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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 02:50

573a Arrivée au Lido di Valderice

 

Un "blanc" dans notre voyage. Chaque année, Natacha se rend quelque part en Europe Centrale (selon les années, cela a été Varsovie en Pologne, Kaunas en Lituanie, Brno en République Tchèque, Ivano-Frankivsk en Ukraine…) pour un colloque organisé par un club auquel elle appartient. Cette année, c’était de nouveau à Varsovie. Longtemps, elle a hésité à interrompre notre voyage pour s’y rendre. Depuis deux mois, c’était plutôt non. Et puis, subitement, au vu du programme et de la participation d’un célèbre professeur d’université français spécialiste du monde slave, elle a décidé de s’y rendre. De l’aéroport de Trapani / Birgi, à une centaine de kilomètres de Palerme, il y a des avions pour Cracovie. Elle doit s’embarquer samedi 17, faire Cracovie – Varsovie en train dimanche, participer à son colloque en début de semaine, aller faire un tour à Grodno en Biélorussie, à seulement deux cent cinquante kilomètres, pour embrasser son père et saluer quelques amis, puis repartir pour Varsovie, Cracovie, Trapani et arriver à l’aéroport de Birgi le mardi 27 au soir. Ce sont surtout les seuls 250 kilomètres de Varsovie à Grodno et retour qui sont longs et difficiles, parce qu’il s’agit de franchir la frontière de "la dernière dictature d’Europe", avec en outre un changement d’écartement des voies.

 573b Au camping du Lido di Valderice

 

Nous avons donc quitté Palerme pour le plein ouest de la Sicile, et au Lido di Valderice, auquel on accède par cette belle route fleurie que je montre sur ma première photo (encore belle malgré la chaleur et la sécheresse qui sont cause du vieillissement des fleurs), un grand camping m’a accueilli. Je me suis installé après avoir conduit Natacha à son avion. Il n’est pas luxueux, ce camping, loin de là, mais il y a l’ombre et le parfum des grands eucalyptus, et comme bien des gens s’y installent pour une longue période apparemment tous les ans –il n’y a pratiquement que des Italiens– l’ambiance est familiale et cordiale.

 

Évidemment, Natacha ne veut pas manquer des visites importantes, comme celle d’Erice perchée sur son rocher, aussi, plutôt que de faire mes balades seul et de recommencer avec elle plus tard, je décide de rester pépère pendant ces dix jours. J’ai la climatisation, un petit supermarché accolé au fond du camping permet de se fournir l’essentiel, je déploie l’auvent, je sors table et fauteuils, tout va bien et quand le soir apporte un peu de fraîcheur j’installe l’ordinateur à l’extérieur, sous l’auvent. Seul inconvénient, les transports. Car il n’y a strictement rien au Lido di Valderice, et pas de bus non plus pour aller à Trapani, capitale de province et ville de quelque importance. Les deux fois où je m’y suis rendu, il m’a fallu débrancher l’électricité, rentrer l’auvent, faire une difficile manœuvre pour sortir de mon emplacement en évitant les branches basses, et tout remettre en place au retour. Mieux vaut rester sagement sur place.

 

573c Lido di Valderice

 

Quand je dis qu’il n’y a rien, c’est rien. Mais une promenade longe la mer. Ce n’est pas la Croisette, certes, ni les Anglais, on ne se croit pas à La Baule non plus, c’est tout autre chose, mais c’est agréable.

 

573d Lido di Valderice

 

573e Lido di Valderice

 

De la promenade, le paysage est somptueux. Le rivage, de grosses pierres et de rochers érodés, est inhospitalier, aussi de loin en loin des plates-formes de bois ont été disposées pour permettre de s’étendre au soleil (gare au cancer de la peau), mais peu m’importe puisque je ne viens là de temps à autre que pour jouir du splendide spectacle de la nature, avec cet énorme rocher qui plonge dans une mer d’un bleu profond, là-bas à l’horizon, sous un ciel pur et transparent.

 

Et puis, juste en face du camping, de l’autre côté de la rue, il y a cette petite plage abritée dans une anse. Quelques villas particulières, un hôtel, le camping, cela ne fait pas beaucoup de monde, aussi ne se bat-on pas pour quelques centimètres carrés de sable. En ce grand sud de l’Europe la mer est chaude, et tout particulièrement dans une crique étroite et plate où l’eau n’est pas profonde, et mes origines bretonnes, des Côtes d’Armor qui plus est, me font apprécier davantage ce qui est un repoussoir pour une grande majorité de gens, à savoir une mer un peu froide. Se baigner à Trégastel en septembre, sur la Grève Blanche, sous un fin crachin, un pur délice. Aussi n’ai-je fréquenté cette plage que depuis la promenade, sans jamais aller m’y baigner…

 

573f Lido di Valderice

 

Certes, certes, l’eau de mer ne corrode pas l’aluminium, j’aurais pu, comme cette dame, mettre dans l’eau ma table, un fauteuil, et tapoter sur mon clavier d’ordinateur, les idées bouillonnant dans ma tête inondée de soleil, et mes pieds baignant dans la relative fraîcheur de la mer. M’installant près d’elle, j’aurais même, qui sait, pu lier conversation car elle donne l’impression de s’ennuyer ferme, pas de livre, pas de tricot, ni fuseau ni dentelle, eh bien non, sauvage je suis resté sur la promenade et l’ai laissée à sa solitude.

 

573g Pas de casque en Sicile

 

Je me suis plutôt amusé à constater, photos à l’appui, comment on respecte le code de la route en Sicile. Moins d’un usager de moto, scooter, mobylette sur quatre porte un casque. Peut-être faut-il en conclure que les Siciliens ont la tête encore plus dure que les Bretons et les Auvergnats réunis. J’ai aussi constaté que personne, ou presque, n’utilise sa ceinture de sécurité. J’ai multiplié les photos, mais parce qu’elles sont de face ou de profil on peut reconnaître les personnes. Je n’en publie donc pas. À moins de dix mètres d’un très grand parking désert, on stationne juste sous le panneau interdisant non seulement de stationner, mais de s’arrêter. J’ai aussi des photos de voitures bien floues parce que rapides, devant un panneau limitant la vitesse à trente kilomètres à l’heure. On s’amuse comme on peut.

 

573h entre Valderice et Trapani

 

Les deux fois où je me suis rendu à Trapani, ainsi que le 27 lorsque je suis allé chercher Natacha à l’aéroport, je me suis arrêté en cet endroit, quelque part sur la côte. C’est un grand terrain vague face à la mer. Au fond, on reconnaît le gros rocher que l’on voit depuis le Lido di Valderice. Pas de constructions aux alentours, c’est sauvage et magnifique.

 

573i entre Valderice et Trapani

 

Un jour, il y a même eu pas mal de vent, dans la nuit un gros orage sec a brisé des branches et secoué le camping-car, cela a agité la mer et soulevé de belles vagues qui venaient se briser sur les rochers. Cette photo a été prise le 24, alors que j’étais garé sur le terrain vague dont j’ai parlé.

 

573j entre Valderice et Trapani

 

573k entre Valderice et Trapani

 

De là aussi j’ai regardé le soir tomber sur la mer, de là j’ai vu ce coucher de soleil. Voilà quelle a été ma vie pendant ces quelques jours. Le 27 au soir, je récupérais Natacha à l’avion à l’aéroport de Birgi. Elle était un peu sonnée par tous ces transports, ces changements, et surtout le dépaysement, plongeant d’un coup d’aile de la Sicile mouvante, bruyante, éternelle, à une Pologne slave, calme, même si à Varsovie le soleil tapait à 35°. Depuis septembre 2009, elle comme moi n’avons connu de demeure que le camping-car, là elle dormait dans de vrais lits, entre des murs de brique ou de pierre. Et puis elle rapportait une impressionnante moisson de photos et de notes à trier et à classer, ainsi que des livres car si moi je peux trouver des romans en français dans les grandes villes d’Italie, elle a plus de mal à trouver de la lecture en russe, en biélorusse, en polonais ou en ukrainien, qui sont les langues qu’elle pratique le plus aisément et le plus couramment. Nous sommes donc restés encore quelques jours au camping du Lido di Valderice.

 

Je rédige ces lignes aujourd’hui samedi 31 juillet. Nous sommes rentrés cet après-midi à Palerme que nous n’avons pas fini de visiter. En route, nous nous sommes arrêtés au tout nouveau centre commercial Poséidonia ouvert par Auchan sur l’autoroute à une dizaine de kilomètres de Palerme, pour remplir le réfrigérateur et les placards, puis nous avons regagné le parking aménagé que nous connaissons bien pour y avoir résidé lors de notre premier séjour, en début de mois. Demain, nous reprendrons nos activités de découverte.

 

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Published by Thierry Jamard
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