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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 23:51
714a Messène, vue générale
 
Cette Messène dont parle l’histoire, je me doutais bien qu’elle avait dû laisser des traces, mais alors que partout on parle de Delphes et de Corinthe, alors que les circuits traditionnels passent par Épidaure et par Olympie, la plupart des tour opérateurs font l’impasse sur Messène, lors de notre longue découverte un seul car de tourisme a débarqué sa guide et ses voyageurs, et les visiteurs isolés se sont comptés sur les doigts d’une seule main. Pourtant il y a beaucoup de choses intéressantes à voir, et de plus l’entrée du vaste site est gratuite. Il est vrai que le sud du Péloponnèse est un peu loin d’Athènes et de son aéroport, et même de Patra et de ses ferries. Mais à ce compte-là, mieux vaut pour les Parisiens aller visiter Fontainebleau et pour les Autrichiens Schönbrunn. Il convient d’ajouter un extrait d’article : "The Ancient Messene archaeological project was awarded with the Europa Nostra, The European Union Prize for Cultural Heritage, 2011 award", soit "Le projet archéologique de l’ancienne Messène a été primé par Europa Nostra, le prix de l’Union Européenne pour l’héritage culturel, prix 2011" Espérons que cela attirera l’attention, sinon du grand public, du moins des agences de voyages. Après notre visite du site, nous sommes remontés sur les pentes de la vallée, pour visiter le petit musée archéologique, puis nous avons mangé un petit quelque chose dans une auberge dont la terrasse donne sur le site. Ce qui m’a permis de prendre cette vue générale.
 
Nous avons vu dans mon précédent article qu’en 680, Messène avait perdu sa liberté, conquise par Sparte, et ses habitants étaient devenus hilotes, c’est-à-dire serfs publics, propriété de l’État spartiate et attachés à une terre. Nous avons vu aussi qu’en 490, lors d’une troisième tentative des habitants de la péninsule de Messénie de se libérer, les Spartiates ont rasé Messène et que ceux de ses habitants qui n’avaient pas péri se sont exilés. Le Thébain Épaminondas (418-362) a 36 ans lorsqu’en 382 les Lacédémoniens (habitants de la Laconie, région de Sparte) occupent sa ville de Thèbes. En 378, nommé général, il bataille avec une troupe de jeunes Thébains contre l’occupant mais il semble qu’il n’y ait pas d’issue, car malgré sa résistance à tous les assauts spartiates l’ennemi refuse de signer une paix. C’est alors la guerre entre les deux cités et, en 371, la bataille de Leuctres où, grâce à sa géniale disposition en "ordre oblique" (voir mon article du 16 avril dernier, à propos de Mantinée), Épaminondas écrase l’armée spartiate, qui a perdu son roi et le tiers de ses effectifs, c’est-à-dire du même coup le tiers de ses citoyens puisqu’à Sparte tout citoyen est obligatoirement un soldat. Thèbes ayant ainsi ravi à Sparte la suprématie en Grèce, Épaminondas pousse son avantage. Le premier mai, dans mon article sur Mégalopolis, je racontais comment il avait créé cette ville pour servir de rempart contre les Lacédémoniens vers le nord, et aussi comment il avait reconstruit Messène. En effet, en 370, il entreprend une grande campagne en Laconie, saccageant tout, et parce que Messène n’est séparée de Sparte que par le massif du Taygète (haute montagne, il est vrai, et gorge profonde) il la reconstruit, lui redonne vie et la fortifie afin de lui donner les moyens d’être un contrepoids pour Sparte. Et c’est cette ville que nous visitons aujourd’hui.
 
714b1 Messène, théâtre antique
 
714b2 Messène, siège du théâtre antique
 
Puisqu’il s’agit d’une ville grecque, il est bien évident qu’elle est dotée d’un théâtre. Avec ses 98,60 mètres de diamètre et son orchestre de 23,46 mètres, c’est l’un des plus grands théâtres de l’Antiquité. Durant l’occupation romaine, à l’époque de l’Empire, la puissante famille des Saithides (je vais avoir l’occasion de reparler d’eux quand nous verrons le stade) a fait profondément remanier son plan et sa décoration d’origine.
 
714b3 Messène antique, fontaine Arsinoé
 
J’ai eu l’occasion, le 5 décembre 2009, devant le temple d’Esculape à la Villa Borghese, à Rome, puis de nouveau le 10 mars dernier à Épidaure, de raconter comment Asclépios, fils d’Apollon, était né d’une mortelle, Coronis. Mais les Romains, attribuant à leur Esculape des légendes de l’Asclépios grec, tout ce que j’ai raconté concerne l’Asclépios d’Épidaure et de la majeure partie de la Grèce. Ici en Messénie, la tradition est un peu différente. En effet, le roi de Messénie Périérès a épousé Laodicè, la fille du dieu fleuve Inachos qui coule en Argolide. De cette union naquirent trois filles, les deux aînées enlevées par les Dioscures (Castor et Pollux, frères de Clytemnestre de Mycènes et de la belle Hélène qui est à l’origine de la Guerre de Troie),et la dernière, Arsinoé, qui a été aimée d’Apollon, et qui a ainsi enfanté Asclépios, sans les épisodes dramatiques de l’autre légende. Mais évidemment les légendes circulaient à travers la Grèce tout comme les hommes, et les Messéniens connaissaient l’histoire de Coronis, qui dépossédait leur cité de sa qualité de patrie du dieu de la médecine. Aussi a-t-on imaginé qu’après la naissance, Arsinoé avait confié le petit Asclépios à une certaine Coronis qui l’avait élevé. Si je raconte cette histoire, c’est parce que passant devant la fontaine que représente ma photo, Pausanias, l’infatigable voyageur du deuxième siècle après Jésus-Christ, raconte que cette fontaine s’appelle Arsinoé du nom, dit-il, de la mère d’Asclépios, et il ajoute que la fontaine Arsinoé recevait ses eaux de la source Clepsydre. Derrière le mur de fond de cette fontaine, se situe un réservoir de quarante mètres de long. Lors du passage de Pausanias, elle avait déjà été remaniée au premier siècle de notre ère, et elle le sera une seconde fois à l’époque de Dioclétien (284-305).
 
714b4 Messène antique, la basilique
 
Ceci est la basilique. J’ai déjà eu l’occasion de mettre en garde contre l’ambiguïté de ce terme, qui peut désigner un édifice civil romain, à l’époque contemporaine c’est une église catholique qui dépend de Rome sans passer par l’évêque du diocèse, ou encore –et c’est le cas ici– c’est une église paléochrétienne qui reprend le plan de l’édifice antique. Cette basilique-ci date du septième siècle de notre ère et, subissant réparations et transformations, elle a continué à être utilisée à l’époque byzantine. Elle a été intégralement construite avec des matériaux de réemploi. Quoique je n’aie pas été capable de le repérer, il paraît que cela se voit en particulier sur le pavement de la nef et le mur de l’abside (qui apparaissent sur ma photo). À l’époque franque, des absides ont été ajoutées aux bas-côtés qui ont accueilli des tombes.
 
714c1 Messène, l'Asclépieion
 
714c2 Messène, l'Asclépieion
 
714c3 Messène, l'Asclépieion
 
Nous sommes ici dans l’Asclépieion, le sanctuaire d’Asclépios. C’est un très vaste complexe bordé de portiques (on voit une ligne de colonnes sur ma première photo) et parmi de nombreuses constructions (deuxième photo) on distingue le temple d’Asclépios (troisième photo). Comme je l’ai raconté tout à l’heure, les Messéniens considèrent que le dieu est fils d’Arsinoé, de lignée royale à Messène. Son sanctuaire de Messène est donc, au même titre que celui d’Épidaure (en plus petit cependant), un lieu privilégié du culte d’Asclépios.
 
714d1 Messène antique, Ecclesiasterion
 
714d2 Messène antique, Ecclesiasterion
 
Je n’ai pas d’explication précise pour l’usage de cet amphithéâtre. Auprès, figure une maquette de l’Asclépieion, et à l’extrémité du complexe se trouve un bâtiment couvert indiqué comme bouleutérion et, séparé de lui par un étroit et long propylée, ce théâtre qualifié d’ecclesiasterion. Normalement, la boulè est le parlement, le conseil, un certain nombre de représentants des citoyens qui se réunissent dans le bouleutérion. En revanche, l’ecclesiasterion accueille l’ecclesia, l’assemblée de tous les citoyens (c’est de là que viennent le mot français église, le mot espagnol iglesia, le mot italien chiesa prononcé kiéza) ayant le droit de vote.
 
714e1 Messène, Artemision
 
714e2 Messène, temple d'Artemis Phosphoros et Orthia
 
Protégé par un toit translucide qui filtre une lumière jaune foncé (merci Photoshop pour récupérer les teintes), se trouvent les restes de l’Artémision, le sanctuaire d’Artémis Phosphoros et Orthia. Seul Pausanias l’appelle Phosphoros, "Porte-Lumière" comme le symétrique latin Lucifer. Ce qui n’est guère flatteur pour la déesse, dont la statue de bois (xoanon) d’origine était maléfique. L’usage rituel de flageller les éphèbes sur son autel trouverait son origine dans un rite la rendant propice. L’épithète usuelle d’Orthia, "droite", viendrait du fait que son xoanon aurait été trouvé dans un buisson de ronces, debout. Ces épithètes se réfèrent particulièrement à l'association d'Artémis à la Lune. Concernant le sanctuaire, il s’agit d’une pièce rectangulaire de 10,30 mètres sur 5,80 mètres en trois parties qui contenait une grande statue en marbre de la déesse, œuvre d’un célèbre sculpteur de Messène, Damophon. Autour de cette statue située sur un socle haut contre le mur du fond du compartiment central, douze statues féminines faisaient un large cercle, tandis que deux autres se trouvaient dans le compartiment de droite. De la déesse comme de ces femmes, représentant des jeunes filles initiées et des prêtresses, il ne reste que les socles. Quelques statues, qui étaient tombées au sol et dont la tête avait été brisée, sont présentées au musée.
 
714f Messène, villa romaine, mosaïque de sol
 
Ailleurs, on peut voir les restes d’une grande villa romaine (premier au quatrième siècles de notre ère) construite à l’emplacement où, précédemment, s’élevait une insula, c’est-à-dire un immeuble de rapport avec de nombreux appartements, et qui occupait tout un pâté de maisons. Cette insula, elle, datait de l’époque hellénistique, troisième siècle avant Jésus-Christ. De la villa, il reste de belles mosaïques de sol. Il s’y trouvait aussi une très belle statue d’Artémis, qui a été transportée au musée.
 
714g1 Messène ancienne, le stade
 
714g2 Messène antique, le stade
 
Dans un tout autre secteur, se trouvent le stade, le gymnase, la palestre. Les herbes hautes, très blanches sous la lumière d’un ciel plombé, cachent le décor d’une façon extrêmement esthétique. Je n’ai pas bien réussi à le rendre en photo, mais au naturel c’était très beau. Et puis on arrive au stade par le haut des gradins.
 
714g3 Ancienne Messène, le stade et son portique
 
714g4 Ancienne Messène, le portique du stade
 
714g5 Ancienne Messène, le stade et son portique
 
Comme on le voit, le stade était entouré d’un rectangle de colonnes. À en croire les dalles au sol, on pourrait penser que ce n’étaient que des colonnes alignées, mais il n’en est rien car c’était une "stoa", c’est-à-dire une galerie, un portique, sur trois côtés du stade, et ces bâtiments abritaient le gymnase, ensemble de pièces comportant des vestiaires, des salles de soins, des salles d’entraînement, des salles d’eau, et aussi sans doute des salles de réunion et de conférences, une bibliothèque, des salles d’études. Vers la fin de l’Empire, les Romains ont transformé la partie nord du stade, soit le côté du fer à cheval de gradins, en amphithéâtre où se donnaient des spectacles de combats entre gladiateurs et fauves. Par là, ils pervertissaient l’esprit proprement grec des lieux, pour qui le gymnase et le stade sont liés à la formation physique et morale, c’est tout un, ce qui explique que les salles d’études voisinent avec les salles d’exercices physiques et avec le stade. J’ai déjà parlé de cela dans mon article daté du 20 au 22 avril intitulé Olympie, les jeux et autres.
 
714g6 Messène, stade et mausolée des Saithides (famille i
 
Tout au bout du stade a été construit sur un haut soubassement une sorte de petit temple (7,44x11,60 mètres) avec quatre colonnes doriques en façade. En fait, ce n’est pas un temple, mais un mausolée où ont été enterrés des membres d’une famille illustre de Messène dont j’ai dit, en l’évoquant au sujet des modifications apportées au théâtre, que j’en reparlerais, c’est la famille des Saithides. Ces gens ont fait partie de l’élite de Messène du premier au troisième siècles après Jésus-Christ. Plusieurs d’entre eux ont rempli des fonctions honorifiques ou de pouvoir sous l’occupation romaine, par exemple prêtres, ou gouverneurs de la province d’Achaïe.
 
714h1 à Messène, stade, gymnase, propylées, palestre
 
714h2 Messène, le gymnase et ses propylées
 
En prenant du recul, on comprend mieux l’agencement des lieux. Sur la première photo, nous sommes plein nord, nous regardons vers le sud. À gauche, on voit l’extrémité du stade et le mausolée des Saithides. En plein milieu, avec un petit arbre isolé, c’était l’aile ouest du gymnase. A droite, se dressent les propylées que l’on retrouve sur la seconde photo, et qui sont suivis en direction du sud par un espace dédié à Héraklès protecteur de la jeunesse, puis par la palestre.
 
714h3 Messène antique, monument funéraire
 
714h4 Ancienne Messène, monument funéraire
 
714h5 Messène, élévation et plan de monument funéraire
 
714h6 Messène, toit conique de monument funéraire
 
À l’ouest (à droite) des bâtiments dédiés à Héraklès, se trouve une curieuse petite construction. Il s’agit d’un monument funéraire où se trouvaient huit tombes disposées par deux et à angle droit. Il avait été édifié à la fin du troisième siècle avant Jésus-Christ pour les membres d’une famille aristocratique de Messène, mais on a continué, ensuite, à l’utiliser jusqu’au premier siècle de notre ère. Les tombes avaient été pillées, néanmoins les archéologues y ont retrouvé des objets précieux. L’architecture est tout à fait originale, avec cette petite rampe d’accès, et surtout avec ce toit conique dont on voit les éléments sur ma dernière photo, et qui est représenté sur le dessin de la troisième photo. Grâce aux éléments de ce toit, on se rend compte que le dessin est réaliste et non pas une pseudo-reconstitution sortie tout droit de l’imagination du dessinateur. On voit aussi le chapiteau corinthien qui couronnait l’ensemble et qui, comme le prouvent des marques de coulées de pluie teintées de métal, supportait une sculpture en bronze.
 
714i1 Musée archéologique de Messène
 
714i2 Musée archéologique de Messène, stèle d'Héraklè
 
Nous voici à présent au musée. Il est petit mais intéressant. À titre d’exemple, voici deux sculptures. Nous avons vu sur le site un monument funéraire, mais il y en avait plusieurs dans le même secteur, et ce lion attaquant un cerf ornait l’un d’eux, contenant sept tombes.
 
On appelle Hermès une stèle ou une borne dont la partie supérieure s’achève par une tête ou un buste. Sur ma seconde photo, nous avons donc un hermès d’Héraklès trouvé dans le gymnase. Il date du troisième siècle avant Jésus-Christ. Curieusement, la représentation humaine ne se limite pas ici à la tête, car sur la base le sculpteur a figuré de façon très réaliste des attributs sexuels. Et entre la tête et le bas-ventre, une inscription dit que la stèle a été dédiée à Héraklès par Philiadès, fils de Néon.
 
714i3a Musée de Messène, jeune fille du temple d'Artemis
 
714i3b Musée de Messène, Mego, jeune fille du temple d'Ar
 
Le sanctuaire d’Artémis, nous l’avons vu, comporte des bases de statues. Je disais que plusieurs de ces statues, représentant des prêtresses et des jeunes filles initiées au culte de la déesse, avaient été retrouvées, malheureusement acéphales, et placées au musée. En voici deux. On voit que, contrairement à la déesse chasseresse et sportive représentée en jupe courte, ces jeunes filles portaient un long chiton ceinturé très haut sous la poitrine. Le socle de celle de la seconde photo est, dans le temple, juste à gauche de celui d’Artémis (donc directement à la droite de la déesse) et porte une inscription qui nous informe que la jeune fille s’appelle Mego, que sa statue a été offerte par ses parents Damonikos et Timarchis qui avaient rempli les fonctions de prêtres. La statue a pu être datée du premier siècle avant Jésus-Christ.
 
714i4 Musée de Messène,Hermès (copie d'un bronze du 4e s
 
On peut voir aussi une belle statue d’Hermès trouvée dans le gymnase. Je préfère montrer ce gros plan de sa tête. Il s’agit d’une copie réalisée au premier siècle de notre ère d’un bronze du début du quatrième siècle avant Jésus-Christ attribué à l’école de Polyclète, sculpteur argien du cinquième siècle avant Jésus-Christ, actif de 460 à 420 ou 415, auteur entre autres grandes œuvres d’une statue chryséléphantine d’Héra à Argos.
 
714j1 Musée archéologique de Messène, Artémis
 
714j2 Musée archéologique de Messène, Artémis
 
714j3 Musée archéologique de Messène, Artémis
 
Je terminerai avec cette statue d’Artémis. Visitant une villa romaine sur le site, je disais qu’il y avait été trouvé une statue d’Artémis qui avait été transférée au musée. La voici. Elle est si belle que je ne crois pas le commentaire utile. L’arc qu’elle porte dans sa main gauche est hélas brisé à la moitié. On comprend que sa main droite levée vers son épaule devait tenir une flèche qu’elle s’apprêtait à lancer. Il reste quelques traces de peinture blonde sur ses cheveux. Elle aussi est une copie romaine d’un original du quatrième siècle avant Jésus-Christ, œuvre de l’école de Praxitèle. La quasi totalité des belles statues créées par ces Romains amateurs de combats de gladiateurs ne sont que des copies d’œuvres d’artistes grecs amateurs de théâtre… Les Grecs aussi étaient des guerriers, ils passaient leur temps à se battre entre eux, mais ces guerres étaient dictées par l’orgueil, chaque cité voulait la prééminence sur l’ensemble de la Grèce. Les Romains faisaient des guerres de conquête, ils voulaient uniformiser le monde sous leur culture et leurs usages. S’ils avaient inventé le hot-dog et le Coca-Cola, ils auraient créé des McDo à Athènes, à Alexandrie, à Carthage, à Lugdunum, chez les Helvètes, chez les Vénètes et chez les Angles. Pour parler sérieusement, je ne m’explique pas bien pourquoi ces artistes romains, qui copiaient avec habileté et sensibilité les sculptures de ces grands maîtres grecs et qui, par conséquent, prouvaient par là que les gladiateurs et la soumission des pays étrangers n’étaient pas leur préoccupation première, n’ont que très exceptionnellement créé des œuvres originales et se sont cantonnés dans l’art du portrait de leurs contemporains (statues d’empereurs, de généraux, de dignitaires, d’aristocrates, sculptures funéraires) ou dans la copie de sculptures grecques classiques ou hellénistiques. Cette interrogation qui me taraude à chaque fois que, dans un musée, je lis "Copie romaine d’un original grec de tel ou tel siècle", sera ma conclusion.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Dgidgi & Michel 22/12/2015 10:42

Merci pour ces photos et explication , un site que nous irons visiter en juin
apparemment super bien conservé et entretenu.
En espérant que nous pourrons nous poser pour la nuit, sommes en camping-car
bonne journée ... dgidgi

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