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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 09:00

La plupart des mosquées d’Istanbul sont intéressantes à voir à un titre ou à un autre, architectural, historique, anecdotique. À quelques-unes, j’ai consacré un article entier, Küçuk Ayasofya (Istanbul 17), la Mosquée Bleue (Istanbul 18), la Mosquée de Soliman (Istanbul 19). Celles que nous avons vues en passant mais n’avons pas visitées, et qui d’ailleurs sont moins célèbres, je les regroupe ici. Pour qui désirerait les voir plus en détails, comme elles ne sont pas assez populaires pour être systématiquement faciles à dénicher, j’en indique les coordonnées géographiques utilisables avec un GPS. Mais vu les conditions de circulation dans Istanbul, mieux vaut se déplacer en transports en commun et à pied, donc avec un GPS en position “piéton”.  

 

    882a1 Mosquée Nusretiye (Tophane) 

 

N 41°01'39,38" et E 28°58'58,95", mosquée Nusretiye. Cette grosse mosquée est située sur la rive nord de la Corne d’Or, près du Bosphore, dans le quartier de Tophane. C’est le sultan Mahmoud II (1808-1839) qui en a décidé la construction, qui a duré de 1823 à 1826. Depuis longtemps les janissaires, cette troupe constituée de garçons chrétiens enlevés à leurs familles dans toutes les provinces de l’Empire, dans tous les États vassaux  entre l’âge de cinq et quinze ans, pour les convertir à l’Islam et en faire l’élite militaire de l’Empire Ottoman, manifestait trop d’indépendance et prenait trop de pouvoir, n’hésitant pas à refuser toute modernisation de l’Empire, à désobéir au sultan, et allant jusqu’à le déposer. Tel a été le cas pour le réformateur Selim III, renversé en 1807 par les janissaires. C’est aussi ce qui était arrivé en 1703 au sultan Moustapha II. Le 16 juin 1826, excédé par une nouvelle révolte, Mahmoud II charge l’armée de tirer sur la manifestation des janissaires. Puis les autres sont poursuivis partout, la foule se joint à l’armée pour en égorger dans les rues, les troupes de janissaires de province subissent le même sort. Sur un corps de cent quarante mille hommes, environ cent vingt mille sont tués, les vingt mille autres sont bannis. Certes l’Empire a perdu sa troupe d’élite, mais les instructeurs prussiens pour l’infanterie et britanniques pour la marine peuvent enfin mettre en œuvre les réformes nécessaires pour s’adapter aux guerres modernes. C’est la même année, juste après le massacre des janissaires, que cette mosquée est inaugurée. D’où son nom de Nusretiye qui signifie “Victoire”.

 

882a2 Istanbul, Yeni Camii (Nouvelle Mosquée)

 

882a3 Istanbul, Yeni Camii (Nouvelle Mosquée)

 

N 41°01'01,20" et E 28°58'20,80", Yeni Camii, ou Nouvelle Mosquée. Revenant de Tophane, nous franchissons la Corne d’Or par le pont de Galata et, juste en face, nous tombons sur cette autre grosse mosquée. Celle-ci raconte, d’une manière encore beaucoup plus directe, une histoire politico-religieuse. Nous sommes juste en face du bazar égyptien, en pleine zone commerciale de l’ancienne Constantinople, et en cette fin du seizième siècle les commerçants juifs s’étendent de plus en plus et ont de plus en plus d’influence. Safiye Sultan, épouse du défunt sultan Mourad III, issue de la noblesse vénitienne et mère du nouveau sultan Mehmet III (ce qui lui donne le titre de Sultane Valide) décide de construire là une grande mosquée pour islamiser le quartier et elle justifie par cette construction l’expropriation, par pure et simple spoliation, des Juifs occupant les lieux. La construction commence en 1597, par un élève et disciple de Mimar Sinan. Mais si ce projet satisfait la jalousie des commerçants turcs à l’encontre de leurs confrères juifs, il jette aussi un énorme pavé dans la zone commerciale. Par ailleurs, les janissaires –déjà eux, alors que cela n’a rien à voir avec l’armée– sont très opposés à cette construction pour son coût extrêmement élevé. Résultat, Safiye sultan est enfermée au harem quand meurt son fils Mehmet III en 1603 et que son petit-fils Ahmed I monte sur le trône. On stoppe alors les travaux et plus personne ne se soucie de cette ossature inachevée. Mais lorsqu’en 1660 un incendie ajoute gravement aux dégâts dus au temps, la sultane valide de l’époque, Valide Sultan Hatice, mère de Mehmet IV, fait reprendre les travaux interrompus près de soixante ans et, en 1663, la Nouvelle Mosquée est enfin achevée.

 

882b1 Istanbul, mosquée d'Ahi Çelebi

 

882b2 Istanbul, mosquée d'Ahi Çelebi

 

882b3 Istanbul, mosquée d'Ahi Çelebi

 

N 41°01'08,27" et E 28°58'05,05", mosquée d’Ahi Çelebi. De façon très arbitraire, j’ai classé mes mosquées selon un pseudo itinéraire géographique. Nous suivons donc la Corne d’Or vers le nord-ouest. Tout près du pont de Galata, devant l’embarcadère Haliç pier, nous trouvons cette vieille mosquée. Cette fois-ci, je suis amené à parler d’un certain Ahmed ou Mahmoud, selon les registres, né à Kastamonu en Asie Mineure à une petite centaine de kilomètres des rives de la Mer Noire, en 1432, alors que cette région était un sultanat de Perse. Il devient médecin-chef mais quand ce sultanat est annexé à l’Empire Ottoman en 1461 il se rend à Constantinople pour y exercer les mêmes fonctions de médecin-chef. Sa réputation devient grande, sous le surnom d’Ahi Çelebi, et c’est sous ce nom qu’il publie plusieurs livres de médecine.

 

Ayant amassé de grandes richesses, partiellement héritées de son père qui avait exercé la même profession que lui à Tabriz en Perse, et partiellement acquises par lui-même du fait de ses acticités, il décida de construire cette mosquée, on ne sait pas exactement quand entre 1480 et 1500, ainsi qu’une medrese (école coranique) et une école. Pour entretenir la mosquée et pour le fonctionnement de la medrese et de l’école, il a créé une fondation dotée de plus de quarante villages, d’un hammam, de nombreuses échoppes de commerce à Constantinople. Et comme le total de ces revenus était supérieur aux besoins, il a voulu que les excédents soient distribués aux pauvres de la ville sainte de Médine. Voilà un riche qui n’était pas égoïste. Il est âgé de 91 ans quand il entreprend un pèlerinage aux Lieux Saints mais pendant le voyage de retour il tombe malade et meurt au Caire en 1524.

 

En 1539, un incendie endommage fortement l’édifice, qui sera restauré par Mimar Sinan. Nouvel incendie en 1653, puis violent tremblement de terre en 1892. C’est en 2005-2006 que de grands travaux de restauration ont permis sa réouverture.

 

Venons-en maintenant à un certain Evliya né à Constantinople en 1611, probablement un soufi des Gülşenî, puisqu’il s’est représenté sous le nom de Evliya-yı Gülşenî. Une nuit, il a eu un rêve étrange. Il s’est vu entrant dans cette mosquée, et à l’intérieur le prophète Mahomet en personne était l’imam qui guidait la prière du matin, et dans la salle de prière se trouvaient les compagnons du Prophète et de nombreux saints. Appelé personnellement par le Prophète à la fin de la prière, Evliya lui baisa la main et, sous le coup de l’émotion, il commit un lapsus, disant en langue turque “seyahat ya Resulullah” au lieu de “Şhefaat ya Resulullah”, c’est-à-dire “voyage, ô le Messager d’Allah” au lieu de “Intercession [au jour du Jugement], ô le Messager d’Allah”. Avec un sourire, Mahomet lui répondit “Que ton voyage et mon intercession soient bénis”. Pas de doute, ce songe était un signe miraculeux. Prenant désormais le nom d’Evliya Çelebi, comme le créateur de la mosquée, il va entreprendre ce long, long voyage de quarante années qui va constituer la matière de Seyahatname, autrement dit le Livre des voyages, premier ouvrage de ce type dans toute l’histoire de la littérature (quoiqu'ayant des analogies avec l'intention des quatre premiers livres des Histoires d'Hérodote) et dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises, notamment dans mon article sur le musée médical d’Edirne daté 12 et 13 octobre 2012.

