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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 23:18
711a1 Grottes de Diros
 
Je le disais hier, nous avons passé la nuit avec le camping-car garé sur une jolie petite plage, au pied de la falaise creusée de grottes naturelles que nous nous proposons de visiter aujourd’hui. Une seule de ces grottes se visite. Sa formation géologique est la même que celle des autres grottes, mais étant proche de la mer et descendant jusqu’à son niveau, elle mêle ses eaux douces à celles de la mer et la visite se fait en bateau pour toute la première partie, soit plus de cinquante pour cent du parcours.
 
711a2 Grottes de Diros
 
711a3 Grottes de Diros
 
711a4 Grottes de Diros
 
711a5 Grottes de Diros
 
Non seulement il est plaisant de se déplacer sous terre en barque (mais en faisant attention aux passages bas parce que notre batelier rame vite sans se soucier de nous, et l’œil collé à l’appareil photo on risque de se cogner très fort la tête sur des concrétions aiguës), mais de plus la variété des formes et des couleurs qui se reflètent dans l’eau est très spectaculaire. J’ajoute que l’on nous autorise à faire des photos librement, et qu’à notre question de savoir si la lumière de flashes répétés risque de favoriser le développement d’algues ou autres, on nous répond que tous les touristes le font, et qu’il n’existe aucune consigne à ce sujet. Le libéralisme n’est pas le même partout.
 
711a6 Grottes de Diros
 
711b1 Grottes de Diros
 
711b2 Grottes de Diros
 
N’étant pas spécialiste, je ne dispose pas de critères de classement de mes photos. Alors dans mon stock, je choisis celles que j’aime bien, et je les présente dans l’ordre où je les ai prises. Ici, nous voyons plonger dans l’eau une roche blanche, puis une roche très rouge. Sur ma troisième photo, j’ai trouvé intéressantes ces curieuses concrétions. Généralement, les gouttes chargées de calcaire pendent au plafond, sèchent, et la goutte suivante va sécher sous la précédente, à la verticale, formant peu à peu une stalactite. Ici, au plafond se forme une sorte de boule qui se termine par une aiguille, et le tout est d’une blancheur éclatante.
 
711b3 Grottes de Diros
 
711b4 Grottes de Diros
 
711b5 Grottes de Diros
 
Je suis conscient de publier trop de photos, mais j’ai été tellement fasciné que je ne résiste pas à la tentation d’en montrer trois de plus. Sur la première, stalactites et stalagmites blanches se rejoignent, créant une forêt de colonnes. Sur la seconde, de fines stalactites couleur rouille pendent en ligne. Et sur la dernière, on voit une très étrange draperie multicolore. Cette grotte est sans doute moins grande, moins ramifiée, moins surprenante, moins grandiose que celles que nous avons visitées précédemment (Castellana dans les Pouilles, en Italie, le 11 novembre 2010, ou Pérama, près de Ioannina, le 30 décembre 2010), mais cette visite en glissant sur des eaux transparentes, sans guides qui débitent leur boniment sans penser à ce qu’ils disent, trop occupés à jouer les garde-chiourme de peur que vous ne preniez une photo interdite, est celle qui m’a le plus impressionné et le plus enchanté.
 
711c1 Aréopoli, dans le Magne
 
711c2 Aréopoli, dans le Magne
 
711c3 Aréopoli, dans le Magne
 
Nous poursuivons notre trajet vers le nord. Le but est d’atteindre Kalamata, grande port juste de l’autre côté de la frontière du Magne, au fond du golfe qui sépare cette péninsule de la péninsule la plus occidentale. Nous faisons une pause longue à Aréopoli, dont le nom signifie la Ville d’Arès, le dieu guerrier amant d’Aphrodite, visite d’une église, repas rapide, visite d’une autre église. Voici la première d’entre elles, composée de deux corps, et comportant donc deux iconostases, dont l’une est décorée de fresques très intéressantes.
 
711c4 Aréopoli, dans le Magne
 
Je remarque cette icône en argent, sur laquelle je déchiffre le nom d’agios Nektarios. Ce saint Nektarios est né en Asie Mineure en 1846, baptisé du nom d’Anastasios, dans une famille chrétienne qui lui a donné une bonne éducation, et pour cela dès l’âge de 14 ans il est allé vivre à Constantinople, s’entretenant grâce à un job d’employé dans une boutique. À 20 ans, il décroche un poste d’enseignant à Chio. À 27 ans, il décide d’entrer dans un monastère, et à 30 ans reçoit la tonsure de moine avec le nom de Lazare en tant que religieux. L’année suivante, il est ordonné diacre sous le nom de Nektarios. Sur insistance du patriarche, il se rend à Athènes pour poursuivre des études supérieures en théologie, obtient son diplôme en 1885 et il est ordonné prêtre (pappas, ou pope) en 1886. Puis il devient métropolite de Pentapolis, en Égypte. Suscitant l’admiration pour ses qualités humaines et religieuses, il suscite simultanément la jalousie de personnages haut placés qui obtiennent son rappel en Grèce en 1890. Là, il redevient moine et prêcheur, et écrit de nombreux livres de théologie. En 1904, il fonde à Égine (une île en face du Pirée) un monastère de femmes, le couvent de la Sainte Trinité. En 1908, il se retire lui-même dans ce couvent en tant que confesseur des religieuses et de prêtres d’Égine, du Pirée, d’Athènes. En septembre 1920, l’une des religieuses le voyant souffrir terriblement d’une maladie qui l’affectait depuis longtemps, le força à se faire hospitaliser. Admis dans la section des indigents en phase terminale, il meurt le 8 novembre, âgé de 74 ans. Une infirmière, le préparant pour le transfert à Égine où l’on devait l’enterrer, lui ôte sa chemise et la pose sur le lit voisin, occupé par un paralytique, lequel paralytique commence immédiatement à récupérer l’usage de ses membres. Puis, du corps du saint homme, un parfum merveilleux commence à se dégager. Cinq mois plus tard lorsqu’on a transféré sa dépouille dans une tombe de marbre, et aussi trois ans après quand on a rouvert sa tombe pour je ne sais quelle raison, son corps était toujours intact et dégageait toujours la même fragrance suave. L’Église orthodoxe l’a déclaré saint en 1961.
 
711c5 Aréopoli, dans le Magne
 
Cette belle fresque est malheureusement très endommagée et très partielle, mais je suppose que ce saint cavalier armé d’une lance doit être saint Georges, et que la main sortant de la manche d’une belle robe rouge doit être la main de Dieu. J’aime ce visage juvénile aux grands yeux, la finesse du dessin (les doigts…), et les belles couleurs qui, même un peu passées, sont encore éclatantes.
 
711d1 Aréopoli, dans le Magne
 
711d2 Aréopoli, dans le Magne
 
711d3 Aréopoli, dans le Magne
 
Après nous être restaurés et promenés en ville, nous visitons cette autre église. Ici encore il y a sur l’iconostase de splendides fresques. Ma troisième photo ci-dessus permet de mieux voir en plus gros plan la Vierge qui décore le montant entre les deux portes.
 
711e1 Lagkada (Magne), église de la Métamorphose du Sauve
 
711e2 Lagkada (Magne), église de la Métamorphose du Sauve
 
Après ces visites, il est temps de reprendre notre route. Nous nous arrêtons quelques minutes devant l’église de la Métamorphose du Sauveur à Lagkada. Ou Lagada. Je ne sais comment transcrire ce nom grec. En grec, parce que l’ancien gamma qui se prononçait comme notre G s’est affaibli et maintenant est proche du G final de l’allemand Honig, König, il a fallu trouver une graphie pour le son original, qu’il faut bien écrire quand il se trouve dans des mots empruntés à des langues étrangères comme un garage, ou des noms propres comme Grenoble. Cette convention est GK. Ainsi, un GKARAZ (le son J n’existant pas, il est remplacé par Z), ou la ville de GKRENOMPL (de même, pour le son B, on adopte par convention le groupe MP). Ainsi, la ville où se trouve cette église s’écrit Lagkada et se prononce Lagada. Alors pour la transcription en français, orthographique ou phonétique, chacun peut choisir.
 
711f1 Platanos (Magne)
 
711f2 Eglise à Platanos (Magne)
 
711f3 Eglise à Platanos (Magne)
 
L’étape suivante, c’est la petite ville de Platanos. Sur le bord de la route, notre attention est attirée par cette jolie petite église construite avec une pierre colorée que les rayons du soleil déclinant rendent encore plus chaude, son dôme où briques et pierres composent d’harmonieux dessins, son curieux clocher courtaud.
 
711f4 Eglise à Platanos (Magne)
 
711f5 Eglise à Platanos (Magne)
 
C’est sur l’image des fresques de l’iconostase que je termine cet article. J’aime tout particulièrement la fraîcheur du visage de cette Vierge. Après ce dernier arrêt nous avons rejoint Kalamata. La recherche d’un emplacement pour passer la nuit s’étant révélée infructueuse (le port est impraticable et nous avions bien trouvé un grand parking, mais des hommes louches qui s’y trouvaient ont fait craindre le pire à Natacha), nous remarquons en regardant la mer que sur la gauche de la baie les éclairages publics montent sur la colline, puis redescendent et longent le rivage. Nous décidons d’aller voir là-bas s’il n’y aurait pas un endroit accueillant et, bingo, nous trouvons un parking éclairé, devant la plage de galets. Nous pouvons même utiliser notre générateur de 220 volts en le plaçant sur la plage, loin des bars dont des terrasses sont installées au bout du parking, et des maisons situées de l’autre côté de la route. Un endroit idéal. J’entre ses coordonnées dans le GPS parce qu’il est prévu que nous passions plusieurs fois par Kalamata et il sera plaisant de retrouver cet endroit à chaque fois.

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Published by Thierry Jamard
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micheline 15/09/2015 17:31

j ' aime votre blog qui mêle anecdotes savoureuses et citations d ' Homère , Pausanias ...!

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