Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 02:20
Nous voici de retour à Héraklion. Après avoir vu maints sites minoens en Crète, le moment est venu de voir les objets qui y ont été trouvés et de les mettre en relation avec les civilisations crétoises successives. Or nous constatons avec stupeur que le musée est fermé pour travaux. Mais il est aussi indiqué que dans un petit bâtiment voisin qui, à vrai dire, ne paie pas de mine, les objets les plus significatifs sont montrés au public, une sélection de 450 pièces. Nous nous y rendons, et là… Ô merveille, un concentré de bonheur. Rien que des pièces exceptionnelles. C’est même épuisant, l’œil n’a pas le temps de se reposer entre deux vitrines, de poser le regard sur une poterie un peu courante, sur une statuette sans grande originalité. On va de splendeur en splendeur. Et il me faut faire un choix… Je ne peux quand même pas tout publier. Après une sélection draconienne qui me déchire le cœur, après avoir amplement triché en regroupant souvent plusieurs objets sur une seule image, il reste encore quarante neuf photos. Tant pis, je ne peux pas faire moins.
 
740a1 statuettes néolithiques entre 6500 et 4800 avt JC
 
 
Commençons par deux statuettes néolithiques. Cette femme au ventre rebondi, mais surtout dotée de cuisses et de fesses monumentales, pleines de graisse (on dit qu’elle est stéatopyge, aux fesses grasses, et non callipyge comme je l’ai entendu dire, ce qui signifie aux belles fesses, comme cette Aphrodite du musée de Naples qui est mince et se retourne en se retroussant pour s’admirer), est symbole de fertilité et elle est datée dans la fourchette 5800-4800 avant Jésus-Christ. Quant à cet homme de marbre blanc, il est encore plus ancien et remonte au début du néolithique (6500-5800).
 
740a2 vases à libations (2300-1800 avant JC)
 
Passons à l’époque prépalatiale. Fertilité encore pour ces deux vases à libations (2300-2000 avant Jésus-Christ pour celui de gauche et 2200-1800 pour celui de droite). Ils sont en forme de femmes qui se tiennent la poitrine, laquelle est pourvue de trous à l’emplacement des tétons. Ainsi, le liquide offert à la divinité, vraisemblablement du lait, semblait jaillir d’elles, ce lait des mères, ce lait qui permet de grandir aux petits d’hommes comme aux petits d’animaux.
 
740a3 vases en terre cuite (2600-1900 avant JC)
 
Ces deux vases à libations en forme d’animaux sont, l’oiseau, de 2600-2300 avant Jésus-Christ (prépalatial), et le taureau de 2000-1900 (anciens palais). Malgré la petite taille de la photo, en la regardant bien on se rend compte que trois hommes, dont les proportions ne sont guère respectées, l’affrontent de face, un sur chacune de ses cornes et le troisième sur son mufle. Il s’agit sans doute de la représentation d’une chasse au taureau sauvage pour le capturer vivant. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un de ces numéros d’acrobatie comme je vais en montrer tout à l’heure.
 
740a4 figurines de type cycladique, 2500-2300 avant J.-C
 
Ces deux figurines, crétoises mais de type cycladique, sont de l’époque prépalatiale (2500-2300). La figurine de droite, assise, et qui de plus semble masculine, n’est pas du type courant. Quant à cette femme, à gauche, elle serait plus classique si elle n’était représentée avec cette très amusante petite culotte en peau de panthère, et surtout si elle était, comme toutes les autres, en marbre. Mais c’est l’unique exemplaire connu en ivoire.
 
740a5 couvercle de pyxide en schiste, 2500-2000 avant Jésu
 
Il s’agit ici du couvercle d’une pyxide, c’est-à-dire d’une boîte à onguents ou à bijoux, en schiste, provenant de Zakros et datant de 2500-2000 avant Jésus-Christ. Ce chien étendu qui fait office de poignée est très fin et élégant. Le musée montre un autre couvercle, celui-là avec sa pyxide, exécutés dans la même matière et avec un chien à peine différent et dans la même position. Cette pyxide vient de Mochlos, sur la côte nord, à environ 75 kilomètres de Zakros, sur la côte est. Néanmoins, malgré la distance, les similitudes sont telles qu’il est certain qu’elles proviennent de l’atelier du même artisan.
 
740b1 poignards en argent, 2800-2300 avant Jésus-Christ
 
Ces superbes lames de poignards en argent datent de 2800-2300 avant Jésus-Christ. Il en existe d’autres en bronze, moins belles, mais réalisées dans un métal plus dur.
 
740b2 Colliers d'or et de pierres semi-précieuses, 2500-15
 
Voyons quelques bijoux, qui s’étalent de 2500 à 1500 avant Jésus-Christ, soit de l’époque prépalatiale à celle des nouveaux palais. Ce sont des colliers de perles d’or ou de pierres semi-précieuses.
 
