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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 03:55
694a1 Golfe Saronique face à Salamine
Jeudi 7 avril. Nous quittons Athènes. Nous allons faire le tour du Péloponnèse, Corinthe, la côte est, peut-être allons-nous faire la traversée vers Cythère, puis nous remonterons par l’ouest vers Olympie où nous avons rendez-vous avec un couple d’amis (j’en reparlerai le moment venu), nous regagnerons la Grèce continentale en traversant le détroit par le pont de Patra et nous rentrerons à Athènes par Delphes (dont nous n’avons pas eu le temps de voir le musée le 13 mars) et Osios Loukas. Nous avons choisi de ne pas prendre l’autoroute pour pouvoir nous arrêter à prendre des photos et pour mieux jouir du paysage. Nous longeons donc la côte du vaste golfe délimité par l’Attique à l’est et par la côte orientale du Péloponnèse à l’ouest, le golfe Saronique. Dans sa partie supérieure, il est étranglé par l’île de Salamine (victoire grecque déterminante contre les Perses en 480 avant Jésus-Christ), créant au fond du golfe un golfe intérieur, secondaire, le golfe de Mégare. Nous sommes ici en train d’en suivre la côte, et ce que nous voyons sur notre gauche, c’est la côte de l’île de Salamine.
 
694a2a Canal de Corinthe
694a2b Canal de Corinthe
Puisque l’isthme de Corinthe est coupé, depuis la dernière décennie du dix-neuvième siècle, par un canal qui évite aux navires dont le tirant d’eau n’est pas trop important de faire tout le grand tour du Péloponnèse pour passer de la Méditerranée occidentale à la Méditerranée orientale, nous avons donc dû le franchir. Sur l’autoroute, on ne voit rien, mais la route le franchit sur un petit pont, et un parking est prévu pour les visiteurs intéressés. D’en haut nous le regardons vers l’ouest, puis vers l’est, espérant voir l’un des 12500 bateaux qui l’empruntent chaque année. En supposant un trafic constant, cela fait 34 passages par jour, un toutes les 42 minutes. Évidemment, il y en a plus en août qu’en novembre, plus le jour que la nuit. Mais c’est déjà le printemps, nous sommes en plein jour, nous sommes restés là plus d’une heure et nous n’avons rien vu passer. Dommage.
 
694a2c Canal de Corinthe
 
Nous avons donc eu largement le temps de lire les grands monuments gravés au souvenir de ceux qui ont œuvré pour ce canal, dont les ingénieurs hongrois, ainsi que les chiffres caractéristiques du canal. Outre le chiffre de 12500 passages, je remarque qu’en effet les gros bateaux ne peuvent l’emprunter puisqu’il ne fait que 24,60m de large et, surtout, seulement huit mètres de tirant d’eau. Et puis il n’est pas étonnant qu’il soit impressionnant à voir, avec une profondeur de près de 80 mètres alors qu’il est si étroit.
 
694a3 Saut à l'élastique, canal de Corinthe
 
Impressionnant ? Alors pour qui aime les émotions fortes, pour qui aime les impressions, on peut en rajouter un peu en sautant dans le vide. Comme on le voit sur ce panneau publicitaire, d’ores et déjà, en avril, on peut sauter chaque week-end et chaque jour en été. Puisque trente mille sauts ont déjà eu lieu, faut-il considérer que c’est rassurant, ou bien doit-on craindre que l’élastique ne soit usé ? Je plaisante, j’ai l’air de me moquer, mais en fait j’aurais bien aimé essayer. Hélas, deux raisons s’y sont opposées. La première, c’est qu’aujourd’hui c’est jeudi, et que l’on ne va pas rester là jusqu’au week-end. Et la seconde, c’est que Natacha m’a traité de fou et m’a dit que de toute façon elle ne m’aurait pas laissé faire ces stupidités. Il n’y a pas à discuter sur ses motivations, je veux croire que c’est parce qu’elle tient trop à moi…
Mais j’ai daté cet article du 8 au 10 à Corinthe, or ce trajet nous l’avons fait le 7 et le canal dit de Corinthe ne se trouve pas à Corinthe. Il est donc temps de dire que nous nous sommes installés dans une halte pour camping-cars ouverte par un agriculteur du coin, de coût très raisonnable, proche du site archéologique et où, deux fois pendant ce court séjour, notre hôte a invité (oui, invité, ce qui veut dire gratuitement) tous ses clients à un dîner convivial, ce qui nous a donné l’occasion, non seulement d’apprécier sa gentillesse, mais aussi de partager la conversation avec un couple anglais, un couple italien, un couple néerlandais. Très agréable, très sympathique, une adresse à retenir (ou plutôt à retenir qu’il suffit de suivre les panneaux bleus indiquant le "Camper Stop" où graphiquement le T de stop est figuré par une colonne ionique.
 
