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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 23:10

841a1 Kavala vue par Mary Adelaide Walker (1856)

 

Mary Adelaide Walker est une artiste britannique qui, de 1864 à 1904, a vécu à Constantinople. Pendant ce long séjour elle visitera diverses parties de l’Empire Ottoman, mais dès 1864 elle publie à Londres Through Macedonia to the Albanian Lakes, recueil de ses œuvres en voyage vers la capitale de la Turquie. Cette Vue de Kavala telle qu’elle était voilà 140 ans, et que j’avais photographiée au musée Benaki, à Athènes, le 10 novembre 2011, va me servir d’introduction à la visite de cette ville où nous nous sommes rendus lundi 20 mais, ayant appris que la maison de Mehmet Ali (dont je vais parler tout à l’heure) serait ouverte à la visite dans quelques jours après une longue période de fermeture pour rénovation, nous avons décidé d’y revenir après être retournés à Amphipolis et avoir vu le site de Philippes, ce que nous avons fait dimanche 26.

 

841a2 le port de Kavala

 

841a3 le front de mer de Kavala

 

Évidemment, la ville moderne a bien changé, avec son port qui accueille les cargos et les ferries. C’est en 1929 qu’a été inauguré le nouveau port, dont cependant la construction s’est poursuivie jusqu’en 1950. Dominant la ville, la citadelle étale ses imposantes murailles. Car la ville n’est pas nouvelle. Ce sont des colons de Thasos, l’île juste en face, qui sont venus ici au septième siècle avant Jésus-Christ fonder une ville et un port à l’abri d’un promontoire aujourd’hui partiellement submergé du fait de la montée du niveau de la mer. Ils ont appelé leur ville “Ville Nouvelle”, c’est-à-dire Néapolis. En 346 Philippe II l’intègre à son royaume de Macédoine, puis en 168 les Romains sont arrivés et ont occupé la ville comme toute la région. Dans mon prochain article concernant la ville de Philippes, je parlerai de la bataille qui y a eu lieu en 42 avant Jésus-Christ entre les triumvirs Octave et Antoine d’une part, les républicains Brutus et Cassius d’autre part, mais dès aujourd’hui je me dois de dire que la flotte des républicains a abordé dans ce port, et que la ville a servi de base arrière à leur armée. À cette époque, Néapolis est une étape sur la via Egnatia et sert de port à Philippes. Vient l’Empire Byzantin. En 1185 les Normands incendient la ville et, en 1391, ce sont les Ottomans qui se rendent maîtres de la ville et la détruisent.

 

841a4 carte postale, le port de Kavala

 

841a5 carte postale ancienne, la douane de Kavala

 

Et puisque j’ai commencé en montrant une gravure ancienne, je continue avec ces agrandissements de cartes postales qui décorent le mur d’un bar où nous avons pris un pot en terrasse dominant la mer. On peut remarquer qu’à l’époque le nom de la ville s’écrivait avec deux L, et que c’était aussi le cas en grec. La transcription du kappa grec par un K ou un C, c’est une autre affaire (Héraklès et Héraclès, Asklépios et Asclépios, etc.). Mais ce n’est pas pour cette question d’orthographe que je publie ces photos.

 

841b1 Cavalla ou Kavala

 

841b2 Kavala

 

841b3 vieille maison de bois à Kavala

 

Aux seizième et dix-septième siècles, Kavala s’est développée grâce à l’exportation du bois, des céréales, du coton et a affirmé son importance en étant centre administratif chargé de la perception des taxes sur les mines voisines. Au dix-huitième siècle, ce sont des consuls de France et de Venise qui s’y établissent, preuve que les ressortissants de ces pays sont suffisamment nombreux, s’adonnant à l’import-export, et que ville et port ont crû en extension et en activité. C’est, à cette époque, surtout l’exportation de tabac qui fait la richesse de Kavala.