 

882c1 la mosquée Şehzade à Istanbul

 

882c2 la mosquée Şehzade à Istanbul

 

882c3 minaret de la mosquée Şehzade à Istanbul

 

N 41°00'50,32" et E 28°57'25,89", mosquée de Şehzade, c’est-à-dire mosquée des Princes. Nous sommes partis vers le sud-ouest et nous trouvons maintenant juste au bout de l’aqueduc de Valens (mon article Istanbul 04, La ville romaine), sur la troisième des sept collines d’Istanbul. Dans les années 1543-1548, Mimar Sinan, encore lui, a été chargé de la construire en mémoire du prince Mehmet, fils de Soliman le Magnifique et de Roxelane, qui venait de mourir de la variole alors qu’il était encore tout jeune (1521-1543).

 

882c4 la mosquée Şehzade à Istanbul

 

882c5 la mosquée Şehzade à Istanbul

 

882c6 Istanbul, mosquée Şehzade

 

882c7 Istanbul, mosquée Şehzade

 

On le voit, tout ici est harmonieux. Les arches alternent le marbre rose et le marbre blanc, le portique est large en comparaison de la surface de la cour, les formes de la fontaine des ablutions rituelles (qui, elle, date du sultan Mourad IV (1623-1640), sont élégantes et raffinées, au-dessus de chaque porte la décoration est différente.

 

882d1 Istanbul, Mosquée de Hodja Kasim Günani

 

882d2 Mosquée de Hodja Kasim Günani, Istanbul

 

N 41°01'54,50" et E 28°56'31,50", tout près de Saint-Sauveur-in-Chora (mon article Istanbul 24), mosquée Hodja Kasim Günani. Cette mosquée remonte au temps de la prise de Constantinople, puisqu’elle date de l’époque de Mehmet le Conquérant. Elle porte le nom d’un lettré de l’époque, le Professeur Kasim Günani qui l’a fait construire, mais elle est connue comme la mosquée Hasan et Hüseyid, du nom de deux hommes qui avaient été les serviteurs d’Ebu Eyyub el-Ensari, lequel était un compagnon de Mahomet. Longtemps après la mort du Prophète (en 632), il avait participé en 670 à une première tentative de prendre Constantinople aux Byzantins. Touché à mort, il avait demandé à ses compagnons de charger son corps sur le dos d’un cheval, de pousser leurs attaques aussi loin qu’ils le pourraient vers la ville, et de l’enterrer dans ce territoire ennemi qu’ainsi il occuperait. Quand, huit siècles plus tard, Mehmet le Conquérant parvint à entrer dans la ville, il découvrit le lieu où Eyyub avait été enterré, y fit élever un mausolée et une mosquée, et le quartier prit son nom turquisé, Eyüp (je parlerai de ce quartier dans mon prochain article, Istanbul 21). Hasan et Hüseyid, ses deux serviteurs, avaient été autorisés par l’empereur byzantin à se rendre à Constantinople, mais se sentant menacés par les gens du cru du fait qu’ils étaient musulmans, ils ont tenté de s’enfuir, ont été pris, torturés, martyrisés et mis à mort, et enterrés en cet endroit, d’où cette autre dénomination de la mosquée.

 

L’intérieur du bâtiment est tout en bois, y compris le mihrab et le minbar. C’est une petite mosquée dont la superficie est de 110 mètres carrés. Elle a été restaurée en 1838, et sa charpente et sa toiture de bois ont été refaites récemment, en 1970. Parce qu’un imam, ainsi qu’un muezzin qui sert aussi de gardien, sont attachés à cette mosquée, un petit bâtiment annexe leur sert de logement.

 

882e1 Istanbul, mosquée de Mahmoud Pacha

 

882e2 Istanbul, mosquée Mahmoud Pacha

 

882e3 Istanbul, mosquée de Mahmoud Pacha

 