694b0a Corinthe, le site antique
694b0b Corinthe, le site antique reconstitué
Nous voici dans le sujet. Le site archéologique de Corinthe est très vaste. Ci-dessus, une vue d’ensemble, et une reconstitution de ce qu’a dû être la ville à l’époque romaine. Parce que la Corinthe ancienne, celle qui a donné naissance aux colonies de Sicile et de Corfou, la Corinthe de la Guerre du Péloponnèse, la constante rivale d’Athènes, l’oligarchique Corinthe opposée à la démocratique Athènes, cette Corinthe-là a disparu avec l’arrivée des Romains. Des monuments anciens ont été conservés, comme son temple d’Apollon, mais son plan a été quadrillé à la romaine, des quartiers neufs se sont édifiés en abattant ce qui précédait, et la ville qu’a évangélisée saint Paul en 51-52 ou celle qu’a visitée Pausanias n’a plus grand chose à voir avec la cité historique. J’ai pris ma photo de l’extérieur du site, je suis dans la rue moderne qui, sur la reconstitution, passerait entre le théâtre et l’odéon (les deux hémicycles sur la droite) et couperait le bâtiment carré qui entoure une cour en quadriportique, au milieu en bas, et mon objectif est tourné vers l’angle supérieur gauche de ce dessin, de sorte que la rue antique que l’on voit est celle qui, sur la reconstitution, longe le temple et les ruines au premier plan de ma photo sont celles de ce quadriportique.
Un mot quand même du passé de la ville. Dés 5000 avant Jésus-Christ le site a été habité, avec de petites maisons. Vers 2800 la ville est passée sans heurt du néolithique au bronze ancien. Au deuxième millénaire, de 1800 à 1200 environ (époque mycénienne et Guerre de Troie), Corinthe subsiste mais voit ternir son étoile, elle est en lente décadence. Et puis, comme bien d’autres villes en Grèce (mais pas sa voisine, la petite Lechaion), Corinthe est détruite et on perd sa trace. Plus rien. Et on la voit réapparaître au début du premier millénaire, fin du dixième siècle ou début du neuvième siècle. De même qu’à l’époque préhistorique, en ce début de millénaire elle est située un peu à côté du site que nous lui connaissons, elle est juste au pied de cette grosse montagne que l’on appelle l’Acrocorinthe (dont je vais reparler tout à l’heure). Sa prospérité va croissant, elle est grande au huitième siècle, et la création de colonies (Corfou en 734, Syracuse en 733) en atteste. Dans maints musées nous avons vu les célèbres vases corinthiens. Pour aller les vendre, un certain Aménoklès, un Corinthien, invente la trière, navire à trois rangs de rameurs que bien des cités grecques copieront et qui sera aussi l’ancêtre de la trirème romaine. Nous en venons à l’épisode que j’ai évoqué plus haut, l’arrivée des Romains en 146 avant Jésus-Christ, la victoire du général Mummius qui rase la ville, tue ceux des habitants qui ne peuvent être vendus comme esclaves, expédie sur Rome les statues et autres œuvres d’art. La ville est morte. Un siècle plus tard, à partir de César en 44 avant Jésus-Christ, Rome décide d’en faire une colonie, on reconstruit des monuments sur une ville au plan romain, on y installe des populations, notamment des affranchis car un ex-esclave ne continue pas nécessairement à travailler pour son ex-patron ni à vivre sous son toit, et beaucoup de Juifs. Le quatrième siècle sera très dur pour Corinthe, très endommagée par un tremblement de terre en 375 puis envahie et incendiée par Alaric et ses Goths. Très rapidement voyons la suite, elle réussit à repousser l’invasion de pirates normands en 1147 mais d’autres pirates l’investissent en 1210, les Florentins l’occupent de 1358 à 1395, puis viennent les Turcs, les Vénitiens, les Turcs encore, jusqu’en 1822. Le séisme de 1859 amène à reconstruite la ville sur un nouveau site, à une petite dizaine de kilomètres, sur la côte. La Corinthe du Moyen-Âge et de l’époque moderne survit toutefois près du site antique. Mais deux séismes violents, coup sur coup en 1928 et 1930, détruisent presque tout. On reconstruira, selon des normes antisismiques, un petit bourg à cet emplacement, la grande ville étant la ville nouvelle sur la mer.
 
694b1 Corinthe, temple d'Apollon
694b2 Corinthe, temple d'Apollon
694b3 Corinthe, temple d'Apollon
Commençons notre visite par le monument le plus célèbre et sans aucun doute le plus spectaculaire, le temple d’Apollon. Il y a cependant beaucoup à voir et à parcourir sur le site qui inclut aussi le musée archéologique, si bien que le 8 et le 9 nous y passerons nos deux matinées (fermeture à 15h), ce qui a aussi permis de voir les monuments avec des éclairages différents… mais jamais dans le soleil couchant. Parce que les Romains, qui voulaient construire en terrain plat, ont taillé la colline à l’est et au nord, le vieux temple s’en trouve isolé en haut, ce qui le rend encore plus impressionnant.
 