 

841b4 complexe d'Halil Bey

 

841b5 complexe d'Halil Bey

 

Ceci, c’est ce que l’on appelle le complexe d’Halil Bey. Ce complexe comporte une Medrese, ou école coranique(ma seconde photo), et surtout la mosquée, qui est récente, mais construite sur les fondations d’une basilique paléochrétienne de 16 mètres sur 23, à trois nefs, qui sera rénovée au cours de l’époque byzantine, entourée d’un cimetière utilisé pour de très nombreuses tombes depuis le dixième siècle et jusqu’au début du quatorzième. Après la conquête ottomane l’église devient mosquée,  et l’ensemble du bâtiment sera détruit pour reconstruire une mosquée moderne au début du vingtième siècle. Lors des échanges de populations de 1922 la mosquée a été utilisée comme centre d’accueil et d’hébergement provisoire (la ville a accueilli près de vingt-cinq mille réfugiés d’Asie Mineure). Son minaret du seizième siècle a été abattu dans les années 1950.

 

841c1 l'aqueduc de Kavala

 

841c2 l'aqueduc de Kavala

 

841c3 l'aqueduc de Kavala

 

Mais revenons en arrière. L’Occident n’a pas aisément admis la conquête ottomane. Francs et Vénitiens s’étaient octroyé les lieux après la Quatrième Croisade dévoyée de 1204, même si l’Empire Byzantin s’était tant bien que mal réinstallé. Sans compter que les Turcs menacent de plus en plus Constantinople. En 1425 (soit 28 ans avant la prise de Constantinople), Venise attaque, détruit les fortifications. La ville est désertée. Ce n’est qu’en 1526 que la population revient. Le grand aqueduc de mes photos, long de 280 mètres et haut de 24,50 mètres, est alors construit dans les années 1530, sous Soliman le Magnifique, probablement sur les bases d’un ancien aqueduc romain en service du premier au sixième siècles de notre ère. L’eau y était amenée par un pipe-line de six kilomètres et demi.

 

 841c4 Saint Paul à Kavala, Actes des Apôtres XVI, 9-12

 

Encore plus en arrière. Ce sont les Actes des Apôtres (XVI, 9-12) qui parlent de l’année 49/50 après Jésus-Christ. “Or, pendant la nuit, Paul eut une vision. Un Macédonien était là, debout, qui lui adressait cette prière : 'Passe en Macédoine, viens à notre secours'. Aussitôt après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, persuadés que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle. Embarqués à Troas, nous cinglâmes droit sur Samothrace, et le lendemain sur Néapolis, d'où nous gagnâmes Philippes”. Nous avons vu tout à l’heure que Néapolis, c’est à cette époque le nom de ce port. Mais au huitième siècle, en l’honneur de ce passage de Paul, on lui donnera le nom de Christoupolis, la Ville du Christ, ce qui sera transcrit en français Christople. Mais lors de la reconstruction de 1526 par les Turcs, ce nom donné par les “chiens de chrétiens” sera remplacé par celui de Kavala, plus acceptable pour des Musulmans (on suppose, à la suite de l’archéologue Léon Heuzey, que c’est un dérivé du français cavale ou de l’italien cavallo, la ville étant un relais de chevaux).

 

841d1 Kavala au pied de sa citadelle (kastro)

 

841d2 cour et remparts du kastro de Kavala

 

Dominant la ville, la citadelle a été reconstruite par les Ottomans quand la ville s’est repeuplée, dans la première moitié du seizième siècle. Logiquement, c’est là que, déjà, se situait la citadelle byzantine, que les Vénitiens ont détruite. La visite du “kastro” vaut le coup, ne serait-ce que pour la vue panoramique offerte par le sommet du donjon (c’est de là que j’ai pris ma photo de l’aqueduc présentée un peu plus haut). Mais on peut aussi apprécier les bâtiments conservés, qui parlent de l’histoire de la cité. Sans oublier les ruelles pittoresques de la vieille ville, que l’on doit escalader pour arriver au sommet de l’acropole.

 

841d3 Kavala, le donjon de la citadelle

 

841d4 citadelle de Kavala, la tour

 

La tour de la citadelle a été construite au quinzième siècle à l’emplacement et sur les fondations d’une ancienne tour byzantine. Elle a très probablement hébergé le poste de commandement de la garnison. Son diamètre est de 9,70 mètres et sa hauteur de 13 mètres.

 

841d5 citadelle de Kavala, entrée de l'armurerie

 

841d6 citadelle de Kavala, l'armurerie devenue prison

 

Par la petite porte de la première photo, on accède à un étroit escalier qui descend vers cette grande salle de 23,20 mètres de long, de 10,20 mètres de large et de 8,50 mètres de haut construite en 1530, qui a servi d’armurerie et de réserve de vivres, puis qui a été convertie en prison aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.

 

841e1 Mehmet Ali de Kavala

 

841e2 Kavala est la patrie de Mehmet Ali, pacha d'Égypte

 

841e3 L'apothéose de Mehmet Ali (Célestin Nanteuil)

 

L’une des grandes figures de Kavala, la plus grande sans doute, est celle de Mehmet Ali (ou Mehemet Ali ou Mohammed Ali, ou Muhammad Ali, transcriptions diverses du même nom, celui du prophète Mahomet, prononcé différemment en turc et en arabe, langues qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre). Ce fils de parents albanais est né en 1769 –la même année que Napoléon– dans cette ville de Kavala. Les deux premières photos ci-dessus montrent sa statue équestre à Kavala, réalisée par le sculpteur grec Dimitriadès et offerte à la ville par les Grecs d’Alexandrie en 1940, tandis que la troisième photo reproduit un dessin signé Célestin Nanteuil et intitulé L’Apothéose de Mohamet Ali. Grâce à son intelligence, à son travail, à son courage, il est envoyé à Aboukir, en Égypte, en 1801. Des cours d’histoire du lycée, on se rappelle que Bonaparte avait occupé le pays (c’est la fameuse Campagne d’Égypte), qu’en août 1799 il avait passé le relais à Kléber pour rentrer à Paris avec l’idée de préparer ce qui sera le coup d’État du 18 brumaire, qu’en juin 1800 Kléber est assassiné, et que le corps expéditionnaire français capitule en août 1801. Mehmet Ali est alors chargé de reprendre possession du terrain pour le compte du sultan de l’Empire Ottoman Selim III. Mais les Mamelouks, eux, veulent reprendre leur pouvoir. Il s’ensuit une période de troubles où différents partis guerroient.

 

Un exemple des désordres est donné par Chateaubriand dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem quand, au retour, il fait une excursion sur le Nil. “En rentrant dans la grande branche de Rosette, nous aperçûmes le côté occidental du fleuve occupé par un camp d’Arabes. Le courant nous portait malgré nous de ce côté, et nous obligeait de serrer la rive. Une sentinelle cachée derrière un vieux mur cria à notre patron d’aborder. Celui-ci répondit qu’il était pressé d’arriver à sa destination, et que d’ailleurs il n’était point ennemi. Pendant ce colloque, nous étions arrivés à portée de pistolet du rivage, et le flot courait dans cette direction l’espace d’un mille. La sentinelle, voyant que nous poursuivions notre route, tira sur nous. Cette première balle pensa tuer le pilote qui riposta d’un coup d’escopette. Alors tout le camp accourut, borda la rive, et nous essuyâmes le feu de la ligne. Nous cheminions fort lentement, car nous avions le vent contraire. Pour comble de guignon, nous échouâmes un moment. Nous étions sans armes […]. Le courant nous porta enfin sur l’autre rive, mais il nous jeta dans un camp d’Albanais révoltés, plus dangereux pour nous que les Arabes, car ils avaient du canon, et un boulet nous pouvait couler bas. Nous aperçûmes du mouvement à terre. Heureusement la nuit survint. Nous n’allumâmes point de feu, et nous fîmes silence. La Providence nous conduisit, sans autre accident, au milieu des partis ennemis, jusqu’à Rosette”. C’était le 10 novembre 1806. Le 12 novembre, Drovetti, consul général de France à Alexandrie, envoie un rapport, disant qu’Elfy Bey “compte, aussitôt après la retraite des eaux, mettre à exécution son projet de ravager le Delta et toutes les provinces de la Basse-Égypte. Les Bédouins à la suite de son armée commencent déjà à troubler la navigation du Nil. Monsieur de Chateaubriand, voyageur français, a dû soutenir à son retour du Caire une fusillade assez vive”.

