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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 20:41

Ce matin, nous étions au musée d’Alberobello. À présent nous avons quitté cette ville des trulli et avons visité les deux villes voisines de Locorotondo et de Martina Franca avant d’aller dormir à Ostuni pour être à pied d’œuvre demain matin.

 

Locorotondo tient son nom de la forme ronde de la ville bâtie sur une colline derrière ses remparts, les rues à l’intérieur des murs formant des cercles concentriques jusqu’au sommet. Le centre ancien est intéressant à voir. Comme il n’y a pas d’eau de surface, les toitures de toutes les maisons ont un toit en pente très accusée et sont construites sur des citernes pour recueillir le maximum d’eau de pluie.

 

647a1 Locorotondo, San Giorgio

 

647a2 Locorotondo, San Giorgio 

En ville, nous nous arrêtons devant l’église néoclassique de San Giorgio (1780-1825) et son beau saint Georges. Il s’agit d’une reconstruction d’un édifice précédent car il existe un document de 1195 dans lequel le roi de Naples souabe Henri VI confirme la possession par le monastère bénédictin Santo Stefano de Monopoli (localité proche, voir mon article de mercredi et vendredi derniers 10 et 12 novembre) d’un “lieu appelé rond” garni d’oliviers, de vignes, de puits et d’une église dédiée à saint Georges.

 

647b Locorotondo, San Rocco 

Plus loin, nous passons devant une autre église, c’est San Rocco, puisque l’on reconnaît saint Roch avec son bâton de pèlerin, le chien qui lui apportait quotidiennement un quignon de pain chapardé quand, malade, il s’était retiré du monde, et le geste par lequel il montre sa jambe atteinte d’un bubon de peste. San Rocco est le patron de la ville de Locorotondo.

 

647c1 Locorotondo, Madonna della Greca 

647c2 Locorotondo, Madonna della Greca 

Nous sommes ici devant la très belle église Madonna della Greca. On ignore la date de sa construction mais d’après le style et divers éléments architecturaux il est très probable qu’elle date du douzième siècle, même si le document le plus ancien la concernant ne date que de 1558. N’ayant, évidemment, rencontré aucun témoin des années antérieures à 1893, je ne sais que penser, parce que j’ai lu, au sujet de la rosace qui orne sa façade, deux données contradictoires. Ce qui est sûr, c’est qu’en 1981 un artisan local a réalisé la remarquable rosace que l’on peut admirer aujourd’hui, alors qu’auparavant il n’y avait là qu’une fenêtre. Mais alors que l’un de mes documents laisse entendre que depuis les origines il n’y avait que du verre pour fermer cette fenêtre, et pour appuyer cette affirmation il se réfère à une gravure française du dix-huitième siècle à laquelle faute d’indications je ne peux demander de trancher, l’autre document fait état d’une ancienne rosace que les travaux de restructuration menés en 1893 ont détruite, sans préciser si cette destruction faisait partie de la restructuration ou était accidentelle. Quoi qu’il en soit, la rosace de 1981 est, paraît-il, la réplique exacte de cette d’Acquaviva où nous avons l’intention de nous rendre dans quelques jours. Évidemment, il eût été préférable d’avoir une photo de l’original sous les yeux pour écrire l’article d’aujourd’hui, mais tel n’était pas l’ordre de notre itinéraire… Nous verrons !

 

647c3 Locorotondo, Madonna della Greca

 

647c4 Locorotondo, Madonna della Greca 

À l’intérieur, derrière l’autel principal se trouve un intéressant polyptyque de la seconde moitié du seizième siècle, œuvre d’un artiste local, dont le style se retrouve dans d’autres statues, quoique l’on puisse discerner une autre main à travers une même inspiration.

 

647c5 Locorotondo, Madonna della Greca

 

Étant dans l’église de la Madonna della Greca, je ne peux manquer de montrer la statue dont elle est l’éponyme. Je me suis demandé pourquoi cette Vierge et cette église se référaient à une Grecque, et quelle Grecque. Nulle part je n’ai trouvé de réponse à ma question. Alors j’ai consulté Internet et suis tombé sur le blog (de mai 2008) d’une prof française qui a débarqué dans le coin, habitant à Locorotondo et enseignant à Noci, blog très vivant et amusant, qui m’a fait perdre beaucoup de temps parce que j’en ai lu bon nombre d’articles, par pur intérêt, sans utilité, et qui n’a pas trouvé de réponse à ma question malgré des recherches beaucoup plus poussées que les miennes. Pour qui veut avoir des détails (et passer un moment agréable), voici le lien vers la page concernant cette église. Et de là on peut naviguer vers tous les autres articles.

 

 http://marie-vagabonda.blogspot.com/2008/05/santa-maria-della-greca.html

 

Comme c’était l’usage dans la région, la statue était revêtue d’un émail polychrome. Elle se trouvait dans une autre église, la Chiesa Madre, l’église mère. Lorsqu’elle a été transférée ici, elle a subi une énergique restauration qui lui a coûté ce revêtement d’émail. Dommage.

