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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 23:59

Nous sommes à Ioannina. Nous y sommes arrivés jeudi soir pour une raison technique, bien décidés à reprendre notre route dès vendredi matin, et puis nous nous sommes laissé prendre par le charme de la ville et nous n’en repartons plus.

 

666a Olympias et son fils Alexandre le Grand à Ioannina 

Il me faut d’abord dire que Ioannina est la capitale de l’Épire, cette région du nord-ouest de la Grèce d’aujourd’hui aux confins de l’Albanie et qui dans l’Antiquité, s’étendant des deux côtés de l’actuelle frontière gréco-albanaise, était considérée comme un autre pays. On n’a pas trace de Ioannina avant 1020, date à laquelle un édit de l’empereur de Byzance évoque l’évêque de cette ville. Dans l’Antiquité, l’historien Thucydide, qui a écrit dans la seconde moitié du cinquième siècle avant Jésus-Christ, décrit les Molosses, peuple de l’Épire, comme des barbares. C’est sur leurs côtes que les Corinthiens colonisateurs de Corfou avaient fondé à leur tour des colonies telles qu’Epidamne (Albanie) ou Arta (Grèce). Au cinquième siècle, du temps de Thucydide, les Éacides (les descendants d’Éaque, fils de Zeus et de la nymphe Égine, lignée à laquelle appartient Achille) ont unifié le royaume. Je ne sais trop où était leur capitale, mais c’est là qu’est née vers 375 avant Jésus-Christ Olympias dont je montre ci-dessus la statue, fille du roi d’Épire Néoptolème. Elle est devenue prêtresse de Zeus, formée toute petite à ces fonctions à Dodone, sanctuaire de Zeus situé à moins de vingt kilomètres de Ioannina et que nous avons la ferme volonté de visiter. Puis, sa formation achevée, elle a pris ses fonctions à Samothrace. Or, début 356, se rend au sanctuaire de Samothrace le roi de Macédoine Philippe II pour s’y initier aux mystères. Il rencontre la prêtresse Olympias, c’est le coup de foudre, il l’épouse et à la fin de l’année leur naît un fils, Alexandre, qui sera le grand conquérant et donc descendant d’Achille. C’est lui qui est avec elle dans cette statue.

 

Je cite Plutarque (traduction Ricard, 1844) : Lors d’un rêve, Philippe a vu “pendant qu'Olympias dormait, un dragon étendu auprès d'elle ; et l'on prétend que ce fut surtout cette vision qui refroidit l'amour et les témoignages de tendresse de Philippe, qui depuis n'alla plus si souvent passer la nuit avec elle, soit qu'il craignît de sa part quelques maléfices ou quelques charmes magiques, soit que par respect il s'éloignât de sa couche, qu'il croyait occupée par un être divin”. Par ailleurs, les femmes d’Épire ont la réputation d’être possédées par la fureur de Bacchus et “Olympias, plus livrée que les autres femmes à ces superstitions fanatiques, y mêlait des usages encore plus barbares, et traînait souvent après elle, dans les chœurs de danses, des serpents privés qui, se glissant hors des corbeilles et des vans mystiques où on les portait, et s'entortillant autour des thyrses de ces bacchantes, jetaient l'effroi parmi les assistants”. Une chose est attestée, elle avait un caractère épouvantable et Philippe, de son côté, était volage. Les disputes étaient fréquentes et violentes entre les époux. En 337, Philippe épouse même une autre femme. Du coup, Olympias rentre chez son père en Épire et, en 336, alors qu’Alexandre âgé de dix-neuf ans est parti contrôler la frontière nord de Macédoine, elle en profite pour faire assassiner Philippe, sa seconde femme et le fils qu’elle vient de mettre au monde, peut-être par jalousie vengeresse, peut-être par crainte d’une concurrence avec son fils pour la succession sur le trône. Elle croit pouvoir rentrer en Macédoine.

 

Quoique dès les premières années de son mariage Philippe ait fort fréquemment déserté le lit conjugal, Olympias avait donné à Alexandre une sœur nommée Cléopâtre. Les fils de cette dernière étant trop jeunes pour régner sur l’Épire et les désaccords incessants d’Olympias avec le régent de Macédoine qui gouverne au nom d’Alexandre pendant que celui-ci guerroie en Asie l’amènent en 331 à retourner en Épire pour gouverner son pays en tant que régente de l’aîné de ses petits-fils. Puis son fils Alexandre le Grand meurt en 323. En 319, elle s’allie avec le nouveau régent et fait assassiner en 317 Philippe III, l’un des demi-frères d’Alexandre, et sa femme ; puis elle s’attaque au fils de l’ancien régent, mais ce dernier réussit à l’assiéger et à la contraindre à se rendre. Il ne l’exécute pas, mais la livre aux familles des nombreuses personnes qui ont été ses victimes. Elle fait l’objet d’un jugement sommaire et meurt lapidée en 316. Voilà donc quel est le personnage représenté ici. Une dame de fer et la mère d’un lion.

 

666b1 Ioannina, le lac vu vers la gauche 

666b2 le lac de Ioannina 

666b3 Ioannina, le lac vu vers la droite 

Voici, outre une ambiance très sympathique à Ioannina, ce qui nous séduit dans cette ville. Son grand lac. Il mesure 7,5 kilomètres de long et entre 4,5 et 1,5 de large. Sa profondeur est de seulement 1,60 mètre au nord, mais au sud il y a 12 mètres de fond. Du centre de Ioannina, près de l’embarcadère, que l’on regarde vars la gauche (première photo), en face ou vers la droite (troisième photo), la vue est toujours aussi belle. Nous ne nous en lassons pas.

 

666b4 Ionannina, vue panoramique du lac 

666b5 L'île sur le lac de Ioannina

 

Sur mes photos ci-dessus, on ne voit pas une petite île située juste en face de la ville fortifiée, qui ne fait pas plus d’un kilomètre de long, et dont la rive côté ville est très marécageuse. Ces curieux épis de roseaux près de la berge en sont un témoignage. Mais je vais en reparler plus longuement tout à l’heure.

 

666c1 Ioannina, remparts 

666c2 Remparts de Ioannina

 

666c3 Ioannina 

J’ai parlé de la forteresse. Voici quelques vues des murs et d’une porte de la ville. Un petit retour vers nos vieilles connaissances d’Italie. Le conquérant normand Robert de Hauteville, dit Robert Guiscard, est surtout devenu illustre à partir des années soixante-dix du onzième siècle, lorsqu’il a terminé sa conquête de l’Italie du sud, et nous avons parlé à Salerne de son mariage très diplomatique en 1077 avec une princesse lombarde, Sighelgaita, avec qui il s’est fort bien entendu. Mais auparavant il avait déjà été marié en 1051 ou 1052 avec une certaine Aubrée de Bourgogne qu’il avait répudiée en 1058 et dont il avait eu une fille et un fils, Emma et Bohémond (1054). Ce Bohémond, prenant en 1082 la ville de Ioannina au nom des Latins (c’est-à-dire des chrétiens de rite romain) dans la lutte contre les Byzantins de rite grec, jugea les défenses insuffisantes, et construisit une nouvelle citadelle à un autre endroit à l’intérieur des mêmes murs. Puis, au treizième siècle, l’empereur byzantin Michel Comnène édifia, avec ce qui existait déjà, une puissante place forte. Puis Ali Pacha, le pacha de l’Épire de 1788 à 1822 et qui résidait à Ioannina, fit abattre et reconstruire ce qui ne tenait plus et fit renforcer ce qui présentait des points faibles, de sorte qu’aujourd’hui nous sommes en présence d’une citadelle dont subsistent quelques rares traces antérieures au onzième siècle, dont les bases ont été posées par Bohémond en 1082, dont l’aspect général a été fixé par Michel Comnène au treizième siècle, et dont la restauration et le renforcement ont été effectués par Ali Pacha au tout début du dix-neuvième siècle. Quoique la circulation ne soit pas interdite dans la vieille ville, les rues étroites et le nombre restreint d’habitations limitent grandement le trafic, ce qui donne une ambiance particulièrement calme.