N 41°02′41,06″ et E 28°56′08,61″, mosquée de Mahmoud Pacha. Un certain Philaninos avait été fait gouverneur de la Morée, c’est-à-dire le Péloponnèse en Grèce, par l’empereur de Byzance, avec le titre de César. Puis vint la conquête musulmane. La politique des Ottomans ayant toujours été de ne laisser qu’à des Musulmans les pouvoirs, mais ne regardant jamais à l’origine ethnique, nationale ou religieuse des hommes s’ils se convertissaient à l’Islam, le petit-fils de Philaninos, Mahmoud Pacha (1420-1474), chrétien converti, était devenu grand vizir de Mehmet le Conquérant, une sorte de premier ministre du sultan. Il faut cependant noter que certaines sources qui lui sont postérieures de deux siècles en font un Serbe orthodoxe, ou encore un Croate catholique. Il aurait été enlevé alors qu’il était encore tout petit, en 1427, dans les conditions que je décrivais plus haut au sujet des janissaires et de la mosquée Nusretiye. Élevé alors dans la religion musulmane, formé à Andrinople (aujourd’hui Edirne) en compagnie du jeune Mehmet futur sultan, il aurait reçu cette culture d’excellence lui permettant d’exercer de hautes fonctions, et aurait dès l’enfance acquis la confiance de Mehmet. Quoi qu’il en soit, Critoboulos (1410-1470), ce lettré Grec à qui l’on doit l’essentiel de nos connaissances sur la prise de Constantinople, loin de traiter Mahmoud Pacha de traître et de renégat, le décrit avec admiration : “Cet homme était d’un naturel si excellent qu'il a surpassé non seulement tous ses contemporains, mais aussi ses prédécesseurs en sagesse, en courage, en vertu et dans d’autres grandes qualités”. L’Empire Ottoman lui doit, entre autres, l’annexion de la Serbie en 1459 et l’investissement de la Morée et la prise de Mystra et 1460. Ainsi, qu’il soit grec ou serbe… On le retrouve aussi en Anatolie, en Valachie, à Lesbos, en Bosnie, etc. Écarté du pouvoir en 1468, il retrouve ses fonctions en 1472 mais portant crédit à de sombres accusations Mehmet II le jette en prison en 1473 et finalement le fait étrangler en 1474. Charmante époque, délicieuses mœurs.

 

Tel fut le Mahmoud Pacha qui a fait construire cette mosquée. Ici et là, j’ai lu que l’on ne savait pas très bien à quelle date il l’avait fait édifier, mais une inscription en arabe, au-dessus de l’entrée face à la qibla (c’est-à-dire la direction du mihrab, donc de la Mecque), la situe en 1463-1464. C’est la première mosquée de grand vizir construite après la prise de Constantinople. Des incendies ont justifié des restaurations en 1755 et en 1828. J’ai lu quelque part que l’architecte en était Mimar Sinan, mais cela lui était difficile vu qu’il n’est né qu’en 1490. Je préfère croire une autre source qui attribue la paternité de l’architecture à Atik Sinan, un Grec byzantin entré au service de Mehmet le Conquérant. Un architecte de valeur mais qui a construit pour le sultan une belle mosquée dont le dôme était plus petit que celui de la basilique Sainte-Sophie ce qui lui a valu pour châtiment de se faire couper les deux mains, et puis de se faire mettre à mort un peu plus tard. Quand je disais que les mœurs de Mehmet II étaient délicieuses…

 

882f Istanbul, mosquée d'Ishak Pacha

 

N 41°00'23,20" et E 28°58'53,84", mosquée d’Ishak Pacha. Changement de quartier, retour vers la mer de Marmara, nous sommes un peu au sud du palais de Topkapi. Le monsieur qui a fait construire cette mosquée et qui lui a laissé son nom est un Grec chrétien lui aussi enlevé et éduqué dans la religion musulmane à Enderûn Mektebi, l’école du palais, et qui a été grand vizir de Mehmet II, précisément dans l’intervalle laissé libre par Mahmoud Pacha, de 1468 à 1471 (un autre a fini de combler le vide de 1471 à 1472), mais quand meurt Mehmet en 1481, il est un ardent défenseur des droits de Bajazet (Bayezid) à la succession contre son frère, aussi est-il nommé grand vizir du nouveau sultan, poste qu’il occupera jusqu’en 1483 (ou, selon un panneau apposé sur le mur par la Municipalité, jusqu’en 1492). Puis il est nommé sandjak-bey de Thessalonique, et conservera ce poste jusqu’à sa mort survenue en 1497. Lors de son trop bref premier vizirat il n’avait pas eu le temps de construire une mosquée dans la capitale, et c’est sans doute vers 1485 –mais on n’a aucune donnée suffisamment précise pour être sûr de la date– qu’il fit construire cette petite mosquée de seulement 75 mètres carrés. Cette date, si on la tient pour correcte, ferait pencher pour la chronologie qui le fait rester grand vizir au-delà de 1483 mais, ne disposant d’aucun moyen de mener moi-même des recherches, je me contente de compiler les livres que nous avons achetés et de consulter les sites Internet que me propose Google.

