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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 14:24
Athènes, Eleusis… Nous allons nous éloigner un peu de l’Attique, pour montrer diverses choses à Raphaël et Vanessa. Nous sommes partis hier pour l’Eubée, cette grande île –la deuxième de Grèce après la Crète– parallèle au continent sur 160 kilomètres et si proche qu’un pont l’y relie, le premier pont ayant été jeté sur le détroit dès 411 avant Jésus-Christ. Elle est la partie centrale d’une chaîne montagneuse commencée au nord avec l’Olympe, l’Ossa, le Pélion, qui culmine à 1746 mètres et qui se prolonge au sud avec la Cyclade Andros, et puis Tinos et Mykonos. Il suffit de regarder une carte pour que cela saute aux yeux. Ce détroit, qui n’est que de 38 mètres à son étranglement le plus étroit, là où ont été jetés le pont initial et ses successeurs, et de 160 mètres un peu plus loin, là où il est traversé par le nouveau pont de 1992, s’appelle l’Euripe, cet Euripe célèbre pour son violent courant (jusqu’à 12 km/h parfois), qui change de sens, nord-sud ou sud-nord, six ou sept fois par jour, et même de temps à autre quatorze fois. Le philosophe Aristote, disciple de Platon, précepteur d’Alexandre le Grand, savant également, a cherché à expliquer le phénomène, sans y parvenir. Il est mort de maladie, dans son lit, en 322 avant Jésus-Christ, mais une légende veut que, de désespoir de ne pas avoir trouvé la solution de ce problème, il se soit suicidé en se jetant dans cet Euripe trop incompréhensible. Il faudra attendre 1930 pour que l’explication soit donnée. C’est d’une simplicité enfantine. Je recopie quelques lignes d’un résumé : "On sait depuis les travaux de Forel sur les seiches des lacs qu’il est le fait d’une véritable seiche oscillant entre les deux ports dans le canal étroit qui les réunit. M. Egnitis a prouvé que par suite de la prédominance de la marée solaire dans les quadratures, l’effet de seiche doit l’emporter sur celui de la marée normale pendant ces quadratures. Enfin il a aussi donné les raisons théoriques des valeurs si variables du retard diurne variable des deux marées aux syzygies et aux quadratures". Bon sang, mais c’est bien sûr, comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Bon, comprenne qui pourra…
 
751a1 Raphaël à Erétrie
 
751a2 le continent vu d'Erétrie, Eubée
 
Ici, nous nous sommes établis dans un camping près de la ville d’Erétrie, importante dans l’Antiquité, rivale de Chalkis (aujourd’hui Chalkida, au débouché des deux ponts), mais aujourd’hui simple bourg autour de son port de ferries pour qui, venant d’Athènes, veut s’épargner les kilomètres jusqu’au pont, la traversée de Chalkida, la capitale, puis les petites routes vers le sud. Ce camping Milos (le Moulin) est au bord de la mer. Au crépuscule, Raphaël fait une photo. Et à la nuit j’ai pris cette image des lumières du continent. Mais ce matin nous sommes allés visiter le musée archéologique d’Erétrie.
751b1 musée d'Erétrie, centaure exceptionnel
 
Je vais essayer de me limiter à l’essentiel, et ce centaure en fait partie. À première vue, il semble assez banal, mais en réalité il pose bien des questions. D’abord, comme je le montre en haut à droite, sa main droite comporte six doigts mais pas de pouce, et cette anomalie ne peut être due à une inattention de l’artiste. La main gauche étant amputée, on ne sait combien de doigts elle avait. Je ne sais, personnellement, comment interpréter cela, et j’ai trouvé des commentaires de gens qui s’interrogent, mais personne ne propose d’hypothèse. Deuxième curiosité, sa jambe est blessée (ma photo, en bas à droite). Ce n’est pas une cassure, la terre cuite est polie et brillante sur les bords de l’ouverture. La blessure a été façonnée avant cuisson et ne peut être un défaut qui aurait échappé au potier avant de l’enfourner. Ici, une hypothèse est proposée, ce pourrait être le centaure Chiron qu’Héraklès a blessé accidentellement d’une flèche empoisonnée, ce qui lui causait une douleur telle que, lui qui était immortel, a souhaité mourir pour y mettre fin. La troisième énigme posée par ce centaure est restée sans réponse : il a été brisé, volontairement semble-t-il, au niveau du cou, sa tête a été détachée du corps et on a retrouvé la tête dans une sépulture et le corps dans une autre, trois mètres plus loin. Or il ne fait aucun doute que cette tête corresponde à ce corps, les bords de la cassure s’emboîtant parfaitement. Tout cela fait de ce centaure une pièce exceptionnelle.
 