740c1 Sceau cylindrique, 18e siècle avant Jésus-Christ
 
Nous voici à l’époque des palais. De 1900 à 1700 environ, ce sont les anciens palais. Ce sceau cylindrique en hématite n’est pas Crétois, mais babylonien, prouvant les relations entre ces deux civilisations. Il date de l’époque d’Hammurabi (1792-1750), le grand roi de Babylone. L’homme à gauche, avec une épée, est un dieu ou un héros non identifié, mais à droite il est en face d’Ishtar, déesse de l’amour physique et de la guerre.
 
740c2 poignard (1800-1700 avant Jésus-Christ)
 
Ce poignard de bronze à la poignée gainée d’une feuille d’or travaillée a été trouvé à Malia et date de 1800-1700 avant Jésus-Christ. Une très belle pièce.
 
740c3 pendentif abeilles en or, de Malia (1800-1700 avant J
 
De Malia également, et de la même époque (1800-1700), provient cet exceptionnel pendentif en or représentant deux abeilles qui tiennent entre leurs pattes un rayon de miel et y déposent une goutte de miel. Sur leur tête elles portent une petite cage sphérique enfermant entre ses barreaux une bille en or. C’est l’un des plus beaux chefs-d’œuvre minoens de joaillerie, par l’invention, par la réalisation, par le mélange de techniques de travail de l’or.
 
740c4 petit singe à casquette, de Phaestos (1800-1700 avan
 
C’est à Phaestos que l’on a découvert cet adorable petit singe assis (1800-1700 avant Jésus-Christ), au gros ventre, et portant sur la tête un curieux bonnet noir au bord tuyauté.
 
740d1 maison minoenne en terre cuite (1600 avt JC)
 
740d2 façades de maisons minoennes (1600-1500 avant JC)
 
En nous rapprochant de nous, voici des œuvres de la période des nouveaux palais. Je disais hier que les archéologues avaient pu reconstituer les constructions à partir de leurs observations sur le terrain. Il faut ajouter ces petits objets de terre cuite. D’abord cette remarquable maison minoenne de 1600 avant Jésus-Christ, absolument authentique (sauf la couverture qui a été ajoutée après la découverte) et qui permet de voir le balcon, le puits de lumière, les colonnades, etc. Par ailleurs, ces plaques choisies parmi une collection nombreuse (1600-1500 avant Jésus-Christ), qui décoraient sans doute un coffre ou autre meuble, donnent une idée des façades des maisons, avec souvent au sommet une excroissance qui représente l’arrivée de la cage d’escalier sur le toit en terrasse.
 
740d3 outils divers en bronze (1600-1450 avant J.-C.)
 
On est frappé par le modernisme de ces outils, à part le matériau dont ils sont faits, du bronze et non du fer. En effet, ils datent de 1600-1450 avant Jésus-Christ, c’est-à-dire des nouveaux palais. C’est donc encore le règne des Minoens. Puis viendront les Achéens, qui eux aussi ignorent le fer. Mais lorsque tomberont les Achéens, ou Mycéniens, ceux de la Guerre de Troie, et que déferlera sur eux, vers 1100, la vague dorienne, détruisant leurs palais par le feu, ces envahisseurs arriveront avec le fer.
 
740d4 poteries diverses, 1500-1450 avant JC
 
J’ai choisi ces trois poteries parmi d’autres parce qu’elles représentent divers styles de décoration. Toutes trois sont contemporaines (1500-1450 avant Jésus-Christ). À gauche, provenant de Palaikastro, un décor marin avec cette pieuvre qui tend ses tentacules, que l’on retrouve souvent sur les poteries minoennes, et des oursins pour remplir les espaces nus. Au milieu, trouvée à Phaestos, cette cruche porte un dessin très géométrique et pourtant figuratif de roseaux serrés, au graphisme extrêmement décoratif. C’est de Pseira, une petite île en face de Mochlos, dans le golfe de Mirambello (celui où se trouve Agios Nikolaos), que vient la poterie de droite en forme de panier. Elle est décorée de doubles haches, dont j’ai déjà à maintes reprises dit qu’elles faisaient partie d’un rituel religieux minoen.
 
740d5a jeu minoen du palais de Cnossos (1600-1500 avt JC)
 
740d5b jeu minoen du palais de Cnossos (1600-1500 avt JC)
 
On a retrouvé dans le palais de Cnossos cette magnifique table de jeu incrustée d’ivoire, de cristal de roche et de pâte de verre. On la date de 1600-1500 avant Jésus-Christ. Sur la seconde photo, j’ai inséré en bas à droite la photo d’un jeton d’ivoire (sur la première photo, on en aperçoit quatre dans une petite vitrine derrière le jeu). On a surnommé cet objet "le jeu d’échecs", mais il est évident que ce ne sont pas des échecs, et on ignore comment on y jouait. Non seulement cet objet est remarquable par sa beauté, sa richesse, mais en outre il nous dit que les Minoens adultes pratiquaient des jeux de société.
 
