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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:53
681a traversée vers Ithaque
 
L’escale du ferry de Patra dans le port de Sami à Céphalonie est très brève. Il arrive à 16h20 précises et dès que les opérations de débarquement et d’embarquement sont achevées il repart vers Ithaque sans même attendre les 16h30 de l’horaire officiel. Puis en une demi-heure on est au port de Piso Aetos à Ithaque. Mais là, rien. Une baraque de vente de billets, quelques policiers pour diriger le flot des véhicules qui se croisent vers la gueule béante du ferry, et une route qui monte vers les premières collines. On passe au pied du mont Aetos qui a été le siège d’une importante ville romaine, et déjà on est passé de l’autre côté, sur la côte est de l’île. On suit un peu la mer et l’on arrive à la capitale, Vathy. C’est là que nous avons notre hôtel, facile à trouver parce que sur une petite place en front de mer. Le balcon de notre chambre, au premier étage, donne directement sur la mer.
 
681b1 Ulysse à Stavros
 
Ici, le grand personnage, l’équivalent à Ithaque de ce qu’est le général de Gaulle en France (place Charles de Gaulle, aéroport Charles de Gaulle, avenue du Général de Gaulle), c’est Ulysse. Quand il a débarqué ici après dix ans de guerre à Troie et dix ans de pérégrinations sur les mers, il n’a pas reconquis un pays occupé par l’ennemi, mais avec l’aide de son fils Télémaque il a exterminé les nombreux prétendants qui voulaient contraindre sa femme Pénélope à choisir l’un d’eux pour l’épouser, considérant le mari absent comme mort depuis longtemps. Mais quoique n’étant pas juriste, je crois que la loi exige un délai de trente ans pour que l’absent soit considéré comme mort ou définitivement perdu. Enfin… la loi française. Peut-être pas la loi d’Ithaque au douzième ou au treizième siècle avant Jésus-Christ. Cependant le très sage Brassens ne manque pas de laisser planer un doute, peut-être Pénélope, tout en défaisant consciencieusement dans le secret de son alcôve, la nuit, les travaux que le jour elle effectuait au vu et au su des prétendants, se contraignait-elle à refouler une envie cachée de poursuivre au contraire son tissage pour mettre fin à son attente de celui qui tardait tant à lui tenir compagnie dans les draps :
               Toi l’épouse modèle
               Le grillon du foyer
               Toi qui n’a point d’accrocs
               Dans ta robe de mariée
               Toi l’intraitable Pénélope
               En suivant ton petit
               Bonhomme de bonheur
               Ne berces-tu jamais
               En tout bien tout honneur
               De jolies pensées interlopes […]
 
               N’as-tu jamais souhaité
               De revoir en chemin
               Cet ange, ce démon
               Qui son arc à la main
                Décoche des flèches malignes
               Qui rend leur chair de femme
               Aux plus froides statues
               Les bascul’ de leur socle
               Bouscule leur vertu
               Arrache leur feuille de vigne…
 
Évidemment, ma citation de ces vers est une parenthèse dans notre visite d’Ithaque, mais je trouve l’idée si savoureuse et l’expression si délicate, si poétique, que j’ai eu du mal à me limiter à deux des quatre strophes. Ce que je voulais dire, c’est qu’Ulysse était le roi d’Ithaque, petit royaume qui comprenait aussi les îles voisines, plus grandes que celle où se trouvait son palais. C’est pour lui que nous sommes venus ici, pensant qu’un jour suffisait largement à la visite d’une terre de superficie si réduite et où les restes archéologiques sont si peu nombreux. Arrivée jeudi à 17h, embarquement pour le retour prévu vendredi par le même bateau. 24 heures sur place. Et puis à peine arrivés, nous nous sommes rendu compte que j’avais eu tort de ne prévoir que si peu de temps.
 
