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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 01:25

653a Giovinazzo

 

 

 

 

Giovinazzo, c’est une ville à seulement six kilomètres de Molfetta, sur la côte au sud-est en allant vers Bari, et Bari elle-même n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Qu’à cela ne tienne, chacune de ces villes a sa cathédrale à l’italienne.

 

653b1 Giovinazzo 

653b2 Giovinazzo 

653b3 Giovinazzo 

Évidemment, à la dimension de la page de ce blog, mon panoramique n’est guère lisible, et la courbure qu’il engendre fait un peu bizarre, mais il permet de situer la cathédrale au bout de la ville à l’écart du port, et néanmoins marine, si je puis dire, quoiqu’un peu moins marine que la cathédrale de Molfetta.

 

653c1 Giovinazzo, cattedrale di Santa Maria Assunta 

653c2 Giovinazzo, cattedrale di Santa Maria Assunta 

On a trace de financements accordés par les Normands, ce qui fait que l’on est sûr que la construction a été entreprise au début du douzième siècle : La princesse Constance de France d’Attigny (1077-1125), fille du roi Philippe Premier de France et veuve de Bohémond Premier de Hauteville, prince d’Antioche et de Calabre (1057-1111), fils de Robert Guiscard, à la date du 6 décembre 1113 fait don au clergé de Giovinazzo de la somme nécessaire pour construire une cathédrale, dans le but d’honorer la mémoire de son mari. Par ailleurs un document laisse penser que la construction était achevée en 1180, mais sans aucun doute les travaux n’étaient pas achevés, finition et décoration, car la consécration n’est intervenue qu’en 1283. Dans les années 1980, lors d’importants travaux de restauration, on a découvert près du maître-autel de grands fragments de mosaïques de sol datables du douzième siècle, ce qui signifie que comme à Otrante la cathédrale en était entièrement décorée, mais ce sont très probablement les orientations du concile de Trente (1545-1563) et de la Contre-Réforme qui ont motivé la suppression de cette mosaïque par destruction pour la plus grande partie, par recouvrement pour le reste. Ce même concile a également entraîné de profondes modifications des espaces liturgiques. Mais c’est le dix-huitième siècle qui a le plus profondément modifié la cathédrale en abattant les murs de la nef pour reconstruire le tout en style baroque. Il ne reste désormais que peu d’éléments des douzième et treizième siècles, parmi lesquels l’abside, c’est-à-dire le côté des tours campaniles. Par conséquent les arcatures de ce mur datent de l’origine. La tour de gauche (celle que l’on voit mieux sur ma photo) est d’origine en style roman des Pouilles, tandis que le campanile de droite, moins haut, a été reconstruit au dix-huitième siècle, mais c’est lui qui a l’honneur de porter la Bombaun (ainsi nommée en raison de sa sonorité grave et solennelle), la grosse cloche ancienne de la cathédrale.

 

653c3a Giovinazzo, cattedrale di Santa Maria Assunta 

653c3b Giovinazzo, cathédrale de l'Assomption 

Une grande rosace orne le transept sud. Six sculptures qui évoquent les œuvres du Moyen-Âge l’encadrent, celle du bas étant une amusante représentation d’un homme qui semble habillé en centurion romain, et qui porte la rosace sur ses épaules. Mais si je dis que c’est une évocation du Moyen-Âge, c’est parce que cette rosace date de la fin du dix-neuvième siècle : en 1893 la façade de ce transept est refaite à l’imitation de l’ancienne.

 

653d Giovinazzo, cattedrale di Santa Maria Assunta 

Parce que nous ne pouvons entrer, je montre une dernière sculpture extérieure qui, elle, est à coup sûr authentique. Elle orne une demi-colonne des arcatures. Bien qu’elle soit en mauvais état, on voit qu’elle a quelque chose de byzantin.

 

653e Casamassima, Cimetière polonais

 

653f1 Casamassima, Cimetière polonais 

À présent, après avoir bien profité d’une longue promenade sur le port de Giovinazzo et le front de mer, nous quittons la ville et après avoir contourné Bari nous piquons plein sud sur la route de Tarente. Le but de ce soir est d’atteindre Casamassima. Les parents de Natacha sont tous deux originaires d’Ukraine, elle est née et a vécu en Biélorussie, dans une région du nord-ouest qui a longtemps été partie du Grand-duché de Lituanie et où, de plus, se trouvait la capitale de ce Grand-duché, mais cette région a aussi été sous dépendance polonaise, elle a donc un large choix pour se définir une identité. Mais elle parle polonais et aime la Pologne, et elle est tout naturellement intéressée, à la fois pour cette raison et parce qu’elle travaille sur les liens entre Europe occidentale et Europe centrale et orientale à travers l’histoire, sur ce qui concerne les Polonais en Italie.

 

653f2 Casamassima, Cimetière polonais 

653f3 Casamassima, Cimetière polonais 

Dès 1939 la Pologne avait été envahie par les armées de l’Allemagne alors gouvernée par le nazisme de Hitler. Elle était donc entrée dans la guerre à la fois pour défendre son autonomie d’État récemment ressuscité et pour lutter contre une idéologie qu’elle ne pouvait admettre. Elle s’est engagée aux côtés des Alliés et, en 1944, elle a participé à la meurtrière opération de Montecassino (mon article du 22 avril 2010). Or le débarquement anglo-américain, qui comptait de nombreux effectifs polonais, avait eu lieu peu auparavant dans le sud de l’Italie entre Tarente et Bari et pour cette raison les Alliés avaient établi près de cette dernière ville, à Casamassima, un hôpital militaire pour soigner les blessés polonais, avec des médecins polonais. Après Montecassino, les blessés polonais ont été transportés dans cet hôpital, mais beaucoup n’ont pas survécu. Les Alliés ont alors réquisitionné ce terrain à la limite de la ville pour y ensevelir les soldats morts dans cet hôpital des suites de leurs blessures, ou morts dans les environs immédiats du fait de leur participation à la guerre. Ce cimetière militaire polonais était fermé, nous n’avons pu y pénétrer. 431 soldats y sont inhumés. Et c’est sur cette triste visite que nous terminons notre journée.

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Published by Thierry Jamard
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