740d6a fresque minoenne du taureau et de l'acrobate
 
740d6b fresque minoenne du taureau et de l'acrobate
 
Malheureusement, les projecteurs plaquent deux spots sur cette merveilleuse fresque de Cnossos (nouveau palais), laissant d’autres zones dans une ombre relative. J’ai essayé de diminuer le contraste avec Photoshop, mais les couleurs y perdent leur vivacité. Par ailleurs, cette fresque étant grande, quand je la montre en petit format dans la limite des dimensions de ce blog, on perd les détails, d’où les trois photos de personnages en plus gros plan regroupées sur la seconde image. Ces tauromachies sans mise à mort (à distinguer des sacrifices sanglants, qui se pratiquaient sur les autels) avaient leur place au sein des célébrations religieuses et mettaient en jeu des acrobates comme celui que l’on voit ici. La foule assise sur les gradins de ce que l’on appelle "le théâtre" à Phaestos, assistait aux processions rituelles et à ces joutes entre hommes et taureaux. Pas plus les textes de l’époque, en hiéroglyphes puis en linéaire A, non déchiffrés à ce jour, que des représentations graphiques ou sculptées n’évoquent des accidents. Et pourtant le risque était tel que l’on ne peut imaginer les acrobates réussissant systématiquement leur saut périlleux par dessus le taureau sans jamais se faire encorner, piétiner.
 
740d7a Acrobate minoen en ivoire, 1700-1450 avant Jésus-Ch
 
740d7b Acrobate minoen en ivoire, 1700-1450 avant Jésus-Ch
 
C’est le même sujet que traite cet acrobate en ivoire (1700-1450 avant Jésus-Christ) d’une remarquable finesse d’exécution. C’est une œuvre d’art d’une rare qualité.
 
740e1 Disque de Phaestos, 1600-1450 avant Jésus-Christ
 
740e2 Disque de Phaestos, 1600-1450 avant Jésus-Christ
 
Si cette exposition est un extrait du musée en montrant les pièces principales, ce disque de Phaestos est l’un des sommets de cette exposition. Ma deuxième image montre la partie supérieure de chacune des faces figurant sur ma première photo, retournée de 180 degrés pour être lue à l’endroit. Ce disque d’argile d’un diamètre de 16 centimètres, datant de 1600-1450 et découvert par l’Italien Pernier en 1908 porte, sur ses deux faces, des inscriptions hiéroglyphiques qui s’enroulent en spirale de l’extérieur vers le centre, séparées en groupes par des segments de rayons. On compte 61 segments regroupant de deux à sept signes et 241 signes au total, ces signes étant au nombre de 45 différents. Ils ont été "imprimés" dans l’argile fraîche au moyen d’un sceau de pierre tendre ou d’or, reproduisant donc exactement identiques à eux-mêmes ces signes. Cette écriture ne se retrouve nulle part ailleurs, ce qui la rend très mystérieuse, et malgré des centaines de tentatives de déchiffrement elle reste incompréhensible. Le fait de regrouper plusieurs signes dans une même case semble indiquer qu’il s’agit d’une écriture syllabique, chaque signe n’étant pas un idéogramme (qui exprime une idée), mais un son. Toutefois, il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’idéogrammes représentant chacun un mot d’une seule syllabe, réutilisés ensuite en tant que son dans des mots à la signification totalement différente, comme dans les charades, ou dans le jeu "Le chien de Monsieur le Curé n’aime pas les os. Que lui donnerez-vous ?" et il s’agit d’éviter le son "O", il pourra manger de la viande, du sucre, du lait, mais pas d’eau. Il semble que cette écriture syllabique soit de même famille que les deux écritures linéaires A et B, mais différente. Un linéaire C, en quelque sorte. Ces signes représentent des êtres humains, des membres humains, un bateau, des oiseaux, d’autres animaux, des outils, des vases… En observant les détails que je publie, on voit sur celui du haut plusieurs fois un homme en pagne qui marche d’un pas décidé, et aussi une tête coiffée comme un Iroquois (peuple qui n’existait pas à l’époque !) et également tout en bas du détail du bas un petit garçon nu. Je vois aussi plusieurs fois un petit rameau à quatre feuilles, un poisson, un oiseau. Ce disque a été découvert dans un lieu qui, on ne peut en douter, était de caractère sacré. En effet, il s’y trouvait aussi un rhyton en forme de taureau, un autre vase à libations, et sur ses parois de petits compartiments de brique étaient aménagés, comme à Zakros, pour recevoir des objets sacrés et, non loin, se trouve une crypte à piliers. Enfin, sur le sol il y avait du charbon, de la cendre et des os de bœuf carbonisés. Voilà pourquoi il ne pouvait s’agir que d’un lieu de culte. Par ailleurs, il y avait aussi des fragments de céramique datés 1650-1600 et une tablette en linéaire A. Nous disposons de trois guides et d’un gros livre sur la Crète qui, logiquement, ne peuvent longuement s’étendre sur le sujet, mais nous avons aussi deux livres sur Phaestos et le catalogue du musée. Curieusement, aucun ne suggère une hypothèse qui me vient spontanément à l’esprit. Si ce disque est contemporain du linéaire A avec qui il voisine dans cette pièce, et si cette pièce est liée au culte, je me demande s’il ne s’agirait pas d’une écriture réservée aux initiés, aux prêtres, mais qui noterait la même langue crétoise minoenne, non grecque, que le linéaire A.
 