681b2 Ithaque et Céphalonie selon Google Earth
 
C’est sur Google Earth que j’ai pris cette image satellite des deux îles que nous avons visitées. On voit pourquoi, alors que 48n heures ont suffi à faire un tour rapide de Céphalonie, j’ai pu penser que deux fois moins de temps suffirait pour Ithaque. Nous en étions là de nos regrets quand, vendredi matin, mon téléphone a sonné. "Bonjour… C’est votre loueur de voiture. Je voulais savoir… euh… si tout allait bien… Oui ? Ah bon. Vous avez beau temps ?… Splendide ? Parfait. Et où êtes-vous, là, maintenant ? Ah ! À Ithaque… Oui, c’est beau, Ithaque, vous aimez ? Bien, bien, bien… Mais, euh… vous revenez toujours ce soir ? Rien de changé ? Parce que le bateau arrive tard, à 20 heures, je crois… Oui oui oui, c’est vrai, je ferme normalement à neuf heures, mais si vous voulez garder la voiture un peu plus longtemps, eh bien… euh… ça ne pose pas de problème, vous la ramenez lundi matin… Oui, bien sûr, pour le même prix… Bravo ! Très bien ! Alors à lundi". Telle a été à peu près la partie du dialogue prononcée du côté de Patra. Cela avait tout l’air de sentir un autre dialogue, à Patra aussi, mais au domicile du loueur. J’imagine le côté de la femme du loueur : "Tu as vu le temps, on dirait le printemps. Allez, hop, on part en week-end… Quoi ? Un rendez-vous ce soir à 20h30 ? Il est blond, ton rendez-vous, je suppose ?… Allez, arrête, je ne te crois pas… Bon, d’accord, eh bien si c’est vrai, tu l’appelles, ton rendez-vous, et tu le remets à lundi… Quoi ? Ce que tu dois lui dire ? Ça, mon bonhomme, c’est ton problème. Dis que ta femme est jalouse, si ça te chante. Allez, tiens, voilà le téléphone, et s’ils existent, tes emmerdeurs, eh bien invente ce que tu veux". En tous cas, même si je me trompe de scénario, l’essentiel pour nous est que nous gardons la voiture et pouvons retarder de quarante huit heures notre retour. Reste à trouver une chambre pour ces deux nuits et à faire repousser la date de notre billet de retour. Nous perdons deux heures avec ces opérations, mais il nous en reste quand même quarante six de gagnées. Celle-là, c’est la troisième et dernière de nos aventures pendant cette virée dans les îles ioniennes. Et finalement, les trois se sont fort bien terminées.
 
681b3 Ithaque, isthme et moitié sud, du mont Niritos
 
L’image satellite aide à comprendre cette photo. Ithaque est composée de deux masses montagneuses alignées sur un axe nord-ouest, sud-est et reliées entre elles par un isthme d’à peine deux cents mètres de large du côté ouest. Au sud de l’île du nord, se dresse le mont Niritos. Je l’ai escaladé pour dominer son versant sud, l’isthme et la partie sud de l’île. Et sur la photo, puisque je regarde vers le sud, l’isthme apparaît clairement à droite des masses montagneuses, donc à l’ouest.
 
681c1 Ithaque, Vathy
 
681c2 Vathy, capitale d'Ithaque
 
681c3 Ithaque, Vathy
 
La côte nord de la partie sud, à l’est de l’isthme, est creusée d’une sorte de fjord profond au fond duquel se love la coquette capitale de l’île, Vathy. Ce n’est certes pas une grande ville, mais ce n’est pas non plus un village. C’est un gros bourg sympathique, très animé et vivant, même en cette saison où les touristes sont rares. La première photo est prise de la fenêtre de notre hôtel, en centre ville, tout au fond du fjord, la seconde photo montre l’une des rives vue depuis la rive d’en face, et la troisième photo permet de se rendre compte que l’on a plus l’impression d’être au bord d’un large fleuve que sur la côte de la mer.
 
681c4 Près de Vathy (Ithaque)
 
681c5a Près de Vathy (Ithaque)
 
681c5b Près de Vathy (Ithaque), Agios Andreas
 
La route qui vient de la moitié nord et de l’isthme et qu’a rejointe la route qui vient du port de Piso Aetos, entre dans Vathy après avoir suivi la rive sud-ouest du fjord. Maintenant, continuons de longer la côte jusque sur la rive nord-est. La route s’arrête à une plage. On traverse la plage et là commence un charmant chemin côtier qui monte et descend pour offrir des vues magnifiques. On marche, oh pas bien longtemps, vingt minutes peut-être, jusqu’au bout du fjord, et là notre chemin fait un coude, découvrant à quelque distance une petite chapelle toute blanche. Sur le mur qui fait face à la mer, une plaque dit que "ce petit temple est dédié à la mémoire de saint André", avec une date, 1956. Trois ans après le séisme.
 
