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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 17:22
      752a1 Karystos, forteresse Bourtzi
      752a2 Karystos, forteresse Bourtzi
 
752a3 Karystos, forteresse Bourtzi
 
Après la Route des Aigles, comme je le disais dans mon précédent article, nous sommes arrivés tout au sud de l’Eubée, à Karystos, ville lovée autour d’une baie orientée vers le sud sur la côte ouest de l’île. Cette ville s’est développée dès l’Antiquité grâce à la richesse que lui procurait l’exploitation de ses carrières de marbre veiné de lignes vertes qui ondulent, le célèbre cipolin très apprécié des Romains qui en ont importé de Karystos pour bien des monuments de Rome. Actuellement, de la ville, nous pouvons voir, au bout du port, une forteresse vénitienne du quatorzième siècle, le Bourtzi. Ce nom de Bourtzi, nous l’avons déjà rencontré plusieurs fois, appliqué à une forteresse vénitienne, d’abord pour celle du célèbre îlot situé face à Nauplie, ensuite à Methoni, en Messénie, sud-ouest du Péloponnèse. Il s’agit d’une déformation du mot burc qui, dans le turc ottoman de l’époque, désignait une tour. On ne peut visiter la forteresse, aucune heure d’ouverture n’est prévue mais, comme on peut le constater sur ma seconde photo, la chaîne cadenassée qui ferme la porte laisse les vantaux s’écarter suffisamment pour y glisser l’objectif de mon appareil photo.
 
752b Karystos, devant le musée
 
Il y a à Karystos, non loin de la forteresse, un musée archéologique situé derrière ce vieil engin. Il n’est pas bien grand mais il contient quelques pièces intéressantes et de grands panneaux détaillent beaucoup d’informations, notamment sur le marbre cipolin, sur son exploitation, sur les monuments qui l’utilisent, et sur son histoire jusqu’à nos jours. Mais NO PHOTO, je ne peux ni montrer ce que j’ai admiré, ni même relire les textes vus sur place. D’ordinaire, dans les musées, je lis rapidement les textes, puis je les photographie, et le soir je les relis sur mon écran pour mieux m’en souvenir. Mais ici, comme dans d’autres musées, hélas, la culture consistant en ce qui reste quand on a tout oublié, on s’efforce de vous laisser tout oublier aussi vite que possible afin de faire de vous un homme cultivé. Au revoir musée archéologique de Karystos, donc.
 
752c Karystos, mausolée d'un dignitaire romain
 
Comme partout en Grèce, le sous-sol est plein de traces d’un passé plus ou moins lointain. Ici, au coin d’une rue en pleine ville, en voulant construire un immeuble on a mis au jour les ruines d’un mausolée romain du second siècle de notre ère. Cette espèce de petit temple ionique de six colonnes sur sept abritait la tombe d’un notable romain, probablement le procurateur (le patron fonctionnaire) des carrières de marbre de Karystos. Le centre du fronton était, paraît-il, décoré d’une pierre circulaire représentant un homme et un cheval, pierre réutilisée dans un mur du Bourtzi. Je l’ai cherchée, je ne l’ai pas trouvée. Ou bien j’ai mal regardé, ou bien elle est à l’intérieur, là où je n’ai pas eu accès.
 
752d1 marais de Marathon
 
752d2 marais de Marathon
 
Vendredi 26, après avoir visité Karystos, nous sommes revenus vers le pont. Nous aurions aimé jeter un coup d’œil à Chalkis, la capitale de l’île, mais nous l’avons traversée dans un sens, dans l’autre, gagnant des faubourgs, pas une seule place où garer notre engin de sept mètres de long. Il y a bien un parking municipal où nous avons vu quelques places libres, mais un portique limite la hauteur d’accès. Avec nos trous mètres de haut, ce n’est pas pour nous. Alors, entrés par le nouveau pont, nous ressortons par le vieux pont et roulons vers Marathon. Il est déjà tard, nous gagnons directement le camping. Là, personne à la réception. Fort aimables, une jeune femme italienne et sa fille adolescente nous mènent au bar pour essayer de trouver quelqu’un, je parle en italien avec la maman, Natacha en anglais avec la fille. Mais il n’y a personne non plus au bar. Tant pis, il y a un emplacement libre, nous nous y installons, nous nous connectons à l’électricité, et je scotche sur la porte de la réception que nous sommes quatre, etc. Mais samedi 27 mon papier est toujours à la même place.
 