740f1 bagues sceaux en or (1600-1400 avant J.-C.)
 
Pour chacun des objets que je montre, j’ai envie d’employer les adjectifs superbe, splendide, merveilleux, admirable… Voilà donc quatre magnifiques chevalières en or. La première en haut à gauche est datée 1500-1400, soit fin de la période palatiale, juste avant l’arrivée des Mycéniens (Elle est de Cnossos, dont le palais n’a été détruit que vers 1375, après ceux de Phaestos et de Zakros). Comme la plupart des bagues de ce type, elle représente la Grande Déesse des Minoens, et le thème favori est ses épiphanies, c’est-à-dire ses apparitions. Cette première chevalière, donc, appelée "bague de Minos", représente deux femmes nues tenant chacune un arbre dont elles pratiquent le culte, tandis que la déesse, dans sa longue robe, est assise sur un siège qui flotte dans les airs, tout à droite. Et puis, hélas peu visible sur ma photo, cet arc de cercle au pied du mont est un bateau sur lequel se tient une autre épiphanie de la déesse. Elle apparaît donc simultanément dans le ciel et sur les eaux.
 
Nouvelle scène d’épiphanie sur la chevalière en haut à droite (1600-1450, soit période des nouveaux palais), où la Grande Déesse apparaît au milieu, et en dessous, sur terre, trois femmes vêtues comme elle et tendant les bras vers elle, dansent une danse sacrée. Un peu partout, des fleurs poussent bien droites, car c’est une déesse de la fécondité.
 
En bas à gauche (1600-1500 avant Jésus-Christ) la Grande déesse apparaît au centre, tandis que de chaque côté ont lieu des scènes de culte. À droite, une prêtresse tient un arbre par ses branches, c’est donc comme sur la première bague un culte de l’arbre. On sait l’importance qu’avait l’olivier dans la vie des Crétois dès les époques les plus reculées. Sur la gauche, cette autre prêtresse rend un culte à une pierre. Les Minoens, comme beaucoup d’autres peuples, rendaient un culte aux météorites. En effet, une météorite, autrement dit un bétyle, est une pierre venue du ciel, elle est donc envoyée par une divinité. De même, la Pierre Noire dans la mosquée de la Mecque, dont Mahomet a dit qu’elle absorberait les péchés accomplis par chaque homme qui la toucherait (mais aucun culte ne lui est rendu, l’Islam s’en tient au strict monothéisme d’Allah) était considérée avant l’Islam, avant Mahomet, comme une météorite et était à ce titre l’objet d’un culte païen.
 
La chevalière ronde, en bas à droite, représente un griffon qui la traverse en volant, et la Grande Déesse qui plane au-dessus de lui. Le griffon, cet animal fabuleux mi-aigle, mi-lion, est apparu d’abord du côté de Suze, en Élam, cette région juste à l’est de la Mésopotamie et du Golfe Persique. Puis on le trouve vers 3000 avant Jésus-Christ en Égypte. Et le voilà en Crète au milieu de l’époque néopalatiale (1600-1500). On voit, ici encore, les liens étroits et anciens entre l’Orient, l’Égypte et la Crète. Plus tard, le monde grec adoptera également le griffon, et après la conquête Rome l’importera en Italie.
 
740f2 doubles haches (grande, 1500-1450 et petites, 1700-16
 
J’ai regroupé sur cette image en haut une vraie double hache rituelle de la fin des nouveaux palais (1500-1450 avant Jésus-Christ) emmanchée pour la présentation sur un manche moderne, et en bas trois doubles haches votives en or, nettement plus anciennes (début des nouveaux palais, 1700-1600). On a vu précédemment que cet objet entrait dans le culte minoen.
 
740f3 Phaestos, banquet funèbre dans un monument funérair
 
740f4 Phaestos, sanctuaire domestique, 1600 avt JC
 
740f5 Phaestos, danse rituelle d'hommes (1600 avant JC)
 
Les trois scènes ci-dessus, réalisées en terre cuite, proviennent de Phaestos et sont datées 1600 avant Jésus-Christ. Elles sont assez rudimentaires, de sorte que ce n’est pas leur aspect artistique qui est intéressant, mais leur signification religieuse. Voici ce qu’en dit la notice informative placée dans la vitrine, même si j’ai l’impression qu’il y a interversion entre les deux premières. Mais pour le cas où c’est moi qui me tromperais, je laisse l’ordre donné par le musée, selon qui la première scène représente un banquet funèbre dans un monument funéraire, la seconde une scène d’offrande dans un sanctuaire domestique peut-être adressée à un ancêtre décédé, et la troisième une danse rituelle d’hommes sur une piste circulaire.
 
