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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 14:02

750a1 Raphaël photographie Vanessa avec le garde grec

 

750a2 Athènes, au bar, Raphaël et Vanessa

 

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut avoir des bonheurs aussi grands qu’aujourd’hui. Raphaël, mon fils, et Vanessa, son amie, étaient arrivés à Athènes deux jours avant notre retour de Kea. Ferry en retard à Lavrio, attente de l’autocar, trajet interminable vers le centre d’Athènes puis vers le camping, et une fois les bagages déposés nouveau trajet pour la rencontre. Enfin ! Quelle joie ! Depuis presque deux ans que nous avons quitté la France nous ne nous sommes pas revus. Passage obligé devant le Parlement (place Syntagma) puis nous prenons un pot pour discuter tranquilles.

 

750a3 Athènes, restaurant des Sirènes

 

 

750a4 Athènes, retour en métro

 

De ce que nous avons fait le lendemain, je n’ai pas grand-chose à commenter, mais Natacha me passe deux photos qu’elle a faites le soir, lors de notre dîner au Restaurant des Sirènes, non loin de l’Acropole, et ensuite dans le métro nous ramenant pour la nuit.

 

Mais cela, c’était lors de notre retour du petit tour des Cyclades du nord, soir et lendemain. Aujourd’hui, nous sommes allés rendre visite à la déesse Déméter à Eleusis. Là, dans son sanctuaire, se déroulaient autrefois des mystères. C’était aussi un très important sanctuaire d’Attique, c’est-à-dire de la région sur laquelle régnait la cité d’Athènes, où chaque année se rendait une procession solennelle partie de l’Acropole, pour la fête des Panathénées.

 

750b1 Eleusis, arche triomphale de l'est

 

750b2 Eleusis

 

750b3a Eleusis, Petits Propylées

 

750b3b Eleusis, sol des Petits Propylées

 

Ci-dessus, ruines de l’arche triomphale dédiée aux déesses Déméter et Perséphone et à l’empereur Antonin le Pieux, qui ornait à l’est la cour précédant les propylées d’époque impériale (une autre arche identique lui faisant pendant à l’ouest), et les petits propylées édifiés en 54 avant Jésus-Christ pour donner plus de solennité à l’entrée construite par le tyran Pisistrate au sixième siècle avant Jésus-Christ. Des sillons tracés dans le sol témoignent que deux vantaux fermaient l’accès.

 

Mais revenons aux cérémonies en l’honneur d’Athéna. Chaque année dans la deuxième quinzaine de juillet, soit dans le calendrier athénien du 23 au 30 hékatombaion (premier mois de l’année), on célébrait Athéna, la déesse protectrice de la ville. C’étaient les Panathénées. Tous les quatre ans, la célébration était la même, mais plus fastueuse, plus grandiose, plus importante. C’étaient les Grandes Panathénées. Les trois premiers jours, il y avait de grands jeux sportifs ouverts à l’international panhellénique, mais qui n’avaient pas toutefois le même retentissement que les quatre "grands", olympiques, pythiques, isthmiques et néméens. Par ailleurs, des compétitions différentes étaient en outre réservées aux citoyens athéniens, relais de torche (repris dans les J.O. modernes, non comme compétition mais comme ouverture à travers le monde), exercices militaires divers. Depuis Pisistrate, il y avait également des concours de musique (chant, cithare, flûte) et de poésie. Et puis, le 28 du mois, une robe teinte au safran après avoir été tissée par les "Petites Ouvrières" (en grec, les Ergastines), jeunes filles athéniennes nobles chargées de cette tâche, était fixée à un grand mât. On partait du Quartier des Potiers (le Céramique) en procession avec la robe, on faisait le tour du temple de Déméter (sur la rive du fleuve Ilissos, dans le faubourg d’Agrae), et l’on revenait vers l’Acropole qu’on longeait jusqu’à la colline de l’Aréopage. Au pied de la colline on détachait la robe et l’on gravissait l’escalier monumental montant vers les Propylées et l’on revêtait de cette tunique la statue d’Athéna Polias (protectrice de la cité), le palladium volé aux Troyens par Ulysse et Diomède (voir mon article du 7 août dernier, au sujet de la statue d’Athéna de Gortyne), située dans son sanctuaire de l’Erechtheion sur l’Acropole. Et la grande procession en direction d’Eleusis s’ébranlait. Outre les prêtres et divers officiants, la procession comprenait la fonction militaire, la fonction civile, les animaux destinés au sacrifice (lors des Grandes Panathénées, c’était une hécatombe, sacrifice de cent bœufs), les représentants des colonies athéniennes, les athlètes ayant pris part aux compétitions. Les colonies d’Athènes étaient de nature différente de celle des colonies des autres cités. Elles portaient le nom de clérouquies parce que, après la conquête d’une terre, ou achat, ou cession, Athènes en faisait trois parts, la première pour les sanctuaires des dieux, la seconde dont les profits étaient réservés à la métropole, et la troisième partagée entre les colons, nommés clérouques (ceux dont la part est "tirée au sort"). Les clérouques restent citoyens d’Athènes à part entière. Il y a ainsi des clérouquies athéniennes, créées à partir de la toute fin du sixième siècle, un peu partout, île d’Eubée, île d’Égine, îles de la mer Égée, Chalcidique, Chersonèse, Thrace, Pont Euxin…

 

Après tous ces membres officiels de la procession, une foule nombreuse suivait, non seulement les citoyens mais aussi les métèques (immigrés), ces célébrations devant aussi jouer un rôle d’intégration. On montre sur l’agora la voie des Panathénées qui descend de l’Acropole, et dans la ville et en direction de Corinthe la route ancienne n’est plus visible parce qu’elle est étroitement recouverte par une rue puis route moderne appelée Iéra Odos (Voie Sacrée), parallèle d’abord au large et très fréquenté leoforos Athinon (boulevard d’Athènes), distante de lui d’environ 800 mètres au niveau du camping où nous sommes, puis convergeant jusqu’à le rejoindre au niveau du monastère de Dafni. Au sanctuaire d’Eleusis, on sacrifiait les animaux sur les autels, on en grillait les viandes qui étaient équitablement réparties entre tous les participants et consommées sur place, tandis que les os et les graisses étaient consumés.

 

750b4 Eleusis, puits où Déméter s'est reposée

 

Dans mon article du 8 mars dernier, au sujet de la stèle représentant Déméter donnant le blé à Triptolème en présence de Perséphone, j’ai raconté comment, cherchant partout sur terre sa fille Perséphone qui avait disparu, Déméter était arrivée à Eleusis près d’une fontaine ou d’un puits où les filles du roi l’invitèrent à rencontrer ses parents. Je disais aussi que Déméter avait donné le blé à Triptolème, le fils aîné du roi, pour en faire cadeau aux humains. Elle avait donné les indications pour lui construire un temple et pour instituer les mystères de son culte. Dans l’enceinte du sanctuaire, on présentait ce puits Parthénius de ma photo comme celui où Déméter s’était reposée.

 

750b5a Eleusis, Telesterion

 

750b5b Eleusis, Telesterion

 

750b5c Eleusis, Telesterion

 

Nous voici au Télestérion. C’est dans cette vaste salle hypostyle que prenaient place les fidèles pour être initiés aux mystères d’Eleusis. Ils assistaient, assis sur les bancs qui en garnissaient les quatre murs, à la transmission secrète de l’héritage religieux, aux rituels qui étaient présentés, à la récitation des textes sacrés par les hiérophantes, transmettant une vision optimiste de la vie dans l’au-delà. Il existe des scolies antiques sur les mystères, qui révèlent que les initiés vivaient une expérience transcendantale, portant sur le vécu de la mort plus que sur l’organisation des Enfers ou sur la mort clinique.

 

C’est l’Hymne à Déméter, attribué à Homère et que l’on date du huitième siècle avant Jésus-Christ (et qui a été découvert à la fin du dix-huitième siècle à Moscou) qui nous a renseignés sur l’institution des fêtes Eleusiniennes, en racontant toute l’histoire de l’enlèvement de Perséphone, la tristesse de Déméter, son service chez le roi d’Eleusis et sa demande d’y construire son temple et d’y instaurer ses mystères. "La déesse enseigne aux rois chefs de la justice, à Triptolème, à Dioclès, écuyer habile, au courageux Eumolpe, à Céléos, pasteur des peuples, le ministère sacré de ses autels ; elle confie à Triptolème, à Polyxène, à Dorlè les mystères sacrés qu'il n'est permis ni de pénétrer ni de révéler : la crainte des dieux doit retenir notre voix. Heureux celui des mortels qui fut témoin de ces mystères ; mais celui qui n'est point initié, qui ne prend point part aux rites sacrés, ne jouira point d'une aussi belle destinée, même après sa mort, dans le royaume des ténèbres". C’est l’interprétation de la signification philosophique et eschatologique de ces aventures qui constitue donc les mystères d’Eleusis.

 

À Eleusis se célébraient chaque année les Mystères Eleusiniens au mois de Boédromion (septembre), du 15 au 23, les initiations prenant place du 19 au 22. Tout d’abord, à Athènes, les prêtres fixaient le calendrier et les modalités de la célébration et sélectionnaient les participants, excluant ceux qu’ils jugeaient indignes. Ensuite avaient lieu, sur la route d’Eleusis, les purifications. Puis on procédait aux sacrifices en l’honneur des dieux, mais principalement Déméter et Perséphone. La cérémonie principale concernait la procession d’Iacchos. À l’origine, les fidèles, à Eleusis, criaient en chœur Iacchos ! Du fait de la proximité phonétique avec le nom Bacchus, il y a eu ensuite une assimilation avec Dionysos dont c’était l’une des appellations. Mais Dionysos n’ayant rien à voir avec la légende des deux déesses, Iacchos est devenu un avatar orphique du dieu, avec sa propre légende. Fruit des amours de Zeus et de Déméter, un garçon nomme Zagreus était poursuivi de la haine d’Héra, la jalouse épouse de Zeus. Elle poussa les Titans contre lui. Il fut saisi par eux, dépecé et on allait le faire bouillir dans un grand chaudron quand son père accourut du haut de l’Olympe, tua les Titans, rassembla les membres de Zagreus, avala son cœur qu’Athéna lui apporta et qui battait encore, et rendit la vie à Zagreus sous le nom d’Iacchos. Et Iacchos aurait ensuite accompagné sa mère Déméter dans sa quête de Perséphone, qui était sa sœur puisque comme lui fille de Zeus et de Déméter. Arrivés à Eleusis, et avant de rencontrer les filles du roi au puits, ils ont tous deux été accueillis par une habitante de la ville, Baubô. Pendant toute sa quête, neuf jours et neuf nuits, Déméter avait refusé toute nourriture, toute boisson, aussi refusa-t-elle aussi le potage que lui proposa Baubô. Laquelle, ignorant qu’elle s’adressait à une déesse, fut vexée et mécontente et, pour le manifester par le geste, elle tourna le dos à Déméter, retroussa ses robes et lui montra son derrière. Ce qui eut le don d’amuser Iacchos, qui éclata de rire et applaudit. Voyant son fils rire, Déméter sourit aussi et accepta le potage. Dans les mystères, il est représenté comme un pré-adolescent, portant une torche et dansant, pour guider la procession.

 

Je reviens donc à cette procession d’Iacchos. L’un des mystères était précisément cette dualité Iacchos / Dionysos, célébrés comme un mais avec deux natures et deux histoires. On célébrait donc le dieu de la vigne en partant tôt le matin du sanctuaire d’Agrae dont j’ai parlé pour les Panathénées, on traversait le Céramique, on suivait la Voie Sacrée et, après de nombreuses stations, on arrivait à Eleusis, à une quinzaine de kilomètres, à la nuit tombée, à la lueur des torches. Dans la nuit qui suit la procession, commencent les cérémonies de l’initiation auxquelles les impétrants, obligatoirement grecs (et plus tard grecs ou romains), hommes libres ou même esclaves, se préparent depuis plusieurs mois. Puisqu’il s’agit de mystères, nous n’en savons quasiment rien. Plutarque nous en révèle quelques actes, mais rien sur les paroles ni les rites : "Ce sont d'abord des courses errantes et des circuits pénibles, des recherches sans issue dans les ténèbres, ensuite des objets d'effroi qui donnent le frisson, font couler la sueur et produisent la stupeur. Finalement une lumière merveilleuse éclate, des espaces pleins de sérénité se découvrent, l'on entend des voix, l'on aperçoit des danses; les oreilles et les yeux sont charmés à la fois par la révélation des choses saintes et vénérables".

 

750c Raphaël et Vanessa à Eleusis

 

Que j’ai été long ! Panathénées, mystères d’Eleusis, légendes, interprétations… Pendant ce temps-là, Natacha observe, prend des photos, et (ci-dessus) Raphaël et Vanessa visitent le site. Ils se sont connus il y a cinq ans en Équateur quand Raphaël préparait son master de français langue étrangère. Vanessa, architecte dans son pays, a fait (avec succès) en France un master d’urbanisme. Dans ses études, l’architecture grecque a tenu une grande place, et elle découvre en pierre ce qu’elle a étudié sur le papier. Lui qui a un esprit curieux de tout l’accompagne et reçoit ses explications. Quand ils étaient petits, sa sœur et lui ont été bassinés par mes histoires tirées de la mythologie grecque, aussi j’essaie maintenant de les réserver… à mon blog.

 

750d1a Eleusis, autel des sacrifices

 

750d1b Eleusis, autel des sacrifices

 

Ce petit monument est une eschara d’époque romaine, type spécial d’autel de sacrifices pour les divinités chthoniennes. C’est le cas, bien sûr, d’Hadès et de Perséphone, mais Déméter, par ses liens avec sa fille, par son rôle de déesse de la végétation, est aussi une divinité liée à la terre. Le feu était allumé au fond, et des grilles étaient fixées dans les trous ménagés dans les parois. Sur la première de ces deux photos, on voit que des encoches verticales dans les parois, au nombre de six (deux sur les grands côtés et une au milieu des petits) font cheminée pour alimenter le feu en air.

 

750d2 Eleusis, mur de Pisistrate (6e siècle avant J.-C.)

 

Ceci est le mur de Pisistrate, la plus ancienne fortification du sanctuaire (sixième siècle avant Jésus-Christ). Fondations et soubassement sont en pierre, tandis que les superstructures sont en brique de terre et de paille séchée au soleil, et protégée des intempéries sur les deux faces du mur ainsi qu’au sommet par un enduit de plâtre imperméable. De loin en loin des tours renforçaient l’ensemble. Les gardes pouvaient surveiller depuis un chemin de ronde.

 

750d3 Eleusis, temple d'Artémis et Poséidon

 

Nous revenons de Délos où nous avons vu comment Léto a mis au monde les jumeaux Apollon et Artémis sous un palmier à cause de la jalousie d’Héra, le père étant Zeus, son infidèle mari. Les Athéniens, qui fréquentaient régulièrement Délos avant de mettre la main sur l’île, ne pouvaient ignorer cette histoire. Mais ici, dans leur sanctuaire attique d’Eleusis, Artémis est la fille de Poséidon et de Déméter. Je sais bien que l’on est dans le sanctuaire des mystères, mais quand même cette double généalogie ne devait pas être aisée à assumer. Quoi qu’il en soit, ces ruines du deuxième siècle de notre ère sont celles du temple consacré conjointement à Artémis et à Poséidon, père et fille, juste complément dans ce sanctuaire de Déméter, la mère. Il était fait de marbre pentélique avec une charpente de bois supportant un toit de tuiles.

 

750d4 sanctuaire d'Eleusis, silos des premières récoltes

 

Déméter était la déesse du blé et, plus généralement, de la végétation. Il convenait donc, chaque année, de lui consacrer les prémices de la récolte de blé. Les Athéniens n’étaient pas les seuls à le faire, toutes les cités antiques apportaient les premiers fruits de la terre. Aussi fallait-il stocker cela. Ma photo représente l’emplacement des silos dont il ne reste que le soubassement des murs.

 

750d5 sanctuaire d'Eleusis, citerne

 

Pour l’approvisionnement du sanctuaire, l’eau était stockée dans de grandes citernes comme celle de ma photo. Ces citernes comportaient deux compartiments, le premier où on laissait l’eau se décanter, et le second où l’on conservait l’eau limpide. Les parois étaient revêtues de plâtre imperméable. Des escaliers permettaient de descendre dans les citernes pour le nettoyage et l’entretien.

 

750e Conférence au sommet

 

Lorsque nous avons terminé la visite, Natacha propose à Raphaël et à Vanessa de se rendre au cap Sounion pour admirer le temple, bien sûr, et d’y attendre le coucher de soleil. Proposition acceptée.

 

750f1 Cap Sounion, temple de Poséidon

 

750f2 Cap Sounion, temple de Poséidon

 

Nous voici au cap Sounion. Nous y sommes venus déjà plusieurs fois, trois je crois, le temple de Poséidon a beau être magnifique, je ne peux remettre à chaque fois les mêmes photos. Alors cette fois-ci je n’en montre que quelques détails qui, sous cette très chaude lumière du couchant, ont retenu mon attention et ont appelé la photo.

 

750f3 Cap Sounion, le soleil va se coucher

 

Le soleil décline vite, il est temps de courir à l’arrière du temple si je veux capter le coucher dans l’angle du bâtiment. La place que je souhaite est libre, seules deux jeunes femmes russes, fort belles par ailleurs, étant très occupées à se photographier mutuellement en jouant les mannequins sans se préoccuper ni du dieu du soleil, ni du dieu de la mer.

 

750f4 Coucher de soleil au Cap Sounion

 

Et voilà, c’est exactement l’angle que je voulais, mais la photo ne rend pas ce que je souhaitais. D’abord, elle est encore un peu trop lumineuse, j’aurais voulu des tons plus chauds, et ensuite le soleil est trop petit. J’aurais dû m’éloigner beaucoup plus du temple et employer une focale longue, de sorte que le téléobjectif, en rapprochant le soleil, l’aurait fait paraître plus gros. Pour les amateurs, je peux préciser que mon zoom était en position grand angle à 24mm, alors que mon objectif est un 18-200mm. Je pouvais faire huit fois mieux…

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

REYNAL 07/03/2012 15:03

Bravo, blog toujours aussi passionnant et cerise sur le gâteau: de magnifiques photos!!!Merci Natacha et Thierry de nous faire rêver....

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