694b4 Corinthe, temple d'Apollon
694b5 Corinthe, temple d'Apollon
Construit vers 550 avant Jésus-Christ, il comportait 15 colonnes sur les grands côtés et 6 sur les petits en comptant deux fois les colonnes d’angle, soit 38 au total, mais aujourd’hui seules 7 d’entre elles sont encore debout. En ce milieu du sixième siècle, c’est l’apparition du style dorique où la colonne n’a pas de base, son fût repose directement sur le soubassement de l’édifice, et à son sommet le chapiteau ne présente aucune décoration. C’est nu, c’est pur, c’est également massif. Les colonnes sont monolithiques et épaisses, puisque leur hauteur de six mètres est seulement un peu supérieure à quatre fois le diamètre à la base. Malgré sa célébrité, Vitruve s’est trompé, lui l’inventeur des proportions humaines dont Léonard de Vinci a tiré son fameux "homme de Vitruve" inscrit dans un cercle, car constatant que le corps d’un homme mesure six fois la longueur de son pied (ce qui est à peu près exact), il en a tiré la conclusion que la beauté des temples doriques grecs venait de ce que cette proportion de un à six se retrouvait entre le diamètre et la hauteur de leurs colonnes. Or si ce temple d’Apollon est particulièrement massif, même les autres temples doriques ne dépassent jamais la proportion de un à cinq un quart.
 
694c1a Corinthe, boutiques du nord-ouest
694c1b Corinthe, boutiques du nord-ouest
Le verso d’abord puis le recto, mes deux photos montrent une boutique, la seule qui subsiste d’une ligne d’échoppes dites du nord-ouest qui, sur la reconstitution, sont parallèles au grand côté du temple d’Apollon, situées dans la diagonale vers le haut à gauche.
 
694c2a Corinthe, boutiques de l'ouest
694c2b Corinthe, boutiques de l'ouest
Ce qu’aujourd’hui nous appellerions des centres commerciaux, il y en avait plusieurs à Corinthe, je ne vais pas montrer toutes les ruines, mais celles-ci, dites boutiques de l’ouest, sont en bon état et méritent d’être vues. Sur la reconstitution, plus haut que le temple d’Apollon on voit un autre temple, plus petit, entouré d’un grand rectangle de bâtiments bordés de portiques. La façade de ce rectangle qui regarde vers le bas à gauche, c’est celle de ces boutiques de l’ouest.
 
694c3a Corinthe, les propylées
694c3b Corinthe, les propylées
Faisant suite à la ligne de boutiques du nord-ouest, nous trouvons, juste avant les propylées qui terminent une large rue, un mur situé à faible distance d’un grand bâtiment. Ce mur, qui ne fait pas partie d’un bâtiment est la Façade des Captifs, monument orné de statues dont je parlerai plus loin, devant l’une d’entre elles qui a été transportée au musée.
 
694c4 Corinthe, la tribune
Ce bloc de pierre rectangulaire ne semble pas particulièrement digne d’intérêt, or c’est au contraire un monument important de la cité. C’est, en grec, le bêma (prononciation grecque moderne, vima), autrement dit la tribune créée pour permettre aux autorités politiques romaines de s’adresser au peuple. Pour les Romains, ce sont les rostres. Lorsque le consul Gallio a porté son accusation contre saint Paul, l’apôtre a dû monter sur le bêma pour présenter publiquement sa défense, en même temps que pour expliquer la doctrine de Jésus. Sur la reconstitution, on voit en face des propylées, de la Façade des Captifs, de la ligne de boutiques du nord-ouest, une immense place. C’est l’agora grecque qui date du quatrième siècle avant Jésus-Christ, et que les Romains ont conservée comme leur forum en ce même emplacement, mais entourée d’autres bâtiments puisque Mummius avait tout démoli. On voit qu’une ligne de monuments la sépare d’une autre place publique, moins large mais tout aussi longue. Le bêma se trouve au milieu de cette ligne de monuments.
 
694c5a Corinthe, route de Lechaion
694c5b Corinthe, route de Lechaion
Partant des propylées, sur l’agora, et filant vers le bas à droite de la reconstitution, cette route mène à Lechaion, le bourg qui sert de port à Corinthe et dont j’ai tout à l’heure évoqué l’origine très ancienne en disant que lui n’avait pas disparu quand a sombré la civilisation mycénienne. L’essentiel de l’activité de Corinthe tenant dans son commerce ainsi que dans ses relations avec ses colonies, il est clair que le trafic entre la ville et son débouché maritime devait être très intense, aussi faut-il imaginer une grande animation sur cette route. Malgré ce fort trafic, on ne remarque aucune trace de roues de chars dans ses larges dalles calcaires, alors que généralement les passages répétés de lourdes voitures creusent des sillons dans la pierre des routes. Ici ce n’est pas étonnant parce que cette route comporte de loin en loin quelques marches. Et malgré cet inconvénient, elle restera en usage jusqu’au dixième siècle de notre ère.
 