 

À l’extérieur des murs, la ville moderne s’étend. Avec plus de deux cent mille habitants et un campus universitaire de vingt mille étudiants, c’est une ville jeune, dynamique, vivante, animée. Les bars, salons de thé proposant une large offre de pâtisseries orientales et occidentales, sont multiples et bondés. Il faut dire que les consommations sont d’un prix très raisonnable. Un chocolat, un thé et deux gros gâteaux servis dans une ambiance confortable sont facturés moins de huit Euros. Les rues commerçantes aussi sont agréables. Ioannina n’attire pas d’étrangers, du moins en cette saison, mais les Grecs sont en vacances de Noël et les plaques des voitures révèlent des origines de tout le pays.

 

666d1 vers l'île de Ioannina 

Nous avons eu envie de voir à quoi ressemble cette île dont j’ai parlé tout à l’heure et qui se trouve juste en face du bastion dont j’ai montré la photo plus haut. Nous prenons donc à l’embarcadère la vedette qui, en dix minutes, nous dépose sur l’île. C’est comme l’autobus, même prix, même facilité. Sauf qu’il n’y a qu’une navette par heure.

 

666d2 L'île sur le lac de Ioannina 

666d3 L'île sur le lac de Ioannina 

Montrant précédemment un bouquet de roseaux émergeant du lac près des berges de l’île, je disais que ses abords étaient marécageux. Les deux photos ci-dessus montrent comment les bateaux des particuliers, qui ne souhaitent pas les laisser à l’embarcadère de l’île, un peu éloigné de leur domicile (et d’ailleurs la place manquerait) , doivent passer par les chenaux dégagés au milieu de la végétation. Mais pour le promeneur, tout cela est bien joli.

 

666d4 L'île sur le lac de Ioannina 

Il existe bien un bac pour les voitures qui part de l’autre côté du lac, problème de tirant d’eau, nous l’avons vu embarquer une camionnette, mais il ne fonctionne qu’à la demande individuelle. Seuls les habitants de l’île font appel à lui pour apporter un véhicule neuf ou pour effectuer de longs trajets sur le continent. On est donc extrêmement tranquille dans ces petites rues étroites bordées de maisons blanches aux toits de lourdes lauzes. Pas de voitures, pas de bruit. Seules deux rues sont bordées de boutiques qui proposent des produits locaux, produits de bouche ou d’artisanat, et en cette saison où les touristes ne sont pas foule, on hèle le passant pour lui refiler la marchandise. Hors de ces ruelles, on est seul. De loin en loin, on croise un habitant du lieu, et on échange un kalimera (bonjour). Ceux qui vous croisent en baissant la tête sont les rares touristes grecs. Nous avons même croisé, fait exceptionnel, un jeune couple blond aux yeux bleus qui nous a fait un petit signe amical de la main en nous gratifiant d’un kalispera (bonsoir) teinté d’un accent britannique prononcé. Sans doute ces jeunes gens nous ont-ils pris pour des autochtones (les autochtones sont pêcheurs ou moines. Je ne sais dans quelle catégorie nous avons été classés).

 

666e le sultan Mahmoud, musée Ali Pacha, Ioannina

 

C’est dans l’île que se trouve le musée du cruel Ali Pacha, un petit musée dans un modeste bâtiment ayant fait partie du monastère Agios Pandeleimonas. L’entrée est à un Euro. Généralement, il y a une réduction pour les plus de 65 ans. Pas ici. Décidément, on ne fait rien pour la culture, en Grèce ! Non, si je plaisante avec cela, c’est au contraire parce que les tarifs des musées sont très raisonnables, ce qui en ouvre les portes au plus grand nombre.

 

