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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 01:54

451a Rome, Anonyme, piazza del Popolo e il Pincio

 

On ne compte plus le nombre de fois où nous sommes passés par la piazza del Popolo. Notamment, le soir, souvent nous poussons jusque là la promenade avant de reprendre le métro. Mais jamais, dans ce blog, je ne me suis attardé à en parler autrement qu’en passant. Voici donc pour commencer une gravure (d’un anonyme) qui en donne une vue générale avec son obélisque, ses deux églises faussement jumelles dont je vais parler tout à l’heure, une grande statue qui n’existe plus aujourd’hui mais qui est représentée dans l’axe de l’obélisque, et à gauche, dominant la place, le Pincio. Les prés et les champs qui s’étendent sur la droite de cette vue sont aujourd’hui complètement urbanisés.

 

451b Rome, Flaminio

 

Dans le passé le visiteur, sauf s’il venait de Naples ou de la Sicile situés au sud, ou s’il arrivait par la mer et le port d’Ostie situé à l’ouest, entrait à Rome par le Nord. De Venise, Florence, Milan, Gênes, de France, d’Allemagne, de Pologne, de Russie, d’Angleterre, tous les voyageurs entraient dans Rome par la Porta del Popolo. Je ne sais si ceci, avec son pendant de l’autre côté de la route et une forte grille fixée sur son flanc et destinée à clore l’accès, est un octroi, une douane, mais on voit la Porta del Popolo derrière.

 

451c Rome, Flaminio

 

Franchissons ce lieu, et nous arrivons à la porte elle-même, et au mur qui clôt la ville.

 

451d Rome, Santa Maria del Popolo, vue de Flaminio

 

Juste derrière le mur, on aperçoit la silhouette de l’église Santa Maria del Popolo, où nous avons entendu un concert l’autre soir et qui contient deux remarquables Caravaggio, le Supplice de saint Pierre et la Conversion de saint Paul. Cette église donne sur la piazza.

 

451e Rome, piazza del Popolo

 

Cette vue est prise de derrière le mur qui clôt la ville et la piazza sur la droite. Une rue contourne la place juste au pied du mur, mais sur son autre côté le trottoir monte à plusieurs mètres de haut, permettant cette vue sur la piazza et sur le Pincio. On aperçoit aussi les deux églises au fond de la place.

 

452a Rome, Santa Maria di Montesanto

 

À l’opposé de la porte, la place s’ouvre sur trois rues en patte d’oie, que l’on appelle "il Tridente", le Trident. Droit en face, c’est ce fameux Corso, en diagonale vers la droite la via della Ripetta et en diagonale vers la gauche la via del Babuino. Chacun des deux angles est gardé par une église. Commençons par celle de gauche, Santa Maria di Montesanto, entre le Corso et la via del Babuino. Elle date du dix-septième siècle, et le Bernin (1598-1680) y a collaboré.

 

452b Rome, Santa Maria di Montesanto

 

On peut voir que l’église a une forme arrondie et que tout du long rayonnent des chapelles.

 

452c Rome, Santa Maria di Montesanto

 

Voûte baroque de la chapelle du Très Saint Crucifix. Aux murs, des toiles du dix-septième siècle ont été achetées en 1802 par le prince de Salerne, et sont aujourd’hui au musée Condé de Chantilly. Par quel miracle ? Peut-être bien fruit d’un vol au temps de Napoléon. L’histoire ne le dit pas, j’espère que ce n’est pas le cas.

