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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 01:31

Nous allons, aujourd’hui, faire quelques allées et venues par les rues de Naples. Nous avons quitté Pompéi après le déjeuner, puis nous avons pris notre temps pour marcher à travers la ville, ce qui fait que nous ne visiterons pas les monuments devant lesquels nous passons, le cloître de Santa Chiara et la chapelle Sansevero. Pour ces visites, nous reviendrons un autre jour.

 

510a Naples, place Bellini, murs grecs

 

Passant place Bellini, nous voyons ces fragments de murs sous le niveau du sol de la place. Ce sont des restes des murs grecs qui entouraient la ville au quatrième siècle avant Jésus-Christ. Nous sommes donc ici en bordure de la Naples grecque, Spaccanapoli.

 

510b1 Naples, via San Sebastiano

 

Nous avons beau entrer maintenant dans la Naples plus récente, puisque cette via San Sebastiano se trouve au-delà de la piazza Bellini et de ses murailles, ce n’en est pas moins un quartier très ancien comme peut en témoigner l’étroitesse de la rue et son tracé courbe. Mais je lui trouve un aspect très sympathique. De toute façon, Naples est, à mon avis, une ville qu’il faut apprivoiser –ou par laquelle il faut se laisser apprivoiser– car, lorsque l’on débarque, on est choqué par les ordures répandues sur le sol, par les containers qui débordent (alors que la grève des éboueurs, qui a duré longtemps, est finie et bien finie), par les façades décrépies, par la circulation démente, par le bruit… Et puis, peu à peu, on est pris par le charme de la ville, et on finit par l’adorer. Je déconseille un petit voyage de deux ou trois jours, on en reviendrait déçu. Mais si l’on y séjourne une semaine, on en reviendra enthousiasmé.

 

510b2 Napoli, strada San Sebastiano

 

J’ai dit que cette rue s’appelait via San Sebastiano. Erreur. Ici, beaucoup de rues portent encore le nom de strada et non de via. À Rome, je n’ai pas vu une seule "strada", pas plus qu’à Gênes ou à Florence. À Naples, c’est au contraire fréquent, même si les deux plans dont nous disposons ne connaissent pas ce mot. Uniformisation oblige.

 

510c1 Naples, piazza San Domenico Maggiore

 

510c2 Naples, piazza San Domenico Maggiore

 

Nous voici à présent piazza San Domenico Maggiore. Au centre se dresse ce… ce monument. Je ne sais si l’on peut parler d’obélisque, ou de colonne. Il est dédié à saint Dominique.

 

510c3 Naples, piazza San Domenico Maggiore

 

Sur ce monument, quelques inscriptions. Mais surtout des sculptures, nombreuses, baroques, comme celle-ci.

 

510d Naples, Gesù Nuovo

 

Dépassant l’ensemble de Santa Chiara, nous arrivons sur la place de l’église du Gesù Nuovo. Ici se dressait le palais Sanseverino, construit au quinzième siècle. Puis, sur son emplacement, a été édifiée cette église, en en conservant la façade. Elle est très originale, en péperin, la pierre gris sombre du pays, taillée en pointes de diamant.

 

510e Napoli, Gesù Nuovo

 

En revanche, l’intérieur –qui ne manque pas de noblesse– ne brille pas par son originalité.

 

510f Napoli, Gesù Nuovo

 

Les murs de la sacristie sont intégralement revêtus d’ex-voto représentant les parties du corps guéries à force de prières (cela, nous l’avons déjà vu ailleurs à Naples), mais on voit sur ma photo un gros objet sombre qui en cache une partie et qui surmonte une plaque. Cette plaque dit que le 4 août 1943 cette énorme bombe incendiaire est tombée sur la chapelle Saint Ignace et sur la sacristie, mais qu’elle n’a pas explosé. Et les Jésuites, dont c’est l’église (ce dont on se serait douté, vu le nom), ajoutent leur gratitude à Dieu d’avoir épargné leur Jésus Nouveau et disent qu’ils méditent sur la folie de la guerre et sur la sainteté de la paix.

 

510g1 Naples, bâtiments universitaires, piazza San Domeni

 

510g2 Naples, bâtiments universitaires, piazza San Domeni

 

Ayant trouvé fort sympathique cette piazza San Domenico Maggiore avec son obélisque et son animation, nous y revenons pour nous attabler à la terrasse d’un café qui s’étale sur le pavé de la place. Cette animation, cette vie, sont données par cette foule d’étudiants qui sortent de ce grand bâtiment rouge et qui, au lieu de rentrer chez eux, restent à discuter entre eux devant la porte. Cela crée une ambiance jeune très sympathique. Une plaque indique "Université des études de Naples ‘l’Orientale’, palazzo Corigliano". Ce nom signifie-t-il que l’on y étudie les langues orientales ou n’est-ce que l’appellation du bâtiment, je l’ignore.

 

510h1 Naples, Degas, calatà Trinità Maggiore

 

510h2 Naples, Degas, calatà Trinità Maggiore

 

Et puis nous repartons vers Santa Chiara, le Gesù Nuovo, et nous allons finir notre promenade en descendant vers la mer, via la calatà Trinità Maggiore et la via Toledo. Et, au début de la calatà, cette plaque sur l’immeuble ci-dessus dit : "Ici, dans le monumental palais des Pignatelli de Monteleone, que le grand-père René Hilaire, parisien devenu napolitain, avait acquis pour sa famille, plusieurs fois a séjourné EDGAR DEGAS, gloire de la peinture moderne". Le reste est en français. N’ayant absolument pas souvenir d’avoir vu quelque part que Degas avait séjourné à Naples, en rentrant ce soir je me suis précipité sur Internet pour chercher des tableaux réalisés ici, car il me semble inconcevable qu’un grand peintre comme lui séjourne quelque part assez longtemps sans prendre ses pinceaux. Et en effet, j’ai trouvé une Vue de Naples, qui est conservée à la Bibliothèque Nationale à Paris. Cela confirme mon inculture, hélas. Mais je suis heureux de me cultiver, comme quoi il n’est jamais trop tard pour apprendre.

 

Après avoir contemplé la mer, nous regagnons la gare centrale, puis Pompéi.

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Published by Thierry Jamard
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