Ce monsieur, né entre 1741 et 1744 en Épire occupé par les Ottomans, perd son père alors qu’il est encore tout jeune. La famille, alors, doit se serrer la ceinture. Désagréable. Ali préfère s’associer à une bande de bandits opérant dans les montagnes, et que l’on nomme les klephtes. Pris, il manœuvre si bien qu’au lieu d’encourir la peine méritée il entre au service du pacha de Berat. Non pas le sympathique village de Haute-Garonne, mais une ville construite autour d’une citadelle en Épire d’Albanie. Puis il se brouille avec le pacha de Berat et entre au service de son ennemi, le pacha de Delvinë, dont il épouse la fille. Ce lien de parenté ne l’empêche pas de dénoncer le pacha au sultan, ce qui lui vaut d’être nommé prévôt des routes à la tête de 4000 hommes, avec mission de lutter contre… les klephtes, ces brigands de grands chemins auxquels il a appartenu. Il est bien placé pour savoir où et comment les débusquer. Il en fait des carnages, sauf pour ceux qui se mettent à son service. Le sultan le remercie en le nommant pacha en Grèce centrale, à Trikala (environ 130 kilomètres à l’est de Ioannina). Mais Ali veut Ioannina, dirigée par un vieux pacha. Il imagine de lâcher les klephtes qui lui sont fidèles sur les terres de ce voisin convoité. Les habitants appauvris, rançonnés, dépouillés ne peuvent plus payer d’impôts, et les misérables recettes collectées sont volées sur la route d’Istanbul, mais jamais sur la portion qui traverse les terres de Trikala. Et Ali reverse au sultan les impôts de son domaine, engraissés d’une partie du butin. La comparaison entre Ali et les autres fait qu’on le charge de secourir le pacha de Ioannina. Subitement, ses amis klephtes disparaissent et Ioannina retrouve le calme. Ali est confirmé dans ce poste convoité.

 

Suite au traité de Campo Formio en 1797, les troupes révolutionnaires françaises occupent les possessions vénitiennes, soit comme nous l’avons vu dans mon article des 9 et 10 décembre, les îles ioniennes dont Corfou, et quelques cités sur le continent. Mais quand, en 1798, à propos de la campagne d’Égypte, la guerre éclate entre la France et l’Empire Ottoman, Ali Pacha, de son propre chef, décide d’attaquer les troupes françaises de Grèce orientale. Il est vainqueur, fait prisonnier le général français et bon nombre de soldats, puis se joint aux troupes russes pour prendre Corfou. Mais il ne gardera pas le bénéfice des îles puisque le traité entre la Sublime Porte et l’Empire Russe crée la république indépendante des Sept Îles en 1800. Les Souliotes, des chrétiens orthodoxes d’origine albanaise, vivaient en autarcie dans les montagnes du sud de l’Épire. Ali Pacha les attaque, les encercle, les affame et parvient à les vaincre. Finalement, il agit en électron libre, conquiert tout ce qui est autour de la région qui lui était attribuée initialement et se retrouve à la tête d’une population de deux millions de citoyens et d’une armée régulière de douze mille hommes, auxquels il convient d’ajouter les klephtes qui sont à ses ordres. Du coup, la France de Napoléon et l’Angleterre le courtisent, le pensant un utile allié potentiel en cas de coup de main sur l’Empire Ottoman. Lord Byron, qui participera à la lutte d’indépendance de la Grèce, est reçu chaleureusement par Ali Pacha dont il fait, dans une lettre à sa mère, une description flatteuse, ajoutant cependant que “Sa Hauteur est un tyran impitoyable (a remorseless tyrant), coupable des plus horribles cruautés, très courageux, si bon général qu’on l’appelle le Bonaparte Mahométan […] mais aussi barbare que plein de succès, faisant rôtir les rebelles, etc., etc.”

 

666f1a Musée Ali Pacha île de Ioannina 

666f1b Musée Ali Pacha île de Ioannina 

En 1820, l’un de ses opposants politiques s’était réfugié à Istanbul auprès du sultan Mahmoud II. Ali Pacha y envoie des tueurs, mais ceux-ci sont arrêtés et, sous la torture, avouent avoir été envoyés par leur pacha. Le sultan, qui s’inquiétait de l’indépendance et de la puissance d’Ali, saisit l’occasion de le révoquer de ses fonctions s’il ne vient pas se justifier en personne à Istanbul. Pour Ali, il est clair qu’il sera condamné et exécuté, il refuse et préfère la lutte armée. Il a des alliés tout autour, une armée puissante, un pays montagneux difficile d’accès, alors que les armées de la Sublime Porte sont mal entraînées. Mais très vite, ses alliés ou ses troupes se rallient à l’armée de l’Empire Ottoman et la flotte arrivant par la mer ionienne le prend en tenaille. Ses fortifications, dont nous avons vu qu’il y avait travaillé, sont solides, il a de grandes réserves de munitions et de vivres, il peut faire aisément des allers et retours vers l’île du lac, en septembre 1820 il s’enferme dans Ioannina assiégée. Et le siège dure. Enfin, en janvier 1822, le commandant des troupes ottomanes lui fait croire que le sultan l’absoudra s’il se rend. Il abandonne alors la citadelle et va attendre les émissaires du sultan dans l’île du lac, dans le monastère où se trouve le musée. Les émissaires, en fait, sont des tueurs, qui lui coupent la tête, l’exposent trois jours à Ioannina, puis la momifient et l’envoient au sultan. Les photos ci-dessus montrent la scène où la tête d’Ali Pacha est présentée au sultan Mahmoud II, la seconde photo étant un détail du tableau.

 

666f2 Musée Ali Pacha île de Ioannina 

Madame Frosyni (Euphrosine en français) était une jeune femme grecque d’une grande beauté. Quoique mariée, elle devint la maîtresse du fils d’Ali Pacha, mais la femme légitime de ce fils ayant découvert cette liaison, ulcérée, elle dénonce cette relation à son beau-père. Soit qu’il ait voulu punir l’adultère et venger sa bru, soit qu’il ait été jaloux, il l’emprisonna, et prit dans l’entourage de la coupable seize autres jeunes Grecques au hasard (dix-sept disent certaines sources), les accusant arbitrairement de même d’adultère. Puis, pieds et poings liés, il fit précipiter Frosyni et ses seize compagnes dans le lac de Ioannina. La gravure ci-dessus représente l’assassinat de Madame Frosyni. Même si les victimes ont été jetées à même dans l’eau, sans être enfermées dans des sacs, je ne peux manquer de penser à Victor Hugo :

            La lune était sereine et jouait sur les flots.

            La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise.

            La sultane regarde, et la mer qui se brise,

            Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

 

            De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.

            Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.

 

[Suivent des suppositions, un vaisseau turc, des cormorans, un djinn. Je ne sais plus par cœur ces strophes, mais de toute façon il serait trop long de les citer. Bonne excuse pour mon trou de mémoire].

 

            Ce sont des sacs pesants d’où partent des sanglots.

            On verrait, en sondant la mer qui les promène,

            Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine…

            La lune était sereine et jouait sur les flots.

 

666f3 Musée Ali Pacha île de Ioannina 

666f4 Musée Ali Pacha île de Ioannina 

La légende de la gravure ci-dessus dit “Ali Pacha et Kyra Vasiliki”. Vasiliki Kitsou est une Grecque, chrétienne, orthodoxe, née en 1789. À noter qu’en grec, le S ne se prononce jamais Z (même entre deux voyelles). Aussi, bien souvent transcrit-on ce nom avec deux S (Vassiliki) afin d’éviter une mauvaise prononciation. Je reviens à mon sujet. En 1801, alors qu’elle n’a que douze ans, elle sollicite une entrevue avec Ali Pacha pour implorer la grâce de son père qui doit être exécuté. Et elle l’obtient, parce que cette enfant a troublé le pacha. Il patientera sept ans et l’épousera en 1808. Elle a dix-neuf ans, il en a entre soixante-cinq et soixante-dix (puisque nous ne connaissons pas exactement sa date de naissance). Et cette toute jeune femme va avoir une très forte influence sur lui. Non seulement elle peut continuer à pratiquer sa religion, mais elle dispose même, dans le palais musulman, d’une pièce transformée en chapelle. Elle a obtenu de son cruel époux de sauver la tête de bon nombre de Grecs chrétiens. Quand il sera décapité, en 1822, elle sera envoyée prisonnière au sultan, qui lui rendra la liberté et le droit de retourner en Grèce. Elle mourra en Grèce libérée et indépendante en 1834. Selon le panonceau explicatif, le mannequin dans la vitrine de ma seconde photo porte le vêtement authentique de Kyra Vasiliki.

 

Aujourd’hui, laïus, laïus, laïus et peu de photos. Il est temps que je mette le point final.

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Published by Thierry Jamard
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