681c6a chapelle Saint André près de Vathy
 
681c6b chapelle Agios Andreas près de Vathy (Ithaque)
 
Chez nous, en France, des voleurs emportent statues, tableaux, tout ce qu’ils peuvent quand une église est ouverte sans surveillance. Ici, surprise, la clé est sur la porte. Nous pouvons entrer, rester le temps que nous voulons, faire des photos. À l’intérieur, il y a tout plein d’icônes, dont celle-ci, en argent. Nous refermons soigneusement la porte en repartant.
 
681c7 Byron à Vathy (île d'Ithaque)
 
En ville, cette stèle est en l’honneur du Britannique le plus célébré en Grèce, Lord Byron. Elle dit "Pour la commémoration du séjour de Byron à Ithaque, août 1823". Puis elle cite ses mots, "Si cette île m’appartenait, j’y enterrerais tous mes livres et jamais plus je n’en repartirais".
 
681d1 Frikes (Ithaque)
 
681d2 Frikes (Ithaque)
 
Faisons maintenant le tour de l’île. Nous sommes ici à Frikes, dans la moitié nord. Ce joli petit port attend l’ouverture de la saison touristique pour voir arriver les visiteurs et l’animation qui les accompagne. Il n’y a jamais ici les hordes bigarrées qui se pressent sur les plages à la mode, ce sont plutôt, nous a-t-on dit, des familles grecques avec enfants, qui recherchent le calme et la détente. L’invasion est plus importante à Céphalonie.
 
681d3 Dégâts du séisme de 1953 à Frikes (île d'Ithaque
 
Je profite de cette jetée qui me tombe sous les yeux pour montrer l’un des effets du séisme de 1953. Lorsque le sol s’ouvre sous des maisons et qu’une différence de niveau se produit entre les deux parties, la plupart du temps la maison s’effondre si elle n’a pas été construite selon des procédés antisismiques. Mais ici cette jetée reposait de tout son long sur le sol. Pas question, donc, de s’effondrer. Mais le sol, d’un côté, est monté ou peut-être, je ne sais pas, l’autre côté s’est-il affaissé. Le résultat est qu’il s’est produit une différence de niveau que l’on a compensée avec un petit raccord de ciment. Cela me rappelle le Chili, terre soumise à de fréquents et brutaux tremblements de terre, la plaque pacifique passant sous le continent. Cette poussée produit un plissement du sol, ce sont les Montagnes Rocheuses en Amérique du nord, et les Andes en Amérique du sud. Gentil petit plissement qui culmine à l’Aconcagua dont le sommet marque la séparation entre Argentine et Chili, à 6970 mètres. Un jour, quelque temps après un violent tremblement de terre qui, à Concepción où je vivais, à environ trois cents kilomètres de l’épicentre, avait fait rouler les meubles d’un mur à l’autre, j’avais dû me rendre au port de Valparaiso pour réceptionner un véhicule que j’avais importé de France. La douane, installée dans un bâtiment tout en longueur, ne s’était pas effondrée, mais elle avait subi le même sort que cette jetée, et continuait de fonctionner. Mais la différence de niveau était beaucoup plus impressionnante, puisque pour passer d’un guichet de la première moitié à un guichet de l’autre bout il fallait franchir un petit escalier de bois de cinq marches. Soit plus d’un mètre. Ce qui ne veut pas dire que le séisme de Céphalonie et d’Ithaque en 1953 était moins violent, puisqu’il a ravagé les constructions des deux îles. Je me contente d’évoquer un souvenir, en me trouvant en face de cette jetée.
 
681e Kioni (Ithaque)
 
Encore une photo de l’un de ces nombreux petits ports qui s’égrènent tout le long des côtes déchiquetées d’Ithaque. Celui-ci, c’est Kioni, également dans la partie nord de l’île. Parce que, juste derrière, il y a la montagne, il est impossible de développer fortement les constructions, ce qui préserve le caractère et le charme de la côte.
 