 

882g1 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

882g2 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

N 41°00'17,95" et E 28°58'17,94", mosquée Sokullu Mehmet Pacha, encore plus à l’est, et juste au nord de Küçük Ayasofya. Sur le mur, une plaque de marbre indique la date de construction, 979 de l’Hégire et 1571 du Christ. Comme beaucoup d’autres jeunes garçons, le Serbe Mehmet Sokolović (1505-1579) est enlevé à sa famille chrétienne orthodoxe alors qu’il n’est âgé que de six ans, il est élevé dans la religion musulmane et éduqué comme un Ottoman, et il devient janissaire. Il sera Sokullu Mehmet Pacha. Brillant soldat, il est déjà amiral de la flotte ottomane et 1546. Enfin, après plusieurs charges de vizir il est nommé en 1565 grand vizir par Soliman le Magnifique, et maintenu dans ces fonctions par son successeur le sultan Selim II (1566-1574). Il sera un homme d’autant plus puissant que Selim II est alcoolique et se laisse manipuler par les femmes de son harem. Ce pouvoir, lié à ses qualité, l’ont fait maintenir à ce même poste par Mourad III à la mort de Selim II en 1574. Soustrait si jeune à sa famille, il n’avait sans doute pas gardé de liens particuliers avec le christianisme, mais son esprit de tolérance, et aussi peut-être son calcul politique, l’ont conduit à pousser le sultan à rétablir le patriarche de Serbie, ce qui lui a valu la haine des Musulmans extrémistes et son assassinat par l’un d’eux en 1579.

 

882g3 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

882g4 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

882g5 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

Avant d’être nommé grand vizir, il avait déjà épousé Sultana Esmahan, la fille du futur Selim II et par conséquent la petite-fille de Soliman le Magnifique et de Roxelane. C’est elle qui a fait construire pour son mari Sokullu Mehmet Pacha, sur les restes d’une église byzantine antérieure dédiée à sainte Anastasie, cette mosquée et la medrese qui y est attachée, ainsi qu’un couvent de derviches. L’ensemble porte officiellement son nom à elle, mais du fait de l’extrême notoriété de son mari, du fait aussi que c’est pour lui qu’elle a entrepris ces travaux, c’est son nom à lui qui est resté attaché au complexe. Par ailleurs, il faut noter qu’une fois de plus nous rencontrons ici le nom de l’omniprésent (et remarquable) architecte Mimar Sinan. Le terrain étant en forte pente, il a réalisé les différentes parties du complexe en créant des terrasses en trois niveaux. La mosquée elle-même est un bâtiment à simple dôme, flanqué de quatre demi-dômes à chacun des angles du carré formé par les piliers qui le soutiennent. Plusieurs fois nous nous sommes rendus sur les lieux, mais à chaque fois la mosquée était fermée. Un jour, on nous a dit d’attendre “un peu”, elle sera ouverte dans deux heures pour la prière, et nous pourrons y pénétrer ensuite. Nous avons renoncé, ce qui veut dire que nous avons manqué la décoration en carreaux de céramique d’Iznik… La petite porte latérale de ma première photo est située au sud-est du complexe et ouvre du côté du cimetière.

 

882h1 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

882h2 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

Puisque je suis amené à l’évoquer ce cimetière, j’en profite pour le montrer. On est entré par la petite porte latérale, et l’on se trouve dans ce passage qui longe le mur du cimetière et mène à la cour de la mosquée.

 

882h3 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

882h4 Istanbul, mosquée Sokullu Mehmet Pacha

 

Et nous voici dans la cour, à défaut d’avoir pénétré dans la mosquée elle-même. Elle est bordée de portiques, couverts par trente dômes reposant sur des colonnes pour la plupart byzantines. Sur trois de ses côtés, le portique était fermé par des murs entre les colonnes pour constituer les cellules des élèves de la medrese. Les cours, eux, étaient dispensés directement dans la salle de prière. Quoique notre séjour à Istanbul ait été hors saison, la foule des touristes grouillait à Sainte-Sophie, à la Mosquée Bleue, à Topkapi, à la Citerne, mais ici c’était le grand calme. Un jour, de jeunes garçons jouaient au ballon, un autre jour une jeune femme du cru a traversé la cour sans s’arrêter. Pourtant l’endroit a un charme tout particulier, avec sa belle fontaine d’ablutions toute en marbre blanc.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Encore u ne fois 04/06/2014 14:00

encore un e fois je vous remercie de m'avoir permis d'en lire plus d'Evleyia Celebi! C'est une lecture distrayante et instructive. Je me suis bien amusée

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  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
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