694c6 Corinthe, architrave du temple H
Sur le petit côté de l’agora, en haut à droite sur la reconstitution, il y a plusieurs très petits temples dont l’attribution n’est pas toujours sûre et que, pour cette raison, on désigne par des lettres. La photo ci-dessus montre l’architrave du temple H, qui était probablement dédié à Héraklès.
 
694d1 Corinthe, basilique julienne
694d2 Corinthe, basilique julienne
À l’opposé, à l’autre bout de l’agora, c’est la basilique julienne. Basilique, c’est-à-dire pour les Romains un bâtiment où se rend la justice et où se concluent des accords commerciaux. Quoiqu’appelée julienne, du nom de Jules César, elle a été construite du temps de l’empereur Auguste.
 
694e1a Corinthe, fontaine de Glaukè
694e1b Corinthe, fontaine de Glaukè
Ce bâtiment, directement taillé dans le roc lorsque la colline a été tranchée, recouvre quatre grandes citernes alimentées par un aqueduc qui prenait l’eau au pied de l’Acrocorinthe, cette grosse montagne que j’ai déjà évoquée et que je décrirai quand j’en viendrai à la visite que nous en avons faite. De l’eau de ces citernes coulait une fontaine, la Fontaine de Glaukè. Explications sur ce nom : Médée, la magicienne, a aidé Jason à conquérir la Toison d’Or à condition qu’il l’épouse. Ce qu’il fait. Mais Médée commet un crime qu’il est hors de mon sujet de détailler ici, et elle doit fuir avec Jason. Régnait aux temps légendaires sur Corinthe un roi du nom de Créon (à ne pas confondre avec le Créon de Thèbes qui intervient dans la légende d’Antigone). C’est chez lui que Jason et Médée se réfugient et vivent plusieurs années à sa cour. Or un jour, Créon décide de marier à Jason sa fille Glaukè (qui, dans certaines légendes, s’appelle Créüse). Jason accepte et décide de répudier Médée mais Créon, plus expéditif, pour faire place nette bannit Médée de son royaume. Évidemment, cela ne plaît pas à Médée qui, méditant sa vengeance, sollicite un délai de grâce d’un jour. Sans se méfier, Créon accepte. Médée alors s’empresse de préparer un philtre mystérieux dans lequel elle trempe une belle robe et des bijoux qu’ensuite elle charge ses enfants de porter à Glaukè en présent de noces. Pas plus méfiante que son père, Glaukè ravie enfile la robe pour se marier, mais immédiatement le vêtement lui communique un feu intérieur terrible. Créon veut venir au secours de sa fille, et quand il saisit la robe, lui aussi commence à brûler intérieurement. Pour tenter d’éteindre le feu, Glaukè se jette dans la fontaine qui est au centre de sa ville, et qui de ce moment-là prend le nom de Fontaine de Glaukè. Glaukè meurt brûlée et noyée, Créon meurt lui aussi consumé par ce mystérieux feu intérieur, qui finalement se communique au palais qui disparaît dans les flammes. Puis Médée tue ses deux enfants qu’elle avait eus avec Jason et qu’elle avait chargés de porter le présent empoisonné, et elle s’enfuit à Athènes. L’aventure n’est pas finie pour elle ni pour Jason, mais la suite est hors de mon propos. Telle est l’origine du nom de cette fontaine.
 
694e2a Corinthe, fontaine Pirène
694e2b Corinthe, fontaine Pirène
694e2c Corinthe, fontaine Pirène
Puisque nous parlons de fontaines, en voici une autre également célèbre, la Fontaine Pirène. Cette Pirène était la fille du dieu fleuve Asopos. Poséidon, épris d’elle, s’unit à elle et elle donna naissance à deux fils, Léchès et Kenchrias, qui donnèrent leur nom aux deux ports de Corinthe, Lechaion (nous avons vu la route qui y mène) et Kenchréai. Or un jour, la déesse chasseresse Artémis, pourtant experte dans le maniement de son arc, tua accidentellement Kenchrias. La douleur de Pirène fut écrasante, et elle versa tant et tant de larmes qu’elle fut transformée en une source. Plus tard, alors que Glaucos était roi de Corinthe, son fils Bellérophon était allé, un jour, se désaltérer à la source Pirène, quant il vit Pégase, le cheval ailé né du sang de la Gorgone, qui lui permit de tuer la Chimère et de vaincre seul les Amazones. La fontaine telle que nous la voyons aujourd’hui est le résultat de plusieurs transformations au cours des siècles, jusqu’à l’époque byzantine.
 
694f Corinthe, l'odéon
Le site archéologique s’étend, en fait, au-delà de la zone ouverte au public contre le paiement du droit d’entrée. Entre autres il y a des ruines (bien pauvres) du théâtre et les ruines ci-dessus de l’odéon, auxquelles on n’a pas accès mais que l’on peut voir derrière leurs grilles. Mais je ne m’y attarde pas parce que leur état les rend peu parlantes.
 
694g1 Musée de Corinthe, Combat des Amazones et des Grecs
Je préfère en venir au musée. Je vais sélectionner ici quelques uns des nombreux objets intéressants qui y sont exposés. Ci-dessus, ces plaques de marbre en bas-relief représentent le combat des Amazones et des Grecs. Je trouve ces scènes très belles, surtout la seconde malgré sa violence, en raison de l’expressivité de l’Amazone dont malheureusement le visage est brisé, et du mouvement de sa robe. Ces plaques décoraient la scène du théâtre à l’époque d’Hadrien (117-138 après Jésus-Christ).
 
694g2 Musée de Corinthe, Déméter, Zeus, Perséphone
Nous sommes en présence ici d’une stèle d’époque romaine impériale, premier siècle de notre ère, mais sculptée dans un style archaïsant censé évoquer une sculpture du sixième siècle avant Jésus-Christ. On y voit, sur trois côtés, d’abord Déméter, puis sur le devant Zeus, et enfin Perséphone apportant le blé.
 
694g3 Musée de Corinthe, homme en armure (2e s. après J.-
Cette statue d’un homme en armure date du second quart du deuxième siècle après Jésus-Christ et il provient de la basilique julienne. Je ne raffole pas de ce genre de statue, mais je trouve intéressant, sur un plan documentaire, de voir comment était fait le vêtement militaire à cette époque.
 
694g4 Musée de Corinthe, prisonnier phrygien
Tout à l’heure, j’ai montré ce qui reste de ce que l’on appelle le Mur des Captifs. Ce nom vient de ce qu’il était constitué d’atlantes, c’est-à-dire de colonnes taillées en forme humaine, représentant des prisonniers barbares. Ici nous voyons un captif phrygien. Ce mur et les statues colossales qui le constituent datent de la seconde moitié du deuxième siècle de notre ère ou du début du troisième siècle. Je trouve remarquable l’expression de résignation et de tristesse de cet homme.
 
694g5 Musée de Corinthe, Zeus (époque romaine)
Voici encore quelques sculptures parmi celles que je préfère. Ici, une splendide tête de Zeus datant de l’époque romaine (la notice n’est pas plus précise…).
 
694g6 Musée de Corinthe, Tychè (fin 1er s. après J. C.)
Ceci est une tête de Tychè, de la fin du premier siècle après Jésus-Christ. Tychè en grec, ou Fortuna en latin, c’est la fortune non pas au sens de richesse mais c’est le sort (comme on dit "une bonne fortune"), c’est une divinisation du hasard. Cette déesse n’apparaît pas dans les poèmes homériques ni chez Hésiode, elle n’entre dans aucun cycle de légendes et les récits mythologiques l’ignorent. Elle est née, en fait, de la réflexion philosophique de l’homme grec sur sa destinée, sur ce qu’il ne peut ni prévoir ni modifier. Mais le hasard apporte aussi des choses positives, et ainsi Tychè peut être favorable, elle peut veiller sur l’individu ou sur une collectivité, c’est-à-dire avoir des aspects de providence, que le christianisme détachera de la figure féminine de Tychè pour en faire la Providence divine. Pure abstraction théologique, elle se prêtera au syncrétisme, se confondant avec la déesse égyptienne Isis, épouse d’Osiris. Chaque ville, à l’époque romaine, l’honorera, et la représentera couronnée de ses murailles ou de tours, comme on le voit sur cette statue.
 
694g7 Musée de Corinthe, le poète comique Ménandre
C’est surtout parce que j’aime beaucoup Ménandre (342-293 avant Jésus-Christ) que j’ai sélectionné ici son effigie. Ce poète a composé plus de cent comédies, parmi lesquelles je distingue le Dyskolos (de l’an 316) parce que c’est la seule pièce intégrale que nous possédions de lui, parce que j’ai traduit et étudié en tous sens cette pièce qui était au programme de ma licence, et parce que le héros (Dyskolos signifie Atrabilaire) a inspiré l’Alceste de Molière dans son Misanthrope, d’ailleurs sous-titré L’Atrabilaire amoureux. Malheureusement ce portrait n’a pas été réalisé d’après nature, parce qu’il date du premier ou du deuxième siècle après Jésus-Christ.
 
694g8 Musée de Corinthe, Eros (1er-2ème s. après J.-C.)
De la même époque, et entrant dans la même fourchette, cette tête représente Éros, ce dieu armé d’un arc qui décoche ses flèches dans le cœur d’hommes ou de femmes pour l’enflammer d’amour. C’est lui aussi qui rejoignait Psyché dans l’obscurité de la nuit, mais lui avait interdit d’allumer la lumière pour garder l’anonymat. Or elle, curieuse de voir son amant, une nuit qu’après avoir fait l’amour il reposait endormi à ses côtés, elle prit la lampe à huile qu’elle avait dissimulée sous le lit mais, de surprise en le voyant, elle fit un mouvement qui laissa tomber une goutte d’huile chaude sur l’épaule nue d’Éros, ce qui le réveilla. Il s’enfuit pour ne plus revenir. Évidemment, selon que l’on en fait un gamin espiègle qui volette autour de sa mère Aphrodite et décoche ses flèches par jeu au hasard, ou qu’on le fait entrer dans la légende de Psyché et qu’on lui assigne le rôle d’amant voluptueux, sa représentation ne sera pas la même, son apparence n’aura pas le même âge. Ici, joues rondes et sourire malicieux, c’est plutôt le jeune garçon facétieux.
 
