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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 01:16

Le week-end dernier, nous avons parcouru les ruines de Pompéi. Pour compléter cette visite, il convient de nous rendre au Musée Archéologique de Naples où ont été transférés de nombreux éléments en provenance des trois villes tuées par l’éruption du Vésuve de 79 après Jésus-Christ. Pour ma part, comme je le disais, j’ai été non seulement très intéressé, mais aussi touché par la présence des habitants que je ressentais (non, je ne crois pas aux fantômes, je veux dire que la ville m’a donné l’impression d’un cadavre encore chaud) ; mais il est vrai que, tous les objets retrouvés dans les maisons et qui font la vie quotidienne, et un très grand nombre de fresques, ont déserté la ville pour être enfermés entre les murs du musée. Sans doute cela est-il responsable du fait que Goethe a été fort déçu de ne trouver que peu d’intérêt à ce qu'il appelle "ces maisons de poupées".

 

495a1 Naples, musée archéologique, taureau Farnèse

 

Au musée, commençons par les sculptures, et tout d’abord par ce groupe du Taureau Farnèse, copie réalisée au début du troisième siècle de notre ère d’après un original grec d’époque hellénistique que Pline l’Ancien (dont je racontais la mort l’autre jour) attribue à deux artistes de Rhodes qui l’auraient sculpté entre 160 et 150 avant Jésus-Christ à partir, dit-il, d’un seul bloc de marbre ("ex eodem lapide" ). Ces Romains, ils étaient plus forts pour recycler les inventions et les créations des autres que pour imaginer eux-mêmes. Le béton des Étrusques, les tonneaux et le savon des Gaulois, et partout dans les musées, quand il ne s’agit pas de bustes d’empereurs, on lit "copie d’un original grec du … siècle".

 

Lyrcos, roi de Thèbes, avait, à leur naissance, exposé sur la montagne pour les livrer à la mort ses petits-neveux, les jumeaux Zéthos et Amphion, et retenait prisonnière sa nièce, leur mère, Antiope. Or Antiope, très belle, avait été aimée de Zeus (les jumeaux étaient donc des demi-dieux). Dircé, la femme de Lyrcos, était jalouse de cette beauté, jalouse qu’elle ait reçu les faveurs du maître des dieux, jalouse que son mari la retienne, aussi la traitait-elle comme une esclave, avec la plus grande dureté, et lui faisait-elle subir bien des avanies. Mais une nuit, les liens qui la retenaient prisonnière se défirent miraculeusement, elle s’enfuit, retrouva ses fils qui la reconnurent, et qui décidèrent de la venger. Ils tuèrent Lyrcos et attachèrent Dircé vivante à un taureau qui la traîna en déchirant son corps sur les rochers. C’est le sujet de la tragédie d’Euripide, Antiope.

 

495a2 Naples, musée archéologique, taureau Farnèse 

Le pape Paul III Farnèse (1534-1549) avait fait réaliser des fouilles dans les thermes de Caracalla à Rome. Une gravure de Stéphane du Pérac datant de 1575 représente les ruines d’une des palestres, et ce groupe figure au centre de la cour. En effet, il est destiné à être vu aussi bien de face que de profil ou de dos. Mais il est en pièces, brisé (alors que, comme l’original, il avait été sculpté dans un seul bloc). Lors de la dernière restauration, en 1990-1991, on a remarqué une cavité dans le groupe, et un trou qui laissent penser qu’un tuyau était relié à ce trou pour faire une fontaine. Les animaux placés au pied de la sculpture seraient alors en train de s’y abreuver. Les fragments ayant été transportés au palais Farnèse, l’œuvre y est restaurée une première fois dès 1579. Après la mort de Paul III, on remise le taureau. En 1788, il est transféré à Naples par bateau pour orner la nouvelle villa publique édifiée par Vanvitelli, et on le place au centre d’une avenue, sur un haut podium, où il subit maintes dégradations. C’est à la suite de vives protestations du monde de la culture qu’en 1826 on le transférera au musée.

 

495b Naples, musée archéologique, amazone

 

Je serai beaucoup plus bref pour les autres œuvres. Ici, une Amazone à cheval, copie du 2ème siècle après Jésus-Christ d’un original grec du 2ème siècle avant. Les Amazones sont ce peuple de femmes descendant d’Arès le dieu de la guerre, ne vivant qu’entre elles, n’admettant d’hommes que comme esclaves pour les basses besognes, vaillantes guerrières habiles au maniement de l’arc, et qui s’unissent à des étrangers pour perpétuer leur race mais sans garder aucun lien ensuite avec le père de leurs enfants. Quand elles avaient un fils elles le tuaient, une fille elles lui enlevaient un sein afin qu’elles ne soient pas gênées par cette excroissance pour bander leur arc. Par cette particularité physique, on explique l’étymologie du mot amazone : le A privatif (=sans, pas de) est accolé au mot grec mazôn (=sein), ce sont donc "celles qui n’ont pas de sein". Mais devant la beauté plastique de son modèle, je suppose que l’artiste n’a pas eu le courage d’amputer sa statue. Visiblement elle a été touchée, elle va s’effondrer, son cheval se cabre, je trouve cette œuvre splendide, elle m’a retenu longtemps en admiration.

 

495c Naples, musée archéologique, cuisson du sanglier

 

Cette sculpture s’intitule "La Cuisson du sanglier", c’est une copie du premier siècle de notre ère d’un original hellénistique. Je l’ai choisie parce que je trouve amusante et intéressante cette scène. L’homme tente de faire entrer le sanglier dans le chaudron tandis que le gamin souffle sur le feu pour l’activer. C’est un très curieux mélange de réalisme (la marmite, le feu, le garçon, les attitudes) et d’irréalisme (le chaudron est beaucoup trop petit, l’animal a gardé sa tête et ses poils…). Et pourtant cela ne choque pas.

 

495d Naples, musée archéologique, Sapho

 

Et maintenant, trois bronzes provenant de la Villa dei Pisoni, dans les ruines d’Herculanum. Voici d’abord la poétesse Sapho, celle qui s’entourait de jeunes filles sur son île de Lesbos pour les former à la poésie. J’avais autrefois écrit une petite étude sur son œuvre, aussi avais-je envie de choisir de publier cette sculpture, sur laquelle le panonceau ne donne aucune explication. C’est Sapho, un point c’est tout. Mais quelle beauté dans ce bronze, quelle vie dans ce regard ! On sent de la bonté, de la disponibilité, de la générosité dans ce visage lisse qui rayonne d’intelligence.

 

Pour cette photo et pour les suivantes, j’ai éliminé le fond, un visiteur en T-shirt rouge qui tue la sculpture, les éclairages, fenêtres, plinthes que le cerveau, sur place, élimine de l’image captée sur la rétine et transmise par le nerf optique, mais que la photo retient impitoyablement. Mais c’est trop long à faire pour toutes les statues, alors tant pis pour celles qui précèdent…

 

495e Naples, musée archéologique, coureur

 

Dans cette salle, il y a aussi deux athlètes, deux coureurs en plein effort, penchés en avant, équilibrant leur course du mouvement de leurs bras. Je cadre sur la tête de l’un d’eux, tendue vers la victoire. On voit que rien ne compte pour lui que le poteau qu’il faut atteindre le premier. Il n’a pas d’autre pensée.

 

495f Naples, musée archéologique

 

Et puis un visage dont l’expression est encore plus étonnante, où l’on sent une grande force de caractère, une volonté froide et sans états d’âme. C’est sans doute ce qui l’a fait identifier à Scipion l’Africain, celui qui, très jeune, se proposa pour aller guerroyer en Espagne parce que personne d’autre n’osait y aller, celui qui conquit l’Andalousie puis toute l’Espagne, celui qui lors de la seconde guerre punique poursuit Hannibal qui fait retraite vers Carthage et remporte la grande victoire de Zama en octobre 202 avant Jésus-Christ au terme de terribles combats. Mais le visage a beau aller avec la personnalité du personnage et ressembler à un Scipion que j'ai vu au musée du Capitole à Rome, les spécialistes sont revenus sur l’interprétation passée, et il paraît que ce serait plutôt un prêtre d’Isis.

 

495g Naples, musée archéologique, Hippocrate

 

Des bustes de marbre, il y en a à la pelle. Ils s’égrènent par centaines à travers les salles. Des empereurs romains, mais aussi des poètes comme Homère ou Pindare, des auteurs de théâtre comme Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, des philosophes comme Socrate, Platon, Aristote, des orateurs comme Lysias, Eschine, Isocrate, des historiens comme Hérodote, Thucydide, Polybe… Ne sachant qui choisir parmi eux, je fais un clin d’œil à mon cher beau-frère Sacha, médecin-chef tout là-bas du côté d’Arkhangelsk, en lui offrant son confrère Hippocrate, copie romaine du premier siècle de notre ère d’un original grec du deuxième siècle avant Jésus-Christ.