740f6a Cnossos, tête de taureau, vase à libation, 1600-15
 
740f6b Cnossos, tête de taureau, vase à libation, 1600-15
 
Cette admirable tête de taureau en serpentine qui vient de Cnossos date de 1600-1500 avant Jésus-Christ, soit le milieu de la période néopalatiale. C’est un vase à libations (un rhyton) dont les cornes sont plaquées d’une feuille d’or, les yeux sont en cristal de roche au centre d’un coquillage et le mufle est figuré par une incrustation de jaspe.
 
740g1 figurine d'adorant en bronze (1600-1300 avt JC)
 
Cet homme, le corps fortement cambré et la main sur la tête est un adorant, c’est-à-dire un fidèle en position d’adoration. Datant de la période postpalatiale (1400-1300 avant Jésus-Christ), quand les Grecs sont désormais installés en Crète où ils sont arrivés avec leurs dieux, il ne permet pas de dire à quelle divinité il rend hommage.
 
740g2 Cnossos, déesse aux serpents (1600 avant JC)
 
740g3a Cnossos, déesse aux serpents (1600 avant JC)
 
740g3b Cnossos, déesse aux serpents (1600 avant JC)
 
Dans mon hit-parade personnel, ces deux petites sculptures en faïence datant de 1600 avant Jésus-Christ et provenant de Cnossos sont tout en haut. On les appelle "la déesse aux serpents", en fait peut-être une déesse à moins que ce ne soit plutôt une prêtresse. Dans sa robe élégante et riche qui lui découvre la poitrine pour symboliser sa fertilité, elle porte un félin sur son chapeau, et des serpents lui enserrent les bras sur la première photo, elle en tient un dans chaque main sur la seconde photo. Le serpent qui rampe sous les pierres et qui hiberne sous des souches ou dans des trous sous la terre est considéré comme un animal chthonien en relation avec le monde infernal, la déesse domine donc toute la nature, sous et sur la terre avec le serpent et le félin.
 
740h1 sceaux de Cnossos, 1450-1400 avant Jésus-Christ
 
Ces trois sceaux trouvés à Cnossos, les deux premiers en hématite et le troisième en onyx, datent de la fin de l’époque néopalatiale (1450-1400 avant Jésus-Christ), alors que les palais de Zakros et de Phaestos ont déjà été détruits. Deux taureaux sur le premier, un taureau attaqué par un lion sur le second, et sur le troisième la déesse Maîtresse des Animaux, qui se tient entre deux griffons ailes déployées. Parce que ces sceaux sombres sont encore moins visibles que les chevalières en or, j’ai procédé au montage, sur une seule image, des trois sceaux et des trois images que le musée donne de leur gravure. Puisqu’il s’agit de leur empreinte, elle est inversée.
 
740h2 amphore égyptienne albatre avec hiéroglyphes (1400-
 
Cette amphore d’albâtre est importée d’Égypte. Elle porte une inscription hiéroglyphique (que j’ai "collée" au bas de la photo) qui nous donne l’indication de sa date. Elle dit : "Le dieu bon, Men-Heper-Rê, le fils du soleil Thoutmosis, magnifique dans ses transformations, qui jouit de la vie éternelle", ce qui permet de dater le vase de la dix-huitième dynastie (1570-1320 avant Jésus-Christ), et plus précisément, grâce aux qualificatifs attribués au pharaon, à Thoutmosis III (environ 1479-1425).
 
740h3 Cnossos, 'la Parisienne' et déesse en épiphanie (14
 
Ces deux fresques exceptionnelles ont été réalisées peu avant la destruction du palais de Cnossos, entre 1400 et 1350 avant Jésus-Christ. Celle de gauche, que les archéologues, en la découvrant, ont surnommée "la Parisienne", est une prêtresse qui prend part à un banquet rituel. Celle de droite, avec ses longues mèches ondulées flottant de part et d’autre de sa tête, est interprétée par les uns comme une danseuse rituelle, par d’autres comme la Grande Déesse en épiphanie. La finesse du dessin, la vie qui s’en dégage, le brillant des couleurs, révèlent un artiste de grand talent.
 
740h4 lions et taureaux en or, fermetures de colliers, 1350
 
À présent, passons à la période postpalatiale, 1350-1300 avant Jésus-Christ. Ces petits félins, ces petites têtes de taureaux en or, sont des attaches de colliers en provenance d’Agia Triada.
 
740h5 Agia Triada, balançoire rituelle (1450-1300 avant J.
 