 

647d Martina Franca

 

647e Martina Franca 

647f2 Martina Franca 

De Locorotondo à Martina Franca il n’y a que quelques kilomètres. Je ne sais ce que recouvre cette plaque de fonte, écoulement des eaux de pluie, regard vers une connexion électrique, téléphonique, un branchement d’eau, de gaz, que sais-je encore, mais elle représente fièrement la ville qui l’a mise en place. Je montre deux vues de cette ville, la Porta Santo Stefano sur la première et avec sur la seconde un petit bout de l’abside de la cathédrale.

 

647f1 Martina Franca 

La photo ci-dessus montre le palais de l’Université et la tour de l’Horloge. Là œuvrait l’administration royale. Quand, au quinzième siècle, le roi Ferdinand d’Aragon a concédé l’autonomie administrative à Martina Franca, la ville y a installé son nouveau parlement. Puis, en 1734, on construit la tour et on donne un air baroque à la façade pour l’harmoniser à la tour. Puis au dix-neuvième siècle on surélève le bâtiment pour héberger les services municipaux et une prison de la circonscription judiciaire. C’est du moins ce que je lis, mais je ne vois pas très bien comment peut être sûre une prison située à l’étage d’un bâtiment administratif. Aujourd’hui, le bâtiment est le siège de l’association des artisans de Martina Franca. Et dans tout cela je ne vois pas ce que vient faire l’université qui donne son nom au palazzo…

 

647g1 Martina Franca, palazzo Ducale 

647g2 Martina Franca, palazzo Ducale

 

En revanche, le palais ducal a bien été la propriété de ducs auxquels la cité était inféodée. C’est la famille Caracciolo qui en a été feudataire de 1506 à 1827. Le palais actuel, construit peu à peu sur trois siècles, de 1668 aux années 1960, occupe la place du château du treizième siècle des Orsini, princes de Tarente. C’est aujourd’hui le siège de la municipalité. Nous avons pu monter pour voir à quoi ressemblent les bâtiments à l’intérieur. Et lorsque nous sommes arrivés dans ce grand salon, des employés installaient des sièges en salle de concert, et nous avons eu le plaisir de pouvoir assister pendant quelques minutes à un mini-concert, le pianiste étant occupé à répéter.

 

647h1 Martina Franca, collégiale San Martino 

647h2 Martina Franca, jumelage collégiale avec Nazareth 

Nous voici devant la collégiale dédiée à saint Martin, le nôtre, saint Martin de Tours, et jumelée avec la basilique de l’Annonciation à Nazareth. C’est sans aucun doute un grand honneur, car je suppose que ne sont pas légion les églises catholiques de Nazareth, Bethléem, Jérusalem susceptibles de jumelages avec les centaines de milliers d’églises catholiques dans le monde, même si les églises des Lieux Saints sont jumelées plusieurs fois. Cette collégiale remplace un édifice antérieur datant du quatorzième siècle et abattu en 1747. Dès 1763, les travaux étaient suffisamment avancés pour que l’on puisse ouvrir l’église au culte, et c’est en 1775 qu’elle a été consacrée. Au-dessus du portail, la monumentale sculpture en haut-relief, presque en ronde-bosse, représente saint Martin partageant son manteau avec le pauvre.

 

647h3 Martina Franca, collégiale San Martino 

647h4 Martina Franca, collégiale San Martino 

647h5 Martina Franca, collégiale San Martino 

Le moins que l’on puisse dire, en pénétrant dans l’église, est qu’elle n’est pas un lieu de recueillement. Vaste, haute, très ornée, avec des chapelles latérales et de multiples voies de passage, elle n’a rien de ces églises anciennes recueillies. Partout, en plus des stucs, il y a des statues de marbre, d’argent, il y a des toiles dans de riches cadres.

 

647h6 Martina Franca, collégiale San Martino 

Parmi toutes ces œuvres, je n’en choisirai qu’une, c’est la statue de bois de ce Christ à la colonne du tout début du seizième siècle. Attaché à une colonne (l’église Santa Prassede de Rome possède une colonne censée être celle du palais de Ponce Pilate où Jésus a été attaché, que nous avons vue le 12 février dernier) pour être flagellé avant la montée au Calvaire, Jésus est couvert de sang, son vêtement est également maculé, les traces des coups de fouet ont entamé sa chair, tout cela est d’un réalisme extrême et sans doute un peu trop accentué. Jusqu’au regard tourné sur le côté, sans doute vers ses bourreaux.

 

Comme je le disais au début, après cette visite nous sommes allés à Ostuni où nous allons passer la nuit. Nous avons juste jeté un coup d’œil à la ville, je préfère n’en parler que demain quand nous aurons mieux visité, et de jour.

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Published by Thierry Jamard
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