694g9 Musée de Corinthe, Dionysos (2e s. après J.-C.)
Cette tête en marbre date du deuxième siècle de notre ère. Ce visage jeune, presque féminin, est celui de Dionysos qui se reconnaît aux feuilles de vigne dont son front est ceint. C’est en effet le dieu protecteur du vin et de ses effets, de la vision du monde telle qu’on le pense plus que comme les yeux le perçoivent. C’est en partie pour cela que le théâtre dont la réalité est celle voulue par l’auteur et qui prend vie sur la scène, s’opposant à la vie réelle, a été inventé pour sa célébration et que lors des concours de théâtre on présente un drame satyrique après la trilogie tragique, les satyres faisant partie de la suite de Dionysos. Je ne peux résister à la tentation de citer longuement Brassens dans une de ses chansons –un de ses poèmes– qui a aussi une portée philosophique (mais je n’irai pas jusqu’à citer ses soixante-six vers pour arriver à la conclusion), étant entendu que Bacchus est une autre appellation pour Dionysos :
               Du temps que régnait le Grand Pan,
               Les dieux protégeaient les ivrognes,
               Des tas de génies titubants
               Au nez rouge, à la rouge trogne.
               Dès qu'un homme vidait les cruchons,
               Qu'un sac-à-vin faisait carrousse
               Ils venaient en bande à ses trousses
                         Compter les bouchons.
 
       La plus humble piquette était alors bénie,
       Distillée par Noé, silène et compagnie.
       Le vin donnait un lustre au pire des minus
       Et le moindre pochard avait tout de Bacchus
       Mais se touchant le crâne, en criant "J'ai trouvé"
       La bande au professeur Nimbus est arrivée
       Qui s'est mise à frapper les Cieux d'alignement,
               Chasser les dieux du Firmament.
 
       Aujourd'hui çà et là, les gens boivent encore,
       Et le feu du nectar fait toujours luire les trognes
       Mais les dieux ne répondent plus pour les ivrognes.
       Bacchus est alcooolique, et le grand Pan est mort.
 
694h1a Musée de Corinthe, Sphinx (560-550 avt JC)
 
694h1b Musée de Corinthe, Sphinx (560-550 avt JC)
 
Je trouve admirable ce sphinx de 560-550 avant Jésus-Christ avec son sourire aussi énigmatique que celui de la Joconde. Ce sphinx était sur une tombe du cimetière de Corinthe, mais sa légende est directement liée à la ville de Thèbes. Lorsque mourut le roi de Thèbes, son fils Laïos (en français on utilise souvent la forme latinisée du nom, Laïus, notamment pour évoquer un discours long et ennuyeux, je vais y revenir après avoir réglé son compte au sphinx) était trop jeune pour régner, mais le régent s’étant emparé du pouvoir en son nom propre, Laïos dut s’enfuir. Il se réfugia chez Pélops. Là, il tomba amoureux de l’un des fils de Pélops, Chrysippos, et il s’enfuit en l’enlevant. De façon très curieuse, la légende attribue ainsi à Laïos l’invention de la pédérastie et ces mœurs auraient scandalisé Héra. Mais déjà avant lui Pélops avait été enlevé sur l’Olympe par Poséidon qui était tombé amoureux de lui, et Zeus avait enlevé Ganymède. Par ailleurs l’homosexualité était une pratique courante chez les Grecs de l’époque classique qui se mariaient relativement tard et qui, durant leur célibat, pratiquaient plus volontiers l’amour des garçons que celui des filles. Néanmoins, les Grecs pensaient qu’Héra avait été choquée, qu’elle avait soufflé à Pélops de maudire Laïos et que lorsqu’il était retourné à Thèbes et avait repris son trône elle avait placé ce sphinx aux portes de la ville. Cet être monstrueux, à tête de femme, corps de lion et ailes d’aigle, sœur du lion de Némée, posait des énigmes aux passants et tuait ceux qui ne trouvaient pas la solution. C’est-à-dire tous car personne ne savait répondre. On sait qu’Œdipe, le fils de Laïos et de Jocaste, avait été exposé dans la montagne parce qu’un oracle avait prédit qu’il tuerait son père et épouserait sa mère. Mais il n’était pas mort parce que des bergers corinthiens qui paissaient leurs brebis dans la région de Thèbes l’avaient recueilli et donné au roi et à la reine de Corinthe qui se désolaient que leur couple soit stérile –d’où, sans doute, la raison du sphinx sur cette tombe corinthienne– qui l’avaient élevé sans lui dire qu’il n’était pas leur fils. Aussi lorsqu’Œdipe reçut à Delphes le même oracle qu’il tuerait son père et épouserait sa mère, épouvanté il ne revint pas à Corinthe et se dirigea vers Thèbes. Dans un défilé étroit, un homme lui ordonna de lui laisser le passage et, trouvant qu’Œdipe n’obtempérait pas assez vite, il tua l’un de ses chevaux. Alors, furieux, Œdipe tua l’homme. Cet homme était Laïos, son père. La légende ne dit pas combien de temps s’écoula entre cet épisode et l’arrivée d’Œdipe à Thèbes, mais lorsqu’il passa devant le sphinx la reine se savait veuve et avait déjà eu l’idée de promettre sa main, c’est-à-dire aussi le trône de Thèbes, à qui débarrasserait la ville du monstre. Ayant su répondre que l’être qui marchait sur quatre pattes le matin, deux à midi et trois le soir était l’homme, qui se traîne sur ses mains et ses genoux quand il est bébé, avance sur ses deux jambes quand il est adulte et s’appuie sur un bâton lorsqu’il est âgé, il a vaincu le sphinx qui, de désespoir, s’est jeté du haut de la montagne. Et Œdipe a épousé Jocaste, sa mère, accomplissant l’oracle et réjouissant Freud. Laissons là notre beau (belle ?) sphinx pour revenir au mot laïus. En 1804, au concours d’entrée à polytechnique, le sujet de composition française demandait aux candidats d’imaginer le discours tenu par Laïus à Œdipe lorsqu’ils s’étaient rencontrés sur la route de Delphes à Thèbes, et les candidats avaient dû imaginer un discours suffisamment long pour être digne d’un devoir de plusieurs heures. Un développement long et filandreux a, dès lors, été qualifié de "discours de Laïus" puis lorsque l’origine s’est estompée dans la mémoire et que l’expression a été utilisée aussi bien par des personnes qui ignoraient qui pouvait être Laïus, ou même que Laïus était un nom propre, on a simplifié en disant seulement "un laïus".
 
694h2 Musée de Corinthe, combat d'un Pygmée et d'une grue
 
Cette terre cuite n’est pas une poterie, c’est un fragment d’un petit autel domestique du sixième siècle avant Jésus-Christ. Cette scène représente le combat d’un pygmée avec un oiseau au long cou. Nous avons acheté le catalogue du musée, qui n’est pas d’accord avec l’étiquette informative. Selon cette étiquette en anglais, l’oiseau est ‘a crane’, une grue et selon le livre c’est ‘a stork’, une cigogne. Je les mets d’accord tous les deux en disant que c’est une très belle représentation.
 
694h3 Musée de Corinthe, chars (6e-4e s. avt JC)
 
Il y a une très intéressante collection de terres cuites datées globalement du sixième au quatrième siècle avant Jésus-Christ, tous objets trouvés dans le quartier des potiers. Ici, illustration de la vie quotidienne, des chars. Le second transporte un couple de jeunes mariés (d’autres y voient deux femmes, mais il est ainsi placé dans la vitrine que l’autre personnage m’est caché, ce qui m’évite de donner mon avis).
 
694h4 Musée de Corinthe, deux Aphrodites
 
Encore des terres cuites avec ces deux statuettes d’Aphrodite des débuts de l’époque romaine ce qui signifie, si je comprends bien, du milieu de l’époque hellénistique. Elles sont assez frustes, mais pleines de grâce. Main gauche sur la poitrine, main droite tendant le voile qu’elles ont sur les épaules, elles sont théoriquement dans la même position, mais en fait l’une est bien droite, l’autre arbore un déhanchement séducteur, une jambe légèrement fléchie, le corps tout en souplesse. Je trouve amusant de les comparer.
 
694h5 Musée de Corinthe, mosaïque de sol (150-200 après
 
694h6 Musée de Corinthe, mosaïque de sol, Dionysos
 
Voici à présent deux mosaïques de sol. Toutes deux ont été trouvées dans une villa romaine du deuxième siècle après Jésus-Christ. C’est l’époque où la ville, deux cents ans après son renouveau voulu par Jules César en 44 avant Jésus-Christ, a retrouvé sa prospérité et sa richesse. La première est une scène pastorale, on voit un bouvier nu appuyé contre un arbre et occupé à jouer de la flûte, tandis qu’en arrière-plan l’un des animaux est couché et que deux autres s’éloignent en paissant paisiblement. L’autre mosaïque, de grandes dimensions, est d’un dessin géométrique très complexe et très décoratif autour d’une tête de Dionysos située au centre.
 
