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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 22:08

 

Dimanche 11 octobre. Cette nuit, sur notre parking d’autoroute, nous avons bien dormi, à part vers cinq ou six heures des bruits de portières et des rires juste à côté de nous, pendant quelques minutes. Lorsque nous nous sommes levés, nous avons découvert une petite flaque humide près de notre portière, et une feuille de papier hygiénique froissée. Merci pour le cadeau.

 

Sur Internet, nous avions repéré un camping qui semblait sympa, à une vingtaine de kilomètres de Gênes, mais vers le sud, à Bogliasco. Après une grasse matinée et des préparatifs plan-plan, nous y allons donc. Comme celui de Menton, il est situé à flanc de montagne, et déjà assez haut, au bout d’une route avec de multiples virages en épingles à cheveux qui font peur à Natacha. Ces deux photos sont prises de là-haut, la première le soir de notre arrivée, qui nous a gratifiés d’un beau coucher de soleil, et la seconde le lendemain matin pour montrer que, par le pare-brise, d’accord on a le nez sur l’extincteur et le branchement électrique, mais aussi, à travers le grillage, sur la mer. Et là, la pente est encore plus abrupte. Chaque terrasse ne fait qu’un camping-car de largeur, il faut gravir deux terrasses pour des sanitaires d’eau froide et de qualité rudimentaire, mais encore deux terrasses plus haut c’est au contraire très confortable : chaque cellule comporte lavabo, cuvette de WC, douche bien chaude, et suffisamment d’espace pour que les vêtements suspendus à un bout ne soient pas éclaboussés par la douche.

 

Deux points négatifs. L’un, le disjoncteur qui saute dès que l’on met en route un appareil de plus de 200W (donner 1 ampère, c’est quand même un peu juste…), ce qui veut dire pas de sèche-cheveux, pas de cafetière électrique, pas de fer à repasser, juste le réfrigérateur, et le micro-ondes sur position 180W, soit 12 minutes pour un bol de petit déjeuner. Et l’autre point négatif (mais pas tant que ça, finalement), c’est que, chacune des trois nuits que nous avons passées là, le vent a soufflé en tempête. Réellement terrible : quand je vois que le Mistral souffle à 80 kilomètres à l’heure et qu’il est réputé violent, là c’est du 100 à 120, paraît-il. À être emporté. Au flanc de la montagne, notre camping-car ne vacillait pas trop, mais quelques branches ou glands ou autres résonnaient sur la carrosserie. À part cela, nous avons passé la journée à nous y rendre, à nous installer, à nous reposer à Bogliasco même.

 

Lundi 12 octobre. Pas question de s’embêter avec la descente vers Gênes avec le camping-car. Par des escaliers directs, nous descendons vers la gare de Bogliasco et, comme nous l’avons fait entre Menton et Nice, nous prenons le train. En ville, nous nous promenons un peu au hasard. Je mets ici l’omniprésent Garibaldi, que nous avons trouvé orné d’une grande écharpe fuchsia que le vent agitait. Quand nous sommes repassés le soir, le vent lui avait rabattu son écharpe sur le visage. Si j’en crois la chanson de Brassens, c’est surtout chez les fâcheux que le vent s’amuse à ces petits jeux ; Mais alors, le vénéré Garibaldi serait-il un fâcheux ? Par ailleurs, qui a pu s’amuser à escalader la statue pour lui nouer cette écharpe ? A priori, nous avons cru à une plaisanterie d’un jeune alpiniste. Mais plus loin, une autre statue du même Garibaldi portait la même écharpe, et j’imagine mal qu’un plaisantin ait acheté un lot d’écharpes pour les sacrifier ainsi. Alors, est-ce officiel ? Je l’ignore.

 

 

 

 

Ce n’est quand même pas tout. Gênes est aussi une ville pleine de magnifiques bâtiments, la cathédrale San Lorenzo, bien sûr, mais aussi d’autres qui ne sont pas référencés sur les plans, palais anonymes ou administrations, comme sur la première des deux photos ci-dessus. La seconde photo représente la ligne de maisons qui bordent l’esplanade du Porto Antico. Quant au bateau qui apparaît sur la photo ci-contre et qui est offert à la visite (payante) dans un bassin du port, c’est celui que Roman Polanski a fait construire de toutes pièces pour son film Pirates paru il y a quelques années. Ceux qui ont organisé son mouillage dans ce port et sa visite n'avaient sûrement pas prévu les récents événements qui mettraient ce réalisateur sous les feux de projecteurs peu flatteurs. Les photos ci-dessous montrent la figure de proue (à gauche) et le gaillard d’arrière (à droite).

 

 

 

Nous nous sommes encore longuement promenés dans les rues de Gênes. Alors que nous sommes descendus vers le port en empruntant de grands axes luxueux et peuplés de splendides bâtiments, nous sommes retournés vers la gare par des ruelles dans lesquelles nous nous sommes un peu perdus. Il s’agit de rues très typiques, très anciennes, mais dont les maisons n’ont pas été modernisées ni réhabilitées. La conséquence en est qu’elles sont très probablement moins chères à la location, et donc habitées par des populations très modestes, et aussi parfois par des populations interlopes. Nous n’avons croisé presque exclusivement que des hommes qui traînaient sans but clairement défini. Il est quand même regrettable que la société, aussi bien en France qu’en Italie et, évidemment, dans beaucoup d’autres pays, contraigne d’honnêtes gens, parce qu’ils sont pauvres, à vivre dans un environnement de crasse et mêlés à des individus peu recommandables. Dans les beaux quartiers, il y a autant de crapules, mais en costard et en cravate. C’est plus classe. Et puis, leur activité ne porte pas que sur quelques grammes d’un mauvais crack. Ils sont donc, c’est clair, nettement plus fréquentables. Toujours est-il que nous avons encore vu des choses intéressantes, comme cette église curieusement perchée de San Pietro in Banchi (les "banchi" ce sont les banques installées sur cette place dans le passé. La photo ci-dessous montre le plafond de cette même église au-dessus du chœur.

 

 

 

Après cela nous sommes revenus à la gare de Gênes Brignole, en centre ville, pour regagner notre camping. Il fait bon, mais nous ne baissons pas la fenêtre, perche noi sappiamo che "è pericoloso sporgersi, danger to lean outside". Mais c’est fou, je n’avais jamais vu ça : le nom des stations n’est affiché qu’en un seul endroit, mal éclairé, au milieu de la station. Étant plutôt en queue de train, nous ne savions pas où nous étions. Nous essayions de reconnaître notre gare, mais celle-ci est toute petite et nous n’avons vu qu’un quai obscur, ne reconnaissant Bogliasco que lorsque le train, redémarrant, est passé à petite vitesse devant un tunnel que nous empruntons en sortant de la gare. Bravo ! Nous descendons à la station suivante (pas de nom visible, un quai complètement obscur, Natacha demandant si c’était bien une station, un aimable voyageur nous rassurant, oui, c’est bien la station). Une demi-heure d’attente sur le quai désert et noir, et retour au bercail. Pour la prochaine fois, nous allons voir la fiche horaire et notons le nom des stations entre Gênes et Bogliasco, afin de pouvoir compter. Mais nous monterons en tête de train, pour arriver en face des noms.

 

 

 

Mardi 13 octobre. Nous retournons à Gênes par le train. Aujourd’hui, Natacha va mal, elle n’a apparemment pas de température, mais elle tousse beaucoup et elle a très mal à la gorge. À peine faisons-nous quelques pas hors de la gare, à Gênes, qu’elle a froid et veut mettre la veste… qu’elle ne trouve pas dans son sac. Comme elle n’a pas pu la perdre dans le train, n’ayant pas ouvert son sac, elle l’a oubliée "à la maison". Bon, nous nous détournons vers une rue commerçante que nous avons vue hier, et achetons un pull chez Benetton, meilleur marché dans son pays d’origine qu’en France. Puis nous récupérons l’itinéraire prévu. Passant devant la préfecture de province, nous pénétrons dans la cour qui nous paraît belle, mais un appariteur fort aimable nous voit appareil photo en main et nous invite à monter voir les fresques dans la galerie du premier étage. Là, tout autour, sur les quatre côtés, les fresques représentent des cartes à l’ancienne des principales villes d’Italie, avec les monuments vus en perspective. La ville qui apparaît ici au premier plan de ma photo est Rome. Mais il y a aussi Venise, Gênes, Florence, Milan, Naples, etc. Merci, Monsieur l’appariteur. Ci-dessus, j’ai aussi mis une photo que je trouve amusante, parce qu’elle est bien italienne… Et nous sommes encore dans la moitié nord du pays…

 

 

 

Puis nous nous rendons dans la très célèbre Via Garibaldi, rue étroite où les riches et puissantes familles de Gênes ont construit autrefois leurs palais, regroupés en bordure de la ville. Ci-dessus, la cour du Palazzo Podestà, construit par l’architecte Castello. Je ne peux ni décrire ni montrer chacun des nombreux palais qui se succèdent dans cette rue. Ci-contre, un buste de marbre dans le hall du Palazzo Rosso. Dans ce même palazzo, la municipalité présente une exposition de portraits photographiques effectués par Ghitta Carell (1899-1972), une artiste génoise, au milieu du vingtième siècle. Rien que des célébrités, la famille royale d’Angleterre en 1950, le pape Pie XII, Mussolini, Pirelli, beaucoup de personnages de la famille de Savoie, etc.

 

Ailleurs, nous passons aussi devant un beau bâtiment qui a été station de téléphone, et où la municipalité présente les photos de la construction de la Via Aurelia entre 1928 et 1938. Cette ancienne voie romaine reliait Rome à la Ligurie, en longeant la côte. Ce sont des travaux gigantesques, creusement de tunnels sous la montagne, viaducs au-dessus des vallées, qui emploient beaucoup de main d’œuvre.

 

 

 

Courageux, nous nous lançons ensuite à l’assaut du Castelletto, hauteur qui domine la ville et à laquelle accède une rue en pentes et escaliers. De là, la vue est belle et très étendue (photo ci-dessus). Nous regardons le soleil descendre sur l'horizon avant de descendre nous-mêmes, mais cette fois par l’ascenseur. Et de nouveau nous marchons à travers la ville, empruntant au hasard, et sans un coup d’œil au plan dont nous disposons, rues et ruelles des vieux quartiers. Cela nous donne l’occasion, par exemple, de voir l’église San Donato (photo ci-contre). Mais il faut quand même rentrer alors nous prenons le plan et regagnons la gare. Le chemin le plus court nous permet de voir la "Casa di Colombo" que j’aurais plutôt prise au premier moment pour un petit cloître (photo ci-dessous). Enfin nous reprenons le train et cette fois-ci nous ne manquons pas notre station… Nous rentrons sans encombres à notre camping et passons une bonne nuit.

 

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Published by Thierry Jamard
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