 

Elfy Bey est soutenu par les Anglais. Ces Albanais sont les milices du pacha du Caire, à savoir notre Mehmet Ali qui a été nommé dans cette fonction en juillet 1805. Il ne va pas tarder à rétablir l’ordre, et sait se faire apprécier du peuple en se présentant comme son défenseur. Restent les Mamelouks, qui ont régné sur l’Égypte durant des siècles et voient d’un mauvais œil ce représentant de l’Empire Ottoman occuper leur place. Qu’à cela ne tienne, en 1811 il invite leurs chefs à un festin, au cours duquel il les empoisonne et les trucide. Problème réglé. De plus en plus, Mehmet Ali prend son indépendance vis-à-vis du sultan, à tel point qu’il fonde une véritable dynastie qui régnera sur l’Égypte jusqu’à ce que la proclamation de la République y mette fin (roi Farouk qui abdique en 1952 au profit de son fils Fouad II âgé de… six mois, lequel est renversé dix mois plus tard). Dans mon article sur Navarino daté 21 et 28 mai 2011, je parle de l’Égyptien Ibrahim pacha (1789-1848) qui n’est autre que le fils aîné de Mehmet Ali que ce dernier, vice-roi d’Égypte, a envoyé pour appuyer les forces ottomanes contre les flottes des trois amiraux anglais, français, russe qui soutiennent les indépendantistes grecs. Notre Mehmet Ali mourra en 1849 et c’est cet Ibrahim pacha qui lui a succédé, fort brièvement (quatre mois), quand il a démissionné en 1848.

 

841f1 jardin de la maison de Mehmet Ali

 

841f2 la maison de Mehmet Ali à Kavala

 

C’est la maison de Mehmet Ali à Kavala que nous visitons, construite en 1720. Comme il part pour l’Égypte dans sa trente-deuxième année, il a réellement longtemps vécu dans cette maison où il a grandi. Ci-dessus, le jardin qui l’entoure, et le bâtiment vu de la rue.

 

841f3 dans la maison de Mohamed Ali à Kavala

 

La visite est intéressante parce que le décor est bien restitué. Il me semble évident (quoique je n’en sache rien) que les objets présentés n’ont pas été conservés par la famille comme des reliques de musée, et qu’il s’agit d’objets d’époque sélectionnés chez des antiquaires pour composer une ambiance réaliste du temps.

 

841f4a Kavala, chez Mehmet Ali, appartement des hommes

 

841f4b Kavala, maison de Mehmet Ali, le Selamlik

 

Nous sommes ici dans le selamlik, ou appartement des hommes. Celui des hommes et celui des femmes sont séparés en tout, sauf un unique passage de l’un à l’autre. Aucune pièce n’a d’usage spécialisé, on y vit, on y mange, et le soir on en fait des chambres à coucher.

 

841f5a Kavala, chez Mehmet Ali, le haremlik

 

841f5b Kavala, maison de Mehmet Ali, le harem

 

841f5c fenêtre de la maison de Mehmet Ali, à Kavala

 

Les femmes constituant le harem, épouses, concubines, esclaves, vivent dans le haremlik sous la garde d’eunuques. C’est dans cette partie de la maison que s’effectuent les tâches ménagères. Chez les hommes, le moucharabieh des fenêtres permet de surveiller discrètement ce qui se passe à l’extérieur tout en préservant le fraîcheur de la pièce, tandis que chez les femmes, dont les hommes étrangers à la maison ne doivent pas voir le visage, il leur permet de circuler librement devant les fenêtres sans être visibles de l’extérieur.

 

841f6 maison de Mehmet Ali à Kavala, le musafir oda

 

Le musafir oda est la meilleure pièce de la maison, et alors que les autres pièces ont de multiples usages, celle-ci est exclusivement réservée à la réception des visiteurs.

 

841f7 sanitaires dans la maison de Mohamed Ali à Kavala

 

Ceci n’est pas courant. Bien peu, à Kavala, sont les maisons qui à cette époque sont dotées de l’eau courante, et encore plus rares sont celles qui disposent d’installations destinées à l’hygiène personnelle, comme on en voit sur ma photo. De l’autre côté, il y a une baignoire. Un système de tuyauteries passant par la cheminée de la pièce voisine permettait de réchauffer l’eau.

 

841g1 l'Imaret, à Kavala

 

841g2 l'Imaret, à Kavala

 

Impossible de parler de Kavala, de Mehmet Ali et de l’Égypte sans évoquer l’Imaret. Car ce grand ensemble de bâtiments de 4200 mètres carrés a été construit par Mehmet Ali de 1817 à 1821 alors qu’il était depuis longtemps déjà vice-roi d’Égypte, ce qui prouve qu’il n’a jamais oublié sa ville natale, d’où la réputation très positive qu’il a ici, alors que généralement l’occupation ottomane a mauvaise réputation en Grèce. Autour de quatre cours ont été disposés, outre les bureaux et locaux administratifs, une école élémentaire (mekteb), deux écoles d’enseignement supérieur (medrese), deux halls d’enseignement et de prière (mestzit), ainsi qu’un hospice pour les pauvres (imaret). Cette fonction d’imaret a ensuite occupé l’ensemble des locaux.

 

841g3 l'Imaret, à Kavala

 

841g4 l'Imaret, à Kavala

 

841g5 l'Imaret, à Kavala

 

Aujourd’hui, le bâtiment est propriété de l’État égyptien, tout comme, d’ailleurs, la maison de Mehmet Ali. Et il a été transformé en hôtel de grand luxe. Je regarde sur Booking.com et je trouve la chambre double de base donnant sur cour à 340 Euros la nuit, et la suite Imaret avec un grand lit double et qui donne sur le jardin et la mer à 900 Euros. Ajouter 100 Euros pour un lit d’appoint. Évidemment, pour ce tarif le petit déjeuner ne peut pas être inclus, l’hôtel ferait faillite immédiatement. Pour des raisons de sécurité, la porte est fermée, on sonne et le réceptionniste vient ouvrir, mais il ne nous a pas autorisés à jeter un œil curieux à l’intérieur, encore moins à faire des photos. Celles que je montre ici ont été prises à travers des vitres. D’ailleurs, les catégories non admises dans l’hôtel ne se limitent pas aux curieux munis d’appareils photo, il est précisé que ne sont pas admis dans l’hôtel les animaux de compagnie et les enfants de moins de 12 ans. Les animaux, c’est fréquent. Les enfants de moins de 12 ans, je n’avais encore jamais vu cela et je me demande si en France ce type de réserve serait légal dans un hôtel.

 

841h1 Séraphin, pâtisserie Al Tzerin, primé à l'interna

 

841h2 Coupes de Séraphin, pâtisserie Al Tzerin, Kavala

 

841h3-echantillon-du-savoir-faire-de-Seraphin--Al-Tzerin-.JPG

 

Je ne voudrais pas clore mon article sur Kavala sans évoquer une rencontre que nous y avons faite. Nous promenant, nous avons été tentés par la devanture alléchante d’une pâtisserie nommée Al Tzerin. À l’intérieur, deux petites tables, deux chaises devant chacune. Cela ne constitue pas un salon de thé, mais on peut s’installer pour déguster de merveilleux gâteaux. Et puis le jeune patron, Séraphin, est si sympathique, si ouvert, que nous sommes longtemps restés à discuter avec lui. Questionné sur le petit drapeau européen qu’il porte sur le côté droit de son col et sur le petit drapeau grec sur le côté gauche, il a répondu qu’il avait été sacré par un jury international en Belgique. Il a obtenu pour son art deux coupes que, trop modestement, il met bien peu en valeur dans l’arrière-boutique, près d’une tuyauterie. Il y a des créations qui lui sont propres, et il y a aussi des pâtisseries traditionnelles grecques ou turques qu’il réalise avec une maestria qui les rend différentes de celles que l’on trouve ailleurs même si elles ont à peu près la même apparence. Il tient ses recettes et son savoir-faire de son grand-père qui était de Smyrne et qui, on connaît cette triste histoire, a fait partie de ces horribles échanges de population de 1922. Si vous passez devant, n’hésitez pas à entrer. Vous ne le regretterez pas. Et si vous y ajoutez un brin de causette, en grec si vous pouvez, en turc aussi d’ailleurs, et sinon en anglais, il pourra vous expliquer ce que signifie ce nom d’Al Tzerin et le moment que vous passerez là n’en sera que plus agréable.

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Published by Thierry Jamard
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