 

495h Naples, musée archéologique, barbare prisonnier

 

Mais ce n’est pas tout pour la sculpture. Je vais encore ajouter quelques œuvres qui m’ont particulièrement plu. D’abord ce barbare prisonnier, un marbre du second siècle après Jésus-Christ, et –s’il vous plaît– un original. Pas une copie.

 

495i Naples, musée archéologique, barbare agenouillé

 

Original également, ce barbare agenouillé du premier siècle de notre ère, avec la tête et les mains, c’est-à-dire ce qui de son corps est apparent, en marbre noir, et qui sert de support à une tablette. Les traits sont européens, et d’ailleurs ce noir n’a rien de celui d’une peau humaine, les cheveux, les sourcils, la moustache sont du même noir, cela fait que cette sculpture ne peut être comparée avec une cire du Musée Grévin ou de Madame Tussauds. Et pourtant, quand je regarde cet homme, j’ai l’impression qu’il va bouger, se relever, dire quelque chose. Je trouve cette œuvre étonnante de vie et de réalisme.

 

495j1 Naples, musée archéologique, Isis

 

495j2 Naples, musée archéologique, Isis

 

En cherchant bien des originaux parmi les œuvres qui m’ont frappé, je trouve encore celui-ci. C’est une Isis du deuxième siècle de notre ère composée de deux marbres. Je la trouve splendide dans son grand drapé d’un noir brillant, avec sa peau si blanche qui en émerge, et puis son visage est si beau, si pur… Je dis bien, cette statue est un original romain ; mais sa beauté répond aux canons grecs. En effet, elle a le "nez grec", dans le prolongement du front, presque sans brisure de la ligne. Et puis je fais grâce à mes lecteurs du gros plan que j’ai fait de son pied (d’ailleurs il n’est pas très beau, son gros orteil est boudiné, et le plus petit se recourbe en-dessous comme si elle avait trop porté des chaussures étroites), mais lui aussi est grec, avec un –comment dire, ce n’est pas un index puisqu’il ne montre personne, ni un majeur puisqu’il n’est pas le plus long– un deuxième et un troisième orteils presque égaux.

 

495k1 Naples, musée archéologique, Vénus Callipyge

 

495k2 Naples, musée archéologique, Vénus Callipyge

 

Cette statue est une copie réalisée dans la première moitié du second siècle après Jésus-Christ, quant à l’original copié on n’en sait pratiquement rien de sûr. Sa provenance, il peut être de Grande Grèce ou d’Asie Mineure. Sa date, c’est une création hellénistique située approximativement vers le second ou le troisième siècle avant Jésus-Christ. Son sujet, c’est une Vénus, ou une hétaïre, ou une danseuse… Mais la tradition l’appelle la Vénus Callipyge. En grec Kalli- = beau et Pygè = la fesse. C’est donc une Vénus aux belles fesses, ainsi appelée parce que, à la différence des autres Vénus qui pourtant sont complètement nues (la Vénus accroupie, par exemple) et dont l’anatomie est loin d’être repoussante, celle-ci est vêtue mais ostensiblement dévoile cette partie de son individu et se retourne pour se contempler avec satisfaction (et il y a de quoi être satisfaite, en effet). La pose est admirable, le bras gauche relevant haut un pan de ce lourd vêtement qui retombe pesamment, l’autre main attirant l’autre pan vers le devant pour bien dégager son derrière, la tête gracieusement renversée, la jambe repliée, tout est beau dans cette statue.

 

495L Naples, musée archéologique, sarcophage

 

Ce sarcophage date des alentours de l’an 150 de notre ère. Je l’ajoute ici pour en terminer avec les sculptures, parce que je trouve amusants ces petits Amours ailés en train de se livrer à une course de chars dans le cirque.

 

496a Naples, musée archéologique, habillage

 

Mais c’est assez avec les sculptures, sinon je n’en finirai pas. Voici le département des fresques. Celle-ci, qui représente des femmes à la toilette, provient d’Herculanum. Certes le vêtement ne se rencontre pas de nos jours dans la rue, mais je trouve cependant cette scène frappante de modernité, l’attention de la mère à la coiffure de sa fille, la table de toilette, le regard de chacune de ces quatre femmes.