681f1 chèvre à Ithaque
 
681f2 chèvre à Ithaque
 
La nature, en dépit des saignées que constituent les routes, est restée intacte. Entre les bourgs, le paysage n’a pas été dénaturé. Et l’on rencontre plus de chèvres que d’humains. Ces animaux vagabondent en toute liberté, vont chercher l’herbe tendre où bon leur semble. Herbe ou feuilles, d’ailleurs. Certains oliviers sont habillés de tubes d’aluminium pour rendre glissant, et donc impossible, l’accès à leurs branches, afin de préserver la récolte d’olives de l’appétit des chèvres. On rencontre indifféremment des chèvres sauvages et des chèvres domestiques. On ne distingue les secondes des premières que par la marque de plastique jaune fixée à leur oreille. Et puis leur horloge biologique les ramène à la ferme à l’heure de la traite. Inutile d’aller les chercher. Leurs mamelles sont pesantes, elles ont hâte d’être débarrassées de leur lait.
 
681f3 cimetière d'Anogi
 
Deux routes traversent la moitié nord d’Ithaque du nord au sud, l’une le long de la côte ouest, l’autre au centre, par la montagne. Nous sommes ici sur cette dernière route. Devant le cimetière d’Anogi, cette pierre gravée porte une inscription originale. Cette phrase en grec moderne est si proche du grec ancien que je n’ai aucun mal à la traduire : "Ici prend fin le rêve. Et après… le silence !!!"
 
681f4 Sud de l'île d'Ithaque
 
681f5 Panorama à Ithaque
 
681f6 Effet de lumière sur Ithaque
 
Inutile de commenter ces vues, destinées à montrer à quoi ressemble Ithaque en dehors de ses petits ports et de ses chèvres. Déjà, dans mon article précédent, j’avais montré un de ces effets de lumière sur Céphalonie. Parce que je trouve que c’est encore plus frappant sur Ithaque, je publie aujourd’hui cette photo, quitte à me répéter.
 
681g1 palais d'Ulysse à Ithaque
 
Professeurs et étudiants en archéologie de l’université de Ioannina ont entrepris des fouilles dans la moitié nord de l’île, pas bien loin de la petite ville de Stavros. Là, des murs cyclopéens ont été dégagés, datant de l’époque mycénienne, c’est-à-dire l’époque de la Guerre de Troie. Et ils sont persuadés qu’ils ont mis la main sur le palais d’Ulysse. Ce n’est pas encore très spectaculaire, les travaux sont en cours, mais il est impressionnant d’imaginer que c’est là que s’est déroulé ce que, de plus en plus, on considère comme de l’histoire romancée et non plus des légendes.
 
681g2a Au musée de Stavros (Ithaque)
 
681g2b Au musée de Stavros (Ithaque)
 
681g3 Au musée de Stavros (île d'Ithaque)
 
Les objets trouvés dans les fouilles ont été rassemblés dans un petit musée à Stavros. Petit mais très intéressant et la présentation, quoique modeste, est aérée et claire, avec les explications nécessaires. Ci-dessus, la forme de ces coupes d’époque mycénienne est spécifique à Ithaque. Quant aux deux autres pièces en terre cuite, le pot et l’assiette, ils sont de l’époque archaïque, le pot est antérieur au septième siècle avant Jésus-Christ, l’assiette est du septième siècle, et tous deux proviennent d’une grotte où des offrandes votives de ce type ont continué à être déposés, et en nombre de plus en plus grand, jusqu’au milieu du sixième siècle.
 
681g4a époque géométrique (9e-8e s.) au musée de Stavro
 
681g4b époque géométrique (9e-8e s.) au musée de Stavro
 
Dans un genre totalement différent, ces haches trouvées également dans cette grotte n’avaient probablement pas l’usage auquel elles semblent destinées, elles étaient des objets votifs. Néanmoins, elles témoignent de ce que pouvaient être des haches utilisées comme outils.
 
681g5 époque géométrique (9e-8e s.) au musée de Stavros
 
Ce petit cheval de bronze fait partie de toute une série d’objets qui sont soit des décorations de chaudrons, soit des poignées de trépieds. Généralement, les vainqueurs de jeux recevaient en récompense non pas une médaille d’or, d’argent ou de bronze comme de nos jours, mais un trépied, qu’ils consacraient ensuite dans un sanctuaire. On se rappelle peut-être cette histoire de vol par les Béotiens de trépieds sacrés dont j’ai parlé dans mon article sur Dodone le 28 décembre dernier.
 
681g6 Accueil de qualité au musée de Stavros (Ithaque)
 
Avant de quitter le musée de Stavros, je voudrais dire un mot de ces deux personnes, l’une tenant ce musée depuis des années, et l’autre faisant son apprentissage près d’elle pour la remplacer bientôt quand elle va prendre sa retraite. Il ne s’agit pas de gardiennes seulement chargées de surveiller le visiteur. Ce qui est remarquable, c’est leur intérêt pour les collections, leur culture, sans même parler de leur gentillesse et de leur amabilité. Ajouterai-je que c’est grâce à un appel de leur part à une personne de connaissance que nous avons eu une chambre confortable pour un prix raisonnable chez l’habitant, à Stavros, pour nos deux nuits supplémentaires à Ithaque. De cela et de leur compétence pour compléter les informations archéologiques fournies, je voudrais les remercier.
 
681h1 poterie 8e siècle avt Jésus-Christ
 
681h2 vase miniature en bronze, Aetos, Ithaque
 
681h3 fragment poterie hellénistique dédiée aux nymphes
 
Je finirai cet article par le musée de Vathy. Plus grand, présentant plus d’objets, mais aussi moins chaleureux, nous n’y avons pas eu le moindre contact avec le personnel. Et pourtant, à Stavros comme à Vathy, nous étions les seuls visiteurs. Ma première photo montre un récipient de terre cuite avec couvercle qui est en style géométrique tardif, huitième ou septième siècle avant Jésus-Christ, provenant d’un atelier d’Ithaque ou de Corinthe et trouvé lors de fouilles au mont Aetos (moitié sud de l’île, entre le port de Piso Aetos sur la côte ouest et Vathy de l’autre côté de l’isthme). Je trouve remarquable le modernisme de cet objet qui pourrait être une soupière sur une table d’aujourd’hui. Le vase miniature en bronze trouvé lui aussi au mont Aetos est un objet votif, si petit qu’il n’a jamais pu avoir d’usage autre que de présent religieux. Et enfin ce fragment de poterie est si petit qu’il ne peut avoir d’intérêt que pour l’inscription qu’il porte, très lisible et très claire, il était dédié NYMPHA[IS], aux Nymphes. Ici, nous sommes à l’époque hellénistique (entre la mort d’Alexandre le Grand et celle de Cléopâtre).
 
681h4 vase rituel 7e-6e s. avt JC, Aetos
 
681h5 bronze époque géométrique, Aetos
 
Ce corps de femme, sur ma première photo, avec ses attributs sexuels très marqués, est un petit vase rituel datant du septième ou du sixième siècle avant Jésus-Christ, qui a été trouvé sur le mont Aetos. La chèvre de ma deuxième photo, décoration d’un chaudron de bronze, date de la période géométrique. Comme je le disais tout à l’heure au musée de Stavros, les chaudrons étaient généralement décorés d’animaux en bronze.
 
681h6 pendantif bronze, époque géométrique, Aetos
 
681h7 épingles bronze, époque géométrique, Aetos
 
Je terminerai avec le chapitre de l’élégance, à savoir un pendentif et des épingles. Ces objets de bronze datent de l’époque géométrique. Ce pendentif est très décoratif et son design est intéressant. Quant aux épingles qui ont fixé des cheveux il y a deux mille sept cents ou deux mille huit cents ans, elles n’ont certes rien de contemporain, mais je trouve émouvant de penser à l’usage qu’elles ont eu il y a si longtemps.
J’ai beaucoup parlé de ce mont Aetos. Avant de quitter Ithaque, je voudrais préciser que l’on y a retrouvé des objets de l’époque mycénienne et que d’autres, à l’époque classique ou hellénistique, nous informent que la ville s’appelait Ithaque et que la tradition en attribuait la fondation à Ulysse. Et puis la ville a encore été habitée à l’époque romaine. Tel est le lieu où ont été retrouvés la plupart des objets de ma sélection.
Après avoir profité d’Ithaque pendant trois jours –ce qui était encore trop peu, que ceux qui envisagent le voyage le sachent, sans compter que cette île est le paradis du trekking– paysages, richesses archéologiques, gentillesse des habitants, nous avons repris le bateau et réintégré la splendide et immense maison d’Eirini, cette amie grecque qui nous a hébergés si longtemps. Mais malgré son insistance pour nous garder nous devons poursuivre notre voyage, nos découvertes, nos travaux culturels ; aussi, après être de nouveau restés un temps chez elle, nous avons mis le cap sur Athènes.

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Published by Thierry Jamard
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