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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 09:00

 

874a1 murs byzantins de Constantinople

 

874a2 murs byzantins de Constantinople

 

874a3 murs byzantins de Constantinople

 

Dans mon premier article sur Istanbul, j’ai parlé de la ville dans son ensemble, ce qui m’a amené à évoquer brièvement son passé antique. Je suis revenu sur ce passé dans mon article n°4 consacré à la ville romaine. Aujourd’hui, nous avançons dans le temps en abordant la ville byzantine. En réalité, il n’y a pas eu de rupture brutale entre les deux. L’Empire Romain était partagé entre l’Empire d’Occident et l’Empire d’Orient centré sur Constantinople. Et puis le 4 septembre 476 après Jésus-Christ, Odoacre le chef des Hérules, des barbares germaniques, dépose Romulus Agustule, le dernier empereur romain d’Occident. Les historiens situent là la fin de l’Antiquité. Par voie de conséquence, l’Empire Romain d’Orient devient de fait l’Empire Byzantin sans autre événement historique. Dans le présent article, je ne ferai pas vraiment la différence, parlant soit de la fin de l’Empire Romain, soit du début de l’Empire Byzantin. À l’ouest d’Istanbul, les murs antiques sont très bien conservés sur une grande longueur. Nous sommes passés devant mais, ne pouvant pas nous arrêter et n’ayant pas eu d’autre occasion de nous rendre dans les parages, je n’en ai pas de photo. Ailleurs, ici ou là, on en repère des bribes plus ou moins bien conservées.

 

874a4 murs byzantins de Constantinople

 

874a5 murs byzantins de Constantinople

 

874a6 murs byzantins de Constantinople

 

D’autres parties de mur laissent voir diverses constructions, ainsi que des tours défensives. La bonne conservation de fragments de murailles tient au fait qu’ils ont été entretenus, renforcés, utilisés à l’époque ottomane.

 

874b1 Constantinople, restes du palais impérial

 

874b2 Constantinople, restes du palais impérial

 

874b3 Constantinople, restes du palais impérial

 

En certains endroits, il ne s’agit pas de remparts, mais de restes de murs du palais impérial, lequel était une ville à lui tout seul. Comme on peut le constater, certaines maisons s’appuient sur ce mur encore solide. Sur ma photo, ce sont des maisons de bois, à l’ancienne, mais ailleurs, on voit parfois des maisons de pierre dont l’un des murs est directement celui de l’ancien palais impérial.

 

874c colonne de Constantin Porphyrogénète, Istanbul

 

Dans mon article Istanbul 04 / La Ville romaine évoqué plus haut, je parle longuement de l’hippodrome, de l’obélisque de Karnak, et au sujet de la colonne serpentine je cite le voyageur Tournefort qui dit qu’elle “se trouve entre les obélisques, à égale distance de l'un et de l'autre”, ce qui m’a amené à expliquer que je parlerais de l’autre obélisque à propos de la ville byzantine. Nous y voici donc. On ne sait pas exactement quand ni pourquoi a été construite cette colonne de pierre, mais ce qui est sûr c’est que c’est l’empereur Constantin VII Porphyrogénète (913-959) qui l’a restaurée au dixième siècle, et qu’elle ornait la spina, axe autour duquel tournaient chevaux, attelés ou non. La colonne était à l’origine décorée de plaques de bronze portant des bas-reliefs, mais cette horrible Quatrième Croisade de 1204 dont j’ai amplement parlé à plusieurs reprises voit les armées franques les prendre et les fondre. Elles ne seront pas remplacées.

 

874d1 sarcophage entre fin 4e et début 6e s., Istanbul

 

L’époque byzantine n’a pas laissé de très nombreux monuments à Constantinople. Pour terminer cet article, nous allons nous transporter au musée archéologique auquel j’ai déjà consacré deux longs articles. Ce sarcophage de marbre rouge se situe entre la fin du quatrième siècle et le début du sixième, donc entre la fin de l’Empire Romain et le début de l’Empire Byzantin.

 

874d2 Daniel dans la fosse aux lions, 6e s. (Istanbul)

 

Au sixième siècle, la Grèce faisait partie de l’Empire Byzantin. Cette plaque de marbre vient de l’île grecque de Thassos. Il est facile de comprendre ce qu’elle représente quand on voit des lions lécher les pieds d’un homme survolé par des anges. C’est à l’évidence l’épisode biblique de Daniel dans la fosse aux lions. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce récit (mon article sur le musée byzantin de Thessalonique, daté du 22 juillet 2012).

