Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 00:32

649a Lecce, amphithéâtre

 

Nous sommes arrivés hier soir à Lecce et nous avons trouvé à stationner en plein centre de la ville, aussi sommes-nous à pied d’œuvre pour découvrir celle qui se dit la capitale du baroque. Mais le premier monument que nous rencontrons est largement antérieur au baroque puisqu’il s’agit de l’amphithéâtre romain.

 

 

 

649b1 Lecce 

649b2 Lecce 

En fait de baroque, très vite nous trouvons, disséminés un peu partout par les rues, des édifices surchargés de sculptures et d’ornements en pierre. Voici deux exemples, sur un coin de bâtiment qui ne fait pas particulièrement dans la sobriété et sous un balcon avec ces amusants chevaux qui ont l’air de sourire en se regardant.

 

649c1 Lecce, chiesa di Sant'Irene 

649c2 sainte Irène sur son église à Lecce 

649c3 Lecce, église Sainte Irène 

Ceci est l’église Sainte Irène (chiesa di Sant’Irene), du nom de cette sainte née au troisième siècle à Salonique (aujourd’hui Thessalonique). Elle était encore toute jeune quand éclatèrent les persécutions de Dioclétien. Ses deux sœurs et elle s’étaient converties au christianisme et ses sœurs subirent le supplice. Irène alors alla se cacher dans la montagne mais, se trouvant lâche, elle retourna en ville. Prise, elle fut sommée de dénoncer ses complices chrétiens, ce qu’elle refusa. Le préfet lui offrit la vie sauve et la liberté si elle sacrifiait aux dieux païens. Nouveau refus, bien sûr. En conséquence, le préfet commença par la faire exposer nue au bordel, puis il la fit jeter vive dans un brasier. Sainte Irène partage avec sant’Oronzo le patronage de Lecce. Son église a été construite entre 1591 et 1639, et c’est en 1656 que sant’Oronzo est venu lui faire concurrence en étant intronisé patron de la ville. C’est sa statue qui se trouve au-dessus du portail. Encore plus haut, cet animal qui a la tête d’une brave brebis et six mamelles pendantes est une louve. Quant au beau bouquet de brocoli en arrière-plan, c’est un chêne vert couronné, l’ensemble étant l’emblème de la ville, ici placé et l’honneur de sa sainte patronne.

 

649d Lecce 

Pour symboliser le lien qui unit deux époux il a été imaginé l’alliance, cet anneau qui est le premier maillon d’une chaîne. En Italie, les amoureux se promettent fidélité en refermant un cadenas, en certains lieux dont j’ignore comment ils sont déterminés. Mais en certains endroits, une balustrade de pont, une grille de monument ou, comme ici, la tige d’un réverbère, l’accumulation des promesses est impressionnante. Hélas, je n’aurai jamais l’information pourtant fort intéressante sociologiquement du pourcentage de cadenas fermés qui ont été trahis…

 

649e Lecce 

En nous promenant, nous tombons sur ce magasin qui résulte d’une idée originale et intéressante : on y achète une caisse en carton portant la marque de l’établissement, dans un choix de différentes tailles. Le magasin est constitué de deux parties bien distinctes, à gauche une librairie, à droite une œnothèque épicerie fine. Et l’on fait son choix pour remplir le carton, au moins un produit de chaque côté. Si l’on fait un cadeau à un étranger, il y a un grand choix de guides touristiques sur Lecce et sur les Pouilles, des livres de photographies, des livres de cuisine locale ; si le cadeau est pour un Italien des environs le livre peut être un roman, un ouvrage de politique ou autre. Côté vins, il y en a à tous les prix et l’épicerie propose des confitures de piment ou d’oignon, des huiles d’olive parfumées, diverses spécialités locales en gâteaux secs sucrés ou salés, bref, un grand choix. Et des pâtes, puisque nous sommes en Italie.

 

649f1 Lecce, place de la cathédrale 

649f2 Lecce, piazza della cattedrale 

On chemine dans une petite rue très animée et bordée de boutiques et soudain, sur le côté, on trouve une ouverture qui donne sur la très vaste place de la cathédrale. Curieusement, aucune rue ne traverse la place, elle est isolée, formant un complexe religieux avec l’évêché et le séminaire. Entre la rue et la place un court passage de quelques mètres, un propylée, bordé de part et d’autre d’un balcon de statues. La photo ci-dessus a été prise de l’entrée de la place en direction de la rue (où l’on aperçoit une devanture).

 

649f3 Lecce, évêché 

649f4a Lecce, séminaire (musée diocésain)

 

649f4b Lecce, seminario (museo diocesano) 

Sur ma photo générale de la place, précédemment, on voyait en premier plan le passage large et très court d’accès à la place, avec ses bornes de pierre et sa chaîne pour clore éventuellement la place, au fond à gauche la cathédrale et, accolé à l’église, faisant l’angle du fond à droite, l’évêché. C’est ce bâtiment que je montre sur la première des trois photos ci-dessus. Le palais initial du quinzième siècle a subi une reconstruction de 1591 à 1639. Les souverains de Naples y ont logé en 1797. Sur ce même côté droit, faisant suite à l’évêché, se dresse le séminaire qui aujourd’hui héberge dans ce bel édifice baroque construit de 1694 à 1729 le musée diocésain au premier étage, tandis que le rez-de-chaussée recèle une merveilleuse bibliothèque de plus de dix mille volumes, des incunables, des ouvrages du seizième siècle tant italiens qu’étrangers. Une ancienne restauration a fait disparaître deux grandes statues qui encadraient l’entrée.

 

649g1 Lecce, campanile

 

649g2 Lecce, cathédrale de l'Assunta 

Les photos ci-dessus montrent le campanile qui se dresse sur le flanc gauche de la piazza, près de la cathédrale. Sur la seconde de ces photos, c’est la base du campanile que l’on aperçoit sur le côté gauche, tandis que la cathédrale montre à la fois à gauche sa façade principale tournée vers la place et à droite le côté tourné vers le palais épiscopal. Ce campanile remplace une ancienne tour abattue en 1574 et il a été construit de 1661 à 1682. Haut de 70,72 mètres, il domine la ville et par la vue étendue qu’il offre sur les deux rives de la péninsule du Salento, sur la mer Ionienne et sur l’Adriatique, il a assumé les trois fonctions de campanile proprement dit avec ses cloches, de manifestation de l’hégémonie de l’évêque sur la cité et sur tout le territoire, et de construction défensive en tant que tour de guet.

 

649g3 Lecce, cathédrale de l'Assunta

 

649g4 Lecce, cathédrale de l'Assunta, saint Paul 

649g5 Lecce, cattedrale dell'Assunta 

Le duomo, cathédrale de l’Assunta, a été marqué par trois époques : sa construction à l’époque normande en 1114, sa reconstruction à l’époque souabe en 1230 et sa nouvelle reconstruction et décoration baroque en 1659. À l’origine, il s’agissait de latiniser un territoire conquis sur les Byzantins, aussi un évêque latin fut-il nommé, qui construisit cette église de rite romain. Mais lorsqu’en 1230 on abattit la toiture pour restructurer la cathédrale, une grande partie de l’édifice s’écroula parce que son architecture était telle que la verticalité des murs était assurée par les poutres du toit, et l’on dut procéder à une reconstruction sur le même plan conservant ce qui pouvait l’être. Une gravure du treizième siècle montre l’aspect de l’église avant sa reconstruction, c’était une traditionnelle basilique latine à trois nefs séparées par des colonnes, avec un transept peu saillant. Un tout petit bout de mosaïque, découvert au dix-neuvième siècle, suggère que le sol était entièrement revêtu de mosaïque comme à Otrante. Sans doute le sol avait-il pu être conservé dans la cathédrale souabe mais le désir de modernisme a poussé l’évêque, en 1658, à abattre la cathédrale et à la reconstruire en style baroque l’année suivante. Un peu comme si l’on abattait Notre-Dame de Paris pour la rebâtir plus en harmonie avec le Centre Pompidou. Mes photos ci-dessus montrent le portail daté de l’an 2000 sur le côté qui regarde le palais épiscopal, la statue de saint Paul à la droite de ce portail (à gauche, il y a saint Pierre), et le tympan en arc de cercle (un peu moins de 180°) de la façade principale.

 

649h1 Lecce, cattedrale dell'Assunta 

649h2 Lecce, cattedrale dell'Assunta 

L’intérieur ne peut renier son appartenance à l’art baroque. Il ne donne pas vraiment dans la sobriété. Et si la nef, par son ampleur, laisse un grand volume vide, dès que l’on s’approche des parois –celle de l’abside, celles du transept, les murs latéraux– on est assailli par la profusion de la décoration.

 

649h3 Lecce, cathédrale de l'Assunta, saint Paul

 

Intéressants sont ces fonts baptismaux avec cette représentation du baptême de Jésus par saint Jean Baptiste dans les eaux du Jourdain, avec ces anges qui accompagnent Jésus en volant derrière lui, tandis qu’un autre ange, plus jeune, nu, joue accroupi avec l’eau de la rivière.

 

649i Lecce, séminaire, cloître 

Après la visite de la cathédrale, nous nous sommes rendus en face, non que j’aie eu l’intention d’entrer au séminaire même si je suis déjà pourvu d’une très ample tonsure naturelle, mais pour voir le musée diocésain. Beaucoup d’œuvres intéressantes, mais NO PHOTO. Et la visite a lieu sous l’accompagnement d’une guide… En revanche, la visite du cloître (ci-dessus) et des bâtiments est libre et la photo ne pose aucun problème.

 

649j1 Lecce, séminaire, chapelle Saint Grégoire Thaumatur 

Sur la cour du cloître ouvre une petite chapelle dédiée à saint Grégoire Thaumaturge. Nu, le bas abrite temporairement quelques sculptures contemporaines, mais en avançant dans la nef ce n’est plus nu du tout et l’on se retrouve dans un univers baroque.

 

649j2 Lecce, séminaire, chapelle Saint Grégoire Thaumatur 

649j3 Lecce, seminario, cappella S. Gregorio Taumaturgo 

Les murs, les autels, tout est recouvert de sculptures. Angelots ou putti, avec leurs visages aux traits pas spécialement fins ni jolis sont très amusants. Tout cela, ailleurs réalisé en marbre si l’on en a les moyens financiers, ou en plâtre sinon, à Lecce est réalisé en ce que l’on appelle la cartapesta, le papier mâché, c’est la spécialité du lieu. L’armature est en fil de fer, la forme est partiellement donnée avec de la paille, et sur cette structure est appliquée cette pâte laissée ici blanche pour donner l’impression d’un stuc mais qui, en statues, est souvent revêtue de couleurs. Nous avons vu à Bari, à la galerie du conseil régional, une très belle Vierge réalisée en papier mâché.

 

649k Lecce, cloître des Dominicains (Voyage de Saint-Non) 

Basés dans une ‘sosta camper’, à quelques kilomètres du centre, nous n’allons pas quitter Lecce immédiatement, mais notre ami sicilien Angelo va venir passer le week-end avec nous, et son avion arrivera à Brindisi. Aussi avons-nous décidé de stopper là nos visites de Lecce, de mettre à profit notre installation pour effectuer des travaux d’entretien, d’aller faire des achats pas seulement alimentaires, de faire la queue quelques heures à la poste, etc. Et après le départ d’Angelo, nous reviendrons pour compléter notre connaissance de la ville. Alors en attendant je montre le cloître des Dominicains d’après une gravure extraite du Voyage de Saint-Non, ouvrage dont j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de parler et dont j’ai déjà, ici ou là, montré des gravures.

 

Avant de finir, un mot de la sosta. Elle s’appelle Picnic et se trouve largement à l’écart de la route de Lecce à San Cataldo (sur la mer). C’est un vaste espace avec des arbres et une connexion électrique, où nous avons été reçus chaleureusement, le patron nous offrant de façon très sympathique de déguster des produits de sa ferme. Et pas seulement lors de notre arrivée, mais à deux autres reprises. Il nous a dit considérer cela comme une marque d’hospitalité et agir de même avec tous. En d’autres saisons, il y a aussi un barbecue. C’est donc une adresse à retenir et à conseiller.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

JACQUELINE/Mina 17/02/2011 22:31


je connais chaque centimètre carré de cette ville!!! Heureuse de la voir par vos yeux!
:0059:


Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche