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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 19:25

 

 

Assise est toute proche de Pérouse. Heureusement, parce que ce matin nous avons dû revenir à Pérouse. En effet, hier soir j’ai voulu mettre du gazole, mais toutes les pompes (sauf sur autoroute) sont accessibles en libre service avec des billets de banque, ma carte de crédit n’étant pas acceptée. Je donne 50 euros à la machine. Elle avale mon billet, affiche un crédit de 50 Euros à la pompe n° 3 que j’ai sélectionnée, mais après rien ne se passe. Une automobiliste complaisante qui parle anglais, nous sauve. Il faut aller chercher un ticket que la machine accepte de cracher. Sur le ticket, il est dit qu’il n’y a plus de gazole et que nous serons remboursés en échange de ce ticket, en nous présentant le lendemain entre 7h et midi. Charmant. Et si nous devions nous trouver le lendemain à 500 kilomètres pour un mariage à 10h, nous aurions perdu nos sous ? Bref, cela nous a retardés, mais nous ne sommes pas tombés en panne de carburant et en avons reçu pour notre argent. Sur ce, nous sommes allés à Assise. Ci-dessus, on voit l’immense basilique San Francesco sur la gauche de la photo. Ci-contre, le parvis de l’église basse. En effet, elle est construite comme deux églises superposées, un peu à la manière de la Sainte Chapelle de Paris (mais en gigantesque).

 

En haut, il y a également un parvis qui débouche sur de petites rues anciennes, et de l’autre côté, c’est-à-dire côté chœur, se trouve le cloître ci-contre. Dans la basilique haute comme dans la basilique basse, il y a des fresques magnifiques des treizième et quatorzième siècles, et aussi des gardes qui pourchassent les photographes. Giotto, Maso, Lorenzetti, Cimabue, tous ces grands noms réunis là, en haut comme en bas. Sans doute la loi italienne maintient-elle les droits sur la création artistiques pendant mille ans et les héritiers de Giotto et consorts sont-ils intéressés à la reproduction de leurs œuvres ? Plus sérieusement, je trouve choquant idéologiquement que dans cette église qui n’est pas transformée en musée et reste ouverte au culte l’accès aux offices soit réservé aux ressortissants du diocèse. Mais c’est ainsi.

 
Par ailleurs, en descendant des marches à partir de la basilique inférieure, on accède à une chapelle qui n’est pas à proprement parler une crypte, au bout de laquelle se trouve, en lieu et place de l’autel, une sorte de rond-point avec au centre une construction dans laquelle est le tombeau de saint François. La dévotion des gens les amène parfois à s’agenouiller et prier simplement, d’autres s’accrochent à la grille et s’y frappent le front, d’autres encore lancent des exclamations bruyantes, immédiatement rappelés à l’ordre par des haut-parleurs ("Silence, s’il vous plaît"), d’autres enfin viennent observer le spectacle et tenter de prendre des photos mais se font immédiatement harponner par un garde.

 

Et puis, à l’entrée basse, à l’entrée haute et au tombeau de saint François, dans chacun de ces points stratégiques, est placé un kiosque avec un prêtre, qui jette sur les images, livres, médailles que vous avez achetés aux marchands du temple, une bénédiction accompagnée d’un coup de goupillon (je n’ai pas vu si le goupillon était sec, ou inondait les images), et cela moyennant finance. Je n’ai pas demandé s’il était possible d’acheter aussi des indulgences. Mais que tout cela est choquant ! Ou plutôt je dois être trop rigoriste, ou trop idéaliste, parce que des milliers de personnes défilent ici et trouvent tout cela parfaitement normal.

 
Par ailleurs, cette ville ancienne aux ruelles étroites est transformée, comme tant de lieux touristiques, et en toute première place le Mont Saint-Michel, en un immense piège à touristes, bourré de boutiques où l’on vend des T-shirts Saint-François, des magnets, des assiettes souvenir d’Assise, toutes sortes d’objets plus kitsch les uns que les autres. Ici, je mets une photo prise dans la devanture de l’une de ces boutiques. Le bibelot de gauche dit "Frère Gigino conseille du porcelet et du vin" et celui de droite "Le jeûne (les régimes), les frères s’y mettent demain".

 

Peut-être ai-je (très légèrement) laissé transparaître que je n’avais pas été enthousiasmé par Assise, sa basilique et l’ambiance Disney World de la ville, même si je suis longtemps resté en contemplation admirative devant ces fresques dont je n’ai pas été autorisé à emporter un souvenir photographique. Natacha aussi a admiré les fresques, puis est repartie avec un avis plus que mitigé sur l’ambiance locale.

 
Nous sommes partis vers Spello, une petite ville toute proche, qui a gardé toute son authenticité. La boutique où nous avons acheté notre pain quotidien n’est pas faite pour les touristes, on vous y sert avec le sourire, en prenant son temps pour vous faire choisir le genre de pain que vous désirez, même si déambulent dans les rues nombre de touristes. Nous voyons une église ancienne, Sant’Andrea (qui remonte à 1025), nous entrons, apercevons dans le fond une peinture qui semble intéressante. Un vieux prêtre passe par là, nous dit d’attendre, disparaît dans la sacristie et allume les lumières sur le tableau. C’est un Pinturicchio. On prend les photos que l’on veut. Ma photo ci-contre est sombre, mais ce n’est pas sa faute, c’est moi qui ai mal réglé. Je la mets quand même en hommage à sa gentillesse (et aussi parce qu’elle me plaît). Il y a aussi au-dessus du maître autel un grand crucifix de Giotto.

 

Plus loin, l’église Santa Maria Maggiore est encore ouverte et allumée. Là aussi, on peut voir tout plein de fresques sur les murs et la voûte, et les photographier à loisir. Ici à gauche, une Nativité par Pinturicchio. Ailleurs, c’est le Pérugin. Magnifique. Ce n’est pas aussi riche qu’Assise, loin de là, mais on y sent plus de foi, plus de sincérité. C’est plus authentique.

 
Spello nous a réconciliés avec cette journée. Nous nous attardons un peu, puis partons pour un endroit calme dans une banlieue de Spoleto, proche elle aussi (il n’y a que 35 kilomètres entre Spello et Spoleto), pour être à pied d’œuvre pour les visites de demain.

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Published by Thierry Jamard
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libert 07/11/2009 19:53


salut thierry ta passion l'Italie nous aussi mais beaucoup moins culturel viens voir mon blog ! a +


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