 

874e1 poids byzantin (impératrice Ariane, 457-515)

 

Les poids de bronze constituant des mesures officielles étaient souvent fondus à l’effigie de l’impératrice. Celui-ci représente Ariane (Aelia Ariadnè, avant 457-515), ce qui permet de le dater fin cinquième siècle ou début sixième.

 

874e2 poids byzantin (impératrice Eudocie, 400-460)

 

Cet autre poids de bronze, qui a conservé son crochet qui permet de le suspendre à la balance, provient de Yalova sur la côte sud-est de la mer de Marmara, et représente très probablement l’impératrice Eudocie ou Eudoxie. Cette femme est très intéressante. C’est vers l’an 400 que naît une Athénienne nommée Athénaïs, fille d’un rhéteur. Pulchérie, sœur du très jeune et influençable empereur Théodose II qu’elle tient sous sa coupe, choisit Athénaïs pour la lui faire épouser en 421. Comme son père, Athénaïs est païenne, mais dans cette situation auprès de l’empereur, et auprès de la très dévote Pulchérie, elle doit se convertir au christianisme et prend alors le nom d’Aelia Eudocia. Intelligente, cultivée, c’est une femme de lettres dont on a conservé quelques œuvres. Je lis sur Wikipédia “Témoignage touchant de sa venue en Terre Sainte, une inscription dédicatoire comportant un poème en vers homériques a été récemment découverte à Hamat Gader, au sud du lac de Tibériade”. Aristote disait que “la nature a horreur du vide”, et cela est vrai aussi de la personnalité. Théodose est inconsistant, Pulchérie l’a mené par le bout du nez, puis une fois mariée Eudoxie a joué un rôle de premier plan dans les affaires de l’Empire, entre autres elle est à l’origine de la création de l’université de Constantinople en 425, à tel point que l’impérieuse Pulchérie se sent évincée. Cela dure jusqu’en 433, quand Pulchérie invente une affreuse calomnie, racontant qu’Eudoxie trompe Théodose. Eudoxie est alors dépouillée de son titre d’Augusta qui est celui de l’impératrice, et envoyée dans un couvent à Jérusalem. Elle mène une réflexion religieuse intense, et consulte saint Siméon le Stylite avec qui elle entretient une correspondance suivie (cf. mon article sur Osios Loukas daté 21 juin 2011).

 

874f1 Sainte Eudocie, fin 10e-début 11e s.

 

Eudoxie meurt en 460. L’Église Orthodoxe l’a canonisée mais les Églises Orthodoxe et Catholique, toutes les deux, ont canonisé Pulchérie dont je veux bien croire qu’elle était très pieuse, à la limite même bigote, sans que cela l’empêche d’être ambitieuse, calomniatrice, vindicative, bref pas très exemplaire pour une sainte. Toutefois, n’étant ni pape, ni métropolite, et n’ayant pas –je crois– vocation à le devenir un jour, sans doute n’ai-je pas les éléments pour la juger. Ci-dessus, cette icône de marbre en opus sectile, c’est-à-dire avec inserts de pierres de couleur, représente sainte Eudoxie, mais elle est très largement postérieure à sa mort puisqu’elle ne remonte qu’à la première moitié du onzième siècle, ou au mieux à la fin du dixième. Elle se trouvait dans l’église du monastère de Constantin Lips, nom d’un amiral de l’empereur Léon le Sage qui a dédié l’église à la Panagia Théotoka (la Mère de Dieu), église qui, réunie à une autre, est devenue à la fin du quinzième siècle la mosquée Fenari Isa. Aujourd’hui, bien évidemment, cette icône ne décore pas la mosquée, elle se trouve au musée archéologique.

 

874f2 Vierge Hodégétria, 11e siècle (Istanbul)

 

Pour finir, voici un bas-relief du onzième siècle représentant une Vierge Hodegetria en marbre. Sur le pourtour, une inscription lacunaire dit “Depuis qu’Israël a mené le Christ à la vie, même un aveugle peut voir le miracle de Dieu. Et personne n’a ce pouvoir, vous Marie […]”.

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Published by Thierry Jamard
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