694i1 Musée de Corinthe, protomajolique (1250-1300)
 
694i2 Musée de Corinthe, protomajolique (1250-1300)
 
694i3 Musée de Corinthe, protomajolique (1250-1300)
 
Le musée ne s’arrête pas à l’Antiquité, fût-elle tardive. On y trouve également des objets de l’époque byzantine, comme ces protomajoliques de 1250-1300 après Jésus-Christ, cette assiette avec un bateau, cette tête d’homme en chapeau, cet animal peint d’un bleu délicat, ou encore ce grand plat de céramique du douzième siècle représentant Digenes Acritas en galante compagnie d’une princesse. Il s’agit du héros d’un long poème épique byzantin, œuvre perdue mais connue par la tradition et par des réécritures. J’avoue ne pas avoir lu ces œuvres et ne pas connaître les aventures de ce héros du dixième siècle, je sais seulement que, fils d’un musulman et d’une chrétienne, il avait une "double naissance" (di-genes) et qu’il était garde des frontières de l’empire, en Cappadoce (Acritas, de acrê prononcé acri, bout, extrémité, frontière). Le graphisme pourrait être l’œuvre d’un peintre contemporain, c’est hallucinant. Comme quoi il est difficile de créer un style qui soit complètement nouveau.
 
694j1 Acrocorinthe
 
694j2 Acrocorinthe
 
694j3 Acrocorinthe
 
Après avoir visité le site de la Corinthe antique, après ce tour du musée, il nous reste à voir l’Acrocorinthe, c’est-à-dire les constructions de l’acropole. Les portes en ferment à quinze heures, comme le site et le musée. Il nous faudra donc y consacrer une matinée spécifique. Vendredi 8 et samedi 9 ayant été nécessaires pour bien voir site et musée, c’est ce dimanche 10 avril qui nous a vus monter sur l’Acrocorinthe. Mais en fait, dès samedi en fin d’après-midi nous y sommes montés pour voir les environs d’en haut au coucher du soleil. D’en bas, on voit que des murailles ceinturent à plusieurs niveaux et couronnent au sommet cet énorme rocher de 575 mètres de haut. Puis, lors de l’ascension par la petite route, on découvre que ces fortifications zigzaguent sur les flancs du massif. Sur ma deuxième photo, on voit près du bord droit la porte de ma troisième photo, ce qui signifie que la photo a été prise alors que nous étions presque parvenus à l’entrée, qui n’est pas le sommet. En fait, il y a trois portes successives correspondant à trois enceintes.
 
694j4 Acrocorinthe
 
694j5 Acrocorinthe
 
Lorsque le Romain Mummius a pris Corinthe en 146 avant Jésus-Christ, sa destruction ne s’est pas limitée à la ville que nous avons déjà visitée, il a également abattu les murs de l’Acrocorinthe datant du quatrième siècle avant Jésus-Christ. À la base des murs actuels on remarque parfois des blocs polygonaux qui sont les rares traces de ces murailles anciennes. Durant la période byzantine, le château est reconstruit entre le neuvième et le douzième siècles. À partir de là, je voudrais détailler les tumultes des changements de propriétaires. En 1203, le gouverneur byzantin de Nauplie, Leo Sgouros, s’empare de l’Acrocorinthe. Dès 1210, les Francs de Geoffroy de Villehardouin (quatrième croisade) prennent la place et l’annexent à la Principauté franque d’Achaïe. Le prince Guillaume de Villehardouin au treizième siècle et le prince Jean Gravina (1318-1333) réparent le château et le renforcent. En 1358, le château est vendu au banquier florentin Niccolo Acciajuoli. En 1395, le despote de Mystras Théodore Paléologue prend l’Acrocorinthe au nom des Byzantins, mais il la vend en 1400 aux moines de Saint-Jean de Rhodes, pour la leur racheter en 1404. Quand, en 1458, les Turcs de l’Empire Ottoman s’en emparent, ils réparent et mettent sur pied un nouveau programme de constructions.
 
694j6 Acrocorinthe
 
694j7 Acrocorinthe
 
Les Vénitiens, entre 1687 et 1715, modernisent les défenses, construisent des tours. Le 22 mars 1821 Corinthe se révolte contre les Turcs, le héros grec Théodore Kolokotronis assiège les Turcs dans l’Acrocorinthe et le 26 octobre 1823 Corinthe est libérée. Comme on le voit, même après l’Antiquité, la ville a connu une histoire mouvementée autour de son acropole. Ses 3000 mètres de remparts ne l’ont pas empêchée de souvent changer de mains. Un temple d’Aphrodite du cinquième ou du quatrième siècle avant Jésus-Christ a laissé la place à une église chrétienne vers le cinquième ou le sixième siècle après Jésus-Christ, avant de devenir une mosquée à l’époque turque…
 
694k1 Acrocorinthe
 
694k2 Acrocorinthe
 
694k3 Acrocorinthe
 
Encore quelques images de l’Acrocorinthe, avec cette petite tour de l’époque vénitienne et avec ces ruines du château. Il y a beaucoup à voir et beaucoup à parcourir pour grimper jusqu’au sommet et faire le tour de tous les types de constructions. Car outre le château, l’enceinte renfermait des maisons d’habitation, des églises, des mosquées, des bâtiments militaires, des fontaines, des citernes, des bains. Mais je ne peux tout montrer, tout détailler, cet article est interminable. Je pense néanmoins avoir dit l’essentiel pour comprendre Corinthe. Nous quittons la ville après cette visite de l’Acrocorinthe.

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Published by Thierry Jamard
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Blo 07/04/2013 20:23

Et le temple d'Octavie ?

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