du sang de leur émasculation. Il y a là clairement des rites de fertilité, mais je ne saurais en dire plus.

 

840m-plaque-d-ivoire--guerison-de-l-aveugle---5e-siecle-a.JPG

 

On l’a vu, les ruines paléochrétiennes en byzantines sont nombreuses à Amphipolis. Il est donc normal que le musée ait pu recueillir bon nombre d’objets et fragments de mosaïques ou de fresques datant de ces époques. Pour ma part, je me bornerai à cette petite plaque d’ivoire, parce que j’ai déjà été beaucoup trop long. “Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance […]. Il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle, et il lui dit : Va te laver à la piscine de Siloé (ce nom signifie Envoyé). L'aveugle y alla donc, et il se lava. Quand il revint, il voyait”. C’est ce miracle de la guérison de l’aveugle, raconté dans l’évangile de saint Jean, qui est représenté ici.

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Published by Thierry Jamard
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David 14/03/2016 12:28

Hello !
Sur le relief du socle de la statuette en terre cuite représentant Aphrodite et Priape, le personnage de droite, très raide, est en fait aussi Priape sous la forme d'un pilier hermaïque. La scène doit représenter une offrande à Priape.

Daniel 13/02/2013 09:40

Bonjour Thierry n'êtes vous pas descendu un peu en contrebas de l'acropole pour aller voir les restes de maisons dont subsistent des parois murales en plâtre aux couleurs superbement conservée.
http://cpm-ws4.ulb.ac.be/photos/_data/i/galleries/Daniel/Halkidiki-200906/Amphipolis/20090605_094936-me.jpg
Ne manipulant pas la grec comme vous, j'avais eu un peu de mal à me faire ouvrir la porte par la charmante gardienne et surtout à avoir des explications supplémentaires que les quelques lignes un
peu laconiques de mon guide vert. Si vous en avez je suis intéressé.

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