 

496b Naples, musée archéologique, Europe

 

Le week-end dernier, 24 et 25 avril, j’ai raconté la légende d’Europe au sujet du nom donné à un bateau sur un graffiti à Pompéi. En la voyant ici aujourd’hui j’ai immédiatement pensé que je me devrais de la montrer dans mon article de blog. Ce que je fais. La légende dit que Zeus prend l’aspect d’un taureau d’un blanc éblouissant, ou d’un blanc de neige, je ne me rappelle pas exactement, quoi qu’il en soit je ne le trouve pas si blanc que cela, ici ! Mais Europe est déjà sur son dos, ses amies caressent cet animal si doux, c’est à ce moment-là qu’il va s’élancer vers la mer et nager jusqu’en Crète.

 

496c Naples, musée archéologique, théâtre

 

Ceci est une représentation théâtrale. Les acteurs (parce que même les rôles de femmes étaient interprétés par des hommes) sont juchés sur des cothurnes, ces hautes semelles qui les font paraître moins petits sur la scène vus de loin et d’en haut sur les gradins du théâtre. Sans doute est-ce une représentation d’Augè. Un jour qu’il était ivre à la suite d’un grand banquet, Héraklès viole cette fille du roi de Tégée, en Arcadie, sans savoir qui elle est. Lorsque le roi apprend que sa fille a mis au monde un enfant dans ces conditions, il décide de la tuer, et confie Augè et son fils, Télèphe, à un navigateur chargé de les jeter par-dessus bord quand il serait au large. Mais l’homme n’accomplit pas sa mission et les vend à des marchands d’esclaves qui les emmènent en Mysie. Là, le roi qui était célibataire et sans enfant épouse Augè et adopte Télèphe. Sur le bras de la femme de droite, on aperçoit une poupée emmaillotée dont seule émerge la tête, ce serait donc Augè portant le petit Télèphe.

 

496d1 Naples, musée archéologique, nature morte

 

Cette nature morte provient d’Herculanum. Un pain rond, deux figues. Cela représente le repas le plus frugal. C’était soit du pain sur lequel on versait un peu d’huile d’olive et que l’on mangeait avec un oignon, soit du pain sec et des figues. La deuxième solution devait préserver une haleine plus fraîche...

 

496d2 Naples, musée archéologique, lapin

 

Cette fresque-ci vient de Pompéi. Un lapin et des figues. Le lapin veut manger les fruits, c’est le symbole de celui qui va manger avant de devenir nourriture à son tour.

 

496e1 Naples, musée archéologique, bagarre à Pompéi

 

496e2 Naples, musée archéologique, bagarre à Pompéi

 

496e3 Naples, musée archéologique, bagarre à Pompéi

 

Dans mon article du week-end dernier j’ai parlé de la bagarre qui avait opposé les spectateurs partisans de Pompéi aux partisans de Nocera en 59 après Jésus-Christ dans l’amphithéâtre de Pompéi, j’ai parlé des morts et des nombreux blessés, j’ai parlé de la sanction imposée par Néron, à savoir la fermeture temporaire de l’amphithéâtre, et j’ai dit que le musée de Naples possédait une fresque représentant l’événement. Cet après-midi j’ai donc recherché cette fresque. La voici. Quoiqu’elle ne soit pas en très bon état, on arrive à voir le vélum qui recouvrait l’amphithéâtre, sur la droite de la fresque la grande palestre, au premier plan la vaste place du parvis, devant les deux escaliers qui forment un triangle sur le façade (et qui existent toujours) et où les marchands ambulants poursuivent leur négoce, et puis les participants à la rixe armés de bâtons, et qui continuent à frapper des hommes à terre. J’ai oublié de dire que l’organisateur de ce spectacle avait été exilé, ainsi que les provocateurs.

 

496f Naples, musée archéologique, boulangers

 

Je vous présente Terentius Neo et sa femme, couple de boulangers de Pompéi. Des trois villes détruites par l’éruption de 79, c’est sans doute le seul et unique portrait à la ressemblance qui nous soit parvenu, épargné par la catastrophe. Bien d’autres fresques sont peintes d’après modèles, bien sûr, mais pour représenter un dieu, ou pour décorer un mur, tandis que cette fresque-ci fait office de ce qui, aujourd’hui, serait une photo dans un cadre sur le buffet. Et ce genre de portrait m’émeut, parce que je les imagine vivants, parce que j’ai foulé le sol de leur demeure et de leur boutique, et parce qu’ils sont peut-être l’un ou l’autre de ces moulages de plâtre d’où émerge un os d’orteil ou un bout de crâne.