 

452d1 Rome, Santa Maria di Montesanto

 

452d2 Rome, Santa Maria di Montesanto

 

Dans la chapelle des Âmes du Purgatoire se trouve ce tableau signé Riccardo Tommasi Ferroni et daté de 1981. Il s’agit du Dîner à Emmaüs. Je ne connais pas ce peintre, mais j’aime énormément son tableau. Le Christ est un peu soixante-huitard, il bénit le pain et le poisson posés sur des feuilles de quotidien déployées sur la table, autour de lui les jeunes sont cool, en marcel, jeans et baskets, ou bandana dans les cheveux, en pose relâchée, le violon posé au sol, tandis que derrière les adultes sont en tenue Renaissance et que Jésus porte la longue robe de l’Antiquité. Avec ces trois époques, le tableau prend des allures universelles. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de représenter Jésus en personnage pontifiant, ses disciples tenus à distance. S’il disait "laissez venir à moi les petits enfants", on peut supposer qu’il aimait jouer avec eux. Pourquoi alors ses disciples, tout en lui manifestant le plus grand respect, sans aucun doute, auraient-ils avalé leur parapluie quand ils étaient à table avec lui ? Le respect, pour moi, n’est pas systématiquement lié au formalisme.

 

452e Rome, Santa Maria di Montesanto

 

Il me semble intéressant de montrer ce plan de l’église.

 

453a Rome, Santa Maria dei Miracoli

 

Puis de passer immédiatement au plan de l’autre église, celle de droite, Santa Maria dei Miracoli. Également dix-septième siècle, également Le Bernin. Le dessin de ces deux églises est très habile. En effet, l’angle que fait la via del Babuino avec le Corso n’est pas exactement le même que celui que fait la via della Ripetta avec le Corso, et en profondeur non plus l'espace n'était pas identique. Il s’agissait alors de construire deux églises qui donnent la parfaite impression d’être jumelles, mais sans l’être réellement pour s’intégrer dans deux espaces différents. Voilà pourquoi je donne ici à comparer leur apparence d’une part, leur plan d’autre part.

 

453b Rome, Santa Maria dei Miracoli

 

Cela dit, je ne trouve pas que l’intérieur de l’une ou de l’autre soit d’un intérêt exceptionnel.

 

453c Rome, Santa Maria dei Miracoli

 

Toutefois, sous l’autel cette sculpture représentant la Cène est assez belle.

 

453d Rome, Santa Maria dei Miracoli

 

Dans la chapelle de la Madone de Betharram, est placée cette reproduction de la Vierge de… Betharram. Je crois connaître l’original mais je n’en suis même pas sûr, ce qui veut dire que je ne l’ai absolument pas dans l’œil, et que je ne peux dire si la copie est bonne. Il s’agit d’un marbre du début du vingtième siècle.

 

453e Rome, Santa Maria dei Miracoli

 

Dans l’une des chapelles se trouve santa Candida, ou sainte Candide. La notice explique que c’est une vierge et martyre sur qui l’on a très peu d’informations. Au temps de Dioclétien, en 303, un groupe de 270 chrétiens furent embarqués sur un bateau sans rames ni voiles et lancés sur le Tibre. Après trois jours de navigation au gré du fleuve, leur bateau s’est trouvé arrêté sur un rivage de l’île de Ponza. Là le gouverneur chercha à les faire apostasier, d’abord avec des promesses, puis des menaces d’atroces supplices, mais aucun ne céda. Tous périrent donc. La tradition dit que "Candide, la belle jeune fille" fut lacérée avec des pointes de fer puis son corps fut jeté à la mer, mais il fut ensuite rejeté sur le rivage, miraculeusement intact. Le pape Hadrien I (772-795) lui consacra une église hors les murs de la Porta Portense et y fit déposer ses reliques. Puis le pape Pascal I (817-824) les fit transférer dans l’église de Sainte Praxède, où son nom figure dans une longue liste de reliques. Et puis là s’arrêtent les explications. Comment sainte Candide est arrivée ici, ce n’est pas dit. À moins qu’elle n’y soit pas et qu’il n’y ait qu’une statue la représentant. Je l’ignore.

 

Et voilà ce que je peux dire aujourd’hui sur cette piazza del Popolo et sur ses deux églises.

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Published by Thierry Jamard
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