Natacha, fatiguée, reste au camping pendant que Raphaël, Vanessa et moi allons à pied à la recherche du tumulus et du monument commémoratifs de la célèbre bataille de Marathon contre les Perses. On nous indique vaguement une direction. Nous marchons longuement, sans rien trouver que les petits canaux que montrent mes photos et qui assèchent les marécages où tant de Perses ont péri noyés. Nous ne verrons pas le site de Marathon.
 
Étant très en retard dans la publication de mon blog, je peux rajouter maintenant que la direction qu’on nous a donnée était à l’opposé du site. Évidemment, nous ne pouvions rien trouver. Cette fois-ci, j’ai repéré l’endroit exact sur Google Earth, j’ai vu le site du haut du satellite, j’en ai entré les coordonnées dans les favoris de notre GPS, et comme ce lieu est historiquement trop important pour que nous en fassions l’impasse, nous y retournerons bien guidés, sans avoir à errer.
 
752e aéroport d'Athènes, Raphaël et Vanessa à l'embarqu
 
Revenus bredouilles de notre expédition, nous rentrons chercher Natacha et, tous quatre, allons nous attabler, à 500 mètres du camping, au bar d’un très luxueux complexe hôtelier. Sur le parking du bâtiment principal il y a bon nombre de voitures. Les fenêtres des pavillons individuels sont presque toutes allumées, une voiture stationnant devant chaque porte. Nous restons là un bon moment, absolument seuls au bar. À la cuisine du restaurant, le chef est au chômage technique parce que la grande salle à manger est désespérément vide. La crise économique est-elle responsable d’économies de la part de clients qui louent fort cher leur chambre ou encore plus cher leur pavillon, qui sont venus avec leur gros 4x4 Volkswagen ou avec leur Porsche Carrera, et qui sont réduits à grignoter un sandwich au rabais avant d’aller au lit ? J’ai du mal à y croire.
 
Quoi qu’il en soit, nous rentrons au camping. Mon petit papier de la réception a enfin disparu. Dimanche 28 matin il y a quelqu’un au bar, nous nous rendons avec ce monsieur à la réception qui comme d’habitude est fermée, il ouvre, je paie et nous partons, bien tristes, vers l’aéroport, car le petit séjour de Raphaël et Vanessa avec nous se termine. Le travail les appelle. La route suit les panneaux qui signalent l’itinéraire du marathon d’Athènes. Puis le GPS nous envoie vers l’entrée des personnels de l’aéroport, de l’autre côté des pistes, derrière une barrière qui ne s’ouvre qu’avec un badge, comme si le GPS voulait, lui aussi, qu’ils ratent leur avion pour rester un peu plus avec nous. Grand, long détour par la campagne pour contourner tout l’aérodrome, et enfin nous arrivons. Ici, sur la photo, ils viennent d’enregistrer leur bagage.
 
752f aéroport d'Athènes
 
Le vent souffle de là… donc les avions doivent prendre la piste contre le vent… Jusque longtemps après l’heure prévue pour le décollage, je reste dehors le nez en l’air. Je vois passer bien des avions, mais pas le leur (Aegean Airlines, vol A3 806 vers Munich à 15h20). Et quand je reviens dans la salle de l’aéroport, à 15h45, le panneau lumineux se contente d’indiquer que l’embarquement est terminé. Nous attendons encore un quart d’heure, rien ne change. Alors nous partons. Que c’est triste de ne plus les avoir avec nous. Jusqu’à leur prochain séjour, ou à notre petite escapade à Paris, en septembre ou en décembre.

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Published by Thierry Jamard
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Jean-Marie Létienne 07/03/2012 06:47

Bonjour - Nous avons cherché également, mais n'avons pas vu ce monument commémoratif !
J'espère que votre ballade hellénique se poursuit avec succès.
Amicalement
Jean-Marie

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