 

497a Naples, musée archéologique, camées

 

Quittant les fresques, je passe par une section qui comporte des centaines de camées d’une finesse incroyable. J’en ai choisi ici trois de styles différents. Le premier, c’est Dionysos et Ariane. On se rappelle que grâce à la pelote de fil qu’Ariane, la fille de Minos et de Pasiphaé, a donnée à Thésée, il a pu retrouver son chemin pour ressortir du labyrinthe en Crète. Pour fuir la colère de Minos et par amour pour Thésée, elle s’embarque avec lui mais lui, amoureux d’une autre, l’abandonne pendant son sommeil sur une plage de l’île de Naxos. Quand elle s’éveille, c’est pour voir au loin sur la mer disparaître la voile de Thésée. Mais Dionysos, qui passait par là avec son cortège, la voit, s’éprend d’elle, l’épouse et l’emmène vivre avec lui sur l’Olympe. Ce camée représente la rencontre du dieu avec Ariane. Camée sur calcédoine.

 

Le second camée représente Omphale. Omphale est une reine de Lydie à qui Héraklès échut comme esclave. Mais, elle tombe amoureuse de son nouvel esclave, et tout le temps qu’il restera avec elle se passe dans la mollesse, il revêt une longue robe et reste aux pieds de sa maîtresse à filer le lin sur le rouet d’Omphale. Camée sur agate.

 

Le troisième camée est une chasse à l’ours. L’un des chasseurs, blessé, est à terre, l’autre est à cheval et attaque l’ours avec sa lance. Tout cela représenté sur une si petite surface manifeste une remarquable technique en même temps qu’un talent certain. Il n’est pas étonnant qu’en grec le même mot tekhnè désigne à la fois l’art, l’artisanat et la technique. Camée sur calcédoine.

 

497b Naples, musée archéologique, clés antiques

 

Certains éléments du cadre de vie à l’époque de l’éruption semblent très loin de nous, très dépassés, mais d’autres sont étonnamment modernes. Bien sûr nous avons des clés de sûreté qui n’ont rien à voir avec cela, mais aujourd’hui bien des clés de portes intérieures, de placards, etc., ne sont pas fondamentalement différentes de ce que nous voyons ici.

 

497c Naples, musée archéologique, robinets antiques

 

L’eau courante arrivait dans les maisons, du moins dans les maisons riches, par des canalisations de bronze. On voit ici des robinets d’arrêt montés sur les tuyauteries.

 

497d Naples, musée archéologique, speculum

 

La médecine, la chirurgie, n’étaient pas, comme on le croit trop souvent, de la magie liée à la religion et au culte d’Esculape. Déjà au milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, la première naissance par extraction du bébé par ouverture chirurgicale avait été réalisée sur la femme de Jules César, d’où le nom de césarienne donné à l’opération. Les instruments présentés ci-dessus sont un spéculum vaginal et un spéculum anal.

 

497e Naples, musée archéologique, vase

 

497f Naples, musée archéologique, coupe

 

497g Naples, musée archéologique, vase

 

Je terminerai notre visite de ce merveilleux musée par ces objets de la vie quotidienne. Ils montrent la maîtrise que possèdent les Romains des techniques de travail du verre. Coloré, soufflé, taillé, ils sont capables de lui donner toutes les apparences et toutes les formes les plus harmonieuses. Sans doute les objets les plus recherchés ne se trouvaient-ils pas dans toutes les maisons, seuls les ménages aisés en possédaient, néanmoins ce vase, cette petite coupe, cette aiguière n’étaient pas des bibelots de luxe montrés dans une vitrine, ils étaient utilisés couramment, quotidiennement. Et, montrant le lien qui nous unit à près de deux mille ans de distance, ils me serviront de conclusion.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

anonymousse 08/04/2015 17:47

Très bien!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est ce qu'il me faut pour mon exposé.

anonyme 08/01/2011 15:34


j'aime beaucoup
Je suis aller en Italie il y a peu de temps et les information donc j'ai besoins pour le carnet de bort que je doit rendre au collège sont toute présente sur ce blog
merci
un parfaite anonyme


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