751b2 Erétrie, vase de vainqueur jeux panathénaïques (36
 
Présenter ici ce vase s’impose. En effet, dans mon dernier article, parlant des Panathénées, j’évoquais les compétitions panathénaïques. Or ce vase représentant des lutteurs a été remis au vainqueur à la lutte aux jeux de l’an 360 avant Jésus-Christ. Et ce vainqueur était d’Erétrie, ce vase a été retrouvé dans sa maison.
 
751b3 musée d'Erétrie, griffon figure rouge sur céramiqu
 
Cette terre cuite à figures rouges date du troisième siècle avant Jésus-Christ. Elle est originale et intéressante tant par sa forme que par la représentation d’animaux. Sur ma photo on voit un griffon, et il y a aussi un cerf, un daim et un sphinx. Par conséquent deux animaux fabuleux et deux animaux réels.
 
751b4 Erétrie, lecythe à fond blanc, scène funéraire
 
La céramique à fond blanc est une spécialité d’Athènes. Ce qui ne signifie pas nécessairement, mais n’exclut pas non plus, que ce lécythe représentant une scène funéraire ait été importé, car très tôt l’Eubée a été en communication politique, économique et culturelle avec Athènes. Toutefois il est certain que, hors de l’Attique et toutes époques confondues, on rencontre presque exclusivement des vases à figures noires sur fond rouge jusqu’au sixième siècle avant Jésus-Christ et des vases à figures rouges sur fond noir par la suite, la transition se faisant entre 530 et 490.
 
751c1 musée d'Erétrie, œillère en bronze, époque géo
 
Cet objet est intéressant parce que relativement rare, il s’agit d’une œillère de bronze, d’importation (mais la notice ne dit pas d’où), datant de l’époque géométrique. Je n’identifie pas bien l’espèce des animaux que transporte cet homme, berger, chasseur, sacrificateur…
 
751c2 musée d'Erétrie, Aphrodite embrassant Eros
 
Impossible de ne pas montrer cette statue. Je suis resté devant elle en admiration pendant dix heures (enfin, peut-être moins, mais longtemps quand même). Il s’agit d’Aphrodite embrassant Éros. Étant donné les traditions du mythe, ce baiser est peut-être symbolique du lien entre la déesse de la beauté féminine et de l’amour sensuel au dieu qui décoche ses flèches pour embraser les cœurs, mais c’est exprimé dans un mouvement de tendresse mutuelle entre la mère et son enfant si fort, si intense, et la composition est si harmonieuse sur le plan plastique, que je considère cette terre cuite comme une immense œuvre d’art.
 
751c3 Erétrie, fronton du temple d'Apollon,Thésée enlèv
 
Autre sculpture, monumentale celle-là. Nous verrons tout à l’heure les ruines du temple d’Apollon Daphnéphoros, et ici au musée est exposée la frise de son fronton est, qui a dû mesurer à peu près 17,50 mètres de large sur 2,20 mètres de haut. Cette sculpture est datée de la fin du sixième siècle avant Jésus-Christ. À la même époque, ou seulement quelques années plus tard, en 500 avant Jésus-Christ, Milet, grande ville grecque sur la côte de l’Asie Mineure et patrie de Thalès (celui du théorème), se révolte contre l’occupant perse, et tel Sarkozy allant soutenir les rebelles libyens, Erétrie envoie cinq navires pour aider les insurgés, solidarité entre Ioniens. Mais Darius, le Perse, n’apprécie pas, et décide d’aller châtier les Grecs. C’est la Première Guerre Médique, nous sommes en 490. Bien sûr, les cités qui, comme Erétrie, ont prêté main forte à leurs sœurs grecques révoltées, sont particulièrement dans le collimateur de Darius (oui, je sais, les collimateurs n’existaient pas à l’époque). Erétrie est rasée, les temples sont incendiés et du temple tout neuf d’Apollon il ne reste pas grand-chose. Les archéologues ne retrouveront que des débris brisés de la frise. Ici, c’est Thésée et Antiope. La notice dit qu’il enlève la reine des Amazones. Je suis désolé de contredire quelqu’un de sans doute très autorisé, mais Thésée n’enlève pas la reine des Amazones. L’un des douze travaux d’Héraklès était de rapporter la ceinture d’Hippolyte, reine des Amazones, laquelle aurait été prête à la lui donner sans lutte, mais Héra qui en voulait à Héraklès a suscité l’indignation des autres Amazones qui ont voulu s’y opposer. Alors Héraklès a dû tuer Hippolyte avant de lui prendre sa ceinture et de s’en aller tout en se battant contre les Amazones. Dans son expédition, il était accompagné de son ami Thésée, roi d’Athènes, celui qui avait vaincu le Minotaure en Crète. Lequel fuyait avec Héraklès, tout en se battant. Tout à coup, voyant Antiope, l’une de ces guerrières, tout près de lui, il s’en saisit et l’enleva. Nous voyons donc sur cette frise Thésée enlevant Antiope après la mort de la reine. Ces événements provoqueront la guerre que les Amazones sont allées soutenir à Athènes et qui s’est achevée par leur défaite.
 
Que s’est-il passé dans la tête de Thésée au moment du rapt, je ne le comprends pas. Enlèvement, viol, étaient punis par la loi chez les Athéniens. Il est dramatique de constater la régression morale lorsque, de nos jours, certains disent que la femme, dans ces circonstances, a sa part de responsabilité, elle est consentante, ou encore elle a aguiché son agresseur, etc. Hélas, le sourire de satisfaction sur les lèvres d’Antiope apporte de l’eau au moulin de ces machos… Non, pour parler sérieusement, le sourire serein, les traits un peu asiatiques, cette coiffure, sont caractéristiques de la sculpture grecque archaïque. Le sourire n’est pas destiné à exprimer plaisir, satisfaction ou autre, c’est une convention artistique de l’époque et ces visages sont splendides.
 
751c4 Erétrie, Méduse d'Athéna
 
Au centre de cette même frise se trouvait Athéna. Mais il n’en reste qu’un buste, sans tête, sans bras, brisé en diagonale de l’aisselle gauche au flanc droit. Aussi, je préfère ne montrer que ce gros plan : sur sa cuirasse, figure au centre la traditionnelle tête de Méduse, la Gorgone, tranchée par Persée, qu’Athéna a placée là parce que son seul regard change en pierre celui qui l’a vu, ainsi la déesse guerrière pétrifie-t-elle ses ennemis. Athéna, la déesse protectrice d’Athènes, au centre de la scène, et le roi héros d’Athènes enlevant Antiope à la droite de la déesse… Pas de doute, Erétrie, qui était étroitement liée à Athènes à cette époque, a exprimé ainsi ses liens d’amitié. Et d’ailleurs, beaucoup pensent que ces belles sculptures de marbre de Paros, exécutées en ronde-bosse, c’est-à-dire en reliefs détachés du fond, sont l’œuvre d’un illustre sculpteur athénien, Anténor. Le thème de l’enlèvement d’Antiope, ou surtout le thème de la guerre entre Amazones et Athéniens (dite Amazonomachie) va devenir l’un des sujets favoris des sculpteurs en Grèce au cours du cinquième siècle, soit après les deux Guerres Médiques, à partir de 480-479. La tradition situait les Amazones soit dans le Caucase (sud de la Russie, Géorgie, Arménie, donc extrême nord de l’Empire Perse), soit en Thrace (sud de la Bulgarie, Turquie d’Europe), soit au sud de la Scythie (sud de la Roumanie), et quoique cette localisation ne corresponde pas exactement à la Perse, les Grecs considéraient l’Amazonomachie comme un symbole des Guerres Médiques qui s’étaient achevées par la victoire des Grecs.
 
751c5 Musée d'Erétrie, antéfixe en tête de Gorgone
 
Cette tête de Méduse, la seule des trois Gorgones à être mortelle, sur la cuirasse d’Athéna me sert de lien avec cette antéfixe peinte (décoration de terre cuite qui dissimule, au bord du toit, la jonction entre rangées de tuiles creuses) représentant une tête de Gorgone. Pour comparaison.
 
751d1 musée d'Erétrie, maquette de la Maison des mosaïqu
 
Le musée présente aussi, ce qui est très intéressant et instructif, une maquette d’une villa que nous verrons tout à l’heure, la Maison des Mosaïques, parce que l’on n’en voit que les mosaïques de sol enfermées à titre de préservation, dans un bâtiment moderne. De plus, même lorsque le bâtiment antique est assez bien conservé, ses murs sont au moins étêtés, il n’y a pas de toit, et de toute façon il est difficile, du sol, de se faire une idée d’ensemble du plan.
 
751d2a Erétrie, maquette construction du temple d'Apollon
 
751d2b Erétrie, maquette construction du temple d'Apollon
 
751d2c Erétrie, maquette construction du temple d'Apollon
 
Encore plus intéressante est cette maquette représentant le temple d’Apollon Daphnéphoros où nous allons nous rendre, mais comme s’il était en cours de construction, inachevé, de façon à montrer la technique de construction, les divers corps de métiers à l’œuvre, l’architecture intérieure, etc. Par ailleurs, les auteurs de cette maquette lui donnent vie de manière à la fois très amusante et très pédagogique en ajoutant de petits personnages très réalistes. Par exemple, ma photo est trop petite, et placée dans une définition trop basse, pour que l’on voie que, sur la pierre au premier plan de la troisième photo, le dessin qui doit être sculpté est dessiné pour guider le sculpteur, comme cela se fait dans la réalité, tandis que, de l’autre côté, on le voit manipuler son ciseau et son maillet. Pendant que j’admire cette maquette, sans y relever la moindre erreur technique, Natacha (seconde photo), passionnée de vases antiques et des sujets qu’ils représentent, photographie toutes les céramiques.
 
751d3 Raphaël et Vanessa dans le camping-car à Erétrie
 
Espérant m’être raisonnablement limité en ce qui concerne les collections du musée, et avant de passer à la visite du site, nous faisons une pause dans le camping-car, histoire de nous restaurer et de reprendre des forces pour la suite des visites. Ci-dessus, photo faite par Natacha..
 
751e1 Erétrie, tombeau monumental 1er s. avt JC sous Maiso
 
En fait, le site est très vaste, et la petite ville moderne s’est construite sur le même emplacement. On chemine donc à travers des rues bordées de pavillons pour passer d’un site à l’autre. Ici, nous sommes à la Maison des Mosaïques, où les fouilles ont mis au jour quelque chose qui n’a rien à voir avec cette villa, à savoir un tombeau monumental du premier siècle avant Jésus-Christ contenant deux sarcophages. Dans l’enceinte rectangulaire que l’on voit et qui est moderne ont été trouvés des vases et les restes du banquet funéraire.
 
751e2 Erétrie, Maison des Mosaïques, salle de banquet
 
751e3 Erétrie, vestibule de la Maison des Mosaïques
 
751e4 dessin de la salle des banquets, Maison des Mosaïque
 
Cette villa a été appelée la Maison des Mosaïques pour les beaux sols qui y ont été mis au jour. Le tombeau ci-dessus lui est nettement postérieur, la villa ayant été construite vers 370 avant Jésus-Christ et détruite un siècle après en 270. Difficile de savoir si ceux qui ont creusé ce tombeau étaient conscients que c’était à l’emplacement d’une villa détruite deux siècles plus tôt. Les mosaïques, contemporaines de la construction, sont donc du quatrième siècle, faites de galets naturels. Les scènes en sont très diverses, géométriques, végétales, mythologiques. La première de ces photos montre la salle des banquets (lions attaquant des chevaux, griffons et Arimaspes –espèce humaine fabuleuse d’Asie qui n’a qu’un œil) et son seuil (Néréide chevauchant un cheval marin), et la seconde photo un détail du vestibule, une panthère. Ce détail ne permet pas de voir que la panthère est affrontée à un sphinx, mais la reconstitution de la salle, de son seuil et de son vestibule situe chacune de ces mosaïques dans son contexte. Ce dessin est une excellente initiative, de même nature que les maquettes au musée. Après ces louanges, je dois rendre à César ce qui est à César et à Guillaume Tell ce qui est à Guillaume Tell. C’est l’École Suisse d’Archéologie en Grèce qui a mené les fouilles.
 
751f1 Erétrie, restes du théâtre
 
Du théâtre antique, il ne reste quasiment plus rien. Quelques pierres oubliées ici ou là rappellent qu’il y a eu des gradins. C’est surtout la forme de la levée de terre ayant soutenu ces gradins qui évoque encore un peu l’existence en ce lieu d’un théâtre.
 
751f2a Erétrie, quartier ouest
 
751f2b Erétrie, quartier ouest
 
Autre site encore, non loin de celui du théâtre, c’est le quartier ouest où l’on voit, sur la première photo, ces ruines d’habitations et à l’arrière-plan un palais du quatrième siècle avant Jésus-Christ. Sur la deuxième photo, c’est encore le palais, mais cette extension d’époque hellénistique recouvre un monument plus ancien, des septième / sixième siècles, construit en l’honneur des héros, l’Hérôon. Ici, c’est nettement plus parlant que du côté du théâtre.
 
751f3a Erétrie, le gymnase
   751f3b Erétrie, le gymnase
  751f3c Erétrie, le gymnase
 
De l’autre côté du théâtre, à environ 150 mètres, au pied de l’acropole, c’est le gymnase. Sur la deuxième photo on voit l’adduction d’eau et les petits bassins de décantation où les athlètes se rafraîchissaient. Il date de la fin de l’époque classique et, après sa destruction par le Romain Lucius Flaminius en 198, qui fut pire que ce que la ville avait subi de la part de Darius, il a été réparé, les petits bassins ont été ajoutés. Accolé à ce gymnase, le petit bâtiment circulaire de ma troisième photo date de la reconstruction après 198, quand la ville était passée sous domination romaine. C’était un sudarium (une étuve) au plafond voûté, chauffé par un foyer.
 
751f4 Erétrie, le temple d'Apollon Daphnéphoros
 
De l’autre côté de la ville, nous trouvons le temple d’Apollon Daphnéphoros (Porte-Lauriers). Comme pour le théâtre, mon livre sur Erétrie en montre une photo aérienne, et il est vrai que vus d’en haut ces sites sont beaucoup plus explicites. D’en bas, on voit des pierres ici ou là sans ordre apparent. D’en haut, on perçoit leurs alignements et on a une vision claire du plan des constructions. Ce que nous voyons est ce qui reste du temple de la fin de l’époque archaïque, mais en-dessous les archéologues ont identifié des éléments de temples antérieurs, d’époque géométrique. C’était un édifice périptère (c’est-à-dire avec des colonnades sur les quatre côtés) de six colonnes de large sur quatorze de long. On suppose que sa construction a dû commencer vers 520 avant Jésus-Christ, et peut-être n’était-il pas complètement terminé quand les Perses de Darius l’ont détruit en 490 et par la suite les pierres en ont été réutilisées dans d’autres constructions, colonnes comprises. Dans un premier temps, néanmoins, on a tenté de réparer une partie du bâtiment mais lorsqu’en 198 il a été de nouveau détruit, par les Romains cette fois, il a été complètement abandonné.
 
751g Raphaël et Vanessa sur le site antique d'Erétrie
 
Puisque nous avons la joie, pendant notre petit tour en Eubée, d’avoir près de nous Raphaël et Vanessa, ils ont parcouru le site, pris des photos, mais je regrette un peu que nous ayons choisi, pour leur première visite en Grèce, un site en assez mauvais état. Il me semble que pour le comprendre et l’apprécier, il est préférable d’en avoir vu et assimilé beaucoup d’autres. Mais, polis et gentils, ils ont affirmé avoir apprécié la visite…
 
751h1 Sud de l'Eubée, ferme marine
 
751h2 Sud de l'Eubée
 
751h3 Sud de l'Eubée, éoliennes
 
Nous avons quitté Erétrie vers la pointe sud de l’île, Karistos, longeant d’abord la mer où nous avons vu cette ferme marine, traversant la riche plaine d’Eubée ensuite, qui permet de comprendre pourquoi Chalkis et Erétrie se sont tellement combattues pour la posséder, et avons suivi la Route des Aigles, une splendide traversée de la montagne, entre 700 et 800 mètres d’altitude, avec des vues sur la côte, par une route malheureusement en mauvais état. Le vent souffle fort, et intelligemment ce pays utilise les ressources du soleil sur des panneaux solaires et celles du vent avec des éoliennes.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Simone TAILLEFER 13/04/2014 15:51

Je découvre votre blog, très documenté sur le plan archéologique. Je vois que vous êtes un passionné de Grèce. Moi aussi. Vous serez peut-être intéressé par le site que je viens de créer après une
douzaine de voyages en Grèce.
Cordialement. S. Taillefer.

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  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
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