D’Agia Triada également vient cette balançoire (1450-1300 avant Jésus-Christ) de cordes tendues entre deux poteaux sur lesquels sont perchées des colombes. L’usage de la balançoire n’est ni une distraction, ni un confort, c’est une pratique religieuse. On pratique encore de nos jours, en Inde et dans des régions de la Grèce profonde, le balancement rituel. Cette femme représentée en terre cuite est donc une fidèle ou une prêtresse.
 
740h6a Sarcophage d'Agia Triada, scène de culte mortuaire
 
740h6b Sarcophage d'Agia Triada, scène de culte mortuaire
          740h6c Sarcophage d'Agia Triada, scène de culte mortuaire
 
 Voici le très célèbre sarcophage d’Agia Triada, trouvé dans une chambre funéraire close et qui date de 1300 avant Jésus-Christ. Sa renommée lui vient de l’intérêt exceptionnel que présentent les scènes religieuses qui y sont peintes sur la fine couche de plâtre dont il est enduit. Car, outre le plaisir esthétique que procure leur beauté, elles nous informent sur les pratiques funéraires de cette époque. Les Achéens sont arrivés, avec leurs croyances et leurs dieux, mais les pratiques minoennes ont subsisté. Il est rare qu’une religion nouvelle supplante complètement une religion ancienne sans qu’il y ait syncrétisme entre des divinités et que des rites soient maintenus ou adaptés. Même la révolution apportée par le christianisme n’a pas du jour au lendemain effacé des pratiques païennes. La naissance de Jésus après le solstice d’hiver, l’adoration des mages au moment des saturnales, la résurrection à l’équinoxe de printemps, le sang de Jésus versé comme une libation, l’autel où il est sacrifié comme l’agneau, tout cela est calqué sur le paganisme romain. Voyons donc ce que nous apprend ce sarcophage sur les pratiques religieuses des Minoens un siècle et demi après leur conquête par les Achéens.
 
Sur la face du sarcophage que montre ma première photo, on voit un taureau avec des liens attachant les quatre sabots et des courroies le fixant à la table, et derrière lui une femme, une prêtresse, le présente en geste d’offrande. En arrière-plan du taureau, un homme accompagne la cérémonie sur une double flûte. Sur la droite, un arbre sacré se dresse au-dessus d’un autel où une prêtresse dépose des offrandes. Tout cela nous montre comment pouvait se dérouler ce culte. Ce que je ne sais pas, c’est pourquoi sous la table des petits animaux vivants dont personne ne s’occupe sont en liberté. Apparemment, ils ne sont pas destinés à être sacrifiés. Sur ma photo, cette face du sarcophage est plus courte que l’autre parce que, la partie gauche étant détruite (le placage de plâtre s’est détaché et est perdu), j’ai préféré couper l’image : puisque je ne dépasse pas 600 pixels, l’image est ainsi plus lisible.
 
Mais l’autre face étant intacte, tant pis, je ne coupe rien. Le code graphique, qui veut que l’on représente les hommes avec une peau brune et les femmes avec une peau blanche, est bien commode pour identifier le sexe des personnages quand on ne les voit qu’en petite dimension. Trois hommes apportent en procession, le premier un bateau, les deux autres un animal vivant chacun (la notice dit des taureaux, mais je les trouve bien petits et bien légers, pour des taureaux), à un autre homme qui est sans doute le mort du sarcophage et qui se tient immobile devant la façade d’un palais. Sur la moitié gauche de l’image, les personnages sont tournés dans l’autre sens et regardent vers la gauche. Il y a un joueur de lyre qui accompagne deux prêtresses, celle qui est juste devant lui porte sur l’épaule une barre de bois à laquelle sont suspendus deux rhytons, un à chaque extrémité, et celle qui est en tête procède à des libations, versant le contenu des vases dans un grand chaudron placé entre deux fortes hampes au sommet desquelles sont fixées des doubles haches rituelles. On peut aisément imaginer avec quel plaisir j’ai pris en gros plan les différents personnages de ces scènes. Je me limiterai ici à montrer le gros plan de la dernière dont j’ai parlé, celle qui concerne les libations.
 
740h7 Déesses minoennes, 1200-1100 avant Jésus-Christ
 
Les mains levées sont, chez les divinités minoennes, un signe de protection, un geste favorable. À gauche ces deux déesses, l’une avec sur sa couronne des disques symbolisant le soleil, l’autre avec des oiseaux, datent de 1200-1100 avant Jésus-Christ. À droite ce sont des pavots que porte l’une des déesses, surnommée par les archéologues "la Déesse aux pavots", "the Poppy Goddess", ce qui laisse supposer que les Minoens faisaient usage de l’opium que l’on en tire. Et la dernière déesse, à droite, porte plus classiquement un oiseau. Ces deux dernières sont de 1200 avant Jésus-Christ.
 
740i1 Joueur de lyre en bronze (900-800 avant JC)
 
Puis c’est la période géométrique avec ce joueur de lyre (900-800 avant Jésus-Christ). N’est-il pas adorable, ce petit bronze ? Longs cheveux d’artiste, jambes courtes, bouche ouverte parce qu’il chante en s’accompagnant…
 
740i2 Léto, Apollon et Artémis (725 avt JC)
 
Là, au contraire, nous redevenons sérieux avec cette Triade de la toute fin du géométrique (725 avant Jésus-Christ). Sans aucun doute, il s’agit des jumeaux Apollon et Artémis et de leur mère Léto. Mais je ne saurais dire laquelle des deux femmes est Léto et laquelle est Artémis. Le voile couvrant à moitié le visage de celle de droite devrait être un indice que j’avoue ne pas savoir interpréter. Ce qui est clair, c’est que l’artiste a nettement exprimé la primauté d’Apollon en le représentant 50% plus grand que les deux autres. Normal, on les a trouvés dans le temple d’Apollon Delphinios, à Dreros (à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest d’Agios Nikolaos). Comme on le voit (bras brisé d’Apollon ainsi que sa gorge), ces statues sont creuses, elles sont faites d’une feuille de bronze forgé qui devait recouvrir une armature de bois. Les trous aux emplacements des yeux montrent que des yeux d’un matériau différent devaient donner une impression de vie au regard. On considère cette Triade comme les plus anciennes statuettes de culte de cette espèce en Grèce.
 
740i3 Athéna, de Gortyne (7e s. avant Jésus-Christ)
 
Septième siècle avant Jésus-Christ, donc début de l’époque archaïque, pour cette statue d’Athéna trouvée à Gortyne. Elle est identifiable grâce à son casque, et l’objet qu’elle brandissait de sa main droite était bien sûr une lance. Cette statue de celle que l’on appelle Pallas Athéna est du type du Palladion, et la main gauche devait, en conséquence, porter une quenouille. Car voici l’histoire de ce Palladion : Le dieu Triton avait une fille du nom de Pallas. Zeus avait aimé Métis qui fut enceinte d’Athéna mais, craignant qu’après la naissance de cette fille Métis ne donne naissance à un garçon qui le détrônerait, il avala Métis et se fit fendre le crâne d’où sortit Athéna tout armée. Puisqu’il n’y avait plus de mère pour s’en occuper, elle fut élevée avec Pallas et toutes deux étaient très amies, s’entraînant ensemble au maniement des armes. Mais un jour où Pallas maniait particulièrement bien sa lance, Zeus craignit pour sa fille, interposa son égide, et le coup porté par Athéna ne put être paré par Pallas, qui fut blessée à mort. Alors Athéna, inconsolable d’avoir involontairement tué son amie, façonna de ses mains le Palladion, un xoanon, c’est-à-dire une de ces vieilles statues de bois du culte originel, à la ressemblance de Pallas, lance de guerrière en main, mais quenouille de femme dans l’autre main, et plaça cette statue sur l’Olympe, auprès de Zeus, comme si elle était une déesse immortelle. Le Palladion était protecteur, aussi, lorsque Zeus poursuivit une certaine Électre, une Pléiade (sans rien à voir avec l’Électre fille d’Agamemnon et de Clytemnestre), pour la violer, celle-ci se réfugia auprès du Palladion. Furieux, Zeus saisit la statue et l’envoya au loin. Elle retomba sur terre dans le temple qu’Ilion, fondateur de Troie, était en train de construire à la déesse Athéna, et comme le toit n’était pas encore posé elle atterrit à l’endroit qui devait accueillir la statue de culte. Et voilà pourquoi, par la présence de cette statue protectrice, la ville de Troie résista dix ans aux assauts des Grecs. Mais une nuit, Ulysse et Diomède parvinrent à s’introduire dans Troie et à voler le Palladion. Arrive alors l’épisode du cheval de Troie et la victoire des Grecs. Mais une autre version de la légende, apparue plus tard et satisfaisante pour les Romains, avait fait confectionner un faux Palladion par les Troyens qui craignaient qu’on leur dérobât le vrai, et ce serait la copie dont se seraient emparés les Grecs. Cette version n’explique pas, alors, comment la ville n’a plus été protégée et a finalement été détruite, mais elle fait prendre par Énée le vrai Palladion lorsqu’il s’enfuit vers l’Italie. La Rome classique possédait, et conservait dans le temple de Vesta, une statue que l’on considérait comme ce Palladion apporté par Énée et auquel les Vestales rendaient un culte, car on pensait que grâce à lui Rome était protégée. Par exemple, c’est lui qui aurait fait qu’Hannibal n’ait pas pénétré dans Rome, alors que la Ville était à sa portée. Mais me voilà bien loin de mon sujet, car je voulais seulement dire que la statue d’argile que nous voyons ici est du type dit Palladion.
 
740i4 Lion avec vase d'offrande (7e s. avant JC)
 
Même matière et même époque pour ce lion couché. Outre son aspect esthétique très réussi, ce lion est également intéressant pour ce qu’il tient entre ses pattes. Il s’agit d’une coupe d’offrandes. Ici ou là, on voit des vases ou des coupes d’offrandes, mais ce sont de simples récipients, ils ne sont pas élégamment présentés par une sculpture.
 
740j1 Pièces en argent (4e s. avt JC)
 
Et nous arrivons à l’époque classique. Ces pièces en argent sont du quatrième siècle avant Jésus-Christ et ont été émises par les pus puissantes cités de Crète. Le choix des mythes qu’elles représentent, et qui sont issus de leurs lointaines origines minoennes (car plus de mille ans se sont écoulés depuis l’arrivée des Achéens, et les mythes ne dataient pas des derniers siècles minoens, loin de là), permettent d’identifier la cité qui les a émises. Ainsi, on a une représentation du labyrinthe du roi Minos (Cnossos), ainsi qu’un homme ailé, c’est Dédale ou Icare qui se sont évadés du labyrinthe par la voie des airs. Quant au taureau, c’est celui dont Zeus a pris l’aspect pour amener la belle Europe à Gortyne, où il s’est uni à elle.
 
740j2 Gortyne, Eros (2e s. avt JC)
 
Encore plus tard, c’est l’époque hellénistique. Cet adorable petit Éros (Amour) volant en argile est du deuxième siècle avant Jésus-Christ et il provient de Gortyne. Le musée a eu la bonne idée de ne pas présenter ces figurines à plat sur le plancher d’une vitrine, mais suspendues par un fil presque invisible.
 
740j3 Zeus-Serapis et Perséphone-Isis (180-190 après JC)
 
Et pour terminer cette longue, longue visite, nous voici entrés dans notre ère, ces statues sont de 180 ou 190 après Jésus-Christ, c’est l’époque romaine impériale et les contacts nombreux de Rome avec les pays qu’elle a conquis ou colonisés ont amené à travers tout l’Empire des cultes étrangers. C’est ainsi que Rome a adopté le culte indo-iranien de Mithra et que celui d’Isis l’Égyptienne s’est largement répandu en Grèce et en Italie, et cela souvent au prix d’un syncrétisme qui s’appuie sur des ressemblances plus ou moins prononcées. Nul ne s’étonne de la confusion du Zeus grec avec le Jupiter latin (et encore, l’étymologie des deux noms est la même –cela ne se voit peut-être pas au premier coup d’œil, et je me régalerais à en faire la démonstration, mais mes lecteurs auront la chance d’y échapper parce que cet article est déjà trop long), ni de celle de la Grecque Aphrodite avec la latine Vénus (dont, à l’origine, le nom est neutre, un comble pour une déesse qui devient ainsi la patronne de la beauté féminine). Il ne doit pas être plus surprenant, ici, que Zeus soit présenté sous les traits et avec les attributs de Sérapis, ou Perséphone sous ceux d’Isis reconnaissable au disque qu’elle porte sur la tête. Dans la mythologie égyptienne, Isis était toujours restée fidèle à l’amour qu’elle portait à son frère et époux Osiris pour lequel elle avait tant fait, parvenant même à lui rendre la vie, mais seulement aux enfers, lorsqu’il avait été tué par son frère Seth (je l’évoque dans mon blog d’avant-hier 5 août). Or le taureau Apis était l’une des manifestations d’Osiris quand, du séjour des morts, il venait sur terre. Ainsi existait-il le culte d’Oser-Apis. Or en langue grecque, l’usage de l’article est systématique, même avec les noms propres, on dit donc L’Homère, LE Socrate, LA Clytemnestre, et cet article au masculin singulier est O. Lorsque les Grecs ont entendu le nom Oserapis, ils ont cru que c’était LE Sérapis, d’où ce nom de Sérapis, qui a les attributs d’Osiris. Et comme Osiris, après sa résurrection, est devenu le juge des enfers, il est assimilé à Hadès le dieu grec du monde souterrain, mari de Perséphone, et accompagné du chien à trois têtes Cerbère qui garde l’entrée des enfers. Voilà comment on glisse du couple Isis / Osiris ou Sérapis au couple Hadès / Perséphone. Comme ces statues ont été trouvées dans le temple des dieux égyptiens de Gortyne, il s’ajoute une confusion supplémentaire, et c’est Zeus, le dieu père de Minos, Sarpédon et Rhadamante, rois légendaires de Crète, conçus par lui à Gortyne, qui est représenté sous ces traits. On voit que je ne termine pas cet article dans la plus grande clarté, car à cette époque la religion païenne du monde gréco-romano-égyptien est devenue d’une telle complexité, tellement emmêlée, qu’elle en a sans doute été affaiblie, rendant plus facile la conversion à la croyance en un dieu unique (même en trois personnes), révélé par sa manifestation incarnée, avec une histoire tragique mais simple et prônant une morale claire.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

hbhjjjjjjjjjjjjj 03/01/2016 18:27

kjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj

SA 21/11/2013 19:41

Bonsoir, j'ai besoin de votre aide mr thierry jamard
contact moi sur mon email

Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche